jeudi 30 juin 2011

Sarko le ridicule, encore et encore.

Jordaens, Le Roi boit.

Quand Chirac trahissait ses promesses, les français s’en amusaient tant ils savaient pour qui et pour quoi ils avaient voté. On ne les avait pas volés sur la marchandise : ils en redemandèrent !

Sarkozy, lui, nous promettait une épopée grandiose. Du rêve. De la grandeur. De la volonté. De la force. Bref, tous ces mots qui poussèrent bien des électeurs naïfs à se rallier à son panache blanc. Peu à peu la baudruche se dégonfla, le coq fier se transforma en girouette grimaçante prise dans le tourbillon fou des réformes trop rapides, des cadeaux aux uns et des sacrifices pour les autres. Celui qui se rêvait monarque se retrouva bientôt en pipole déplumé, en petit prince d’opérette sur les couvertures des magazines. Et le Président en ne cessant de glisser sur les marches qu’il pensait gravir n’est désormais plus rien qu’un candidat autoproclamé pour les prochaines présidentielles !

Car Monsieur Sarkozy ne gouverne plus. Il bat la campagne, serre les mains aux frais du contribuable, et, quand il a le temps, juste pour récompenser quelques amis, il procède à son dixième remaniement ministériel. Mais qui s’en soucie encore ? Il n’existe plus. Au point de céder devant les exigences de Baroin qui menaçait de démissionner si on ne lui donnait les Finances ! Et d’humilier Le Maire à qui il avait promis le poste. Et un hochet ministériel pour le gros Douillet qui fera mumuse avec un poste taillé sur mesure : Les français de l’Etranger !

Les Français de l’Etranger ! Mais où elle est ma préférence nationale, se demanderont certains ? Des mauvais français, oui. Qui ont quitté les beaux clochers de la France, la meilleure cuisine du monde depuis qu’on a baissé la TVA des restaurateurs, le pays des droits de l’homme et j’en passe ! Mais faut pas oublier que ces gens là votent à droite, qu’ils auront donc désormais des députés et, on ne sait jamais, un jour ces quelques députés de plus, pourraient décider d’un gouvernement de gauche ou de droite, alors…

Puisque la démocratie c’est ça désormais : une manipulation du peuple, un trifouillage permanent dans ce qu’on appelle l’opinion publique.

La France est aujourd’hui gouvernée par celui qui crie le plus fort, un jour Fillon, un autre Juppé ou Baroin. Demain ce sera un autre. Dans le grand Guignol, tout le monde a sa place, il suffit d’attendre son heure. On se bouscule, on trépigne d’impatience. On sait que le chef n’est plus le chef, on attend qu’il tombe. Ca viendra tellement son avenir est semé de peaux de banane, lui le ridicule Tarzan de sa République bananière: On verra alors les lions se manger entre eux. Car tel est le spectacle de la politique. Le cirque. Les arènes.

Mais un an encore ! Ca va être long car il faut surtout nourrir le bon peuple avec du spectacle et encore du spectacle à la louche jusqu’à en vomir… A moins qu’il ne soit déjà au bord de l’indigestion. Alors…





lundi 27 juin 2011

Votez Montebourg!

Le vote utile est ce piège de la démocratie dans lequel j’entrerai pourtant une fois encore. En effet je ne voterai pas pour mes idées quand je sais qu’elles ne seraient pas soutenues pas 5% de l’électorat. Mais comme beaucoup pensent ainsi on se trouvera toujours et encore avec des élus non désirés qui nous mèneront inéluctablement à la déception.
Quant aux députés que nous élisons, ils se contenteront d’obéir aux consignes de leur parti sous peine de ne pas être élus pour un nouveau mandat. On comprendra qu’ainsi, la démocratie parlementaire n’est plus qu’un souvenir lointain d’une démocratie réelle.
Mais faute de mieux, on s’en contentera…

Mais pour les primaires socialistes, pour autant qu’on veuille y participer, le vote utile est sans importance avec, en ce qui me concerne, en 3e position Hollande, en 2e Royal et en 1e, Montebourg – justement parce qu’il appelle à un renouvellement de la République.

Quant à Aubry, la madone des éléphants qui trompent, à la trappe !

Alors votez Montebourg pour sa critique du libre échangisme forcené, pour sa vision de l’Europe et pour une VIe République !

mardi 21 juin 2011

Réforme de la santé

Parce qu'ils recouvrent souvent des considérations techniques et financières complexes et éloignées du quotidien, on ne donne que peu d'écho aux réformes de la santé. Peu à peu les remboursements s'émiettent en même temps que le secteur privé, adossé à la bourse, ne cesse d'accroître sa présence.  Ici comme ailleurs, pour les retraites par exemple, le mot réforme est un joli euphémisme pour dire la destruction, pour enjoliver la casse d'un système que chacun n'ose avouer en disant vouloir le renforcer. Voici donc, concrètement, l'une des conséquences de cette "réforme" à partir d'un courriel que je viens de recevoir:

