mercredi 30 juin 2010

Les chasses du Comte Sarkozy.


En 2007 Nicolas Sarkozy redonna vie à ces fameuses « chasses présidentielles » que Chirac avaient voulu abandonner. Il décide maintenant de les interrompre. Soit.

Mais je ne sais pourquoi, ces chasses me rappellent un ancien film d’épouvante « Les chasses du Comte Zaroff » , ce russe qui, ayant fui la Révolution, vivait dans un château sur son île. A la fois raffiné et cruel, il attirait chez lui des être humains pour se livrer à la chasse à l’homme.
Non, rien à voir avec Sarkozy de Nagy- Bosca et son château hongrois qui disparut avec les bottes de l’armée rouge...

Mais ces mots de " chasse à l’homme" qui reviennent obsessionnellement quand on évoque le nom de Woertz.
Or, à court d’arguments, il faudrait plutôt s’indigner de la « chasse à la femme » à laquelle se livre la piétaille sarkoziste depuis que Ségolène Royal a osé dire que le « système sarkoziste » était un « pouvoir corrompu » selon la définition de Montesquieu puisqu’il pratiquait « le mélange de la chose publique et de la chose privée. «
Pas d’attaque ad hominem, aucune vulgarité. Seulement la critique d'un système.

Or ce fut la curée! Ça canardait de partout comme le montre ce florilège :

- Copé : « Ce sont des propos de haine qui rappellent ceux de Marine Le Pen. »
- Chatel : »L’outrance de Mme Royal la disqualifie » et « Mme Royal pratique la République de la calomnie. »
- Lefebvre parle "d’un comportement ignoble. "
Mais le meilleur vient d’un certain Droubresse, obscur Ministre de la Jeunesse qui déclare : « Mme Royal a pété un cable ». Mieux « Elle nous a servi à l’heure du repas de la bouillie pour chien » Et surtout : « Quand le singe veut monter au cocotier, il faut qu’il ait les fesses propres »

Langage fleuri à défaut d’argumentaire; mais il est vrai qu’on assiste là à ces ripailles qui suivent traditionnellement les chasses à courre. Et ça vole bas, très bas. Et les femmes n'ont d'autre place dans ces beuveries que de finir la nuit dans un discret pavillon de chasse.
Alors, pour rester dans ce même registre, je dirai donc que lorsque les chasseurs ont cessé de tirer, il nous appartient de tirer la chasse.

L'enfumage nuit gravement...


« J'aime autant les rites et le cérémonial qui entourent les havanes que les fumer. Je les regarde, je les palpe, mais je n'en allume pas en public. Le cigare est trop chargé de symboles, il est connoté, du coup je m'impose un devoir de discrétion", confiait l'actuel président de la République, en 1999, à la revue L'amateur du cigare.

Heureux Sarkozy, heureuse Monica .Pardon, heureuse Carla.

A propos de fumée…
L'enfumage est tel qu'il risque de perturber la circulation aérienne au-dessus de notre belle République bananière...

Il suffit que Ségolène Royal intervienne pour souligner quelques évidences –corruption du sarkozisme – pour que les Lefebvre, Morano et quelques autres sortent de leur niche :
« Quand Mme Royal était ministre, il y avait les fonds secrets, qui faisaient régner l'opacité. On n'est plus dans une époque où François Mitterrand élevait sa fille cachée et entretenait sa maîtresse aux frais de la République. Aujourd'hui tout est transparent" ,déclare Morano.
Et tous les autres de hurler au populisme. Comme si s'opposer au Monarque relevait du scandale!

Pourtant passer de cette face sombre de Mitterrand à tous les scandales verrouillés du sarkozisme, c’est comme passer de l’érotisme à la pornographie!
Et toujours cet infantilisme du : « c’est pas moi c’est lui ».…
Et rien sur la bande du Fouquet's, le financement de l'UMP, les années Chirac, lequel n'échappa à la justice que par ses fonctions...

Incapacité du pouvoir à se défendre !

Car la réalité c’est qu’en 3 ans de Sarkozy il y aura eu plus de corruption qu’en 14 ans de Mitterrand sur lesquels Ségolène Royal ne porte aucune responsabilité.
Imaginons 14 ans de sarkozisme!

« Transparence » dans les multisples affaires financières, les karachigate, les affaires Woerth, les copinages de Bruni ?
Allons !
Le plus étonnant c’est le silence peureux de l’opposition ; Montebourt, Mamère, Joly, Royal sont les seuls à dire ce que les français savent désormais. Un pouvoir corrompu par la bande du Fouquet's, les ministres liés aux casinos , un gouvernement en eau trouble…
Faut-il tout rappeler?

Alors, Monsieur le Président, fumez mais ne nous enfumez pas d’avantage
Dieu n’est pas un fumeur de Havanes.

Donc voici -de nouveau - un rappel de la transparence et de la morale sarkoziste publié récemment par le Nouvelobservateur.fr:

Des scandales à répétition
.
Nicolas Sarkozy : en Allemagne ou aux Etats-Unis, il aurait la justice sur le dos - Karachi : Le nom du président apparaît dans une enquête sur un attentat terroriste, qui pourrait être lié à un système de rétrocommission et de financement de campagne politique. - Epad : Le fils du président de la République,
Jean Sarkozy, alors âgé de 24 ans, se porte candidat pour diriger une structure générant un chiffre d'affaire d'un milliard d'euro. Il renonce à la présidence, mais est tout de même élu administrateur
.
Christian Blanc : en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni, il aurait dû démissionner - Le secrétaire d'Etat au Développement de la région-capitale s'est fait offrir par l'Etat 12.000 euros de cigares en dix mois et en a remboursé 3.500 euros le 10 juin, selon le Canard enchaîné.
Christian Estrosi : en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni, il aurait dû démissionner - Le ministre de l'Industrie occupe deux logements aux frais de l'Etat : un logement de fonction parisien qui profite à sa fille étudiante, et un appartement à Bercy qui est "mis à la disposition" du ministre.
Fadela Amara : en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni, elle aurait dû démissionner - La secrétaire d'Etat à la Ville héberge occasionnellement des proches dans l'appartement de fonction qui lui est réservé mais qu'elle n'habite pas.
Frédéric Mitterrand : il ne serait jamais entré dans un gouvernement britannique ou américain - Le ministre de la Culture fait face à une polémique au sujet de son livre "La Mauvaise vie" (Robert Laffont), dans lequel il raconte son expérience de touriste sexuel en Thaïlande avec de jeunes hommes.
Brice Hortefeux : des excuses auraient suffi - Le ministre de l'intérieur a été condamné par la justice pour injure raciale. Il avait lancé publiquement, au sujet d'un jeune militant d'origine arabe : "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". Et parmi les autres polémiques… Les ministres "retraités" -
Après la polémique sur la rémunération de Christine Boutin, le Premier ministre demande aux membres du gouvernement de renoncer au cumul entre leur rémunération de ministre et leur retraite de parlementaire. La mesure vise Roselyne Bachelot (Santé), Michèle Alliot-Marie (Justice), Henri de Raincourt (Relations avec le Parlement), Patrick Devedjian (Relance), Michel Mercier (Espace rural), Jean-Marie Bockel (secrétaire d'Etat à la Justice), qui étaient en situation de cumul.
Rama Yade - La secrétaire d'Etat aux Sports est épinglée pour avoir critiqué le "clinquant" de l'hôtel des Bleus en Afrique du Sud, alors que l'hôtel qui lui était réservé coûtait plus cher encore. Eric Besson - Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale est pris en flagrant délit de mensonge: il répète que "le délit de solidarité n'existe pas" alors que le Gisti apporte la preuve du contraire. Bernard Kouchner - Le livre de Pierre Péan "Le Monde selon K" (Fayard) révèle que le ministre des Affaires étrangères a exercé des activités de conseil auprès de dictatures africaines, dans le secteur de la santé. - Sa compagne Christine Ockrent est nommée à la direction de l'audiovisuel public extérieur.

