dimanche 31 octobre 2010

Sale temps au Cap Negre



Alors que des trombes d’eau s’abattent sur la côte varoise, imaginons notre Président ronchonnant, privé de jogging et de vélo, pestant contre ce pays de merde, contre la belle-mère qui la soule, contre Fillon dont il voudrait se débarrasser, contre Borloo décidément pas présentable, contre ce cap "Negre"…

Et d’ailleurs qu’est-ce qui m’a fichu d’un nom pareil, hein ?
Faut que ça change, on va encore crier au racisme, à la discrimination ou à je ne sais quoi alors que je m’en fous : parlez-moi, dollars, euros, fric et fric frac, OK, mais pour le reste, moi et mes potes on s’en fout : les gesticulations sur la nationalité, la religion ou l’insécurité c’est pour amuser le petit peuple et rien d’autre !

Pourtant il y avait comme une embellie, les grévistes s’adonnaient désormais aux chrysanthèmes et l’avenir à défaut d’être radieux s’annonçait plus serein. Quoique… Regardez les titres des journaux d’il y a une semaine ou deux… LE REMANIEMENT !

Et toujours RIEN! On finira par croire que j’hésite, que j’avais lancé une idée en l’air et que je ne sais plus quoi en faire. Ridicule encore ?

Remaniement, c'est-à-dire « reprise en main »… de qui, de quoi ? Puis-je me remanier tout seul ? Et faire un gouvernement tellement resserré autour de ma personne que j’en serais le seul phare, l’unique membre ?


Il pleut et je tourne en rond.

Et les vacances se terminent bientôt et... si quelques milliers de manifestants revenaient encore dans les rues car on a beau leur dire que j’ai donné le coup de sifflet final, que la fête est finie pour ces preneurs d’otages qui auront perdu quelques jours ou quelques semaines de salaire, on ne sait jamais…?

Faire sauter la banque, fuir maintenant vers les Bahamas ou quelque lointaine République bananière, voila le rêve… mais encore tant d’argent à prendre sur les retraites, la santé, la liquidation de tout le service public. Ce serait dommage de leur laisser ça !

D’ailleurs ceux qui m’ont placé là où je suis risqueraient de mal réagir… Ils seraient capables de chouraver mon ordinateur! Ou pire!

Merde, sale temps.

Et Carla avec sa guitare pourrie et ses allures de mijaurée…
« Vivement Dimanche », y’a que mon pote Drucker pour dire des âneries pareilles !


Tiens va falloir que je touve une idée... Allo? Passez-moi mes conseillers!


samedi 30 octobre 2010

Rachida Dati: Une inflation dure à avaler...



« On ne commente pas les décisions de justice » entend-on çà ou là. Tiens donc !

Alors que justement la justice est au corps de l’humain en ce sens qu’elle définit l’éthique, pense les rapports du bien et du mal sur lesquels se fonde une société, il faudrait, au contraire, toujours discuter les décisions de justice qui définissent les bases d’une démocratie véritable.

Or cette justice a de quoi laisser pantois le gogo citoyen qui contemple le yoyo des condamnations ou des élargissements sans que, parfois, il parvienne à deviner un soupçon de cohérence.
Mais avant la décision judiciaire, il y a la recevabilité d’une plainte et l’éventuelle promptitude avec laquelle les cadors se jetteront pour mordre leur proie…

On se souvient de cette justice ridicule quand un citoyen fut condamné pour s’être permis d’écrire sur une banderole « casse-toi pauvr’ con » quand le Président lui-même proféra ces mots historiques et que là ou l’un fut justiciable, le second, par le biais de son Ministre et du Parquet, dirige cette même justice.
Et le procès Kerviel qui fit exploser le fameux « on ne commente pas » tant les médias ne pouvaient qu’observer la démesure, l’absurdité, la folie d’un système…

Dur à avaler aussi, si je peux me permettre, l’ "inflation " de Rachida Dati, ancienne garde des sceaux : 48 heures de garde à vue pour le malheureux qui se risqua à plaisanter sur l’ex courtisane dont l’ancien admirateur passe aujourd’hui un long weekend au Cap Negre après celui de la semaine dernière au Maroc… Vacances, vacances !

Justice : Quid des multiples turpitudes gouvernementales, des vols d’ordinateurs, des illégalités dans l’espionnage des citoyens et des médias, des affaires enterrées ?
Justice aux ordres : déni de justice… N'avalez pas la fumée.

mercredi 27 octobre 2010

Sarkozy: Les barbouzes au pouvoir!


