mercredi 14 juillet 2010

Un 14 juillet soviétique.


" Aucun chiffre de voitures brûlées ne sera communiqué pour la nuit du 13 au 14 juillet afin de mettre fin à cette tradition malsaine consistant à valoriser, chaque année à la même époque, des actes criminels. Des consignes ont été données aux préfectures afin qu'elles ne communiquent pas non plus sur le nombre de voitures brûlées dans leur département. "

Voici ce qu’on peut lire sur le site du Ministère de l’Intérieur.

La muselière d’Etat : Cachez ces chiffres que nous ne saurions voir.


Mais en même temps, on montre, on exhibe dans la débauche du grand spectacle. : celui du départ du Président de son palais pour se rendre à la French Pride des Champs Elysées.

Grand moment d’une télévision officielle à la botte du Président, marchant à son pas de l'oie blanche quand il faut faire parler la Première Dame, quand on interview Woertz et Bachelot, quand l’écran se divise en de multiples inserts montrant le Président quand il est présentable et le déroulement d'un carnaval d’une grandeur révolue entre temps des colonies et no future.

Propagande qui, comme tout spectacle totalitaire, dans son arrangement, sa perfection, se désigne malgré tout comme artifice.


Car il y manquait juste ce qu’est le 14 juillet : Le Peuple et la République.


Le maître mot de ce carnaval totalitaire fut :" émotion".
Pleurons. Petit père des Peuples. Trémolos. Combattants blessés. Enfants meurtris. Emotion. Ce fut le seul mot "politique" du jour!
Mais de la République et de ses valeurs, il n’y eut rien.


Pour la première fois nous assistions à ce spectacle tragique d’un peuple absent. Relégué si loin qu’il en était invisible, remplacé par l’écran hypnotique, tel un nouveau mur de la honte, de ce pouvoir sans politique avec ses représentants n’existant qu’en qualité de courtisans agrippés à leurs titres…


Quelque chose de pathétique ressortait du décorum, quelque chose de funèbre dans ces images du Président dans son cocon d’invités et constamment entouré par les regards inquiets d’une armée costarisée et sombre de gardes du corps aux aguets…

Comme si le maître mot de ce pouvoir là, c’était désormais la peur.

La paranoïa est le symptôme d'un pouvoir totalitaire.


Comme si de l’autre côté de ce Mur de la honte et de l’argent, il y avait le Peuple qu’il fallait évacuer… ce jour même où il devait être mis à l’honneur.

Ce peuple invisible était la terreur de Sarkozy.

Le Mur allait-il tenir longtemps?

vendredi 9 juillet 2010

Plume de Presse

On peut ajouter, dire autrement mais parfois tout est clair et net quand on souhaiterait que ce soit aussi échec et mat....
Tout est donc là.
Dans le blog d'Olivier Bonnet.
http://www.plumedepresse.net/spip.php?article1452

Eric Woertz est indéfendable.


Il y a quelques mois, Sarkozy jetait de Villepin aux chiens en le déclarant "coupable "dans l'affaire Clearstream. Avant même le verdict qui pourtant l'innocenta.

Qui se souvient alors de grandes déclarations larmoyantes sur une nouvelle affaire Sallengro? Qui déclarait le Démocratie en danger, la République bafouée et le danger fasciste?
Personne!

Il y a plus longtemps, aux USA, quand Nixon se débattit dans les méandres du Watergate, parla-t-on populisme?
Non, on laissa les journaux enquêter.

En France, il n'en va pas ainsi et sous le règne de Sarkozy toute critique, toute interrogation est marquée de "l'infâme calomnie" qui s'en prend à un homme victime de rumeurs...

Et un tintamarre haineux est repris en boucle par les ténors de l'UMP contre les quelques journalistes qui s'honorent à chercher la vérité, contre internet encore parce que vecteur de Liberté... Discours repris pla la plupart des médias complaisants:Le coupable serait Mediapart!

Pourtant les faits sont là. Têtus. Imparables.
Eric Woertz tient au moins une responsabilité morale dans un conflit d'intérêts incompatible avec la vie démocratique.

Et c'est suffisant pour qu'il démissionne... du moins dans une démocratie normale.