Faut-il rappeler aussi Laporte, Joyandet, Balkany et quelques autres?
Transparence!

mardi 29 juin 2010

Ri-di-cule!


« Y'a pas à dire, ça me fait doucettement marrer ce choeur des vierges effarouchées !!!!
c'est à qui renchérira !
Mais, si vous regardez autour de vous, vous ne verrez que ça ..... ces petits arrangements entre potes !
Prenez les chanteurs,
les acteurs de cinoche,
les avocats,
les juges,
les directeurs de machins financés par le conseil régional, le conseil local, le conseil départemental, le conseil municipal, le conseil de ma concierge ....
PARTOUT, à tous les étages de notre société, ce n'est que collusion et magouillez minables !!!!
Allez, rangez vos mouchoirs et ouvrez les yeux !
à bon entendeur ...... »

Tel est ce commentaire que je lis à la suite d’un article de Rue 89
http://www.rue89.com/riwal-ferry/2010/06/29/affaire-woerth-le-probleme-de-gouvernance-est-une-petaudiere-156833


Commentaire qui révèle parfaitement ce qu'est devenue la France et la notion de citoyen.

Il est vrai que ce pays , au-delà de ces « élites » qui nous donnent quotidiennement l’exemple de l’immoralité et du cynisme, est ravagé par les petits arrangements et les compromissions.
C’est la population entière qui s' est vouée à la triche, au népotisme, au mensonge, aux petites magouilles quand chaque jour vous recevez des appels téléphoniques ou des courriers dont les offres s’apparentent à de l’escroquerie, quand on triche dans vos assiettes, quand la corruption s'étend partout.
Avec pour résultat ce climat de méfiance généralisée qui sape les solidarités, dresse les catégories sociales les unes contre les autres.

Mais surtout nous sommes entrés dans un temps où l’enfumage est tel qu’un Président de la République en vient, plutôt que de les révoquer, à demander à ses Ministres de payer leurs dépenses personnelles !
Qu’il annonce la fin des chasses présidentielles que Chirac avait déjà annoncée.
Et tutti quanti.
Et on apprend que demain c’est Domenech qui devra venir s’expliquer devant l’Assemblée Nationale… Pas Woertz, Domenech ! Le problème principal de la France c'est le football!
Ils sont devenus fous !

Tellement sourds qu’ils ne voient rien, tellement aveugles qu’ils n’entendent rien. Dire n'importe quoi est désormais un mode de gouvernance, une éthique... Fous à lier !

On entend Luc Chatel déclarer:

"A partir du moment où il n'y a pas de réduction des salaires des fonctionnaires, des agents publics et autres, je ne vois pas pourquoi les chefs des administrations qui sont les ministres, les responsables politiques qui sont à des niveaux de rémunération équivalents aux plus hauts responsables de l'administration, seraient amenés à réduire leur salaire".

Or on nous parle de gel des salaires pendant 3 ans pour les fonctionnaires! On mélange maintenant Ministre et fonctionnaire mais on refuse de faire cet effort qu'on impose aux autres!
Fou et suicidaire!

Pitoyable d’entendre Woertz dire puérilement pour se défendre: « …alors que je n’ai rien fait ! »
Et où allons-nous quand la télévision rame à sélectionner des images présentables de Sarkozy tant les autres montrent un homme ridicule, indigne de sa fonction ?

Tout cela crève désormais l’écran. Tic tac, tic tac, le compte à rebours est enclenché.
Une société ne peut continuer indéfiniment à se vautrer dans ce spectacle dégradant où il serait vain de chercher un horizon ou de rêver à l'intérêt public.

La fin des privilèges!



Je vois ce matin un "journal"(?) qui s'appelle "Aujourd'hui" avec une énorme manchette: "La fin des privilèges".
Comment, il y avait donc des privilèges dans ce pays et on ne nous le disait pas?

Ouf! Sarkozy vient d'accomplir une véritable révolution avec cette nuit du 4 août que la bande du Fouquet's, groupuscule gauchiste bien connu, nous préparait en catimini.

Donc "Le train de vie de l'état" sera revu à la baisse: moins de voitures de fonction, etc. Ce sont les sous-chefs qui seront mis au régime sec!

Car l'avion présidentiel, lui, va décoller dans le luxe: 180 millions d'Euros pour le palace volant dont l'heure de vol sera à 20000 Euros!

Alors les petits hobereaux, les roitelets, les notables bedonnés, les légiondhonnorisés, les exilés fiscaux privés de leur party du 14 juillet qui ne coûtaient que 700000 Euros ne se consoleront pas de ne plus être pour un jour dans les jardins du Roi.
Fin des privilèges!

Quand Sarkozy nous promettait que les contraventions ce serait désormais l'égalité pour tout le monde et qu'on découvre que jamais il n'y a eu autant de passe-droits!
Quand Sarkozy gèle la rémunération des fonctionnaires après avoir augmenté son salaire de 170%!
Quand Sarkozy se prive de 3 Milliards d'Euros annuels pour avoir acheté les restaurateurs!
Quand ...

Fin des privilèges pour les salariés trop payés, les chômeurs trop assistés, pour les retraités trop nombreux, pour les malades trop remboursés... Oui, le "journal" avait raison: Fin des privilèges!






lundi 28 juin 2010

Fillon inaugure une mosquée!


Qu'un Premier Ministre de la République inaugure un lieu de cultes, c'est probablement un événement inédit qui en dit long sur l'affaissement des valeurs républicaines. Sans ânonner un laïcisme aveugle, on peut s'interroger sur un tel événement.

Surtout quand ce lieu de culte est une mosquée et que - jusqu'à preuve du contraire - l'Islam est encore minoritaire en France!
Alors pourquoi? Pour "racheter" les bourdes d'Hortefeux qui, lui, éventuellement aurait pu être présent puisqu'il est chargé des cultes...

Donc c'est celui qui conduit la politique du pays qui coupe le ruban tricolore, coupure qui prend ici tout son symbole: C'est un drapeau qu'on déchire sous le regard attendri de barbus et de femmes voilées.
Avec ce chantage sans pudeur du Recteur de la Mosquée de Paris:
« En doublant le parc des mosquées, la situation sera complètement apaisée en France », poursuit-il. « C'est un acte véritablement d'apaisement que d'ouvrir une mosquée ».

Jusqu'où iront-ils?
Mais comme le dit Nicolas Sarkozy à Toronto, à propos d'Eric Woertz: "Mais intéressez-vous quoi ,à des sujets qui, qui,qui... se posent quoi..."

dimanche 27 juin 2010

Sarkofolies.


Chez ces gens là, Monsieur, on ne démissionne pas, on compte.
Les donateurs de l'UMP auraient versé 7500 euros déductibles des impots et rien de plus ... A pisser de rire! Surtout quand on sait la réception payée par l'état pour les remercier!
Car chez ces gens là, on ne pense ni à 4 ni à 5 chiffres...