Objet : La dernière de Roselyne Bachelot.
Le directeur du principal labo avec lequel notre hôpital travaille nous apprend (tenez-vous bien !) que nous, les infirmières, n'avons plus le droit de faire les prises de sang.
D'après la dernière ordonnance de notre chère ministre de la santé (donc pas de passage devant députés et sénateurs !), les laboratoires, pour subsister, devront passer une certification assez contraignante et compliquée, et pour ce faire, doivent, entre-autres, se porter garants du préleveur (c'est à dire, nous, en l'occurrence !).
Conséquence immédiate : les infirmières ne seront autorisées à prélever que si elles ont été formées et agréées par le labo dans lequel le prélèvement est analysé ! Exit, donc, les infirmières intérimaires ou remplaçantes...
Seconde conséquence, et non des moindres : les prélèvements à domicile seront désormais interdits! Les patients devront donc se rendre au laboratoire par leurs propres moyens, quel que soit leur état, ou bien se faire hospitaliser !
Troisième conséquence : les laboratoires étant tenus de s'équiper de machines hyper-performantes, avec le moins de personnel possible, (ah oui, parce que j'ai oublié de vous préciser que l'État a décidé de diminuer fortement le remboursement des examens sanguins aux laboratoires !) pour pouvoir continuer à fonctionner, ils vont devoir se regrouper (but final avoué : 1 à 2 labos seulement par département!!!). Bref, les hôpitaux de taille moyenne qui possèdent leur propre labo vont le fermer (c'est déjà fait à Paoli-Calmette, par exemple,Cavaillon et Orange vont suivre) et il faudra donc se déplacer vers un grand plateau technique pour faire les examens qui ne sont pas hyper-courants
Comme ces grands plateaux techniques seront les seuls à accueillir une grande partie des examens à réaliser, nous n'aurons les résultats qu'au bout de plusieurs jours (et mieux vaut ne pas en avoir besoin un vendredi après-midi !)
Enfin, cerise sur le gâteau : en toute discrétion, il a été décidé que désormais le directeur d'un labo n'a plus besoin d'être biologiste !
La Générale de Santé, ainsi que d'autres grands groupes financiers sont donc en train de racheter tous les labos de France et de Navarre et il devient donc impossible à un médecin biologiste de posséder son propre labo...
Voilà, je ne peux vous conseiller qu'une seule chose : surtout, ne tombez pas malade ! Et si toutefois cela vous arrivait malgré tout, déménagez aussitôt vers une grande ville, seul moyen d'ici très peu de temps de pouvoir être soigné dans des conditions acceptables !
P.S. : Je viens d'entendre aux infos que le gouvernement envisage sérieusement de réduire les cotations des examens radiologiques : ça ne vous rappelle pas quelque chose ???
Nous avions le meilleur système de santé au monde, mais c'était avant que le gouvernement Sarkozy n'arrive au pouvoir !
Emma, une infirmière démoralisée et dégoûtée.

Bonjour,
Emma a fait suivre l'info à une copine biologiste, voici sa réponse :étant biologiste directrice d'un petit labo (3 personnes) de proximité, jeconfirme cette info. L'ordonnance est passée en janvier 2010 et nous avonsjusqu'en 2013 pour nous mettre aux nouvelles normes. Ce qui est totalementimpossible pour les petits et moyens labos vu le coût car bien évidemmentout cela n'est pas gratuit.Donc pour ma part, étant trop petite, je suis condamnée à disparaître !!!
A 54 ans c'est un peu dur à avaler!!!Quant aux regroupements de labos c'est un pis aller, pour faire face auxstructures financières qui attendent ( comme pour les cliniques) deracheter et rentabiliser au maximum aux dépens de la relation avec lespatients. Des labos traitant plus de 1000 dossiers jours ne peuvent être àl'écoute de la personne. Et effectivement à terme il n'y aura plus que 1 ou2 labos par département y compris pour les labos des petits hôpitaux.
Ceci est le système américains, allemand, et autres pays européens.Voilà donc l'avenir de la santé vendue aux grands groupes financieLa ministre Mme Bachelot a validé l'ordonnance Ballereau du 15.01.2010.
Les conséquences sont catastrophiques...
Au plus tôt en 2013 et au plus tard en 2016, les laboratoiresd'analyses médicales de proximité, VOTRE laboratoire et tous les autres auront probablement DISPARU au profit "d'usines à analyses"(une par département pour les départements qui le "méritent" ; pour les départements les plus ruraux il faudra faire un peu plus de route...).Pourquoi ? Et bien en vertu d'une ordonnance parue en 2010 (Voir JOdu 15.01.2010, page 819) qui livre le "marché" de l'analyse médicalaux FINANCIERS du CAC 40...
Parmi ces groupes financiers qui ont déjà largement entamé les rachats massifs de labo, figurent des assurances de santé privées, peut-être la vôtre, qui auront ainsi accès à vos données médicales et pourront
"personnaliser" vos factures...
Il y a une solution pour s'opposer à ce scandale : FAIRE CIRCULER
massivement et SIGNER cette pétition :

 

dimanche 19 juin 2011

En vert et contre tout.