MEDIAPART : Vol de 2 ordinateurs contenant les enregistrements réalisés chez Liliane Bettencourt.
LE POINT : Vol de l’ordinateur du journaliste enquêtant sur l’affaire Woerth.
LE MONDE : Vol de l’ordinateur et du GPS du journaliste enquêtant sur l’affaire Woerth.
Et ceci dans les tous derniers jours! Hasard? Bien évidemment!

En France, dans la pourriture avancée du régime, c’est Watergate tous les jours : Collusion entre flics et voyous… J.L Mélenchon comme B.Thibault dénoncent des policiers infiltrés dans les manifestations pour jouer les casseurs…

Les affaires étouffées par le pouvoir, les enquêtes interdites, secret défense partout, justice nulle part !

Jusqu'où ira-t-il ce gang du Fouquet's pour cacher ses turpitudes? Et que recèle l'affaire Woerth pour les entraîner dans une telle panique?

Pendant ce temps, la télé ronronne, rentrez chez vous, plus de conflits sociaux, retour à la normale. Les barbouzes veillent. Sauf que…
Chaque voix sur internet est un geste pour que le couvercle ne se referme pas !

dimanche 24 octobre 2010

"L'existence précède l'essence"


Quand comprendrons-nous enfin que ce qui est imprévisible écrit plus sûrement l’histoire que l’encre de nos plumitifs politologues ?

Ainsi tout semblait écrit d’avance : le feuilleton de la réforme des retraites, en supposant quelques dommages collatéraux tels que sa propagation jusqu’aux jeunes, ne saurait excéder, au pire, les vacances de la Toussaint. Une période d’amnésie entre famille et humeur automnale, et, hop, un petit remaniement pour solde de tout compte. Fin de l’épisode.

Ainsi la boucle était bouclée, bouclez la, on est passé à autre chose.

Eh bien non. C’est le pouvoir qui est en vacances. Grand coup de pompe et, pour, l’automobiliste, pompes vides. Grand écart philosophique entre les élites et le peuple avec cette phrase prémonitoire du regretté Sartre: « l’existence précède l’essence ».
Et l’existence, elle frétille, se tortille, s’émoustille et les sens se libèrent dans les délicieux méandres du possible.

Et ce couvercle qui ne cédait pas, on sait désormais que s’il tient encore, il est secoué par cette vapeur que rien plus contenir. On comprend qu’il ne cache plus rien, ni l’injustice d’une réforme, ni, du point de vue de la morale politique, la manière authentiquement fasciste de manipuler la justice en faisant taire un juge trop dangereux par la décision d’un ami de Sarkozy nommé procureur.

Fascisme ? Oui. De façon évidente, plus même masquée. Lisez la presse étrangère. Répression, manipulation, flics déguisés en casseurs, presse baillonnée...

Alors maintenant ?
Récemment j’évoquais « La guerre et la paix », lecture dans laquelle je me trouve encore: Le fond historique est cette avancée irrésistible de Napoléon jusqu’à Moscou, jusqu’à cette déliquescence, non pas du fait de l’ennemi et d’une stratégie habile, mais plutôt comme conséquence d’une démesure qui voulait que tout fût écrit parce que le sens de l’histoire, la raison, imposait à l’empereur la victoire quand des marécages glacés et des partisans isolés venus de partout et de nulle part vinrent à bout de la grande armée, non pas par un combat frontal mais par harcèlement constant et déréliction de cette épopée dont la grandeur s'illusionnait dans le grossissement d'un miroir...

Nous y sommes.
Il est probable que Sarkozy ne pliera pas mais, dans le même temps, une forme de guérilla larvée continuera à saper son règne. De telle sorte que les divergences dans son camp seront de plus en plus fortes, surtout si Borloo se retrouvait à la tête du gouvernement. Peu sérieux, pure girouette médiatique, celui-ci se trouverait coincé entre une droite dure et une gauche dont jamais il ne partagera les valeurs.
L'hiver sera long. La réforme des retraites prélude à la retraite de Russie? Nous allons rire…

mercredi 20 octobre 2010

Les Sarkozy ou les frères Dalton?


Comme d’habitude c’est le plus petit (1, 20m selon les syndicats, 1,90 selon la police), le plus hargneux, qui dirige la bande de hors la loi.