Et l'on sait déjà que tel ministre serait pris à braquer une banque avec un revolver qu' il ne démissionnerait pas: Impunité! On a le pouvoir, on fait ce qu'on veut et on vous em...
Les paroles passent comme un robinet laissé ouvert. On s'en fout. Tout s'oublie. Avec le temps. Tout s'en va. Ou comme dans un film: Prends l'oseille et tire -toi.

Prédire l'avenir, c'est facile: Dans dix ans, Sarkozy sera sur le lac Léman à contempler des chiffres, Carla sera a New York à contempler aussi des chiffres dans le miroir d'un biotox sans issue.
Les peuples auront souffert. La crise aura beaucoup arraché sur son passage, sauf des riches de plus en plus riches et des armées de gens de plus en plus pauvres.

Fiction: On parlera de franc-tireurs qui auront descendu tel ancien trader, tel ancien véreux des médias. Tel politicard. On murmure que les gens s'en réjouissent. Que les médias ne l'ont pas montré mais que les riches ont peur derrière leurs fortifications de Gstadt ou de Genève.
Depuis qu'un mec sur son yacth s'est pris une balle dans la tête à saint Tropez et un autre en Sardaigne et un autre à Dubaï. On se dira qu'en Suisse on est protégé, caméras partout, mais depuis que les suisses sont touchés par la crise, certains détruisent les caméras et sont plus nombreux que ceux qui les contrôlent, lesquels d'ailleurs...

Réalité: Une bande de voyoux tiennent la France en otage, c'est en gros ce que disent aujourd'hui Noël Mamère et Eva Joly. On ne les invite pas à la télévision. Les voyoux tiennent le peuple "en respect".
Quand tout le monde sait et qu'il n'y a que le pouvoir qui ne sait pas ce que tout le monde sait, le mur de Berlin s'effondre.
Alors...
Philippe Sollers:
"Surabondance cynique d'un côté, effrayante misère de l'autre. La planète tourne ainsi. On aura parlé de l'argent roi, la nouvelle ère est celle de l'argent fou. Regardez ces visages crispés de sportifs nantis, écoutez leurs bafouillages hypocrites. Il paraît qu'ils ont pleuré en écoutant la semonce de la ministre des Sports, la rose et plantureuse Bachelot qui, sur une autre chaîne, très allumée, déclarait sa flamme à La Traviata de Verdi. Le Président, conscient d'être devant une affaire d'État, lui téléphonait, paraît-il, toutes les cinq minutes. L'orage populaire va-t-il se lever? La révolte tonne-t-elle en son cratère? Allons-nous assister à une éruption de la fin ? Après tout, au début de mai 1968, personne n'attendait, sauf quelques signes avant-coureurs, une explosion dans l'Université. Cette fois, ça pourrait venir du bas, du terrain, de l'humiliation physique quotidienne. Mai-68 a-t-il été assez éradiqué ? La France, rouge de honte, peut-elle se bouger encore ?"

Eric Woertz s'accuse!

Eric Woertz (Hue cocotte, pour son épouse!) pédale tellement dans la semoule que, sans être interrompu, il fait cet aveu inouï sur RTL:

"J'ai lancé toutes les procédures au contraire pour renforcer la fraude fiscale".

Superbe lapsus ou vérité?

vendredi 25 juin 2010

Les écrits vains.


Il en est qui rôdent autour d’un écrivain avec une opiniâtreté telle que leur obsession à s’emparer de son œuvre – fût-elle la meilleure – revient à substituer le commentaire à la réalité du texte quand il ne s’agit pas purement et simplement de l’usurper.

Comme si ce texte, avant même d’être lu, trouvait son existence dans l’attente qui le précédait et que la signature de l’auteur devenait l’œuvre elle-même, condamnée ainsi à la répétition de la même mélopée qui conduit parfois l’écrivain à être davantage commentée que lu.
Comme si le lecteur en s’accaparant quelques bribes de culture ( quelque chose de connu mais pas trop, de polémique certes mais d’un classicisme bien lisse), s’octroyait de la sorte, à bon compte, une décoration de pacotille.
Il y a donc ces œuvres qui brillent d’un éclat fugace, pareilles à ces peintures qui nous renversent le regard au premier coup d'oeil et qui paraissent si mortes quand on les a trop contemplées

En se glissant dans l’ombre de l’écrivain, ce lecteur-là vampirise un texte pour en devenir l’auteur fantasmé ; il se noie dans la plus belle des eaux quand il se mire narcissiquement dans une mare alors qu'il lui eût fallu garder cette distance sage qui fait qu’une œuvre enseigne, qu’elle se prête à une démonstration de sens et abolit les aspérités du pathos et de la connivence dès lors qu’elle se refuse à toute relation fusionnelle entre l’auteur et son lecteur.

Ce lecteur-là se laisse aspirer par le « je » de l’écrivain : ce « je » qui illumine de son encre une existence semblable aux autres mais que la beauté de l’écriture transcende au point de la rendre magique pour autrui.
Victimes de cette belle illusion, le lecteur entre ainsi en religion dans la chapelle du gourou dont il psalmodie l’œuvre devenue matière à d’infinies exégèses comme d’aucuns s’y essaient dans l'étude du Talmud , de la Thora ou des versets coraniques.

Tel est le piège d’une écriture s’enfermant dans une biographie, quand l’écrivain devient son propre personnage et que la fiction qui, malgré tout, en ressort toujours ne résulte plus que d’un style et d’un leurre. Une littérature d'un sujet mais sans objet.

Il faut se garder de cette première personne nageant dans le lyrisme, pataugeant dans le nombrilisme, toujours l’œil sur le rétroviseur plutôt que sur la route qui défile devant.
Car il y a bien deux types d’œuvres, la vieille tisane proustienne ou bien celle d’une langue qui creuse son sillage dans le réel qui la transforme. Entre Proust et Christian Prigent, je choisis ce dernier.
Et n'oublions pas Homère qui , dans son road movie, projette Ulysse dans un futur où il se joue des dieux comme des hommes dans une présence tellement supérieure au petit "je"!

Cette dangereuse illusion de l’écrit-vain, Julien Gracq l’avait déjà dénoncée dans « La Littérature à l’estomac. »:

« Quand nous nous sommes une fois « fait une idée » d’un écrivain (et tout l’effort de notre critique écrite et parlée vise à ce qu’une telle sclérose intervienne très vite), nous devenons paresseux à en changer – nous marchons en terrain sûr et nous lisons de confiance, d’un œil dressé d’avance à ramener les hauts et les bas, les accidents singuliers de ce qui s’imprime, à la moyenne d’une « production » sur laquelle nous savons à quoi nous en tenir. »

Et surtout, évoquant l’écrit-vain :

« Et voici qu’il se prend à considérer avec un vague sentiment de malaise cette alluvion énigmatique blutée par les siècles qu’il sait de naissance être la littérature, et qui repose sur ses étagères en petits blocs duveteux de poussière, couleur de limon séché, par où ils signifient qu’ils nous ont été apportés par un déluge (car elle coule ferme, la littérature) et qu’ils sont là parce qu’entre tous ils fertilisent. Mais est-ce si sûr ? Combien encore là-dedans qui portent la vie, qui la donnent ? La mort ne fait pas grâce pour toujours. Il y a des volumes qui sont tièdes encore sous les doigts comme une chair recrue d’amour, comme si le sang battait sous la peau fine, et aussi chaque nuit, dans le silence des grandes bibliothèques, il y a un livre glorieux dont vacille dans le noir et s’éteint pour toujours la petite lumière, mais sans qu’on le sache encore, comme nous parvient après des siècles la nouvelle de l’extinction d’une étoile ».

jeudi 24 juin 2010

Retraite: la valse des mensonges


«Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer.» C'est ce qu'écrivait en 2007 le candidat Nicolas Sarkozy dans son programme présidentiel.
En 2008, il répétait sur RTL qu'il n'avait «pas de mandat» pour repousser l'âge légal de départ à la retraite.

