mardi 18 janvier 2011

Frédéric Mitterrand de nationalité tunisienne!


J.F Kahn : »Quand on sait quelles sont les activités auxquelles se livrait monsieur Mitterrand en Tunisie : il aurait dû se taire.”

On comprend bien ce que suggère le journaliste quand hier notre Ministre évoquait ses frasques au Maghreb…

Mais, il faudrait que notre défenseur et ami de Ben Ali qui fait si bien rimer culture et dictature nous éclaire sur ce qui s’écrit ici ou là et qui ne serait pas grand-chose s’il n’était membre du gouvernement français…

Or voici ce qu'on peut lire sur des sites d'information tunisiens et bien d'autres... Et il semblerait que le Ministère de la Culture sollicité par Europe 1 ou RMC se refuserait à commenter ces allégations:
Un état irréprochable ?


« Saïd Kasmi Mitterrand est le fils de Frédéric Mitterrand, et a hérité de lui son amour de la caméra et de la Tunisie secrète. » (tunizien.com)

« Selon l'Amiral Jacques Lanxade, ancien ambassadeur de France en Tunisie jusqu'en 1999, Frédéric Mitterrand, actuel Ministre de la Culture française et neveu de l'ancien président François Mitterrand, aurait la double nationalité franco-tunisienne, nationalité qui lui aurait été octroyée par l'ancien président Ben Ali. Très proches de nombreux artistes tunisiens, Frédéric Mitterrand séjournerait régulièrement en Tunisie. » (Afropages)

« Fait unique: un ministre français de nationalité tunisienne décore des insignes de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, et pour la deuxième année consécutive, des personnalités de Tunisie » (Actualités-tunisie )

« Le plus flamboyant des compagnons du régime tunisien de
Ben Ali, durant plusieurs années, fut sans conteste Fréderic Mitterrand. Son penchant pour les têtes couronnées lui a valu de commenter les funérailles de Hassan II en juillet 1999. Ce compagnon de route a rarement manqué une occasion de glorifier le régime, même si ces derniers temps le zélé Frédéric s’est fait plus discret. Amour déçu ?(…) À Hammamet, où il possède une fort jolie villa, depuis des siècles la mer vient lécher les remparts de la médina. Or, comme a Tunis, Bizerte, Sousse, les pouvoirs publics ont autorisé le déversement de milliers de tonnes de gravats sur le site. Le paysage est défiguré à la grande fureur de Frédéric Mitterrand, qui avait pourtant obtenu des deux derniers ministres du tourisme et de l’environnement l’assurance qu’on ne toucherait pas à sa médina. » (Bakkchich info 09/10/09)

lundi 17 janvier 2011

La fin de l'islamisme.


Dictature, mode d’emploi…
A défaut d’être analysables dans leur idéologies tant les modèles totalitaires sont légion, on peut cependant relever quelques constantes dans les dictatures.
Non pas seulement dans leurs effets de coercition extrêmement variables selon que le pouvoir ait été désiré par un peuple (ce qui arrive!) ou qu’il lui fut imposé avec brutalité, mais plutôt dans la façon où, dans un moment de l’histoire, les dictateurs se trouvent, en l'espace de quelques jours, balayés.

Leur chute est toujours une explication au fonctionnement d'un régime.

L’un des meilleurs moyens de comprendre une dictature, de la classer historiquement dans l’histoire des phénomènes autoritaires, consiste à observer la manière dont elle s’écroule : dans son effondrement, elle révèle ses forces et ses faiblesses et, surtout, dévoile les failles et les successions de hasard ou de maladresses qui fait qu’un régime bétonné, en apparence « éternel », en quelques jours tombe, comme un château de cartes.

Bien sûr, l’exemple tunisien est aujourd’hui dans tous les esprits.

Raison de plus pour le mettre en perspective avec d’autres événements qui se déroulèrent hier selon un scénario identique.

Deux autres dictateurs connurent le même destin que Ben Ali : Comme ce dernier, Ceausescu en Roumanie et Caetano, le clone de Salazar au Portugal, furent renversés par un mouvement populaire qui se confond pourtant dans un coup d’état militaire.