Dans un entretien publié vendredi dans La Nouvelle République, Marie Reynier déclare que «si on enlève des statistiques les enfants issus de l'immigration, nos résultats ne sont pas si mauvais ni si différents de ceux des pays européens».
Marie Reynier est Rectrice ce qui lui confère  une certaine autorité pour évoquer le niveau scolaire d'une population. Mais il y a  problème: Certains mots sont interdits et le fait même de les utiliser vous conduit à la lapidation. Ainsi a-t-elle prononcé ces phrases scandaleuses suant la haine et le racisme:
«Nous avons beaucoup d'enfants de l'immigration et devons reconnaître notre difficulté à les intégrer. Commençons par combattre l'illettrisme de leurs parents. Quand je vous parle d'ambition, je parle bien sûr aussi de ces jeunes parmi lesquels il y a évidemment de grands talents cachés et qu'on loupe".
Il eût donc fallu qu'elle déclarât: "Nous n'avons pas beaucoup d'enfants de l'immigration et il n'y a pas de difficulté à les intégrer."
Mais Madame la Rectrice s'acharne à croire au réel -  ce qui est une honte depuis que l' on sait que la plage est sous les pavés et qu'il est réaliste de croire en l'impossible...

Le Parti communiste, logiquement, s'indigne de ces propos, déclarant dans un communiqué qu' «aucune étude ou statistique n'indique de différence de résultats ou de trajectoire scolaires, à catégorie sociale égale, lié à l'origine ethnique».

Mais comme, bien qu'il soit interdit d'interdire, on interdit quand même toute statistique de ce type, le PC a beau jeu de clamer quelque chose qu'il interdit de démontrer: Cachez ce réel que je ne saurais voir!

 Karim Laanaya, du groupe Europe Ecologie-Les Verts au conseil régional du Centre, a demandé la démission de la Rectrice, jugeant ses propos «scandaleux».

Ce n'est pas dans ce déni de réalité que la gauche reviendra au pouvoir. Il faut oser dire que les enfants de l'immigration sont le plus souvent aussi les enfants de la pauvreté, qu'il y a plus de difficultés scolaires dans les quartiers Nord de Marseille qu'à Neuilly. Et, qu'en conséquence, la carte de l'échec scolaire est aussi celle de l'immigration.
Et bien sûr, le même constat peut être fait pour l'insécurité.
Ne pas le dire et  occulter toujours la réalité restera le meilleur moyen de ne pas résoudre les problèmes. Et de se retrouver avec une droite qui désigne les maux en se gardant bien de les soigner.
 
 
 
 
 

 











vendredi 17 juin 2011

Juste un prof.

Goya, La Maja vestida

C’était en 3e. Un prof d’espagnol un peu bizarre qui donnait l’impression de se complaire dans une équivoque qui s’ouvrait, pour nous élèves, à toutes les suppositions bien qu’il ne transgressât jamais les limites de la parole et de la bienséance. Mais le cours d’espagnol se ramenait le plus souvent à la peinture qu’il évoquait avec une ambigüité certaine ce qui nous amusait fort mais c’est ainsi qu’il nous communiqua sa passion.

Goya, Velasquez, Zurbaran n’eurent bientôt plus trop de secrets pour nous tant le professeur dans ses gestes, ses mots lents et maniérés, nous donnait à caresser les chairs bondes de la Maja desnuda, à deviner la transparence troublante d’une étoffe soyeuse et à saisir un sens là où le croyait-on, il n’y avait que des images.
 Il démontait les apparences, nous disait que dans la brillance du noir du Christ de Velasquez, il y avait surtout du rouge et du vert. Il nous donnait à voir que la peinture c’était aussi une affaire de toucher et de corps, qu’elle vivait mentalement en nous, qu’elle était tout sauf anecdotique et qu’un tableau en lui-même pouvait représenter une forme d’idéal, un condensé de l’Histoire, des angoisses ou des désirs. Qu’il pouvait atteindre à l’intensité de la meilleure littérature. Et surtout il nous apprenait à lire le monde à travers ce filtre - un monde mouvant qui passerait toujours à travers nos doigts mais dont quelques pépites resteraient accrochées comme sur un tamis, ce tableau dans lequel il y aurait toujours des merveilles à découvrir pour peu qu’on se voulût assez aventuriers pour être chercheurs d’or.

J’ai sans doute beaucoup perdu de l’espagnol qu’il m’enseigna mais ce qu’il sema n’a jamais dépéri. Au-delà de la peinture, je compris qu’il nous donnait à picorer des bribes de rêves, que ceux-ci devaient être recueillis avec soin, que les rêves devaient être entretenus. Que si on les perdait c’est toute la vie qui s’asséchait avec eux.

jeudi 16 juin 2011

On nous vole la République!