Résumons: Eric Woertz fait embaucher son épouse par Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt. Woertz était Ministre du Budget et trésorier de l'UMP. Il a décoré de Maistre de la Légion d'honneur.

Tout est là et les accusations publiées par Mediapart sont très facultatives.
Au pire pourraient-elle prouver une vraie culpabilité dans le financement de la campagne présidentielle de Sarkozy. Mais qu'importe!
Claude Guéant, le cerveau du Président, a eu beau dire "La vérité est rétablie" -ce qui était un mensonge - le problème c'est bien cette tâche originelle du sarkozime à laquelle Woetz participe au premier plan.: une situation amorale.

"Je n'ai rien fait ", pleurniche le Ministre.
Mais si! Ce qui vous est reproché est avéré!

Qu'importe donc les accusations ou les enquêtes, qu'importe l'enfumage énorme de la meute umpiste, qu'importe cette atmosphère inouïe de haine que cette meute répand dans le pays...

Si ce pouvoir avait quelque honneur, s'il défendait les valeurs de la République et le la Démocratie, Eric Woertz ne serait plus Ministre.

jeudi 8 juillet 2010

Le terrorisme de la politesse


Désuète la poésie? Disons plutôt qu'on l'a mise à l'ombre. L'art aurait suivi le même chemin s'il n'avait été "sauvé" par la spéculation financière . Mais l'invention de "l'art contemporain" s'est chargée de faire le ménage dans ce qu'il y avait de subservif dans un discours.

Subversion dans le sens d'un renversement dans les mots.
Je me contenterai de citer Jean-Paul Sartre qui, dans une préface à l'oeuvre de Mallarmé, dit tout de la relation de la politique et de la poésie:

" Mallarmé sent croître en lui de bonne heure une révolte qui ne trouve pas son point d'application. La société, la Nature, la famille, il conteste tout, jusqu'au pauvre enfant pâle qu'il aperçoit dans la glace. Mais l'efficacité de la contestation est en raison inverse de son étendue. Bien sûr, il faut faire sauter le monde: mais comment y parvenir sans se salir les mains. Une bombe est une chose au même titre qu'un fauteuil empire: un peu plus méchante, voilà tout; que d'intrigues et de compromissions pour pouvoir la placer où il faut. Mallarmé n'est pas, ne sera pas anarchiste: il refuse toute action singulière; sa violence - je le dis sans ironie - est si entière et si désespérée qu'elle se change en calme idée de violence. Non, il ne fera pas sauter le monde: il le mettra en parenthèses. Il choisit le terrorisme de la politesse; avec les choses, avec les hommes, avec lui-même, il conserve toujours une imperceptible distance. C'est cette distance qu'il veut exprimer d'abord dans ses vers."

mercredi 7 juillet 2010

Non à la guerre en Afghanistan!


Il y a juste un an , on pouvait lire sur 20 minutes.fr ceci :
« La France va consacrer à l'Afghanistan au moins 330 millions en 2009 (+40%). Le coût réel de toutes les opérations militaires de la France à l'étranger atteint 1,336 milliard d'euros. »

http://www.20minutes.fr/article/551971/Economie-Combien-co-ucirc-te-la-guerre-en-Afghanistan.php

On aimerait savoir quel est ce chiffre aujourd’hui alors qu’un 45e soldat français vient de mourir pour rien, dans une guerre sans but et perdue d’avance.
Mais les silence règne. A droite comme à gauche.
Il faut dire que le gouvernement Jospin avait, après un débat à l'Assemblée, pris l'initiative de cette intervention... Sarkozy qui avait promis de réduire le contingent français a renié, une fois de plus, sa parole.

Curieusement, alors qu’on parle si fort de coupes dans le budget, jamais on évoque le coût de ces « opérations extérieures »
La France est le seul pays dans lequel un consensus interdit tout débat sur la guerre en Afghanistan.
Pire, le Ministre de la Défense a engagé une procédure disciplinaire contre le Général Desportes responsable de l ‘ancienne « Ecole de guerre » pour avoir critiqué la stratégie américaine dans ce conflit. Le plus absurde c’est qu’un général américain aurait pu faire cette critique sans être sanctionné dans son pays.