Ces derniers jours, ce fut d’ailleurs mon hypothèse de ce qui devait logiquement advenir en Tunisie : un mouvement populaire n’a jamais aucune chance s’il n’est pas relayé par l’armée qui, par nature , légaliste et disciplinée, est toujours moins sujette à la corruption.
Ben Ali ne pouvait donc tomber que grâce à la bienveillance de l’armée vis-à-vis du peuple et c’est ce qui arriva.

En effet, hormis certains officiers supérieurs, l’armée, dans une dictature familiale ou clanique, est moins compromise avec un pouvoir le plus souvent de type mafieux.
Elle apparaît comme une force parallèle, relativement étanche vis-à-vis des intérêts politiques et, très souvent, dans une situation de concurrence, voire d’opposition, avec une police toute puissante qui grignote ses prérogatives.

Bien sûr, il faudrait étudier le cas de dictatures typiquement militaires qui me semblent entrer dans une autre catégorie comme ce fut le cas en Grèce, en Turquie, en Amérique latine et, d’une certaine mesure, en Lybie et en Irak. Il s’agit là de mouvements protéiformes pour imposer une idéologie ou pour faire rempart à la menace communiste. Mais ces dictatures, si ce n’est dans les faits et les conséquences, n’entrent difficilement dans un modèle bien établi. Elles ne s'imposent pas dans la durée mais interviennent de façon transitoire et défensive.

A l’inverse, nos dictatures « civiles » s’appuient sur une police omniprésente qui pénètre tous les rouages de la société.
C’est le règne des mouchards.
Le pouvoir n’a pas la visibilité de l’uniforme, il n' en est que plus retors. Le processus d’effondrement de ces dictatures montre bien sur quoi elles étaient fondées. Dans tous les cas, c’est l’armée qui mettra fin au dictateur, c’est elle qui freinera le peuple dans sa « révolution » - laquelle n’en est pas vraiment une puisqu’elle a, pour seule idéologie, le désir de se débarrasser d’un pouvoir étouffant et le rêve d’une amélioration matérielle.
le peuple est ici canalisé, relégué dans une forme de romantisme flatteur qui le désactive – ici « révolution du jasmin » comme hier « révolution des œillets »: Nous sommes loin de la révolution soviétique !

Donc l’armée, qui prend la tête et la place du peuple, reste seule en lice pour affronter la police secrète de l’ancien régime - police d’autant plus insaisissable qu’elle est en partie en uniforme mais qu’il existe aussi à la marge de cette police officielle, des structures purement civiles soit liées au parti dirigeant, soit une police en uniforme mais coupée des enjeux politiques.

Et puis, surtout, il y a cette police invisible, la plus compromise, la plus dangereuse qui, des décennies durant, s’est logée dans le peuple, l’a gangrené jusqu’à ce que celui-ci l’expulse par effet de trop plein, comme par pulsion de rejet irrépressible : c’est le destin de toute dictature.

Et dans tous les cas, durant les « journées révolutionnaires », cette police n’a plus que ses dernières cartes à jouer : le désordre et la terreur en s’attaquant à tout et à rien, en espérant, inutilement, que le chaos permettra aux forces anciennes de reprendre le pouvoir.

Donc le processus tunisien est calqué sur celui des « révolutions » libératrices et démocratiques, lesquelles furent toutes couronnées de succès.

Aussi avancerai-je l’hypothèse optimiste pour la Tunisie, d’un mouvement authentiquement progressiste… ce qui serait une forme de nouveauté dans le monde non occidental.
Cette « révolution », loin d’installer au pouvoir des forces passéistes, marquerait peut-être ainsi la fin de l’islamisme.
Certes, ce mouvement, qui n’exista que parce qu’il fut pour beaucoup le seul recours contre la corruption et qu'il correspondait à la fierté de peuples ballottés par l’histoire coloniale et sans autre véritable identité que la religion, ne s’effondrera pas brutalement.
Mais il est probable que le processus d’érosion a d'ores et déjà commencé et qu’il s’étendra, d’abord dans le monde arabe, de l’ouest à l’est. Sans doute la terreur islamiste agonisera-t-elle encore longtemps dans les sables du désert mais, peut-être est-elle désormais en voie d'extinction...

Et ce processus pourrait être d’autant plus retentissant à court terme, que, en Europe, les immigrés brandissant le drapeau de l’Islam pour se donner à la fois une identité et une expression de leur révolte sociale dans leur « nouveau monde » , pourraient être tentés désormais par ce nouvel étendard plus joyeux, plus mobilisateur, celui d’une revendication égalitaire et laïque.