On peut percevoir parfois quelque analogie entre ces frères Dalton rêvant d’une Dalton City avec cette pauvre France que certains de nos dirigeants abandonneraient au pillage pour se remplir les poches.
A Dalton City on va prendre l'argent des retraites, avant, demain, de voler l'argent de la santé...

Histoires de « famille » comme dans toute mafia bien comprise.

On peut ainsi se poser la question de la collusion des intérêts privés des familles de certains de nos gouvernants et de leurs fonctions politiques.
Avocats d’affaires comme Sarkozy, Jupé ou Borloo, l’affairisme n’est jamais bien loin…
Mais les meilleures affaires se font en famille…

Souvenons-nous de Monsieur Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, et de sa femme à la tête de France 24, la télévision à vocation internationale.
Souvenons-nous de l’UMP voulant forcer les communes à se doter de vidéo surveillance quand l’un de ses principaux acteurs est le frère d’Hortefeux.
Souvenons-nous de la compagne de Michel Baroin qui était fiscalisée à Las Vegas pour échapper à l'impôt en France...

Et bien sûr, Woertz et son épouse.
Woertz qui fut le trésorier de la campagne de Sarkozy comme ce dernier le fut pour Balladur, Karachigate à la clé !
Et maintenant, la sarfozy family, le fiston et le frangin !

Le fils promis aux plus hautes fonctions mais pas même capable d’obtenir un diplôme !
Et surtout Guillaume Sarkozy, celui qui vous prendra l’argent des retraites !

Voici donc un extrait très éclairant de POLiTIS :

"Sevriena, une nouvelle société d’assurance spécialisée dans la retraite par capitalisation, créée par Guillaume Sarkozy, entend bien profiter de la réforme des retraites. Histoire d’une opportune naissance destinée à rafler un juteux pactole compris en 40 et 110 milliards d’euros.
« Je garantirai la pérennité du régime de retraite… Je ne changerai pas le régime par répartition (…) par un régime où chacun épargnerait de son côté… Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité. La seule piste que je ferme tout de suite, c’est celle de la diminution des pensions… La réforme des retraites concernera tout le monde… Les pensions sont trop basses... » Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010.

Nicolas Sarkozy veut-il vraiment de sauver le régime de retraite par répartition ? Plusieurs faits récents contredisent cette profession de foi présidentielle. Nicolas Sarkozy est arc-bouté sur le projet de loi réformant les retraites pour d’autres raisons : la future loi contient quelques articles destinés à booster la retraite par capitalisation [
1] au détriment de l’actuel système par répartition. Du sur mesure pour les banques et sociétés d’assurance, en particulier Malakoff Médéric qui n’existe que depuis 2008 et est devenu dès sa création le premier groupe paritaire de protection sociale en France, avec plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Ce groupe dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’État, a le vent en poupe et a misé gros sur l’adoption de la réforme des retraites. Car il a récemment créé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP Assurances), premier assureur de personnes en France avec un chiffre d’affaires de 31,5 milliards d’euros en 2007, une société d’assurance du nom de Sevriena dont le destin programmé consiste à développer massivement la retraite par capitalisation. Cette société a déjà prévu une forte croissance de ses résultats : un document confidentiel (voir plus bas) estime le potentiel de création de valeur de cette entreprise à 634 millions d’euros dans 10 ans et à 1,2 milliards dans 20 ans.
Peu de citoyens en seront informés : les principales banques et sociétés d’assurance guettent avec impatience l’adoption définitive du projet de réforme des retraites, notamment parce qu’il contient un dispositif que Nicolas Sarkozy et le gouvernement se gardent bien d’ébruiter. En effet, si l’on examine attentivement le texte de la réforme, les préoccupations réelles de Nicolas Sarkozy sont très éloignées du sauvetage de l’actuel système de retraite. Les dernières pages du projet de réforme des retraites adoptés le 15 septembre à l’Assemblée nationale contiennent un « titre V » entièrement consacré à la retraite par capitalisation, comme nous l’écrivions dans Politis."