Miro, L'éléphant

Si les français avaient un peu de suite dans les idées et s’ils manifestaient  un minimum de cohérence par  leurs votes, ils choisiraient comme candidat de droite Dupont Aignan et, pour la gauche Arnaud Montebourg.
En effet, si l’on en croit un sondage de Marianne 2, 80% des français souhaitent une forme de protectionnisme européen. C’est exactement ce que proposent ces deux candidats potentiels !



Mais la vie politique n’est pas faite pour le peuple, elle est cousue main pour la petite caste qui s’en est emparée, tous ces gens qui s’empiffrent sur les deniers publics. Un exemple ? Le fameux Conseil d’Analyse de la Société présidé par Luc Ferry.


Il suffit de lire quelques noms de ceux qui le composent : d’anciens membres du gouvernement tels que Christine Albanel et Jeannette Bougrab, le journaliste Alain-Gérard Slama, l’éditeur et époux de Valérie-Anne Giscard d’Estaing, Bernard Fixot, sans oublier Patrick Artus de NATIXIS ou Amélie de Bourbon… Autant de gens éminemment qualifiés pour comprendre la société française d’aujourd’hui ! Mais le quart du budget de ce Conseil étant consacré à des notes de restaurant, ne nous en offusquons pas !


Mais de tels Conseils et autre Comités étant de l’ordre de quelques centaines – dans lesquels on peut bien sûr jouer les chaises musicales – on y retrouvera toujours les mêmes, politiciens, académiciens, hommes des médias, pipoles et autre décorés de droite et de gauche dans les salons dorés de ce qu’on appelle, on se demande pourquoi, une République.


Le peuple élira donc Dupont Aignant ou Montebourg puisqu’ils correspondent à son attente. Eh bien non.


A droite, on ne s’est jamais paré de grandes vertus démocratiques, alors n’insistons pas, Dupont-Aignant a été mis sur la touche depuis longtemps.


Mais à gauche, on aime la mo-ra-le. Qu’on se le dise. Et la dé-mo-cra-tie aussi. Rappelons-nous dans quelles conditions Aubry fut élue à la tête du PS ! Eh bien ça continue : il semblerait que des consignes aient été données pour interdire à Montebourg l’accès aux primaires socialistes. Ainsi la petite mafia « démocratique » va pouvoir éléphanter pénardement en enfantant son animal politique à grande trompe, sans ces trublions issus de la populace, ces Royal ou ces Montebourg…


A quand la République ?



mardi 14 juin 2011

L'escamoteur


Pour comprendre une peinture, il faut d’abord suivre le jeu des mains et des regards. Tout est là. Comme si la peinture revenait ainsi toujours à ce qui la constitue…

La télévision nous prive de ce hors-champ : La caméra fige le regard, les mains sont invisibles ou inertes ; celui qui parle ou celui qui nous est montré entrent dans un face à face, un jeu de pouvoir dans lequel le spectateur sera toujours perdant. Bourdieu écrivait très justement : « L’écran de télévision est devenu aujourd’hui une sorte de miroir de Narcisse, un lieu d’exhibition narcissique. »
Je ne reviendrai pas sur le miroir, ses effets de symétrie et la dialectique de l’exhibitionniste et du voyeur que la peinture met en scène pour l’avoir évoqué très récemment. Mais quand la télévision donne à voir, elle ferme toute pensée en la réduisant à un rapport de force inégal entre la parole qui sort du poste et celui qui est là pour voir et entendre : La télévision n’a rien de démocratique.
Si l’on veut une bonne leçon de sémiologie politique, mieux vaudrait s’attarder à « L’Escamoteur de Jérôme Bosch. A gauche les spectateurs, à droite un charlatan qui conduit une partie de bonneteau, c'est-à-dire un jeu de dupes mais chacun est censé le savoir. Comme à la télévision, on est séduit comme cette belle de femme devant le pouvoir du bateleur. Ou bien on le regarde d’un œil sévère comme cette religieuse. Il faudrait aussi parler de cette grenouille qu’il a craché après avoir fait avaler des couleuvres et tous ces autres symboles qui forment un puzzle que nous sommes conviés à reconstruire.
L’essentiel tient pourtant à ce qu’une ruse en cache une plus grosse encore puisque le charlatan attire les regards sur son escroquerie tandis que, caché dans la masse des spectateurs, un complice vide les poches d’un nigaud. C’est là aussi toute l’ambiguïté de la peinture : l’artiste est lui-même un illusionniste. Il inverse les codes et quand il montre, il désigne aussi ce qui se cache.
Mais Jérôme Bosch, ici, dévoile le fonctionnement de ce jeu de dupes : Les spectateurs regardent sans voir. L'escamoteur est parmi eux quand ils croient que le  spectacle serait l'autre côté du miroir. Ils regardent ainsi le jeu de la manipulation symbolique sans comprendre qu’ils vivent en direct la manipulation du réel.
Est-il nécessaire de dire alors combien les petits scandales qu’on dénonce quotidiennement dans un système fait de népotisme et de petits arrangements en famille cachent en réalité le système du pouvoir, celui de ces mêmes gens qui font semblant tout en se remplissant les poches ? La télévision est une tirelire mais elle est surtout la métaphore d’un monde qui s’est réduit à un tiroir caisse. Plus grave encore, la dénoncer participe aussi au spectacle...
Qu’en pense le petit chien au pied de l’escamoteur ? Socialiste ou capitaliste ? Comme il nous ressemble !

lundi 13 juin 2011

Pentecôte révolutionnaire.