Quant à moi, je crois à cette évolution qui, à terme, serait alors, vraiment, une « révolution ».

Quoi qu’il en soit, l’avenir de la Tunisie ne devrait guère désormais offrir de surprise. Comme certains manifestants le proclamaient sur leurs pancartes « game is over ».
La partie se jouera désormais ailleurs. Là où, réellement tout va commencer. La fin de l’islamisme?

jeudi 13 janvier 2011

L'extinction des Lumières.

Qu’on ne se méprenne pas : Ce Zemmour imbu de lui-même, bête et méchant, qu’il aille au diable !
Mais la justice c’est autre chose - celle des hommes en tout cas.
La justice doit est être au service des lois pour défendre les citoyens.

Pourtant, de plus en plus insidieusement, cette justice est devenue une tribune vers laquelle tous les mollahs s’engouffrent pour museler au gré de leur hargne ou de leurs intérêts, car il ne s’agit plus désormais de traquer des faits mais de harceler l’expression d’une pensée.
Les idées doivent être critiquées, dénoncées mais est-ce à la justice de définir ce qui est « convenable » ?

La justice a-t-elle autorité à philosopher, à s’immiscer dans les méandres des mots quand il n’y a pas d’autre « délinquance » que le dire ?
Sans doute, quand il s’agit d’une menace proférée, d’un appel au meurtre ou à la « violence » illégitime : Mais, là encore, la frontière reste étanche entre justice et philosophie et il convient donc, ici, de laisser aux actes ce qui appartient aux actes et aux mots ce qui appartient aux mots pour peu que ceux-ci n’incitent pas à des actions contraires à la loi.

Or, même si Zemmour, comme bien d’autres –dont, hier, le Ministre de l’Iintérieur – a dépassé la ligne rouge en tant que citoyen par la simple suggestion d’une inégalité de fait entre français, il n’a jamais appelé à enfreindre, de quelque façon, la loi. Il s’est contenté de donner sa vision de la réalité.
Qu’on soit ou non en accord avec celle-ci d'autant plus qu'il s'agit là de "personnages publics", il faut pourtant s’insurger contre l’immixtion de la justice dans un domaine où seul le débat, l’affrontement idéologique devraient avoir cours dans une démocratie digne de ce nom.

On comprend bien pourquoi, contrairement à la Suisse par exemple, on multiplie ici les gardes fous pour que le peuple ne puisse réellement s’exprimer, pour que sa parole soit tellement filtrée que lorsqu’elle parvient en aval du « processus démocratique », il n’en reste rien. Quand le peuple parle, ce qu'il en ressort c'est la parole du Prince. Et l’on s'étonnera du "populisme" !

La justice est donc conviée à faire le sale travail quand les juges deviennent, à leur insu, les supplétifs d’une mafia intellectuelle à la solde de lobbies encouragés par tous les ennemis de la liberté - ce large spectre où s’alignent quelques épaves staliniennes, quelques escrocs de la philosophie et une extrême droite relookée en défenseur d’Israël depuis qu’elle s’est trouvée un bouc émissaire plus visible.

Car ne nous y trompons pas, la machine à détruire, à humilier, à terroriser n’est jamais assouvie.

Un jour elle se gave dans un camp, le lendemain elle ira se repaître ailleurs: Chevènement, parce qu’il a le malheur de défendre Zemmour dans ce combat. Vous, moi, les cibles ne manquent jamais pour ces chasseurs de pensée, toujours à l’affût d’un trophée avec la caricature du bien comme cache sexe de leur fascisme ordinaire !

Et tout sera bon pour vous faire taire, à commencer par les causes les plus justes: Le féminisme, la lutte contre l’homophobie, le racisme, l’antisémitisme, la protection de l’environnement ou pourquoi pas la cause des animaux, tout peut être accaparé par nos méchants mollah et, là où justement le débat devrait être stimulé, tout se termine par un jugement et une condamnation.
Là où il faudrait brandir un étendard, la fierté d'un engagement, on s'abaisse à brandir la tête et la dépouille du vaincu.

Ce qui est en cause ici, ce ne sont plus seulement les menaces sur les libertés publiques mais, plus fondamentalement, la vie intellectuelle d’un pays et même sa culture.