P.S: Sur un autre registre, voici une superbe vidéo. Un peu outrancière vers la fin. Mais bon...


http://www.youtube.com/watch?v=EnvxLKtVyZ0

mardi 19 octobre 2010

La farce démocratique


Il est un théâtre dans lequel s’agitent des acteurs ringardisés jusqu’à la corde depuis ce jour pas si lointain où ceux-ci imposèrent à la France la signature d’un traité sur l’Europe que les Français avaient pourtant refusé par référendum.
Ce jour-là l’illusion démocratique fut balayée bien qu'elle hante encore les colères du peuple.
Et voici que ces mêmes perruqués ridicules, ces perroquets de leurs petits chefs, voudraient aujourd’hui imposer à la France une loi fondamentale dont, dans leur grande majorité, les français ne veulent pas.

Regardez sur les écrans ces bien fringués aux gestes grandiloquents, écoutez leur ton gominé, suivez cette ligne de leurs regards qui sautillent d’un clin d’œil complice à des froncements de sourcils dont la sévérité nous convaincrait de leur sérieux, de leur volonté de servir le peuple…
Des personnages serviles qui se retrouvent autour de bonnes tables pour tisser leurs combines dans l’espoir de recevoir quelques miettes de reconnaissance de la part d’un roi sans soleil.

Quelle farce se joue là, chez ces députés et sénateurs, ces élus de rien du tout quand on les mesure au nombre des abstentionnistes et des votes blancs ? Chez ceux qui pérorent du haut de leur perchoir quand la rue proteste ?
Certes la rue n’est pas tout, elle n’est pas la démocratie, elle n’en est qu’une force quand les parlementaires s’adonnent à la farce.
Mais de quoi sont-ils représentatifs ces députés et sénateurs quand, pour des raisons électoralistes, ils proviennent pour l’essentiel d’une France rurale achevée, tellement éloignée de la sociologie réelle !

Alors à l’instant où gronde la colère sociale, il serait temps que la Démocratie s’actualise, que les députés ne soient plus l’otage de leurs partis mais qu’ils soient réellement l’émanation de leurs mandataires. Tant que ce retour à une République forte qui soit à l'écoute et au service des citoyens n’aura pas eu lieu, ne nous étonnons pas que les français préfèrent la farce populiste à cette fable démocratique.

Dans un temps où le gouvernement exhibe tout son cynisme et son mépris des aspirations populaires, le pouvoir est bien dans la rue par faute d’une véritable représentativité parlementaire.
Car qu’en est-il de ces élus qui ne reflètent, par leur origine et leurs professions, ni l’âge, ni la sociologie de ceux qui malgré tout, parce qu’ils n’ont d’autrechoix « démocratique », les élisent?
N’est-ce pas scandaleux de voir ces familles de politiciens qui s’agitent sur les gradins de génération en génération et qui prétendent parler en notre nom ?

Que l’on ne s’étonne pas alors qu’ils s’épargnent toujours les douleurs qu’ils infligent à leur peuple ! La réforme des retraites par exemple, parmi tant d’autres privilèges auxquels ils s’agrippent …

Pour lutter contre le populisme, il faut une révolution politique : un pouvoir législatif véritablement représentatif des français. Et surtout revenir à la fin des privilèges, tisser de nouveau les mailles d’une vertu républicaine quand du drapeau de cette République on n’en voit plus à peine que la trame…

Alors qu’on arrête un peu de nous amuser avec 68 mais qu’on nous parle enfin de 1789 !

lundi 18 octobre 2010

De la guerre et de la paix dans la France sarkozifiée.



De cette gradation qui passe de l’opposition à l’affrontement puis à l’insurrection, chacun n’en perçoit que la phase d’actualité dont la réalité prétend s’écrire dans les médias alors que les citoyens, confrontés au réel, en éprouvent une toute autre réalité.

Nous vivons donc une fiction. Dans cet état de schizophrénie entre la réalité d’une perception et celle qu’on veut nous imposer. Le spectacle toujours et encore comme écran. Quelque chose d'exitant et de semblable au roman qui intervient sur le réel pour nous transmettre le vécu de manière plus lisible en nous permettant d’en percevoir tous les possibles et, surtout, une finalité.

Etrangement, plongé depuis quelques temps dans la lecture de « La guerre et la paix », j’éprouve ce sentiment que cette fiction si lointaine m’en dit davantage sur nos crises présentes que le méli mélo médiatique et la bouillie qui en ressort.

Une fiction donc, dans laquelle la diégèse culminera sans doute à ce stade d’affrontement actuel mais qui ,sans la consécration d’une acmé, est dores et déjà contrainte à une suite préludant à une fin pour autant qu’une Histoire puisse l’envisager.