Faut-il rappeler qu’on ne met pas fin au « terrorisme » en bombardant des villages et en multipliant les victimes civiles ?
Faut-il rappeler que, depuis longtemps, ce n’est plus en Afghanistan que les réseaux islamistes se constituent ?
Faut-il rappeler que dans aucune de ces guerres, l’Algérie, le Vietnam, l’Afghanistan, -l’étranger –quels que soient les bons sentiments qu’il affiche – est toujours vaincu.
Dans 10 ans, serons-nous encore là-bas, battus et ruinés ?
Et la gauche, où est-elle ?

mardi 6 juillet 2010

Brigitte Bardot et Sarkozy dans "Le Mépris"


C’est l’été.
A paris, Woody Allen commence son tournage avec Carla Bruni. Chaleur et paroles de cinéma.

Il faut revoir –et, plus encore réécouter, cette scène du Mépris de Godard quand Michel Piccoli et Brigitte Bardot parlent cinéma: Écoutez ces paroles dans le contexte de maintenant… Imaginez.

Ils parlent d'aujourd'hui. Merveilleusement. Dans la cruauté de l'amour , du pouvoir, des paroles qui se déposent en strates étrangères les unes aux autres. Mais si imbriquées dans leur différence que tout transparaît: De l'écart entre un corps, une parole, deux êtres et une musique.
Et surtout de ce grand écart de la parole, du réel et du cinéma: le pouvoir.
On parle fesses dans une métaphore de l'argent , de l'ennui , de la solitude, du mal de vivre.

Au même instant, Brigitte Bardot sort du silence et de ce cinéma qui l’avait tant blessée.
Elle parle aujourd'hui dans un texte à l'AFP de… Sarkozy!

"La trace du passage au pouvoir de Nicolas Sarkozy est d'une négativité et d'une médiocrité inquiétantes".

"Vous, et vos ministres aussi inutiles que lâches, à la limite de la malhonnêteté et du ridicule, n'arrivez pas et n'arriverez plus à satisfaire la population française qui vous a élu en 2007 croyant dur comme fer à vos promesses non tenues ! »

Ces deux phrases détruisent le socle du sarkozisme.

Même si on a lui souvent reproché sa proximité avec le Front National, il est exceptionnel que Brigitte Bardot parle politique au-delà de son « terrain de chasse »( !) : La cause animale.

Mais voici qu’elle s’en prend nommément au Président de la République et au gouvernement. Une première !
Or, qu’on le veuille ou non , BB est une figure tutélaire, une icône, un symbole.

Qu’on l’aime ou qu’on la haïsse, sa voix a la force de celles qui traversent toutes les autres dans les mythologies qu ‘elle incarne.

C’est la voix rêvée de tant d’entre nous, au-delà du bien et du mal. L’autre versant de Johnny.
Ces voix qu'on peut haïr, mais aussi chargées d'innocence, d'un destin dont elles ne voulaient peut-être pas, mais qui fut le leur et qui donna notre monde. La voix de BB - elle ne rebondira sans doute pas dans les médias "traditionnels", bien pensants" et "à la botte"- elle donne aujourd'hui une beauté cruelle au "mépris".

Le mépris plus fort que la haine.

Godard démystifie le cinéma, c'est à dire qu'il en montre poétiquement - et dans ses rouages - toutes les ficelles.
Mais le même jour de cette colère de BB, France 2 nous fournit une extraordinaire leçon de manipulation de l'image: Le journal de 13h00 nous donne la réalité d'une intervention de Sarkozy. Des mots hachés, de longs trous pour trouver les mots et un Président inapte.
Le soir à 20h00 , la même séquence est recomposée, sans trous, sans silence, retravaillée par le montage. Miracle du mensonge et de la propagande.
Regardez la différence si vous le pouvez et plus jamais vous ne croirez à l'éthique de ces journalistes là!
Rendez nous Godard. Vive la Suisse!

dimanche 4 juillet 2010

Guy Sorman et La Reine Bettencourt


Merci Madame Bettencourt.
Voici le titre de l'hommage que Guy Sorman adresse à "Madame" sur son blog.