Nicolas Baverez assène dans le Nouvel Observateur, à partir des prévisions de l’INSEE :
« En 2050 l’espérance de vie sera de 84 ans pour les hommes et de 89 ans pour les femmes. »
Selon la même courbe médiane, le chiffre pour 2090 sera de 91 ans pour les hommes et de 104 ans pour les femmes ! Sottise des prédictions et des chiffres qui ne prennent en compte ni les effets de la pollution, ni ceux de l’obésité et, surtout de ce que nous ne connaissons pas encore ! Pourquoi pas ne pas parler d'une espérance de vie à 300 ans pour l'an 3000?

« Moins les gens sont insérés moins ils menacent le système » a déclaré Alain Minc le 22 juin à la Maison de la Chimie (Bakchich info). Vive la désinsertion!

Besson avant d’être un traitre :
« Comment peut-on demander à ce que l’on travaille jusqu’à 62 ou 65 ans alors que nous n’arrivons pas -je l’ai vu en tant que député et en tant que maire- à trouver du travail pour les chômeurs de plus de 50 ans ? Aujourd’hui le monde de l’entreprise rejette les plus de 50 ans. Et à ceux-là même, il faudra leur dire : cotisez plus de 40 ans. C’est une aberration ! »

Mais c'est vrai que tout ceci n'a aucun intérêt: parlons football!

mercredi 23 juin 2010

Sarkozy: "Il faut retendre les cabinets."


"Il faut retendre les cabinets." Tels sont les propos du président de la République à l’issu du Conseil des Ministres, selon Le Point.fr.
Dans le même entretien, il a appelé « à la vigilance sur le fonctionnement des cabinets. »

Car il semblerait que les cabinets aient besoin d’un sérieux nettoyage et, on s’en serait douté, les chasses d’eau sont en panne depuis longtemps. A chaque saloperie dans ces cabinets là, les canalisations se bouchent et ça déborde de partout.

Ces saloperies, dans son langage fleuri, le Président les appelle des « polémiques stériles et insensées ».
Méditez, assis sur le trône, la profondeur de ces deux adjectifs.

Pouah, quand on passe devant, il faut se boucher le nez !

Mais « retendre » les cabinets !
Sont-ils si mous, si flasques, si…
Imaginons une érection de cabinets, tous en rang d’oignon présentant sabre au clair, quelle gloire n’est-ce pas ? Enfin, la tête haute et la grandeur de la France !

Et notre Carla , si absente des malheurs de la Vendée ou du Var, ne pourrait-elle contribuer à cette cause nationale ? Retendons les cabinets !
Surtout après la débandade des bleus : un peu de viagra sarkoziste redonnerait un peu de cette vigueur qui nous manque…

Allez, Monsieur le Président ou Monsieur le Plombier en chef, plus bas, encore plus bas ! Grâce à vous on finira peut-être par trouver du pétrole !

Le sarkozisme: le naufrage.


Les médias semblent sortir de leur torpeur au fur et à mesure que le pouvoir est assommé par un flot de révélations dont le poids finit par faire céder la digue des lâchetés et des compromissions.
Le pain et les jeux allaient suffire à museler ce brave peuple de France. Et les médias, entre deux révélations et quelques insolences, se taisaient, résignés, honteux ou cyniques. Ou bien se faisaient la courroie de transmission d'un pouvoir sûr de son impunité.
Mais voici que le pain va manquer, que le régime d’amaigrissement est programmé – sauf pour les plus riches qui, comme la nouvelle Présidente de la Halde, doublent leur salaire.
Et pour les jeux, n’en parlons plus : le spectacle de la Coupe du Monde fut l’humiliation ultime pour ceux qui croyaient encore au mirage sarkoziste d'une France qui gagne.
Le rideau est déchiré. Bachelot fut triomphante de ridicule comme Yade le fut dans le cynisme.

Désormais l’imposture saute aux yeux de ceux qui ne voulaient rien voir. Le pouvoir a-t-il encore les moyens de faire diversion, d’imposer le silence ? La burqa est usée jusqu’à la corde, l’insécurité se retourne contre ceux qui en sont les responsables. Ne doutons pas qu’on tentera encore de faire diversion dans les prochains jours. Mais qui n’a pas encore compris ?
A prendre les gens pour des imbéciles, ceux-ci risquent de devenir méchants. Les médias le sentent et Sarkozy entre dans la zone des tempêtes.


Ainsi peut-on lire dans le Nouvel Oservateur.fr cette liste noire établie par des médias étrangers :

Des scandales à répétition.

Nicolas Sarkozy : en Allemagne ou aux Etats-Unis, il aurait la justice sur le dos
- Karachi : Le nom du président apparaît dans une enquête sur un attentat terroriste, qui pourrait être lié à un système de rétrocommission et de financement de campagne politique.
- Epad : Le fils du président de la République, Jean Sarkozy, alors âgé de 24 ans, se porte candidat pour diriger une structure générant un chiffre d'affaire d'un milliard d'euro. Il renonce à la présidence, mais est tout de même élu administrateur.
Christian Blanc : en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni, il aurait dû démissionner
- Le secrétaire d'Etat au Développement de la région-capitale s'est fait offrir par l'Etat 12.000 euros de cigares en dix mois et en a remboursé 3.500 euros le 10 juin, selon le Canard enchaîné.
Christian Estrosi : en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni, il aurait dû démissionner
- Le ministre de l'Industrie occupe deux logements aux frais de l'Etat : un logement de fonction parisien qui profite à sa fille étudiante, et un appartement à Bercy qui est "mis à la disposition" du ministre.
Fadela Amara : en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni, elle aurait dû démissionner
- La secrétaire d'Etat à la Ville héberge occasionnellement des proches dans l'appartement de fonction qui lui est réservé mais qu'elle n'habite pas.
Frédéric Mitterrand : il ne serait jamais entré dans un gouvernement britannique ou américain
- Le ministre de la Culture fait face à une polémique au sujet de son livre "La Mauvaise vie" (Robert Laffont), dans lequel il raconte son expérience de touriste sexuel en Thaïlande avec de jeunes hommes.
Brice Hortefeux : des excuses auraient suffi
- Le ministre de l'intérieur a été condamné par la justice pour injure raciale. Il avait lancé publiquement, au sujet d'un jeune militant d'origine arabe : "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".
Et parmi les autres polémiques…
Les ministres "retraités"
- Après la polémique sur la rémunération de Christine Boutin, le Premier ministre demande aux membres du gouvernement de renoncer au cumul entre leur rémunération de ministre et leur retraite de parlementaire. La mesure vise Roselyne Bachelot (Santé), Michèle Alliot-Marie (Justice), Henri de Raincourt (Relations avec le Parlement), Patrick Devedjian (Relance), Michel Mercier (Espace rural), Jean-Marie Bockel (secrétaire d'Etat à la Justice), qui étaient en situation de cumul.
Rama Yade
- La secrétaire d'Etat aux Sports est épinglée pour avoir critiqué le "clinquant" de l'hôtel des Bleus en Afrique du Sud, alors que l'hôtel qui lui était réservé coûtait plus cher encore.
Eric Besson
- Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale est pris en flagrant délit de mensonge: il répète que "le délit de solidarité n'existe pas" alors que le Gisti apporte la preuve du contraire.
Bernard Kouchner
- Le livre de Pierre Péan "Le Monde selon K" (Fayard) révèle que le ministre des Affaires étrangères a exercé des activités de conseil auprès de dictatures africaines, dans le secteur de la santé.
- Sa compagne Christine Ockrent est nommée à la direction de l'audiovisuel public extérieur.