Il faut s’alarmer de voir celle-ci prise au piège de la bonne conscience, de sa manipulation par ceux qui n’ont de cesse de dévoyer les droits de l’homme pour les mettre au service d’un camp contre un autre.

Notre grand procureur, BHL, si pressé de défendre Polanski quand Julian Assange est lui aussi menacé d’extradition et même de mort, si prompt à nous alarmer depuis depuis si longtemps quant à l’imminence d’une lapidation alors qu'on crucifie et décapite en Arabie, est si parfait dans cette orchestration du cri ou du silence! Et avec lui, tous ces autres Fouquier- Tinville, les avez vous entendus au sujet de la répression sanglante en Tunisie ? Et pourquoi, en entrant dans le sillage d'une droite servile et opportuniste, Delanoë ne condamne-t-il pas le régime tunisien ? Pourquoi?

Quel crédit apporter à ces porte-paroles d’un lobbying politique qui se prétendent « philosophes » - lequel lobby sait trouver toujours les mêmes relais, à droite comme à gauche, avec ces éternels moralisateurs de pacotille, ces mondains confits dans leur strass, ces cultureux-festeux à la traîne du plus fort pour lécher dans la gamelle pourvu qu'elle soit dorée?

Certains communistes ont l’expérience de ce jeu tordu , de cet art du goulag qu’ils trimbalent dans la momie du stalinisme quand Maxime Gremetz déclare :
« Et sur la base de quel rapport Chevènement dit-il que la moitié des délinquants sont arabes ou autre chose? Il y a des statistiques là-dessus? Il n'y en a pas. »

Ce que Gremetz tait c’est que s’il n’y a pas de statistique c’est parce qu’on les a interdites pour sauvegarder un simulacre de bien pensance : La réalité c’est ce qui est décrété, écrit ; ce n’est pas le réel. Les chiffres ne sont bons que lorsqu’ils ils vont dans le bon sens. Pour le reste, circulez!

Car ces gens là, ces BHL ou ces Gremetz, ils pensent mal parce qu’ils pensent faux. Ou, plus précisément, ils nous imposent leurs choix comme la vision convenable du monde.
Ils assaisonnent, de leur logorrhée ou de leur silence, les médias qu’ils financent ou qu’ils amusent.
Ce sont des « alliés objectifs » dans la bonne tradition totalitaire. Ils pensent l’intérêt d’un camp, le leur, et méprisent l’Homme. Ils s’obstinent à ce que le réel soit le reflet de leur idéologie ce qui, par ailleurs, n’est pas la moindre perversion pour un marxiste.
Mais ne raisonnons pas avec eux, ils ne connaissent que coercition et muselière. Ils vous diront, ou ne l’avoueront pas, pour la Tunisie ou l’Arabie par exemple, qu’il vaut mieux une forme de dictature qu’une autre… Une dictature préventive en quelque sorte, comme là-bas, hier, ailleurs, on a pu se lancer dans des guerres « préventives ». Guerre des six jours ou contre l'Irak...

Mais que les censeurs prennent garde : l’écho de ce qu’ils veulent refouler reviendra toujours avec plus d’amertume.

On ne tue pas plus le silence que les mots - et l’aigreur de ceux qu’on fait taire.

Ce que l’on enfouit reviendra par la fenêtre si on l’a chassé par la porte et, que ceux qui dévoient la justice en la dénaturant, se souviennent que ce Fouquier-Tinville qui avait si bien graissé la guillotine en fut finalement la victime.
A tout faire entrer dans le cadre de la justice c'est celle-ci qu'on veut étouffer. Et, avec elle, toute l'histoire de la Liberté.

Le dernier qui sortira n’aura plus qu’à éteindre la lumière.

mardi 11 janvier 2011

Bruno Le Maire, l'autre ami de Ben Ali.


"Je n'ai pas à qualifier le régime tunisien. Je suis français, je n'ai pas à juger de l'extérieur comme ça un gouvernement étranger"
Et "Avant de juger un gouvernement étranger, mieux vaut bien connaître la situation sur le terrain et savoir exactement pour quelles raisons telle ou telle décision a été prise".