D’autant plus qu’au-delà de la dimension réaliste d’un conflit - ici la réforme des retraites - ce récit, qui s'accomplit en direct, n’a que peu d’impact au regard de son inscription dans une Histoire plus vaste, celle d'une Nation fondée sur la Révolution, et, surtout, par sa force symbolique quand grèves et manifestations de quelques millions d’individus cristallisent cette haine froide, silencieuse et distante d’une majorité de Français face à une désillusion qu'on leur a fait subir.

Non pas que cette haine soit homogène, monolithique, rassembleuse. Au contraire, les clivages que les dominants ont produit perdurent, les conflits d’intérêts s’accumulent entre les catégories mais le pouvoir n’a pas compris que les contradictions induites par la somme de ces oppositions internes au peuple sont le ferment d’une insurrection future. Que le ciment sera le produit de cette désillusion, de ces fausses promesses, de ces mensonges chevillés dans la bouche de chaque ministre.

On peut opposer jeunes et vieux, français ou immigrés, ou toute catégorie à une autre, l’individu comprend vite, même intuitivement, le sens d’un intérêt commun et la force de la désinformation qui s’abolit au constat du réel.

Et alors, on aura beau dire, jour après jour, que l’essence coule à flots dans les pompes, que chaque jour les manifestants sont moins nombreux et que les français comprennent désormais la réforme – ce qu’on nous disait déjà il y a 3 semaines – le troupeau abruti auquel on nous condamne pourrait bien s’accorder le droit d’un destin.

Jamais la collusion de politiques véreux au service d’une mafia économique, protégée par une justice aux ordres, n’aura tant mis en lumière une démocratie déclinante et une République trahie. De cette fiction qui se joue entre le peuple et le gang du Fouquet’s, le pouvoir de l’argent peut être défait si l’homme redevient l’homme, s’il retrouve le sens d’une destinée et de sa continuité, la nécessité de vivre sans honte et sans chaîne, avec la rage d’être écouté et d’être vivant.

La seule force du pouvoir réside dans sa capacité de gestion et de répression, la force du peuple consiste dans son existence même quand on voudrait ne faire croire qu’à des isolats d’individus sans communauté d’intérêts.

Jamais un pouvoir ne vous donnera de rêves. Ou bien en promet-il, que le peuple déçu se vengera. Le sarkozisme se rêvait dans quelques imaginaires comme l'annonce d'une belle épopée napoléonienne, une fierté retrouvée, quand il n’est que le long Waterloo d’un homme inquiétant, sombre, mentalement instable. Repassez-vous le film de ces années sarkozistes, le constat est terrible...

Sarkozy est fini. Le seul problème c'est que les forces qui l'ont créé n'ont d'autre choix pour l'instant que d'agiter son fantôme. Et l'Histoire est semée de pantins dangereux...
Le pouvoir a beau jouer de son cynisme, qu’il comprenne que si les syndicalistes, au lieu de ralentir la circulation dégonflaient les pneus des camions, par exemple, il serait facile de paralyser entièrement un pays. Et plus si affinités.
La phase de l’insurrection trouverait alors son accomplissement : Rien ne dit que le pouvoir en sortirait indemne.
Personne ne domine le sens d'une fiction et chacun sait combien les héros d'un roman échappent à leur auteur.

« Guerre et Paix », ce roman où l’on danse et ou l’on meurt mais dans lequel l’histoire s’écrit en lettres d’or. Nous sommes dans la parenthèse de ces deux mots.
A demain...

dimanche 17 octobre 2010

Vive la Républ-hic!


Laissons à la rue l'illusion d'exister dans la réalité du spectacle. Il ne sert à rien de crier, mieux vaut cirer les pompes.


Telle est la conviction de nos journaleux moralistes, de tous ces toutous flingueurs de populisme, tous ces Aphatie, Duhamel ou Chabot bien couchés dans leur niche fiscale : Il faut dire que le pouvoir caresse ses roquets dans le sens du poil jusqu’à les coucher dans son lit pour d’éthiques épousailles… N’est-ce pas Madame Borloo, Madame Kouchner, Madame Baroin et les autres ?

Alors sus au populisme mais ne nous étonnons pas de l’assourdissant silence des médias quand nos députés, toutes couleurs confondues, hormis quelques verts, avaient voté en catimini, le 3 septembre, une exonération pour eux-mêmes de la loi sur les retraites.

Le peuple paie mais ses représentants se votent intouchables ! Ca vous choque ? Populistes !