"Madame, Vous êtes le premier contribuable de France : vous faites vivre l' Etat , les fonctionnaires et la redistribution sociale. Vous êtes l'un des premiers employeurs en France : environ 500 000 personnes avec les distributeurs L'Oréal. Vous avez , avec André Bettencourt , fait de l'Oréal la marque française la plus connue au monde . Avec votre Fondation, vous êtes le premier donataire privé à la recherche médicale et à la création culturelle Croyez en mon infini respect." Guy Sorman.


Telle est l’infinie flagornerie de cette figure tutélaire des "think tanks" de la grande finance et du néolibéralisme triomphant.
Comme Madame était un peu souffrante ces derniers jours, l’obséquieux lui écrivit donc cet lettre de réconfort : C'est gentil de se soucier des vielles dames riches!

Mais cette missive aussi droite qu’une cravate sombre et gaufrée illustre merveilleusement les mœurs de la Cour : Un hommage est adressé d’ordinaire pour la valeur des services rendus et non en fonction des privilèges que l'on a reçus.
Or Madame Bettencourt n’a rien créé, elle n’est l’instigatrice de rien si ce n’est d’un beau mariage avec un homme qui n’a rien inventé et qui ne fut qu’un héritier.

Monsieur Sorman rend donc ici hommage aux vertus de l’héritage !
Mais un autre jour, sans doute, il n’hésitera pas, selon la direction du vent, à hisser les voiles tricolores de la grandeur de la République. Ainsi vont les courtisans !

Mais si l’argent apparaît donc comme la valeur essentielle pour ce personnage, sa petite littérature cul serrée dénote surtout son mépris pour ceux qui travaillent.

En effet :
« Vous faites vivre l' Etat , les fonctionnaires et la redistribution sociale. »
C’est à dire que ce ne sont pas les fonctionnaires qui contribuent à la vie de l’Etat, mais Madame qui permet à l’ Etat d’exister, Madame qui paye grassement ces feignants de fonctionnaires, Madame qui, dans sa grande magnanimité, assure la cohérence sociale ! Et nous ne le savions pas !

De la même manière, il semblerait que ce ne soient pas ces 500000 personnes, sans parler des clients, qui seraient à l’origine de sa fortune mais que, au contraire, celles-ci seraient redevables à Madame pour cette grande charité qu'elle eut en les employant.
Et, de même, nous lui saurons gré d’être au premier rang pour notre santé et notre culture !

Mais tout ceci n’aurait-il pas ce goût mielleux ou faisandé de… l’ancien régime ?

Eh oui, Monsieur Sorman écrit à Madame Bettencourt comme il le ferait pour une reine. La seule trace de féminité est dans cette "Madame", mot qu'on emploie pour la Reine d' Angleterre!
Pour le reste c'est: "Vous êtes le premier... Vous êtes l'un..."

Obséquiosité à l'égard des Grands, mépris pour le peuple... Nostalgie…
La Reine Bettencourt, dans l'inconscient de Sorman, n'est-elle pas surtout la Reine bête en cour?
PS: Guy Sorman est, de plus, un ignare qui ignore la langue française: il eût fallu parler de "donateur" et non de "donataire" = Celui qui reçoit!

samedi 3 juillet 2010

La broyeuse populiste.


"Michel Rocard et Simone Veil crient "halte au feu" dans l'affaire Bettencourt/Woerth en appelant les hommes politiques à ne pas "apporter du grain à moudre à la broyeuse populiste", dans une tribune commune publiée dans Le Monde daté de dimanche-lundi." (AFP)

"Ce n'est pas servir le débat, c'est desservir la démocratie, l'affaiblir et finalement l'asservir au nom même des principes que l'on croit si bien défendre. C'est porter atteinte à la dignité de la personne, c'est porter un coup à la politique, à la République", écrivent-ils.

Question : Que faut-il faire pour « servir le débat » ?
On eût aimé que nos duettistes de la Haute le disent - à nous les manants - tout juste bons à rester devant la télé footeuse dans nos chaumières.

La République leur appartient donc. Quel aveu !

