mardi 1 décembre 2009

Vive la Chine! (hum..)


«Le minaret n'est pas une obligation coranique. C'est une architecture traditionnelle pour appeler à la prière dans les pays musulmans. Il n'est absolument pas nécessaire en France. Il est même déplacé», affirme l'imam de Bordeaux, Tareq Oubrou. Lui a sciemment écarté cette tour du projet de grande mosquée de sa ville. «Dans le climat actuel, le minaret est perçu comme un défi. Pour éviter de réveiller les peurs et les intégrismes, je milite pour une présence discrète de l'islam.»

Au sein de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), Tareq Oubrou fait cependant figure d'exception. À Poitiers, le représentant de ce courant proche des Frères musulmans a insisté pour qu'un minaret surplombe la future grande mosquée. Au risque de réveiller les passions dans une ville symbolique. «C'est un ornement. Nous n'appellerons pas à la prière», se défend El Hadj Amor. «Mais il est important de signaler les lieux de culte musulman.»

Merci à la Suisse donc d'avoir ouvert ce débat!

Question: pourquoi est-il important de signaler un lieu de culte musulman? J'ai été heureux, il y a peu, de lire une brochure sur l'Islam distribuée à l'entrée de la Mosquée Bleue d'Istanbul. Il était écrit qu'il suffisait au fidèle de se tourner, spirituellement, vers La Mecque...

Mais qu'importe: je ne jouerai pas ici de la théologie, mais qu'on arrête de réduire "l'autre" à l'Islam: Et les bouddhistes? Et les animistes? Et les adorateurs du Soleil?

Et ceux de la Lune? (Qu'ils soient bénis à jamais!)

Comme si tout se jouait entre une démocratie occidentale défaillante et un islam arrogant mais qui ne serait rien sans le pétrole consommé par l'occident! Soyez chrétiens, musulmans, grand bien vous fasse... Mais vous êtes un peu en retard...

Vive la Chine qui renverra chacun dos à dos! A moins que la crise, la vraie, ne nous renvoie tous à de plus réelles méditations...

lundi 30 novembre 2009

La fin de la démocratie

Voici le clocher de l'église de Mostar construite au lendemain de la guerre en Bosnie quand les musulmans tenaient l'autre rive du fleuve: Du clocher au minaret qui aurait la meilleure visibilité? Qui détiendrait le pouvoir symbolique?

C'est ce conflit latent, cette domination du fait religieux sur la démocratie que les suisses, par leur vote, ont écartés. Le malaise de nos commentateurs, leur dénonciation du populisme voire d'une extrême droite fantasmée, ne serait-elle que l'expression de leur panique face à une démocratie en marche, qui demande des comptes, qui en a assez d'être bafouée?

Rappelons-nous ces référendums en France et en Irlande.... et le mépris pour le peuple qui en résulta. Inquiétons-nous aujourd'hui du Parti vert qui veut faire invalider ce référendum par la Cour Européenne de Justice. Inquiétons-nous de cette déclaration de la mosquée de Lyon qui demande à ce que ce référendum ne devienne pas une loi... Et de Kouchner déclarant souhaiter que les suisses reviennent sur leur décision!

Et personne ne s'offusque de tous ces dénis de démocratie!

Et tout ce battage médiatique, où seuls ceux qui condamnent ce vote ont un droit à la parole, se résume aujourd'hui dans Libération, devenu à cette occasion le quotidien de la honte.

Libération qui ose titrer: "Le vote de la honte"!


Faut-il s'en étonner depuis que ce journal est devenu la danseuse "nostalgie démocratie populaire" de l'ultra libéral Edouard de Rothschild? Avec cette religiosité qui, de jour en jour, nous délivre les bons certificats du bien ou du mal... sans doute annexés aux cours de la bourse.

Donc le vote pourrait être honteux... On peut en effet préférer le discours religieux à Rousseau qui écrivait dans "Du Contrat Social":

"Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifié est nulle: ce n'est pas une loi."

Car ici réside bien la ligne de fracture entre une démocratie laïque et un état religieux: l'expression populaire d'une majorité de citoyens.Or dans le cas du référendum suisse comme pour pour ceux qui l'ont précédé concernant la constitution européenne, il ne s'agissait que de prendre position sur les fondements du "vivre ensemble".

L'accusation de populisme en cas d'élection ne peut se justifier que vis à vis d'un plébiscite camouflé en référendum comme ce fut parfois le cas... Mais ici Laurent Joffrin et l'ensemble des médias s'attaquent directement à la souveraineté du peuple et il serait bon de leur rappeler ce qu'écrivait le philosophe allemand, Jürgend Habermas:
"D'un point de vue normatif, cette défense de la rationalité contre la souveraineté populaire est contradictoire: si l'opinion des électeurs est irrationnelle, alors leur choix de représentants ne l'est pas moins."
En effet la démocratie est un tout, elle n'est pas modulable au gré des intérêts d'untel ou d'untel, elle n'est pas de circonstance, elle n'est ni rationnelle ni irrationnelle: elle est ce système politique qu'on accepte ou qu'on refuse.