Woertz passant entre les mailles, Chirac sauvé par le PS… Gloire à nos élites politiques ! Mieux vaut vociférer contre un parfumeur sénile qui, parlant de nègres, aura réveillé les bonnes consciences de l’inquisition de SOS Racisme ou de je ne sais qui ! Il faut de la morale, non ?

Le pire c’est qu’ils ont raison : Le peuple est con ! La preuve à New York où une majorité veut interdire les fumeurs jusqu’à Central Park ! Pauvre New York devenue aussi has been que Paris ! Une ville touristique et rien d’autre…C'est-à-dire un lieu pour troupeaux.

Mais revenons à nos moutons.

Donc populisme pas bon, c’est la presse qui le dit, la même qui nous donne chaque jour notre ration de people comme du mou pour les chats. Cette presse, cet étau de toute pensée, qui trouvera de l’événement quand un écrivain tisaneux et nombriliste, Renaud Camus, ou une actrice animalière, BB, se déclarent candidats pour les Présidentielles de 2012 !

Alors, oui, éloignons nous de ce cloaque et réchauffons-nous à la lumière de nos élites. Par exemple près de cet Alain Minc qui déclarait, il y a peu, être favorable au suffrage sensitaire… Ou près de ce BHL grand défenseur de cette Bosnie où l’on refuse à Angelina Jolie le tournage d’un film parce que le scénario ne serait pas conforme ! Ah ces bons démocrates ! Et dans Le Monde d’hier on peut lire que Mélenchon serait un mélange de Le Pen et de Besancenot…

Faut-il continuer ? Le populisme a de beaux jours devant lui. Le populisme c’est ce qui reste quand il n’y a plus rien, que la table est vide. Plus de valeurs, de morale, de vérités, de droiture, d’exigences…

Alors le populisme devient lui-même un pouvoir dans une infâme caricature du peuple.

Nous avions Sarkozy, nous aurons peut-être Borloo comme Chef du gouvernement… Borloo, grand patron du Café du Commerce qui ne nous dira pas qu’il est le fils de la très grande bourgeoisie, que Forbes le classa parmi les plus riches avocats d’affaires du monde… Et oui notre Borloo est de loin le plus riche de nos politiques mais ça ne se dit pas, le bon peuple en serait déçu ! Et puis un mec bourré c’est bon pour bourrer les urnes, non ?

Vive la Républ-hic !

mardi 12 octobre 2010

Pénurie d'essence: Déjà là!


A Draguignan, inutile de chercher de l'essence dans les grandes surfaces: Il n'y en a plus! Quant aux stations service, elles sont souvent en rupture de stock et les files s'allongent...

Comique d'entendre sur les ondes qu'on risquerait peut-être, "un jour" de subir une pénurie quand celle-ci a bel et bien commencé!

samedi 2 octobre 2010

Chenilles processionnaires.


Le psychanalyste renverrait sans doute la chenille processionnaire à son cocon perdu mais celle-ci s’obstinera pourtant dans son rêve de chrysalide au point de papillonner fièrement dans l’époque pour y imprimer sa gloire militante comme tant d’autres en d’autres temps paradèrent dans l’orgueil militaire.

Quand l’avenir est condamné au présent et que les rêves se bétonnent, il ne reste plus que les épaves nostalgiques pour s’assembler autour d’une stèle en radotant d’hypothétiques gestes guerriers que les prouesses des uns mirent en parole quand la vérité voulait que la masse suivait, dérivait, godillait tandis que la vague seule les portait et qu’à cette vague nul ne rendait hommage.

Certes la chenille écrasait le pavé, lourdement, dans sa tristesse molle. Quand hier on désirait qu’elle plastronnât festivement dans les rues mais, autres temps, autre mœurs, désormais ce n'était plus que « sur le pavé le bitume » et, sur celui-ci, les semelles de quelques androïdes dans une réalité tellement étrangère à eux-mêmes qu’ils aspiraient soit à l’écran où se niche le sitcom de leur rêve, soit au magasin de chaussures le plus proche.

Mais la chenille est "entre soi." Se rappeler toujours du cocon, la seule boussole qu’elle connaisse. Son paradis perdu. Dans la procession, pas d’arabe, de noir ou de burqa. Retirez les banderoles et les slogans et vous obtiendrez le cliché parfait de la petite piétaille sarkoziste. Comme si de ce peuple là au petit homme qui se vantait d’en être l’émanation, il n’y avait en réalité qu’une histoire de malentendu, un mauvais effet de miroir, une déformation de sens.