Ainsi serait-il « populiste » (donc fascisant) de s’interroger sur les collusions entre Monsieur Woertz en même temps Ministre du Budget et responsable des finances de l’UMP avec la plus grosse fortune de France quand il s’avère que celle-ci fraude le fisc alors qu’elle a pour conseil Madame Woertz en personne, laquelle a multiplié les aller-retours à Genève.
Vraiment, pour y voir du mal, faut vraiment être un nazillon ennemi de la République et le la Démocratie!

Ces élites gâteuses, imbues de leurs personnes et méprisant le peuple, ne se rendent même plus compte combien elles ignorent cette République qu’elles prétendent servir. Elles rêvent d' une République et une Démocratie sans peuple, sans opposition, où l’on « débat » entre soi, entre gens de bonne compagnie, où l’on sait faire ses petits arrangements…

Leur argument ?
On ne critique pas les élites. On ne doit pas exposer les scandales financiers. Car ça menace leur règne. Normal, ils mangent dans les mêmes assiettes, dans les mêmes palais…


Alors que Rocard, Veil et les autres sachent qu’ils contribuent ainsi eux-mêmes à « donner du grain à moudre à la broyeuse populiste ». Celle qu’ils craignent tant. Et ils ont raison car celle-ci risque de se charger d'eux. Et la broyeuse, en ces temps d’amoralisme sarkoziste , ne manque, hélas, de carburant.

Voir le fascisme et le populisme partout – y compris quand on compare Ségolène Royal à Marine Le Pen – c’est l’abjection à laquelle en sont arrivées ces " élites ".
Elles sont si certaines de leur supériorité qu'elles sont entrée dans un trou noir.

"Alors, oui, vive la broyeuse populiste s'il faut se débarrasser de ces gens-là," finiront par se dire ceux qui espèrent encore à d'authentiques valeurs républicaines !
Mais que signifie ici cette accusation si facile de "populisme"?

TOSHIBA: L'escroquerie.


L’économie s’est exemptée de toute morale au point de frôler parfois l’escroquerie caractérisée.

Un exemple m’a été fourni aujourd’hui par courrier.
J’avais acheté récemment un ordinateur TOSHIBA dans une gamme où l’achat donnait le droit à des vols vers les USA et l’Europe.
J’envoie donc tous les justificatifs à un organisme « TLC Marketing Worldwide ».
Je téléphone même à cet organisme afin de remplir scrupuleusement ma demande… parce que le formulaire était assez flou, voire impossible à remplir. Je suis donc exactement les conseils qu'on me donne.

Et je reçois ce courrier :
« Vous n’avez pas choisi :
- 3 dates de départ différentes
- 3 dates de retour différentes ou l’aéroport de départ."
(Bien évidemment j’avais indiqué tout cela!)

Et la lettre se conclut par:

"Votre demande est donc considérée comme invalide. Malheureusement toute demande invalide ne laisse plus l'accès à la participation à cette opération."

Or le document à remplir est tellement alambiqué qu'il permet toutes les interprétations et l'organisme en question à donc tout loisir de rejeter les demandes.
Telle est ce système de triche à laquelle s'adonne une société de "réputation internationale."
Publicité mensongère... Merci Toshiba! Encore une marque à boycotter!


vendredi 2 juillet 2010

Michel Houellebec(q): "La carte et le territoire"

Une fiction reste une fiction!
Ou quand le seul intérêt d'un texte ne résulte que de ses commentaires...

"la différence entre un bon écrivain et un grand écrivain tient à ce que le second n'a pas peur du ridicule ; et qu'il sait que plus il ira loin dans la bouffonnerie et plus il s'enfoncera dans le réel."

Didier Goux (dans son dernier billet)

Merci donc à l'hommage qu'il me rend.


Le scolaire de la honte?