Jean Restout, Pentecôte

Ce triangle aspiré par le ciel est une erreur: En vérité il fallait que la lumière divine tombât sur les personnages qui  s'en trouvassent ainsi illuminés... Et comment expliquer ces mouvements de terreur qui s'emparent d'eux quand il aurait fallu que l'esprit saint leur apportât force et conviction?
Reste donc l'hypothèse d'un peintre facétieux qui, sans en avoir l'air, inverse les codes et, sous les aspects d'un art baroque qui célèbrerait la religion, faisait le contraire de ce qu'on lui demandait...
Le peintre sachant qu'il travaille le plus souvent pour des aveugles s'en donne alors à coeur joie! L'esprit du XVIIIe siècle contre l'esprit saint... Le libertinage se logerait-il là où on ne l'attend pas? Et l'humour ravageur dans le carcan du baroque?
Restout est l'un des derniers à jouer de ces grosses machineries religieuses... On devine déjà les mises en scène pré-holywoodiennes de Doré.
Puis Walt Disney prit le pouvoir. On connaît la suite.

dimanche 12 juin 2011

Un chien socialiste?

Cavalier d'Arpin, Diane et Acteon.




Louis Galloche, Diane et Actéon






« A peine (Actéon) est-il entré dans l'antre où la source épanchait sa rosée que les nymphes, dans l'état de nudité où elles se trouvaient, se mirent soudain, en apercevant un homme, à se frapper la poitrine et à emplir toute la forêt de leurs cris perçants ; pressées autour de Diane, elles lui firent un abri de leur corps ; mais la déesse est plus grande qu'elles (...)ainsi, Diane prit de l'eau, la jeta à la face de l'homme et aspergeant sa chevelure avec l'eau vengeresse, elle ajouta ces paroles, annonciatrices du malheur à venir : "maintenant, va raconter que tu m'as vue sans voile, si tu le peux, je te l'accorde. Et sans proférer davantage de menaces, elle fait apparaître sur la tête ruisselante d'Actéon les cornes du cerf vivace (...) elle couvre son corps d'une peau tachetée ; elle y ajoute même une nature craintive (…) " » Ovide, Les Métamorphoses.
Encore un mythe qui fit le délice des peintres tant il permet la mise en image de l’artiste lui-même dans sa position de voyeur et de la scène capturée par le regard. Mais surtout, comme dans le récit de Suzanne et des vieillards, on retrouve cette tension entre le corps dévoilé au bain et le viol d’un regard. Mais là où la faute était avérée, dans le texte d’Ovide c’est au contraire l’innocence du regard qui est châtiée par Diane qui métamorphose le chasseur en cerf. Voici donc celui qui poursuivait une biche se transformer en proie : Le bourreau devient victime, le cerf sera déchiré par les chiens.
De nouveau le présent qui s’inscrit dans la peinture : Diane et le groupe des nymphes comme des femmes de chambre hurlant autour de leur égérie.


Je ne juge rien. Je regarde un tableau. Je regarde la télévision. Je vois le même spectacle.
Mais la peinture ne prétend ni au réel ni à la vérité. Elle propose des dispositifs de compréhension laissés à la réflexion du spectateur. Elle répond à des codes qui fonctionnent de façon explicite quand on met en relation plusieurs toiles. Ainsi il suffit de voir ce tableau d’un peintre peu connu du XVIIe siècle, Louis Galloche, dans la représentation du mythe d’Actéon. Comme pour la peinture du Tintoret , même disposition scénique, même effraction du regard. Et l’irruption du dehors, de la nature, de l’animalité, du satyre à l’intérieur d’un univers clos et féminin.
Un autre tableau, celui du Cavalier d’Arpin, par une mise en scène plus resserrée, par des jeux chromatiques plus sobres, permet de figer cet instant de tension quand le face à face de l’innocence est déjà une violence : Les regards et le doigt accusateur désignent celui qui porte déjà les cornes du châtiment.


Et, au côté d’Actéon, le chien qui se retournera contre son maître, qui le dévorera. Un chien socialiste ? Ou l’honneur d’un homme jeté aux chiens ?


Qui est qui? Où est l'homme, où est la bête?


On ne peut que conclure en laissant le doute s'installer, en prônant avec humour l'ambiguité ou l'ubiquité comme lorsqu'un peintre plus proche de nous, Alberola, signait ses toiles ainsi: Acteon pixit, Acteon fecit.

samedi 11 juin 2011

Le féminisme en peinture





L'histoire de Suzanne et les vieillards se déroule en Babylonie. Suzanne y est une très belle, très pieuse mère de famille, que deux notables licencieux surprennent aux bains et veulent séduire. Elle les repousse. Pour se venger, ils l'accusent d'adultère. Ils sont juges au tribunal religieux : ils ont donc toutes chances de la faire condamner. Mais le jeune prophète Daniel les confond en les faisant interroger séparément. Les deux lâches sont alors condamnés et lapidés. (Wikipedia)
Ça ne vous rappelle rien ?