Voici telles quelles les paroles prononcées par Bruno Le Maire, ministre du gouvernement français. Nous apprenons ainsi que la France serait ignorante de « la situation sur le terrain » en Tunisie!
Mais que font donc nos Ambassades ?
Mais, surtout, sachons qu'avec de tels arguments,le gouvernement, par la voix de Le Maire, se disqualifie d’avance pour toute prise de position sur l’Iran, Israël ou le Groenland : « je n’ai pas à juger ! »

Eh bien si !
Appartenir à un gouvernement implique des choix, fussent-ils difficiles à prendre: Alors on explique, on met les événements en perspective ou même, on fuit prudemment un débat gênant... Mais on ne se lave pas les mains dans le sang des victimes, on ne se les essuie pas sur un principe d’ignorance ou de petite lâcheté à la Ponce Pilate !

Monsieur Lemaire a son strapontin de Ministre mais ne s’engage pas : Sa médiocrité le hisse à la hauteur de son opportunisme ; il illustre parfaitement l’absence de conviction de l' Etat sarkoziste quand des valeurs, un jour proclamées avec force tambours, s’évaporent le lendemain sans tambour ni trompette.

Au-delà des accusations faites à ce gouvernement de servir une droite dure et le petit monde de la finance, on tait trop souvent son incohérence, ses volte face, ses reniements : Un jour, on lance un ultimatum à la Côte d’Ivoire et, deux jours plus tard, une fois l’échéance passée, on oublie tout... D’autant plus facilement que les médias auront déjà tourné la tête ailleurs.

Le ridicule ne les tue pas mais il tue ailleurs, en Côte d’Ivoire ou en Tunisie.

Ainsi vogue la galère, sans gouvernail, tandis que ceux qui rament dans les cales où ceux qui sont à la godille, s’amuseraient poutant de cette oubliée "Grande Union de la Méditérrannée" qui ne les poussera finalement que vers les rivages de la Tunisie!

Car c’est bien elle qui nous livrera ce que notre gouvernement nous promet: Nicolas Sarkozy veut proposer, apprend-on aujourd’hui, qu’Internet soit « régulé » pous sa présidence du G20, ce qui est beaucoup plus important que la régulation financière...
Nulle doute qu’il devrait se rendre à Tunis : Là-bas, on « régule » !

dimanche 9 janvier 2011

Frédéric Mitterrand ou l'amour de la dictature polyvoque.


Quand Frédéric Mitterrand apparaît à la télé, c’est toujours un régal de contempler le bonhomme comme surpris à la sortie du confessionnal après je ne sais quelle faute inavouable: Le ton sirupeux comme le menton épiscopal dégoulinent dans le sillage de la suffisance ou… de ses fréquents séjours en Tunisie : Allez savoir pourquoi !

Car notre Fred, sa Tunisie il la connaît bien . Le voici donc aujourd'hui pontifiant sur Canal+ :
"En Tunisie, la condition des femmes est tout à fait remarquable. Il y a une opposition politique mais qui ne s'exprime pas comme elle pourrait s'exprimer en Europe. Mais dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré."

Bien sûr, Fred, on a toujours besoin d’amis, et ces tunisiens vous ont beaucoup vu, n’est-ce pas ? Alors, autant rester prudent…

Donc la Tunisie n’est pas une « dictature univoque ». Soit.
Equivoque ? Peut-être ?

Polyvoque ? Pourquoi pas !
Mais de quel type de dictature étaient l’Allemagne nazi, l’Italie musolinienne , l’Espagne franquiste, sans parler des dictatures rouges ou religieuses ? Equivoque, sans doute ?

Vous condamnez donc la « dictature univoque » - ce qui bien sûr est dénué de tout sens - pour exonérer les autres types de dictature! Bravo Monsieur le Ministre!
Et nulle doute que vous, l’héritier de Malraux ou de Druon, vous nous expliquiez un jour ce lumineux concept! Le Ministre de la Culture défendant la dictature, voici encore une nouveauté de notre République... Mais le sarkozisme c’est le grand bazar où chaque jour il y a quelque chose de nouveau en attendant les soldes!

La dictature vous sied donc mais c’est son caractère « univoque » qui vous gêne…
Et vous avez raison : La Tunisie - puisqu’en Tunisie il n’y a pas que Ben Ali qui se sert dans la gamelle, mais ses fils, ses courtisans et quelques autres - n’est pas "univoque "!

La France de Sarkozy ne l’est guère davantage puisque vous-même partagez la bonne tambouille avec quelques autres… Alors critiquer la Tunisie, ce serait aussi établir un parallèle dangereux, n’est-ce pas ?