Et maintenant, Joyandet pour un permis de construire illégal, Eric Woertz.
Mais pour ces gens là, la justice n'enquête pas, les scandales s'accumulent.
Et la liste n'est sans doute pas terminée!
A suivre...

mardi 22 juin 2010

La France qui meurt.


Finkielkraut déclare justement :
« Nous avons la preuve effarante que l'équipe de France n'est pas une équipe, c'est une bande de voyous qui ne connaît qu'une seule morale, celle de la mafia (…).
On a rêvé avec l'équipe de la génération Zidane, aujourd'hui on a plutôt envie de vomir avec la génération caillera. »

L’Express écrit :
« Soixante-dix ans après l'appel du 18 juin, les Dracénois louent leurs nouveaux libérateurs, mais maudissent leurs lâches. Car il y en a eu, à côté des héros. Les pillards ont su profiter du chaos, dévalisant échoppes en ruine et maisons dévastées. Même les pompiers ont vu leurs casques, leurs bottes et tout leur matériel éparpillé sous l'effet des eaux folles, embarqués sous leurs yeux par des badauds opportunistes. Pire: sans le renfort d'une compagnie de CRS, les commerces de Draguignan et de Trans-en-Provence auraient été mis à sac.
Les habitants n'oublieront pas non plus les cyniques. Tel ce voisin, épargné par la crue, qui "taillait tranquillement sa haie" quand d'autres s'arrachaient les mains à sauver le peu qui leur restait. Ou certains épiciers monnayant leurs bouteilles d'eau à prix d'or, alors que des milliers de foyers étaient privés d'eau potable. "J'ai même vu un type rouler à toute bringue dans notre quartier, juste pour essayer son 4x4 dans la boue!" s'étrangle une Dracénoise. »

France racaillisée, France morte à la solidarité. France de tous les égoïsmes quand les plus riches ont quitté le navire qui leur a donné l’argent qu’ils se sont empressés de déposer en Suisse.
France dont le symbole le plus honteux ne restera pas une équipe de football mais le Docteur Folamour qui conduit les destinées d’un pays en lui donnant l'exemple du cynisme et en ehibant l’étalage de la médiocrité comme vertu.
France des Bettencourt, Kouchner, Tapie, Blanc, Woerth.
France où un parti « démocratique » traficotte les élections de sa première Secrétaire.
France qui, à l’instant où elle souffre, accepte de voir côte à côte à la télévision, le porte parole du PS et celui de l’UMP parler… football !
France sans morale, à bout, fataliste, vaincue.

Cette France donc à l’image de son équipe de football, de ses mensonges quand ce n’est pas de son ridicule. Bachelot qui fait sa bisounours et nous insulte en prétendant avoir arraché des larmes aux bleus quand nous voyons certains de ces mêmes bleus murer obstinément leur lèvres à l’écoute de la Marseillaise !

France de toutes les corruptions quand son Président détourne le regard à chaque ignominie ministérielle, quand la justice est empêchée au bénéfice des riches et des karachigate.

4 jours après les cérémonies hypocrites pour l’anniversaire du 18 juin, que reste-t-il de ce pays ?

video: Sarkozy à Draguignan.

video

lundi 21 juin 2010

A Draguignan, on nettoie!


La Cour s'est donc transportée à Draguignan, ville sur laquelle un déluge s'abattit, punition d'autant plus imméritée qu'elle fut infligée à un peuple qui vota largement en faveur du Monarque.

Je lis déjà que quelques 200 personnes l'attendaient sur la Grand Rue où il serra quelques mains mais, en vérité, il n'en fut rien.

La dite rue était fermée par des barrières ainsi que tous les alentours de la Mairie et de l'Église où devait se tenir un office. Seuls y circulaient toute une camorra de rayban et de costars mafiosos bien coupés avec discrètes cocardes à la boutonnière. Les manants étaient priés de rebrousser promptement chemin.

Le Monarque descendit donc de son carrosse loin de la foule qui ne se priva pas de sifflets et de quolibets. Et pendant qu'il pérorait avec les notables quelques membres de la camorrra lustraient l'attelage présidentiel.

Plus loin, au bas de la ville, c'était la boue qui se transformait en poussière et l'épuisement des sauveteurs qui, eux, nettoyaient la ville. Les deux photos montrent les deux faces du réel.

Le réel n'a pas de plan de coupe. Le sarkorisme est, comme l'illusion cinématographique, une histoire de montage, une illusion de la politique. Illusion d'optique. Vous croyez que Sarkozy est au milieu des gens? Tout faux: Très loin.

dimanche 20 juin 2010

Inondations: Le pont sur la Florieye.


Les vieilles pierres résistent au temps. Sur le chemin qui fut jusqu'en 1850 la seule route entre Lorgues et Draguignan, ce vieux pont franchit la Florieye, d'ordinaire un simple filet d'eau - son cours ayant même disparu quelques années - qui a tout arraché sur son passage le 16 juin.

Miraculeusement, quand tout a été détruit, le pont de pierre est resté debout, oublié dans un reste de verdure et son lit de rivière qui s'est élargi au point de rendre méconnaissable l'ancien paysage.

En 1702 déjà, des crues avaient détruit l'ouvrage qui fut reconstruit en 1745. Il y eut ensuite la grande inondation de 1820... La catastrophe actuelle amplifiée par des constructions sur des terrains inondables n'a donc, hélas, rien de surprenant.

Et comme si la terre n'avait pas assez souffert, une violente averse de grêle s'est abattue aujourd'hui sur Lorgues, cisaillant les vignes, ajoutant encore un peu plus de détresse pour certains...

Menu du dimanche: Langue française à la sauce média.



"Moi, j’ai une tête à couvrir une fraude fiscale?..."


Voila où en est réduit l'argumentaire d'un Ministre d'une République moribonde. Puisqu'Eric Woerth est l'artisan de la "réforme" des retraites, le moment de sa propre retraite semble venue.

Alors que répondre à sa question? Oui, sans doute?

Ou bien que, comme Chirac, on lui préférera la tête de veau.


"Va te faire enculer sale fils de pute".
L'Equipe en affichant cet énorme titre sur sa une donne un blanc-seing au "Casse-toi pôv con" de Sarkozy qui, depuis Moscou répond par:
« Si les événements qui ont été rapportés ce matin par la presse sont exacts, je n'y étais pas, ils sont inacceptables, inacceptables ."