Inversons les personnages comme dans un miroir, recherchons le vieillard lubrique quand c'est lui qui sort nu du bain, regardons la pieuse servante qui le surprend à New York, ville phallique, fantasmatique, Sodome et Ghomorre...
Il y a quelque chance que vous y croisiez DSK et une femme de chambre, qu'il y ait celui qui séduit, celle qui repousse mais vous ne verrez pas "le prophète" qui décide, ou plutôt, il sera tellement visible, qu'à l'instar de "La lettre volée", vous ne le verrez pas. Car ce tribunal qu'incarne Daniel est omniprésent, il s'inscrit en permanence dans nos représentations mentales, c'est le tribunal médiatique.

L’actualité ne cesse de renouer avec ces mythes fondateurs d’une culture qui tisse l’histoire : la trame s’use, les fils apparaissent, se nouent, s’effilochent puis disparaissent jusqu’à ce que, dans l’ombre ou la lumière, d’invisibles pénélopes ou de glorieuses grâces nimbées de lumière recomposent ce récit toujours présent que la peinture nous donne à voir. Mais aveugles au temps depuis que l’événement a pour fonction d'en chasser un autre, nous ne sommes plus que la proie du spectacle quand l’image est là pour cacher, « occuper l’espace ».
Ce travail de recomposition du sens, ce jeu de cache cache entre réel et imaginaire, entre le temps réel et le temps historique, la peinture ne cesse de l'exposer.

Bien sûr le thème de Suzanne, en ce qu’il témoigne du jeu du voyeur et de l’exhibition, du peintre et du spectateur et de l’écran ou du miroir dans lesquels ils se retrouvent et se séparent tour à tour, ne cesse d’obséder l’histoire de l’art: Altdorfer, Carrache, Jordaens, Rembrandt, Rubens, Véronèse et tant d’autres ont relaté cette énigme sur la toile.
Mais la réponse la plus évidente nous est peut-être proposée par le Tintoret. Il y a à ce propos
cette belle page dans un blog, avec cette « balance des blancs » qu’évoque Jacques Henric, le poète, le photographe, l’écrivain de la peinture.

Donc revenons-en à ce tableau.
L'espace se structure sur une diagonale qui tombe du regard de Suzanne vers un vieillard qu'elle ne voit pas, celui-ci regardant, paradoxalement, vers le sol. Les yeux ne se rencontrent pas. Entre la femme et l'homme, une claustra sur laquelle repose un miroir. C'est aussi la confrontation picturale d'un espace vague, le jardin, et d'un espace restreint où la chair blanche de Suzanne éclate. Près du ciel, Vénus, sur le sol, un sombre satyre... L'effraction est visible. Mais la culpabilité, les jeux du désir, de la séduction et du refus s'énoncent ici sans jugement. Car "le prophète" est invisible, inutile: le jugement est-il nécessaire? Y a-t-il matière à juger? Les vieillards seront lapidés mais la scène n'est jamais représentée. Seul compte l'avant, la scène réelle ou, plus précisément, ses silences et son énigme.
Aujourd'hui tout s'est inversé.
Aujourd'hui c'est le tribunal médiatique qui nous impose sa vision: la scène elle-même nous est refusée. Nous n'aurons que le spectacle d'un vieillard lapidé et d'une Suzanne invisible, interdite au regard.
Tenez vous au courant de l'actualité, parcourez les musées.

samedi 4 juin 2011

Pouvoir de l'ombre: Le Caravage!