Force est aujourd'hui de constater que dans sa quasi totalité le monde politique et médiatique a choisi le discours religieux contre l'expression de la démocratie.

La démocratie, voila donc la bête à abattre, "la honte". Tout débat est dès lors interdit.
Dont acte.

dimanche 29 novembre 2009

Vive la Suisse!



La Suisse est le pays de la discrétion : ce qui peut souvent être le pire.

Mais la Suisse parle sans se cacher, sans intermédiaire, sans le filtre des médias, de la pensée obligée - pour ne pas parler de l’auto proclamée « bien pensance ».

La Suisse est donc ce pays qui échappe à tout : au fric, à la morale, au bien ou au mal. Mais la Suisse, en même temps, est le pays du fric et de la morale…Ce qui rend le pays ennuyeux!

Il y a peut-être deux semaines, je me trouvais à Bâle et, ici, je disais l’ennui de cette ville... "capitale culturelle" de la Suisse c'est à dire du déjà vu, Tinguely, les stars de l'"art" international...

Mais aujourd’hui, j’aime la Suisse : celle qui dit non aux sondages préfabriqués (J’enrage : je le prévoyais, j’aurais dû l’écrire! le résultat était prévisible : une majorité contre les minarets ! contre le « consensus du politiquement correct »)… Car n’étant adepte ni de la langue de bois, ni de la complaisance islamique, force est de constater que le peuple a parlé. Et que le peuple n’est pas le populisme.

Et surtout que les sondages étaient plombés, dès le départ : par qui ?

Et la vraie question : Voulez-vous des minarets ?

NON . Parce que le minaret même si on respecte la religion musulmane, ce n’est pas l’islam : le minaret n’est que la tour à partir de laquelle le muezzin appelle à la prière. La mosquée, oui, le minaret, non!

En Suisse ou en France faudrait-il que résonnent les différentes prières de la journée ?

Alors pourquoi un minaret là ou ailleurs quand la religion n'est pas une obligation? ? Qu’on me le dise ! (Mais je n’aurai bien évidemment aucune réponse à cette question !)

En France, un même référendum aurait donné les mêmes résultats, mais, chut...populisme !!!

L'effacement du politique?

Tableau de Pierre Mignard

Devenue spectacle, la politique accentue son divertissement, c'est-à-dire son détournement de sens : elle ne dit plus rien, ne gère plus que l'agitation de l'écume comme si son ultime fonction se résumait à organiser l’éparpillement, la fragmentation, la dilution de toute pensée organisée, comme si l’avenir même était mis en parenthèses.
Regardez ces dernières semaines, qu’en reste-t-il sinon cette poussière de phrases, ces mises en scène, les petites provocations et, de gauche à droite, l’expression d’un vide sidéral ? Mais avec cette impression de plus en plus forte que ce spectacle est lui-même en phase d’épuisement, que le jeu des acteurs, se reproduisant à l’infini et sans surprise, ne s’inscrit plus que dans une forme d’indifférence générale.

La politique, où est-elle d’ailleurs ? Dans la grippe A, la main de Thierry Henri, les gesticulations sarkozistes, les crocs de l’un, les sourires de l’autre ?

L’approche des élections régionales participe sans doute à cet état d’apesanteur mais, au-delà de ces échéances qui ponctuent régulièrement la vie démocratique, il y a cette fois une forme singulière de silence, de retrait comme si chacun craignait non seulement d’avancer quelque proposition que ce soit mais encore de risquer le moindre diagnostique sur la situation présente. Comme si le désir même avait disparu de la sphère politique : le désenchantement du monde ? Les effets dépressifs de la crise ?

Tout se joue dans l’évacuation du réel : retraites, école, économie, fiscalité… Tout ce qui devrait être au cœur du politique a disparu, recouvert par le vacarme des postures individuelles, de la starification, des débats creux et sans issue.
Tout s’épuise dans la répétition des mêmes thèmes -immigration, sécurité – quand ceux-ci ne mobilisent plus qu’en surface tant ils sont redits, usés jusqu’à la corde pour ceux-là mêmes qui en étaient les plus avides. Le Front National lui-même semble s’en désintéresser.
Ce qui reste c’est cette impression diffuse que la politique s’est diluée dans l’indifférence du quotidien, comme s’il n’y avait plus d’enjeu, plus rien à croire ou à attendre.

Nous sommes immergés dans le règne du fait divers, de l’indistinct, de l’anecdotique : Carla ou Michele Obama ? Quelle sera la prochaine pitrerie du Président, la sale phrase de Lefebvre ou Morano, les mots tordus entre socialistes ?
Ce ne sont que coups portés, interpellations et plus le spectacle s’accentue, plus, paradoxalement, le désintérêt gagne comme pour une émission de téléréalité qui aurait trop duré, comme si après Sarkozy 1, Sarkozy 2, Sarkozy 3… une forme de lassitude s’était installée et qu’on avait envie de balancer le poste par la fenêtre !