Fred aime les horizons lointains et le sable chaud, terrain propice à quelques poussées dictatoriales…
Est-ce donc pour cela qu’il vint à la rescousse de TF1 pour défendre la chaîne poursuivie pour absence de contrat de travail par les participants à Koh Lanta comme le signale le Nouvel Observateur?:

« Maître Assous, le conseil des plaignants, a produit un étonnant courrier. Daté du 9 avril 2010, il émane d’Eric Woerth et de Frédéric Mitterrand. Les deux signataires, à l’époque Ministre du travail et Ministre de la Culture et de la communication (poste qu’occupe toujours le second) justifient dans ce document l’absence de contrats de travail pour les participants à l’émission de téléréalité. Ironie de cette histoire, cette lettre avait été utilisée dans une affaire similaire qui opposait d’anciens participants de Koh Lanta à la société de production Adventure Line Production »

TF1 n’est pas protégée par le pouvoir – et réciproquement !
Nous ne sommes pas il faut nous en réjouir, dans une « dictature univoque ». Polyvoque, certainement.

Lisez ces extraits du site officiel des médias tunisiens :
« La liberté d'opinion et d'expression est garantie par la Constitution tunisienne. Depuis le 7 novembre 1987, de multiples mesures juridiques ont été prises en vue de promouvoir le pluralisme dans les médias, protéger les droits des journalistes et favoriser le libre exercice de la profession. »
» La presse est libre en Tunisie et n'admet comme limite que le respect de la Constitution qui proscrit toute forme de fanatisme, de racisme et de discrimination (article 8), et de la loi qui interdit les appels à la haine, et toutes les formes d'incitation à commettre des actes terroristes. »
Et cette merveille :
» Le Président Zine El Abidine Ben Ali exhorte constamment les journalistes à être plus entreprenants. Il a appelé les médias à " oser davantage " et à s'assurer que les " différents sujets sont traités de façon impartiale, avec audace et responsabilité ".

Remplaçons le mot Tunisie par le mot France et nous avons, à l’identique le discours de sarkozy !
Vive la Tunisie ! A bas la dictature univoque
!

mercredi 5 janvier 2011

La Tunisie, on s'en fout!



Le hasard voulut que je me trouvasse à Sidi Bouzid une dizaine de jours avant qu’un jeune ne s’y immolât par le feu : Ville de l’intérieur de la Tunisie, sans attrait particulier, une ville plutôt « moderne », conforme à la réalité d’un pays.

La Tunisie arbore, comme hier en Soviétocratie, les portraits naïfs de son dirigeant pour lequel je n’ai pas le début d’une idée... Sauf, qu' aimant la démocratie, je peux parfois préférer des faux semblants et des dictateurs mous à des régimes sanguinaires…

Et le crétin responsable de la propagande du Président tunisien devrait être remplacé d’urgence… Ou bien on prend les tunisiens pour des cons ou bien, ils le sont réellement, ce que ma bien pensance et ma clairvoyance m’empêchent de croire… Car la progadande trop visible se retourne contre elle-même ce que les régimes occidentaux ont bien compris.

Donc je ne parlerai pas du grand timonier tunisien mais plutôt des médias bien de chez nous qui ont des timidités de journalistes effarouchés pour évoquer cet événement: Le geste symbolique du désepoir d'une nation quand un jeune crie "c'est assez!" en mourant.
Certes il ne faut pas compter pour les médias tunisiens pour nous inonder d’informations sur un drame qui révèle le malaise profond d’un pays. Là encore je ne m’aventurerai pas à dire qui du désir démocratique, qui de l’obscurantisme islamique, qui de certaines factions du pouvoir ou d’ailleurs tenteront de tirer les marrons du feu , mais je suis certain que ces marrons, certains sauront en profiter. Qu’importe.

Non, ce qui m’intéresse c’est le décalage entre cet événement - largement passé sous silence - et le tapage qui exista pour le même événement, il y a quelques décennies à Prague, quand Jan Palach s’immola sur la place Wenceslas dans les mêmes conditions.

Et ici ou là, une même émotion considérable, le même trouble qui discrédite le pouvoir...