La décollation de Saint-Jean -1607, Le Caravage





Par quel mystère peut-on se passionner pour des peintres aussi éloignés que Poussin et Le Caravage ? Rien, dans la peinture elle-même ne les rapproche, ni dans la facture, la composition ou les thèmes abordés et, surtout pas dans ce qui fait qu’un tableau reste cloué en vous, un rêve ou un cauchemar figé, un éblouissement.
Ces derniers jours, comme des bribes de rêves ou de souvenirs escamotés, me revenaient des fragments de ce tableau du Caravage de la Cathédrale Saint-Jean à Malte : « La décollation de Saint-Jean Baptiste ». Et l’actualité n’est jamais loin se confondant avec ses restes d’épaves ou des monceaux de ruine, des têtes qu’il faut offrir à l’ivresse des foules et des témoins muets… Meurtre symbolique d’un politicien ou des dizaines de morts à la dérive…
Etrangement la composition de ce tableau n’a jamais, à ma connaissance, suscité de commentaires. Et pourtant la structuration elliptique qui prévalait alors, en particulier chez le Caravage, aurait voulu que la scène se concentrât sur le nœud du tableau, la ronde expressive des personnages qui, paradoxalement, se déporte sur sa partie inférieur gauche. Une arythmie pour le moins insolite qui isole la scène, la rend anecdotique quand la majeure partie de l’œuvre se réduit aux tonalités ocre d’un mur de prison et d’une fenêtre.
La scène illuminée, tragique, se donne bien sûr à voir : c’est ce que le spectateur retient. Tout semble se passer ici - profusion de personnages et de possibles, circulation du sens et du pathos. Et pourtant, le tableau se déploie surtout dans le silence terreux du décor : une prison avec à droite, une grille qui emprisonne l’espace. A droite, un miracle : Le cadre de ce qui serait un tableau qui renfermerait CEUX QUI VOIENT. Lumière contre lumière entre les spectateurs et les acteurs. Sauf que ce tableau est une fenêtre avec une grille. Picturalement, elle interdit ce passage entre le peintre et sa représentation qui est le rêve de tout peintre : rappelons-nous tous ces tableaux réalisés à partir des Ménines…
Une fenêtre qui n’a aucune justification, la scène se suffisant à elle-même. Mais elle inscrit le spectateur comme captif de l’écran, comme fasciné par ce qui se joue de l’autre côté. Toute une métaphore de ce qui se trame au sein de la peinture quand elle énonce les lois du spectacle.
Le Caravage réalisa cette œuvre alors que, condamné pour meurtre, il venait de s’enfuir de Rome. On peut donc supposer qu’il se place délibérément dans le cadre des prisonniers, des spectateurs. Ils sont deux : Le Caravage et nous-mêmes ? Ainsi la scène peut-elle se déporter sur la gauche comme si elle pouvait disparaitre de notre champ de vision car elle n’est que l’écume où bourreaux et victimes s’enlacent dans l’horreur. Ce qui reste c’est le regard du prisonnier, celui du peintre et de nous-mêmes : Pouvoir de l’ombre.

jeudi 2 juin 2011

Le concombre et Sainte Bruni.



Si le concombre espagnol vient d’être innocenté, il n’en va pas de même pour le concombre français qui reste toujours à New York dans de sales draps… Oui, oui, je sais Mesdames, ce n’est pas drôle mais toutes mes pensées pour la victime qui aura eu tous les malheurs dans sa vie, immigrée, noire, pauvre, mère célibataire et violée ! Le seul léger rayon de soleil dans la nuit profonde de Cosette c’est de ne pas avoir été violé par un dealer insolvable du Bronx. Même si je sais que quelques millions de dollar n’effaceront jamais le traumatisme. Revenons donc sur terre, dans cette sordide réalité si loin du home édénique de DSK…
Et des égouts passons donc aux ventres car ça s’agite beaucoup au niveau du ventre tant au niveau digestif chez nos voisins allemands qu’à celui de notre immaculée conception, First Lady of France.



Mais baissons encore d’un cran car, à l’instar de notre siècle téléphile, tout doit se passer au-dessous de la ceinture.

Car c’est fait, nous sommes entrés dans le monde de la télé réalité. DSK, Lang, Raffarin, Douste Blazy et bien d’autres. Les mots s’embrouillent et ont-ils d’ailleurs encore un sens ? Où est la réalité, où est la rumeur ? Qui est qui ? Faudra-t-il pour le savoir attendre la saison 2 puis la saison 3 ? C’est l’audimat qui finira toujours par l’emporter. Il y eut les élections, il y a les sondages d’opinion, tout se terminera désormais par l’audimat qui nous gouvernera.
Pour le reste, le programme continue – car vous êtes programmés : TF1, France2, Canal+, juste une question de style. Vous pouvez vous mettre en position OFF, l’actualité, les conversations, vous ramèneront toujours à cette programmation que la société relaiera même si vous êtes fâchés ave l’écran !
Ainsi vous êtes appelés à zapper du sitcom DSK au trash Ferry mais vous aurez toujours les mêmes ingrédients, les mêmes personnages. Seuls les acteurs changent : Ceux qui incarnent telle politique, etc. Mais faut-il encore en parler ? Les noms propres resteront les mêmes, toujours aussi propres sur eux, ou bien on en mettra d'autres mais changeront-ils de rôle, le sexe, le pouvoir et l’argent?

On dit que dans l’ombre, le gros méchant loup, Marine Le Pen, attend son heure. Sans doute.
Mais que Mère Grand ou que le chaperon rouge se fassent bouffer, ça a toujours fait parti du programme ! Faudrait quand même pas croire que le monde a été inventé par Debord ! La Mère Le Pen c'est le même feuilleton mais dans sa version basique, pour ceux très étroits de la tronche, pour ceux qui en peuvent plus d'attendre Dr House et de se vouloir des desperate housewifes. House ou Home sweet home, de la soupe frelatée et du mauvais papier peint sur les murs! Du spectacle, rien que du spectacle, et de la petite boite faite pour transformer le rêve en réalité. C'est ici qu'entrent en action nos médiacrates qui nous transformeront l'eau en vin, le "casse toi pôv con" en "je vous ai compris"...