Et faut-il ajouter les gloussements ridicules de l'ineffable Bachelot?

Décidément le langage est bien le reflet du monde. Cette complaisance à se vautrer dans la fange est celle des français qui n'auront toujours ce qu'ils auront mérité: La télé-réalité , la presse poubelle et des stars minables pour modèles.

Et Quick se sépare d'Anelka... Vive la tête de veau!
Et face à la langue de nos gouvernants et de l'Equipe, vive la langue de boeuf! (Pas celle de Franck Leboeuf.)
P.S: Le 17 juin paraissait cet appel qu'il serait bon que les blogs relaient:

vendredi 18 juin 2010

On a gagné!


"La pelle du 17 juin" était le titre mais on est passé devant moi!
Ils s'en sont donc ramassé une belle, ces 11 stroumfs d'une armée mexicaine qui, comble du ridicule, furent mis en déroute par... des mexicains!

Qu'un "mec si con" - qu'on me pardonne cette facilité - que Domenech puisse ainsi nous rappeler la grandeur déchue d'un pays n'est pas aussi insignifiant qu'il n'y paraît.

Que la France soit couverte de mauvais bleus, blessée, humiliée, elle le doit à toutes ces stars friquées, suffisantes - qu'elles appartiennent au sport , au spectacle .
Tous -ou presque exilés fiscaux... Ceux qui disent défendre la France, ceux qu'on médaille!

Aujourd'hui, 18 juin, on célèbre d'autres exilés qui, eux, furent l'honneur de la France.

D'un côté il y eut La Résistance et De Gaulle, de l'autre il y a Domenech et Sarkozy: l'arrogance du luxe et de l'argent, une équipe de football aussi risible qu'un gouvernement de Fillon.

La promesse d'une victoire est vite emportée par le vent des belles paroles quand elle ne repose pas sur la vertu.
La vertu. Quel drôle de mot, n'est-ce pas!

"Virtus": Ce qui est relatif au mérite de l'homme.

Mais comme l'écrivait La Rochefoucauld: "La vertu n'irait pas loin si la vanité ne lui tenait compagnie."
Le joyeux cynisme du moraliste a été depuis bien dépassé quand la vanité aura tout emporté par la complaisance des médias, des faux experts, des politiciens sans âme et des petits joueurs sans talent.
Un milieu veule qui se vautre complaisamment sur nos écrans télé, qui est le pouvoir et qui nous accuse, nous, de ne pas travailler, de trop dépenser!

La vertu, chez eux, cherchez là: Vous ne la trouverez nulle part. Le mot même aura déjà disparu.
Alors pour ceux-là qui, quotidiennement, nous plongent dans l'indignité nationale, voudront nous donner l'illusion commémorative de la grandeur: Mettez côte à côte De Gaulle et Sarkozy et vous aurez tout compris.
Donc en ce 18 juin, une grande gueule parée de ces vertus militaires qui ne sont pas les miennes, le Général Bigeard, a choisi de se taire pour l'éternité. On le comprend.

jeudi 17 juin 2010

Inondations entre Flayosc et Lorgues: La disparition.







Entre Lorgues et Flayosc se trouve l'une ces routes miraculeuses du Var qui serpentent entre rochers et forêts, où l'on traverse une petite rivière qui daigne se montrer en automne... Un paysage pour promeneurs et rêveurs que l'on croit immuable...

C'est la Route de Sauveclare.

Et puis , soudain, la route s'arrête, le paysage s'effondre, la mémoire est en déroute: tous les souvenirs disparaissent dans un chaos d'arbres enchevêtrés et le petit vallon est devenu un canon menaçant. Plus de trace d'un quelquonque chemin ou d'un pont. Comme si cela n'avait jamais existé.

Au bout de la route, la dernière écorce de goudron s'est arrachée pour mettre à nu la calade, ce sentier muletier des siècles passés. Comme si celui-ci resurgissait, ironique, pour nous mettre face à l'effacement, au temps qui passe et qui revient.

Mais aussi comme si ce petit bout d'autrefois nous délivrait un signe. Car là où les routes sont éventrées, c'est le plus souvent à l'endroit où des canalisations furent enterrées et recouvertes de sable et de tout venant quand il eût fallu consolider avec de la roche.

En ce siècle de la vitesse les choses disparaissent aussi vite qu'elles se construisent.
Catastrophe naturelle ou catastrophe humaine?

mercredi 16 juin 2010

Inondations à Lorgues.








Un beau ciel d'été a effacé les dernières traces d'eau emportées en aval vers la plaine transformée en mare boueuse.
Ici le courant a tout arraché sur certaines routes dans la nuit, rendant la circulation impossible à peu près partout.
Mais ce que personne ne dit - et ce qui n'est pas admissible - c'est que cette catastrophe était prévisible dès le début de l'après-midi quand on voyait ces trombes d'eau s'abattre sans discontinuer des heures durant et que, pourtant, aucun système d'alerte ne fut déclenché!
A 15h00 à Lorgues, le pluviomètre avait atteint 200 mm et rien dans le ciel ne présageait la moindre accalmie. Au contraire.
Sur les sites d'information d'internet, rien!
Les pouvoirs publics auraient pu émettre des bulletins d'alerte, mettre en garde les populations dans les zones à risque, évacuer les écoles, les entreprises, les supermarchés. Inciter les gens à entrer chez eux ou à se diriger vers des lieux sûrs quand les habitations étaient menacées.
Mais rien n'a été fait. On a attendu tranquillement la catastrophe.
Je rappelle que, dans l'après-midi, j'évoquais sur Twitter des "inondations gigantesques".
Ce n'est qu'à l'ouverture des journaux télévisés qu'on commença à comprendre "officiellement" l'ampleur de la catastrophe.
Alors ce fut le grand trémolo des pleurs et des sauveteurs héroïques.
Mais, on eût pu agir avant... Pourquoi le Préfet, les Maires des communes concernées n'ont-ils averti les médias pour mettre d'urgence en garde la population?
Il ne s'agit pas de trouver à tout prix des responsables mais plutôt de s'étonner d'un manque désarmant de...bon sens!

mardi 15 juin 2010

Var: Inondations en Dracénie.

Il pleut.
Sauf que cette pluie là n'a rien de belle. Juste sale et violente. Si j'ouvre les fenêtres, une puissante odeur d'essence traverse le ciel sombre. Une cuve de mazout qui aurait été noyée, ou...
Rien. Pas de précédent qui pourrait nous faire comprendre. Depuis ce matin, 350ML d'eau!
Les routes transformées en torrents.
Qu'il y ait des victimes ne me surprend pas et je crains qu'il y en ait beaucoup d'autres.
Les médias ne se réveillent qu' après: A grands coups de trompettes pour recouvrir ce que sur place les gens savent.
Il n'y avait donc rien dans les médias et sur twitter quand je parlais d'inondations gigantesques. On n'évoquait que la fermeture de l'aéroport de Toulon...
La pluie moins forte maintenant, heureusement, mais qu'en sera-t-il dans une heure?
A 10 Km de Draguignan nous sommes au coeur du déluge avec la chance d'être en haut. Qu'en est-il en bas... Impossible d'accéder au village: torrents de boue qui ruissellent des collines alentour.
Depuis 20 ans en Provence, mais , pour la première fois, cette folie , la peur pour certains. Routes impossibles et ne pas savoir ce qui peut se passer à un 1 kilomètre de chez soi.