Or un peuple ne se trompant jamais comme chacun le sait, il fallait bien qu’on chargeât la bête ce qu’on sait parfaitement faire depuis les temps bibliques : Sus donc à la bique sarkoziste, au bouc fillonneux et à toutes ces vieilles peaux quand on n’aspire plus qu’à la jeunesse introuvable de la rue !

Alors la chenille peut malgré tout se dire qu’elle peut y être de cette rue car, n’est ce pas, mieux vaut être là que nulle part. Et qu’on n’échappe pas aux morsures du réel se disent-ils. Mais que ce « là » n’en serait toujours que l’antichambre si quelques hommes –disons seulement quelques rêveurs – ne s’amusaient à croire qu’il fallait y être étrangers pour espérer en tout cela, étrangers au point de croire que l’herbe est ailleurs plus verte, que le réel plus réel – tellement réel qu’il approche de l'attente, qu'il en effleure la réalisation, qu'il en est une promesse: L’hyperréalisme aura-t-il donc produit ce désenchantement du réel ?

On peut aimer labourer ce désenchantement là. Juste comme faire autre chose. Par exemple se rêver chenille. Manifester contre le réel qui s'est perdu.

"L'écran noir de mes nuits blanches"


" Nuit blanche" est l’un de ces oxymores dans lesquels l’homo contemporeanus festoie en déployant qui de son hédonisme sans avenir, qui d'un bel esprit sans pensée comme tout quidam arborant sans élégance et, dans un bel élan grégaire, le logo d'une marque. Mais il suffit à cet homo là d’être contemporain et de célébrer le rituel de "l’Art Contemporain" pour aussitôt devenir intelligent, revêtir l'uniforme de son optimisme conquérant avant, peut-être,d'arborer un brassard aux couleurs qu'il voudra pour nous dire qui il est.

Celui-ci - homo contemporeanus triomphant - se veut résolument politique : le programme de la « manifestation » décline ainsi tous les aspects du génie citoyen avec ici où là des jeux sur le mot « Republica », une critique des systèmes totalitaires et j’en passe. Si après cette débauche de sens le monde ne s’en trouve pas meilleur, ce sera à désespérer.

Parmi ces oeuvres, on peut citer celle de Wilfredo Prieto, artiste cubain, installée place du Trocadéro. Il va faire flotter tous les drapeaux des pays du monde, en noir et blanc. Ce procédé réduit le nombre de drapeaux à une soixantaine et révèle le fait "qu'en estompant les couleurs, on abolit les différences".
Certes. On se grattera longuement la tête sur l’intensité conceptuelle de cette méditation sur la couleur qui rélègue les peintres d’antan à la préhistoire… Mais, il y a surtout ce mot : « DIFFERENCE »

Et là l’homo contemporeanus que je suis se heurte au collapsus généralisé. On a tant fait, jour après jour, l’éloge de la différence !

Cette « différence » source de toutes les richesses, mère de toutes les batailles... cette différence, socle de l’avenir radieux… et voici que ceux qui prêchaient ceci prônent le contraire !

Abolir les différences? Delanoé déraille, il va finir chiraquien le bonhomme!

Encore une fois je n’y comprends plus rien. Mais avec cette impression étrange que moins je comprends le monde, plus celui-ci me devient lumineux.

vendredi 1 octobre 2010

Les affaires? Encore une!


Bizarrement, les médias n’ont rien vu. Silence sur toute la ligne. Et pourtant, bientôt peut-être, grosse augmentation des impôts locaux…
De l'argent qui ira où et à qui?
Un certain Fabrice Hortefeux, cousin germain du Ministre amateur de Roms, peut déjà se frotter les mains. Responsable de la CIPCEO, cabinet d’expertise dans le domaine de la vidéosurveillance, les affaires deviendront peut-être bien juteuses pour lui ...

En effet, voici que des députés UMP ont déposé un projet de loi visant à imposer, sous peine d’amende, la vidéosurveillance pour toute commune de plus de 3500 habitants !
Oui, oui, le projet est ici.

Hortefeux sera content mais les petites communes devront payer pour le big brother dont l’utilité n’est pas avérée mais qu’importe: business is business et la sécurité n’a pas de prix !
Merci Hortefeux.