Sauf que d'un côté, hier couverture médiatique énorme, aujourd'hui une couverture de silence. Manque de démocratie ici ou là-bas et fait historique un jour, fait divers désormais!
Jan Palach est un mythe, Mohamed Bouazizi, 26 ans, n'a pas de nom: Il n'existe pas. Et ce que j'écris là n'intéressera personne. Ecrire ne devrait servir qu'à n'intéresser personne.

Qui parlera encore de l’objectivité, de l’indépendance de la presse ? Et les multiples archanges des droits de l'homme, où sont-ils?

Héros , devenu personnage historique, c'était Prague.
Un homme jeté aux oubliettes de l’éternité, c'est aujourd'hui à Sidi Bouzid.

Prague ou la Tunisie, l'homme ne sera jamais le même homme. Pour notre presse bien pensante en tout cas. Et pas seulement.

Inutile de chercher " le vrai " ailleurs que dans cette différence de traitement.
Le vrai est à chercher en vous-mêmes, jamais dans ces médias qui ont la prétention de vous dire le monde pour vous empécher de penser autre chose ce qu'ils veulent vous imposer.

Au-delà de la politique, un même acte vous mènera en enfer ou au paradis. A l’éternité ou à l’oubli. A l’existence ou au néant. Quand on ne peut plus parler du bien ou du mal, on encense ou on jette.

Au gré des intérêts de qui ?

Qui dit la vérité?

dimanche 2 janvier 2011

La légion d'horreur, cuvée 2011


Une double négation ayant valeur positive, l’ex « ni pute ni soumise » de Fadela Amara résonne comme un aveu.

« Ni dieu ni maître » aussi, me direz-vous… Eh bien, justement, ce nini peau de chien à la baston, il serait temps de l’envoyer au cimetière de tous ces slogans qui empoisonnent le sens, font écran à l’avenir et résonnent comme l’ inutilité du passé : Car, avouons-le, les millions de morts des guerres napoléoniennes, de la 14-18 et de la dernière, n’auront changé la face de l’histoire que de ceux-là qui en ont souffert, de ceux si nombreux que l'Histoire broya, mais aussi des quelques-uns qui en ont profité.

Bien sûr nous avons gagné, cocorico ! Mais les vrais vainqueurs ? USA, bien sûr ! mais aussi, les soit disant vaincus ! Allemagne, Japon !

Y’avait donc pas de quoi en faire un fromage. Nazis, collabos, résistants, staliniens, héros d’un camp ou de l’autre, écervelés d’ici et d’ailleurs…

Bon, je m’égare.

Il est vrai que ma lecture récente du « Voyage » de Céline suffit à bien décaper les illusions, le cirage, le mensonge… à commencer par la sottise de ceux qui voient chez cet écrivain autre chose que le cri d’un homme qui a dit non à la boucherie humaine, non, à tous les mensonges, non jusqu’à l’excès, quelles qu’en soient les conséquences. Vive Céline !

Pour en revenir à la Fadela, la résistante des banlieues, la Jean Moulin de la Seine Saint Denis, elle l’a eu sa grande victoire, sa lutte finale, sa der de der, son sable chaud de légionnaire d’honneur perdu… : Car elle, elle ne fut pas "insoumise" au point de ne pas accepter sa tranche de rosette –non pas la charcuterie lyonnaise – mais la vraie, garantie sans porc et 100% hallal sur la boutonnière... Non pas bien sûr pour les vertus de son engagement politique qui restera un exemple de gesticulation sans effet mais pour la vantardise d’une gouailleuse banlieusarde ripolinée à la sauce Neuilly.

La mère Boutin, quant à elle, fut récompensée pour un rapport inutile mais commandé à grands frais. Elle eut donc droit à la même breloque pour se faire pardonner des logements indus et des doubles salaires qu’elle n’avait acceptés que par charité chrétienne et pour ne point commettre péché d’orgueil vis-à-vis de son maître.
Un petit tour dans le confessionnal ou dans la niche et elle revient. Elle ira loin avec son petit ruban rouge! Tout droit au paradis !


Quant à Charasse, il ne la suivra pas : il avait refusé d’entrer dans une église même pour les obsèques de Mitterrand!
Il faut dire que quand le maître est mort, le chien peut se lâcher. Que de Judas derrière Dieu ! Dieu n'est pas un fumeur de Havane mais son roquet, oui. Et quelle belle carrière pour celui qui payait toujours cash afin ne pas laisser trace de ses dépenses. Une vraie lessiveuse cet homme, à moins qu’il n’ait grandi dans une caisse noire ! « C’est une habitude prise pendant la résistance… » se justifiait-il. Résistant ! Prenez une loupe pour lire sa biographie. L’Histoire n’est qu’une mythologie pour gogos.