Eric Le Boucher écrit dans « les échos » : "Le scolaire de la honte."
Tout un programme où la honte n’est pas là où on le croit mais plutôt dans l’infamie d'un texte :

« Accrochez-vous à vos accoudoirs, voici un chiffre qui dit toute la vérité sur les mensonges de la France : à l'Ecole polytechnique, un élève sur deux a un parent prof. Oui : un sur deux !
Pour parvenir au sommet des sommets du système scolaire national, la crème de la crème de l'élite, pour intégrer les belles positions, assurées ensuite toute la vie durant, il faut être un enfant du système, avoir le « décodeur » que seuls les « insiders » possèdent : les professeurs.
Les X ne sont pas les enfants des dirigeants du CAC 40, détrompez-vous. Les riches ont compris depuis une décennie maintenant : ils envoient leurs enfants à la London School ou dans les universités américaines.
Autrement dit, ils fuient un système qui exclut aussi leurs enfants, sauf les très rares qui ont 20 en maths. Ne réussissent statistiquement en France que les élèves accompagnés le soir par leurs parents, qui refont les cours, qui aident, qui connaissent les filières, qui trouvent des appuis internes.
L'Education nationale française, celle de l'égalité républicaine, la sélection par le mérite, est devenue pire que la Chine : elle ne sert plus qu'à promouvoir les fils du Parti, le parti scolaire.
Un sur deux ! Proportion de la honte qui fait regarder autrement tous les discours sur « l'égalité des chances » dans ce pays. La captation du sommet par les membres du Parti s'accompagne d'un abandon par les mêmes des enfants du bas »

Voici donc un monument d’abjection idéologique qui mérite d’être passé au filtre de l’analyse.

On parle de Polytechnique qui est non seulement gratuite mais rémunérée puisque les étudiants qui y accèdent sont en contrat avec l’Etat . Pas étonnant donc que les familles modestes "privilégient" cette école à une HEC qui coûterait tous frais compris plusieurs dizaines de milliers d’Euros par an.

La moitié des étudiants seraient donc fils d’enseignants ? Acceptons.
Mais quid de l’autre moitié ? Des employés, des petits agriculteurs, des ouvriers ? Allons, allons… Des enfants de la très haute bourgeoisie, médecins ou cadres dirigeants. Mais là rien à dire, n’est-ce pas, c’est dans l’ordre naturel des choses !

Mais ces enfants des « classes moyennes » dérangent ceux des « héritiers ».
On peut être artiste surtout parce qu’on porte le nom de son père. On devient prof seulement par l’anonymat d’un concours ; on devient polytechnicien par la même voie.
Et si professeurs, plus que les autres épaulent leurs enfants, chacun est libre de le faire... Mais qui croiera que le prof de maths l'épaulera en anglais ou en français, ou ailleurs?
La bétise et la mauvaise foi poussent comme une mauvaise herbe dans le cynisme ambiant.
Mais pour ceux qui voudraient qu’il n’y ait que l’argent qui puisse ouvrir les portes, c’est en effet insupportable que de voir ces parvenus entrer dans un lieu qui devrait leur être interdits!

On le comprend: Qu’un enseignant inculque à son enfant le culte du savoir, de la discipline scolaire est scandaleux !
Qu’il prenne ainsi la place de celui qui frime dans les beaux quartiers en glandant est inadmissible !

Heureusement, comme le dit l’auteur à propos des glandeurs de Neuilly:« ils fuient un système qui exclut leurs enfants »... mais ne nous inquiétons pas : L'auteur avoue que ces pauvres chéris auront leur lot de consolation dans la London School ou les universités américaines grâce au chéquier de papa. Et que les plus riches resteront promis aux plus belles carrières.

L'auteur ne dira pas non plus que beaucoup de diplomés issus de cette moitié enseignante est elle-même » héritière » : enfants de normaliens d’un côté et de cadres dirigeants de l’autre… Combien d’enfants d’instituteurs ou de profs de collège dans ces Grandes Ecoles?

Par ailleurs, M. le Boucher semble fermer les yeux sur une autre catégorie sureprésentée : les enfants d'anciens élèves de grandes écoles dans les grandes écoles, notamment les plus prestigieuses (Ena, X, Normale, HEC, Mines, ESCP pour n'en citer que quelques-unes)

Le parti scolaire (celui des enseignants) serait pire que le Parti Communiste Chinois !
Vraiment ?
Faudrait-il donc une Révolution Culturelle à la chinoise lors de laquelle, comme le préconisait Rousseau, on arracherait les enfants à leur famille pour leur assurer l’éducation parfaite dans un modèle égalitaire ?
En tout cas ce sinistre Le Boucher semble ignorer la Révolution Française ce qui ne l'empêche d'avoir perdu la tête.