Il faudra donc extraire de cette petite boite du miracle, de la sainteté ou bien quelque chose qui s’en approche : D’un côté les saloperies de nos politiques, en tout cas celles qu’on ira chercher du côté socialiste ou chiraquien… Mais de l’autre côté, comme par magie, on se transportera dans l’univers éthéré de la vertu et de la pureté familiale…
Imaginez donc la Sainte Famille, notre Sarkozy, brave gars pas très futé mais si loin de New York ou de Marrakech. Imaginez Sainte Bruni…L’immaculée ou l’assistée conception : Pleine de graisse (Euh, non, ya erreur !) Que votre nom soit sanctifié (Merci le Figaro, Match, etc) …
Et enfin 2012 ! Il est né le divin enfant ! Et « La conquête », oui ce flop cannois destiné à rehausser le Président des talonnettes ? Certes pas grand monde dans les salles, mais le hasard voudra que vous l’aurez ce film sur Canal+ en pleine période électorale ! Avec tout le battage destiné à ce que la fiction pénètre le réel et que vous entriez dans cette fiction. On vous dira : Mais ce n’est pas de la politique ! Et puis ça ne montre pas forcément Sarkozy sous un bon éclairage… Tu parles ! En pleine campagne présidentielle ! Et tout cela ne serait pas « programmé » ?
Le spectacle et rien d’autre. La victoire du spectacle et tout le reste n’est que marivaudage, bavardage et persiflage qui alimentent le spectacle. Sarkozy, l’homme des médias l’a compris : C’est sa dernière arme.

Du spectacle à la louche, jusqu'à en vomir.
Mais… peut-être l’arme sera-t-elle enrayée, peut-être les français se lasseront-ils de la danse du ventre. Peut-être éteindront-ils leur télé… Peut-être rêveront-ils de cette réalité perdue : On peut toujours rêver.

mercredi 1 juin 2011

L'affaire Jean-Marc Sylvestre




Dur d’être en position de défendre l’un des ministres les plus déplaisants du gouvernement, Gérard Longuet.
Mais voici qu’on l’accuse de s’être fait payé son luxueux hôtel en 1996 par le pouvoir de Ben Ali. Ce n’est certes pas très moral mais à cette époque Longuet n’était plus Ministre mais Sénateur… El contrairement à Alliot-Marie, il n’y avait donc pas mélange des genres entre des intérêts familiaux privés et une action au sein du gouvernement représentant la France. L’affaire Longuet n’est donc ni l’affaire Alliot-Marie ni l’affaire Woerth…
Mais elle cache une autre affaire tout aussi grave mais que nos médias ne fouilleront guère, et pour cause ! La collusion entre le pouvoir et le « journalisme ».
Le journalisme a pour péché originel d’être lui-même un pouvoir et de jouer sur deux registres qui sont en réalité antinomiques: D’une part le journaliste, et il se pare de cette déontologie, va à la recherche d’informations qu’il vérifie puis relate. Dont acte. Que l’information puisse être objective est un autre débat.

Mais le journaliste utilise alors cette information, il la transforme pour l’intégrer dans une analyse de l’actualité et l’événement est alors saucissonné, réduit à l’éclairage idéologique que lui donnera tel ou tel chroniqueur : Jean Daniel, Jean-François Kahn ou Christian Barbier, pour ne citer qu’eux, sont-ils journalistes ? Bien sûr que non ! Pas plus en tout cas que Laurent Ruquier ou je ne sais quel autre présentateur de télé… Intellectuels ou amuseurs, ils ne font que broder autour de faits que d'autres ont récoltés.
Mais la confusion est là, l’homme médiatique est entièrement entre les mains du système politique quel qu’il soit. Or dans le cas de Longuet, le plus intéressant c’est qu’il fut pris la main dans le sac (de la Tunisie) en compagnie de… Jean-Marc Sylvestre alors chroniqueur économique sur France Inter avant de devenir Directeur adjoint de la Rédaction de TF1. Aujourd’hui, chaque matin, il délivre sa chronique sur I>Tele.

Journaliste ?
On demande souvent la démission d’un Ministre, jamais celle d’un « journaliste » ; Etrange, n’est-ce pas ! Est-ce moins moral de copiner avec un politique influent de la majorité au point de faire avec lui des croisières sur son voilier et de partager les cadeaux d’un dictateur que d’être le politicien qui accepte le cadeau ?
Le cadeau… Ce mot, les journalistes répugnent à l’utiliser car bien d’entre eux en vivent. Combien de voyages tous frais payés sous les tropiques pour un article complaisant ? Et combien de petits ou gros avantages... Déontologie…
Bien sûr, il existe des journaux plus propres que d’autres mais tant qu’on confondra information et commentaire, qu'on mêlera reportage et publicité, milieu politique et milieu médiatique, il est certain que la suspicion vis-à-vis des média perdurera. Car il ne sert à rien d'accuser les politiques si les journaux qui lancent ou relaient ces accusations se révèlent en réalité complices.
S’il n’y a pas d’affaire Longuet, il y a certainement une affaire Jean-Marc Sylvestre.