La vérité ce ne sont que ces pauvres gars dans les mines, dans les champs de labour ou les champs de bataille. Contraints d'être ici ou là. Vos héros ne furent que de la viande qu'on envoya à l'abattage pour l'esclave et à l'abattoir pour leurs maîtres.
Aujourd’hui, merci, l’Histoire est plus propre, elle est subventionnée par les marchands de lessive à la télévision. On se la ressort en tricolore, entre notables le 11 novembre, entre deux rots , un pet et quelques trémolos pour se croire importants...
Donc Charasse, notre médaillé du jour, mais hier avare au point d’embaucher son épouse comme attachée parlementaire alors qu’elle têtait de l’Education Nationale. Copinage et magouillage sont les deux mamelles de la France et Marianne est une bonne mère nourricière pour ceux-là qui la traient jusqu’à la dernière goutte !

Alors, si vous les voyez passer, ces héros inutiles, ces braves officiers qui envoyèrent de pauvres gars laisser leurs tripes dans des tranchées, ces grands de la Patrie, ces Amera, ces Boutin, ces Charasse,ces bons à rien, si vous les voyez dans le long sillage de ces légions d’horreur et de ces sillons abreuvés du sang coagulé d’une République disparue, si vous les voyez plastronnant sous le poids puant de ces décorations grand guignolesques, brandissez la vôtre : votre fierté, votre doigt d’honneur !

samedi 1 janvier 2011

Meilleurs vieux 2011!


Pour être corrosive, il convient que la plume soit trempée dans un brin de méchanceté.

Non pas la vraie, la sombre haine qui macère dans la bêtise, non, mais plutôt cette apparence de méchanceté qui jette des éclairs d’ironie, de distance lucide et de fiel mielleux –ou l’inverse - sur ce qu’elle veut désigner quand on en arrive à se demander si ce monde doit être pris au sérieux : Les pitreries des uns et des autres, le bien aux odeurs fétides qui se mêle au mal insupportable affole toute pensée , incite l’électron libre qui se promène entre rire et larmes, à user de cette méchanceté factice pour se garder de tout pathos et de toute déception .

La méchanceté comme un vaccin pour se parer du vrai mal qu’elle combat. La méchanceté pour se dérider le cœur, pour dégripper l’écriture mais qui n’a rien à voir avec le cynisme qui n’est qu’une fin dans laquelle on peut si facilement se complaire.

Alors je me pâme en riant de ces bons sentiments universels que tout le monde affiche aujourd’hui avec « bonne année » ou « meilleurs vœux » de ceux-là qui feront tout pour m’emmerder en 2012, vous peut-être et, certainement, Monsieur et Madame Sarkozy, les ivoiriens, les ukrainiens, les bantous et les juif, les japonais et les saoudiens, les américains, les monégasques et, surtout, tous les autres que j’aurais oubliés…

Tous ces braves gens qui s’embrassent et s’aiment à l’instant de recharger leurs armes, je ne leur souhaite rien, pas même une mauvaise année, ils m’indiffèrent. Mais je les surveille et qu’ils se gardent bien de m’écraser les pieds !

Ils n’auront pas mes vœux et vous, vous n’en obtiendrez davantage car vous n’en auriez rien à en faire et vous auriez raison puisque ça ne changerait ni vos vies ni la mienne.

Ce que je me contente donc de souhaiter pour 2011 c’est que les jeunes soient moins cons, les adultes plus intelligents et les vieux moins aigris: Il y du boulot !

Je m’adresserai donc à ces derniers, à ces vieux qui devraient disparaître en premier ce qui me donne donc la certitude que mes vœux seront en partie exaucés: « Meilleurs vieux 2011 » Donc moins d’aigreur partout si ce n’est dans le grand guignol de l’écriture !

Mais, quand même, qu’ils vivent longtemps ! Et bonne année et gnangnangnan! Et comme vous êtes tous vieux quelque part, soyez tous meilleurs vieux! C'est tout le bien que je vous souhaite!