On lui épargnera la guillotine mais on lui conseillera Condorcet:

"Il serait donc important d'avoir une forme d'instruction publique qui ne laissât échapper aucun talent sans être aperçu, et qui lui offrît alors tous les secours réservés jusqu'ici aux enfants des riches." ("Premier Mémoire")

De la viande à voter.



Jeudi soir, petits fours, champagne, vieux collègues ou amis.

Puis reprendre la route dans un paysage de guerre. Draguignan dans ses parties périphériques ressemble encore à une zone bombardée. Soir poussiéreux, silencieux, ponctué encore de voitures plantées dans une boue sèche, de rues détruites jonchées de matelas, de meubles disloqués et d'amoncellements de détritus.
Après deux semaines, toujours un paysage ravagé. Et cet abattement qui suit et qu’on prend comme un coup de poing en sortant des rires et des conversations enjouées. La ville paraît désertée, abattue. Au sortir de la ville c'est la géographie qui s'est modiliée.
La vie continue. Mais, pour beaucoup, dans ce cauchemar qui commença dans le déluge du 15 juin.
Dans la rumeur aussi, c’est à dire le choc traumatique, le dépassement du réel par quelque chose qui le recouvrerait. Ces rumeurs qui tendent à grossir la réalité pour mieux l’exorciser.

On parle de retraite, bien sûr.
Et partout, cette résignation qu’on est désormais exilés du temps, projetés sur les rives d’un présent infini. Des objets à la dérive. Ce présent qui fut si naïf dans l’illusion de la fête permanente et qui devient l'ultime bouée de secours pour un futur invisible.
Et ceux qui se disaient à droite, isolés dans ce présent, ne comprenant plus, errant comme des fantômes dans un monde où leurs certitudes, leurs espoirs ont été pillés.
Ce monde qu’ils n' interrogeaient pas, parce que c’était comme ça, le monde ne s’interroge pas. On naît, on travaille, on meurt. Entre les deux, on se débrouille. Sauf que ce n’est plus si évident… Il n’y a plus de droite. Il n'y a plus la possibilité d'une île.
Quant à la gauche…
On se résigne à fermer les yeux sur l’avenir, à labourer le présent comme des gueux.

Alors, on est perdu.
De la viande à voter.

jeudi 1 juillet 2010

Fillon sauvera-t-il la Démocratie?


"Votre hargne sape les fondements mêmes de notre démocratie » déclare Jean-luc Chatel en s’en prenant à l’opposition.
Et Fillon de surenchérir : "La République et la démocratie, ce sont des règles et des principes et vous les bafouez en permanence", a jugé le chef du gouvernement. "Nous ne laisserons pas la démocratie se laisser entraîner sur ces chemins de traverse."

Vous l’aurez compris, la démocratie, la république sont en danger !
Et, ne versons pas dans cet antisarkozisme primaire qui est le lot de cepopulisme qui consisterait à prétendre que Sarkozy bâillonne les médias ou la justice...

Non, c’est la gauche qui s’attaque à la démocratie: Pourquoi?
Parce que critiquer un gouvernement c’est s’attaquer à la République !

Parce que dénoncer des collusions suspectes c’est s’attaquer à la Démocratie!

S’il faut suivre ce raisonnement, il est urgent de se débarrasser de ces opposants qui mettent nos valeurs politiques en péril.
Il est donc impératif d’interdire les partis qui mettent en danger la République en critiquant son président. Un seul parti, un seul chef !

Fillon le dit si bien : . "Nous ne laisserons pas la démocratie se laisser entraîner sur ces chemins de traverse."

La République était en danger, Fillon la sauvera.


Selon Marie-Anne Montchamp, députée UMP, lors de la réception qu’il a donnée aux parlementaires de son camp, Nicolas Sarkozy a insisté sur le fait qu'il souhaitait être "le maître du temps".
Grand Maître du Temps et du Reste, soyons confiants!