Et tel est sans doute le piège de cet effacement. Car derrière ce fatras de strass et de vide, la politique –mais celle-là invisible - continue de travailler le réel.

Mais aussi rien n’est peut-être plus dangereux pour le pouvoir que l’indifférence, la fatigue, la résignation. A trop parier sur le spectacle, on créée la nécessité d’une surenchère et face au manque que l’épuisement institue, le désir, celui de l’événement, perdure. Il arrive souvent qu’on se prenne les pieds dans le piège qu’on avait tendu…

Les français s’ennuient ? Et s’ils se décidaient à faire eux-mêmes le spectacle ?

vendredi 27 novembre 2009

Mieux que Nostradamus: Victor Hugo!


Maintenant que nous savons tout de sa conduite compulsive, de sa claudication mentale qui le mène tour à tour de la palilalie à la palinodie, versons dans cette palingénésie qui voudrait que notre président soit la réincarnation de Napoléon le Petit, ce Louis Bonaparte de pacotille tel que le décrit Victor Hugo.

Quelques extraits donc:

"Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.

Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé."


Ou encore:


"M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.
Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.
Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.
On est de son cercle intime ; il laisse entrevoir un projet qui semble, non immoral, on n’y regarde pas de si près, mais insensé et dangereux, et dangereux pour lui-même ; on élève des objections ; il écoute, ne répond pas, cède quelquefois pour deux ou trois jours, puis reprend son dessein, et fait sa volonté.
Grâce à cette façon de faire, il a toujours à son service l’inattendu, grande force ; et, ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que les autres hommes appellent conscience, il pousse son dessein, n’importe à travers quoi, nous l’avons dit, n’importe sur quoi, et touche son but."


"Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier, […] on ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent. "


On découvre aujourd'hui que si les caisses sont vides et qu'alors que la dette s'alourdira encore du "grand emprunt national", le nombre de conseillers à l'Elysée s'est accru en un an de 17,2%, que la rémunération mensuelle de tous ces contractuels - pas celle des fonctionnaires! - a été augmenté de 12,8%...
Pas grave puisque la crise est finie, nous dit-on...

Ah, le grand homme!

lundi 23 novembre 2009

Douce France...


Retrouver la douce France et, non loin de l’aéroport, Rue de Mulhouse à Saint-Louis, en Alsace, cette gentille façade avec cette inscription :

« Heureux ici, chez nous ! et, de se retrouver, parmi vous ! »

Oui, la France sarkoziste de Monsieur Besson, socialiste hier, national aujourd’hui, elle s’affiche ainsi. Monsier Pernaut de TF1, si amoureux de nos terroirs devrait s’y intéresser davantage… Car cette France là elle ne se cache pas, elle s’affiche en pleine rue, elle se dresse sur ses ergots et lâche sa fiente avec orgueil !

Si l’image est glaçante, le slogan qui l’accompagne joue de cette dualité trouble qui fait le terreau du discours totalitaire : le message positif (« heureux », « se retrouver ») qui renvoie à la nostalgie d’une camaraderie. Le verbe en lui-même est éloquent tant il souligne ce passé perdu mais qui renaît dans la réalité d’un « ici ».
Une formule en deux actes exclamatifs dont les deux derniers "hémistiches"(!) jouent d’une préposition et d’un pronom qui sont le support de la propagande :
Chez nous/ parmi vous
Ces deux pronoms, de même que les prépositions, relèvent d’une fusion et de ce fait, en creux, impliquent un rejet. Qui est ce nous ? Qui est ce vous ? Ne reflètent-ils pas ce « ici » qui exclut le territoire de l’autre ?

Ce discours est bien celui d’une « identité » telle que la prône le pouvoir ; on manie l’ambiguïté, la parole réversible quand on sait bien à qui on s’adresse et ce qu’on dit derrière les mots.
Quant à la fresque qui lui sert de support, elle use de la même simplification binaire : homme à moustache hitlérienne, femme chosifiée dans sa rigueur.
Derrière eux une maison traditionnelle qui s’inscrit dans le corps même de la maison réelle qui est donc l’ « ici » revendiqué. La porte est protégée par un toit et l’on y accède par des marches. Un univers clos, barricadé, sans sourire. Peut-on y aimer ? Peut-on partager ?

Ces deux là ne se regardent même pas, chevillés dans une même haine rentrée.
« Heureux… »

Alors puisqu’il semble qu’on essaierait un format d’émission-réalité dans laquelle un politique serait convié dans une famille pour y débattre, nulle doute que monsieur Besson y serait, lui, accueilli à bras ouverts avec petits fours et four bien chaud pour la tarte flambée.

Es würde eine franche rigolade sein, nicht wahr ? Identité Nationale ! Ach so !