L'espoir, toujours!


Le Coucou me met à la question pour 3 raisons de se ne pas se lever et 3 raisons pour se réveiller de bonne heure.
Réponse impossible parce que...


Rétifs à se cogner sur la vitre qui les sépare du monde, les mots, certains jours, se recroquevillent dans leur couette, cotonneux... Cette tentation de ne pas vouloir émerger, de rester calfeutrés dans le silence. Comme s’ils étaient en eux-mêmes trop conscients de nous avoir tant abusés et qu’il leur serait plus sage de céder au plomb du silence, à cette lâcheté qui les guette et dans laquelle ils sombreraient sans doute si l’espoir ne cessait de les habiter.

Déjà ces mots, se réveillant peu à peu, comme aspirés par quelques filaments de lumière et de persiennes qui s’ouvrent, s’octroient ce délice absolu, cet orgueil de se dresser comme un rempart contre ces pisse-vinaigre qui égrènent les sourates d’une bétise haineuse - gens sans pensée, aux mots infirmes, au front bas, aux visages lisses et blancs pour des cœurs sombres.

C’est pour eux que j’extrais ces quelques mots - pour ceux-là qui diront que je ne sais ni écrire ni émettre une pensée, ceux-là qui prétendent lire ou Céline, ou Murray, ou Renaud Camus mais qui n’en retirent que l’ombre, déjà aveugles à la lumière.
Car les mots sont trop princiers pour eux qui ne savent rien d’autre que de faire de la boue avec la boue.
Ceux-là - les haineux - morts pour demain - n’aspirent à rien d’autre que de traîner le bétail dans leur sillage fétide.

Car il n’y pas de pensée juste sans la beauté des mots et un désir de bonté. Ce mot, d’ailleurs, n’est-il pas déjà une forme de provocation pour ceux qui confondent l'encre et le sang?
Et peut-on encore espérer quand tout le discours social n’est plus qu’une chape, un bruit assourdissant ou une rumeur latente qui rongent ce que les mots, pour chacun, ont de meilleur ?

Le monde est criard, pareil à un stade. Nuremberg ou l’Afrique du Sud : Quel raccourci, n’est-ce pas ?
Spectacle des foules qui hurlent, se lèvent dans une passion aussi exacerbée que vaine dans cette hallucination collective à un bonheur sans objet, dans cette croyance à former une « communauté » quand l’addition des cris n’est que signe d’une solitude, quand l’hystérie n’est qu’une noyade dans un présent en lieu et place d’un monde perdu.
Nostalgie des bras levés et des slogans.
Chemises brunes ou maillots bleus…

Monde sans mémoire et impuissant à s’inventer un futur.
Ils crèveront, tous ces fronts bas, non par la main de quelque envahisseur fantasmé. Qu’ils relisent l’Histoire qui n’est que ce récit de ce rapport à l’Autre, l’homme, la femme, l’enfant, l’étranger. Histoires d’amour et de haine. Entre les deux, l’incompréhension.
Ils crèveront donc de ne pas offrir des mots au monde, de ne pas savoir les échanger, de ne pas rendre ce modeste hommage à la vie.
Ils crèveront de ne plus s’aimer. De ne pas espérer en demain. Ecoutons-les ces spectres disant se réfugier dans la littérature quand les phrases les mieux ciselées voient leur sens dénaturé par ceux-là qui, en réalité, les haïssent.
Tous ces bœufs au front bas qui les arborent comme des boucliers pour se protéger et bouter le barbare hors de leur rêve d’une belle langue qui ne fut jamais la leur, d’une couleur, d’une race ou d’un peuple dont les contours n’existent pas…
Car ici on hurle la haine de l’Africain ou de l’Arabe en se cachant derrière la défense d’Israël ! Car le blanc de la Ligue du Nord crache sa haine sur l’Italien du sud et le Catalan sur l’Espagnol. Le Flamand contre le Wallon. Et tous ces Slaves qui s’égorgèrent dans l’ex-yougoslavie ! Et ces chrétiens libanais qui s’entre-tuèrent méticuleusement ! La Haine est sans couleur.

Alors, oui, gardons-nous des simplifications. Récemment, dans un train, je pestais pour devoir subir des refrains musulmans qu’un sombre crétin m’imposait. Les extrémistes se nourrissent les uns les autres. Le fasciste, l’islamiste, l’ultra-sioniste, c’est le même : J’t’envoie de l’hallal, j’te réponds par un apéro saucisson-pinard !

3 raisons d’espérer, 3 raisons de désespérer ? Non, bien sûr.

Seulement 2 ou 3 choses que nous croyons savoir et qui nous donnent ce courage de mettre un pied devant l’autre et d’aligner quelque mots peut-être inutiles. N’en restera alors que le plaisir de l’errance. Mais les mots, aussi fragiles soient-ils, illisibles parfois, hésitants toujours, sont ces petits cailloux qui éclairent notre chemin dans la terreur des forêts enfantines.
Les mots, seuls, portent l' espoir.

lundi 7 juin 2010

Le trésor des banlieues


Nous possédons en France une richesse que nous voulons ignorer mais que d’autres, plus lucides dans une vision à long terme, ne manqueront pas d’exploiter.
Cette richesse c’est, à en croire certains, un boulet que nous traînons avec le poids de ce mot : « banlieue ».
Ah ces banlieues, coupables de tous les maux d’une société à bout de souffle pestant contre ce cancer qui rongerait notre belle France avec l’insécurité, l’islamisme et les profiteurs de tous poils !

Un bel article du Monde nous apprend que ceux qui connaissent le mieux le 93, ce ne seraient pas toutes ces commissions ad hoc qui prolifèrent avec autant de bons amis à placer …mais les américains !
Par le biais de leur Ambassade, les USA se projettent dans l’avenir, conscients des futures mutations ethniques et sociologiques de notre pays. Vivant dans la diversité, les américains, pragmatiques, savent qu’il est inutile de pleurer sur un monde perdu : Laissons la nostalgie à la mauvaise littérature.

Mais hélas, quand l’aigle américain contemple déjà sa proie, le coq franchouillard se trémousse encore dans ses plumes avec le gloussement de Roselyne Bachelot. Oui, celle qui rabroue la trop noire Rama Yade, celle qui - même si sa politique n’est pas la mienne - incarne l’avenir.

Donc c’est là, dans cette banlieue pour nous invisible, que les américains repèrent aujourd’hui l’élite de demain. Quitte à nous en priver.
Pendant que Fadela Amara brasse les paroles en l’air de l’incompétence et de la bureaucratie avec autant d’argent perdu, les américains ne s’embarrassent avec de belles promesses mais se coltinent avec le réel. Ils tissent des réseaux, écoutent, accordent leur confiance.
Et dans ces banlieues dans lesquelles, chaque jour, il faut se dépatouiller avec le réel, on apprend vite.

Alors que le jeune du 93 est vilipendé dans son pays, qu’on lui colle à la peau sa couleur, son origine et la misère sociale comme une sale étoile jaune, ailleurs, à New York, on lui donne sa chance pour ce qu’il fait. Ici, on se contente de le mépriser pour ce qu’il est.

J’aime cette Amérique là qui nous renvoie le triste miroir de ce que nous sommes devenus.
Etre fier de son pays, c’est regarder devant. Tous ces vieux nationalistes qui regardent leur passé n’aiment qu’une nation perdue, un fantasme qui n’existe plus.
A-t-il d’ailleurs un jour existé ?
Et pour ceux-là, il ne reste que la jouissance de la haine.

dimanche 6 juin 2010

La loi Gayssot: le poison de la Démocratie.


La chasse aux sorcières s'accentue et il ne s'agit pas de défendre Sarkozy ou ses sbires.

Voici donc cette loi qui fêtera bientôt ses 20 ans:

L'article 6 (c) de ce statut définit ’ Les Crimes contre l’Humanité ’:
"c’est-à-dire l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal ou en liaison avec ce crime".

Avant la guerre... Laquelle? Négationisme des crimes commis par Napoléon à Madrid? Gare à celui qui remettrait en cause les valeurs de l'universalité de la République contre Goya!

Et juqu'où remonter dans les ténèbres de l'histoire et d'une conscience humaine qui ne nous appartient plus? Il n'y a pas de mémoire. Ou celle-ci, pour qui veut être honnête, reste un leurre, la reconstruction nostalgique ou coupable d'un passé.

Il est vrai que cette loi -dite Gayssot - avait pour origine un stalinien qui trouva dans la démocratie d'alors le moyen d'inoculer son poison totalitaire à partir de l'image du Bien. Remarquez, tout se fait, partout et ailleurs, sous les auspices du Bien. Imaginez-vous Hitler disant: « Vive le mal! »?

Donc le bien - ou le salut et l'avenir radieux - se pare de cette idéalisation d'un Bien absolu dont les dents trop blanches et trop acérées devraient faire fuir les bisounours de la croyance au paradis s'ils avaient encore quelque cervelle...Mais TF1 et consors mène la ronde de la chasse aux sorcières!

Ce Bien béat(ifié) ignore la complexité du monde et impose son diktat au gré du bourreau et de la victime qui se partagent la parole du monde.

Exemple récent: Dans le conflit israélo-palestinien, vous trouverez toujours des gens éminemment respectables et peu suspects d'être le suppôt du mal trouver en l'un le bourreau et en l'autre la victime. Le bien et le mal se distinguent, mais au terme d'une analyse, au gré d'un choix libre et non d'une écriture formatée de l'histoire.

Cette loi qui, en apparence, désignait la limite de l'intolérable n'a cessé d'étendre ses métastases et la suspicion sur tout discours.

Lors de son adoption, bien de grands esprits s'en inquiétèrent: Jean Daniel, Robbe-Grillet, Vidal-Naquet, Paul Ricoeur, François Furet et bien d'autres. Mais qu'importe l'intelligence, quand il faut user de la muselière Gayssot laquelle servira, à droite comme à gauche,pour imposer sur le citoyen et les oeillères et la muselière!

Le totalitarisme de gauche dans l'ultra libéralisme! Le fantôme de leur regretté pacte germano soviétique! Le Yalta des propriétaires du pouvoir.

En Grande Bretagne où l'on n'imaginerait pas l'ombre d'une telle loi, la démocratie est-elle plus en danger? Le racisme est-il plus virulent? Le négationisme s'exprime-t-il d'avantage?

Gayssot a mis un flic dans la tête de chacun: On traîne en justice Yves Berger pour avoir critiqué le Téléthon mais ne doutons pas que le même sort eût été réservé à celui qui se serait attaqué au sidaction.
Une multitude d'inquisiteurs veillent - partout - à la rectitude du langage. Et vous cloueront au pilori pour un mauvais mot supposé contre les juifs, les blondes, les belges, les suisses ou moi-même. Un jour Frêche, un autre Hortefeux. Le bien universel roule droit et ne s'arrête pas pour pisser sur les bas côtés.

Et pendant ce temps de véritables ordures, des racistes nazillons se fondent dans la masse puisque tout est partout et nulle part. Quelle réussite cette loi!

Plus de droit à l'erreur, que l'accusation d'horreur!

Voici les citoyens de la post shoah, du post nazisme, du post communisme réunis dans cette béatification du silence dans le meurtre de la Démocratie.
Hortefeux, pour une blague débile, avait « fait part de ses regrets ». C'est dire qu'il ne revendiquait pas ce qu'il avait dit. Connerie passagère d'un con parmi tant d'autres. Cher lecteur, vous seul en êtes exempt, n'est-ce pas?

Si on n'a plus le droit à la petite connerie ordinaire, autant se se réfugier dans l'immonde grosse saloperie: C'est ce que certains en viennent à penser. Bravo Gayssot!

Seule la revendication devrait être condamnable. Et pas le dérapage idiot, pas le débat nécessaire à une démocratie!

P.S: Le Post censure ce texte! Savent-ils au moins lire?

samedi 5 juin 2010

Monet, money...Ils sont devenus fous!


"Plus de mille personnes pour une toile impressionniste vivante à Rouen
(AFP) – Il y a 3 heures
ROUEN — Quelque 1.250 personnes se sont réunies samedi à Rouen en portant chacune à bout de bras la reproduction agrandie d'un fragment d'un tableau de Claude Monet pour former une gigantesque toile impressionniste vivante, a constaté un journaliste de l'AFP.
Cette création éphémère baptisée "Monet vu du ciel" a occupé une surface de 600 m2 sur la place de l'Hôtel de ville de Rouen, momentanément interdite à la circulation. Elle a été filmée et photographiée d'un hélicoptère et d'une grue de manière à pouvoir être inscrite dans le livre Guinness des records.
Le tableau représenté est une "Cathédrale de Rouen" appartenant à une série peinte par Monet entre 1892 et 1894 et qui figure dans une vaste exposition consacrée aux impressionnistes qui s'est ouverte vendredi au musée des Beaux-Arts de Rouen.
Les volontaires, parmi lesquels le président de l'agglomération de Rouen Laurent Fabius (PS) et le maire Valérie Fourneyron (PS) s'étaient rassemblés dès le début de l'après-midi au numéro matérialisé sur le sol correspondant à leur fragment."


Pauvre Monet, pauvres artistes! Récupérés par des politiques qui n'ont plus que le livre des records pour les guider, ce qui implique la négation de cette culture qu'ils feignent d'arborer ou de promouvoir. Plus de mille personnes pour une toile impressionniste vivante à Rouen!

Plus de 1000 personnes! Seraient-ils 10000, 100000 ou plus... quelle différence? Penserions-nous l'art différemment? Notre regard sur Monet en fût-il modifié?
Les projecteurs, une fois de plus, nous éblouissent pour nous empécher de voir.

Troupeau de veaux bons pour l'abattoir: vous l'aurez mérité.
Peuple de rien, bon à brouter cette récupération sordide de ce qui fut l'ascèse d'un peintre quand, des semaines durant, au même emplacement, celui-ci se mesura au travail de la lumière, de l'heure et du temps sur la cathédrale de Rouen dans un même cadrage un peu à la manière de Rembrandt dans ses auto portraits.

Travail de la peinture qui inscrit le temps autant que l'espace.
L'Histoire. La vie. La mort.
L'inverse de ce que ces sinistre politiques tentent d'effacer dans l'illusion de la fête.
La peinture de Monet vendue pour la télé réalité promotionnelle de quelques politiques!
La peinture de Monet, pour ceux qui ne cessent de penser chaque méandre de ses couleurs, reste belle comme un crachat sur la gueule de Fabius. Actuelle donc . Merci Claude Monet.