lundi 31 mai 2010

Juif et arabe: égalité?


Combien de résistants ainsi proclamés au lendemain de leur victoire n'étaient-ils pas désignés la veille comme de dangereux terroristes? Ceux qui prirent les armes contre les Nazis. Mais aussi ces juifs qui s'attaquèrent aux troupes britanniques pour fonder l'état d'Israël.

Les défenseurs d'Israël diront, non sans raison:" Nous sommes l'une des seules démocraties dans la région".

Oui, mais la démocratie donne-t-elle une légitimité pour s'attaquer à l'autre? L'Amérique avait-elle raison dans sa guerre au Vietnam? Dans son intervention en Irak? Et la France dans la guerre d'Algérie ou, aujourd'hui, dans son intervention en Afghanistan?

Donc, des commandos israéliens, dans les eaux internationales, prennent d'assaut une flottille pro-palestinienne convoyant du matériel humanitaire dans la Bande de Gaza victime du blocus israélien.
Agression simple, évidente, inexcusable.

Donne-t-on d'ordinaire la parole à ceux qui commettent des actions terroristes? Non et c'est très bien ainsi.
Et pourtant, même dans le cas d'une agression caractérisée voire d'un crime, nos médias ne manquent pas de donner la parole aux agresseurs israéliens afin que ceux-ci puissent se défendre! Ce qui serait acceptable si l'inverse se vérifiait parfois...
Voici donc les israéliens qui prennent d'assaut des navires et ce sont leurs occupants qui seraient des assaillants, nous déclarent les représentants de ce pays!

Là où on aurait pu, si on l'avait voulu, arrêter cette flottille à coups de lacrymogènes et de tasers, on a tué. Délibérément.
Or il se trouve que, pour nos médias, un israélien ne saurait être un véritable agresseur. Il tue pour se défendre, il fait des guerres préventives. Bourreau, il reste victime. Intouchable, inattaquable. Et à chaque fois, il faut écouter les arguments du palestinien Et de l'israélien.

Mais qu'un palestinien se montre responsable d'un acte barbare - et c'est parfois le cas - le point de vue sera univoque: Personne pour se placer de l'autre côté.

Pourquoi?
Parce que le mal aujourd'hui doit être l'islam. Ou le catholicisme pédophile. Ainsi le décrète- t- on chaque jour.
Qu'une bande de voyous juifs assassinent un vigile arabe, ce ne sont que des voyous.
Qu'un groupe de crétins arabes tuent un juif, ce sont des arabes qui commettent un crime antisémite qui circule en boucle sur les médias ...

Egalité des uns et des autres?
Ou deux poids, deux mesures?
Les arabes le savent. Comme ils savent que, jamais, un journal ne prendra ouvertement fait et cause pour eux.

Pourquoi?

Israël, quoiqu'il fasse, trouvera toujours ses défenseurs.
Je ne prendrai ici parti ni pour l'un ni pour l'autre. Chacun, israélien ou palestinien a le droit à son Etat. Mais les palestiniens sont sans cesse frappés de suspicion. Ce que je souhaiterais seulement, puisque nous sommes censés être dans une Démocratie, c'est que chacun soit à égalité dans le traitement de l'information.
Ce n'est pas le cas.
PS; Pour information:
Plusieurs personnalités politiques et religieuses, des écrivains, dont le Suédois Henning Mankell, et des journalistes sont également à bord. Parmi elles, l'ancien archevêque catholique grec de Jérusalem, Hilarion Capucci, le dirigeant islamiste arabe israélien cheikh Raëd Salah et le correspondant de la chaîne satellitaire en arabe Al-Jazira Abbas Nasser. Ou encore la lauréate nord-irlandaise du prix Nobel de la paix 1976, Mairead Corrigan Maguire, et un rescapé de la Shoah âgé de 85 ans, Hedy Epstein

dimanche 30 mai 2010

Quand Baroin trahit la France.


"L'objectif du maintien de la note AAA est un objectif qui est tendu et qui est un objectif qui conditionne pour partie, en effet, les politiques d'économie que l'on souhaite avoir", a dit François Baroin sur Canal+.

Phrase incroyable de la part d’un Ministre qui se devrait de revendiquer la force d’une économie, d’une politique et d’une nation. En un autre contexte on l’eût traité – et surtout ses amis de droite - de défaitiste et on l’eût fusillé.

Car que susurre ce Baroin là ?

" La note des marchés est limite, ils sont un peu aveugles, ils vont nous tomber dessus. Alors serrez-vous la ceinture, pas moi bien entendu, ni mes collègues , y’a bien de la place pour quelques dizaines de millions d’Euros pour la future piscine du Ministère de le Défense. Et pour les délires de l’Elysée qui font la une de la Presse étrangère.
Mais ces millions de crétins qui nous ont mis au pouvoir, il faut les presser un max. Assez bêtes pour payer l’addition de toutes nos années au pouvoir ! Leur pays n’est pas le nôtre mais celui de la mondialisation et du CAC40»

« AAA » C’est trop pour la France !
Et notre Ministre de suggérer ainsi d’un clin d’œil complice : « Allez les gars, aidez-nous, dépouillez-nous un peu plus, baissez un peu la note. Faites comme pour l’Espagne ! Bien sûr on paiera plus chers nos dettes mais ce sont ces cons de français qui paieront. Pas moi. Pas mes amis partis en Belgique ou en Suisse. Et si on m’embête je porte plainte pour atteinte à ma vie privée et demanderai quelques dizaines de milliers d’Euros… Baissez la note de la France et on les mettra dans la rigueur, la misère. Vous ne m'oublierez pas, hein? »

Ah, ah, ah… Haine de son pays, haine de son peuple, et ça joue au patriote quand on solde d’avance la richesse de son pays. Ministre de quoi, de la trahison, de l'indignité nationale?

Peut-on même noter un Baroin?

jeudi 27 mai 2010

Sarkozy dans "Le Tartuffe"





Voici ce qu'on peut lire dans le Figaro:

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé que face à la crise, "le silence des grandes religions serait incompréhensible", aujourd'hui lors d'un discours à l'Institut protestant de théologie.

"Alors que l'économie et la société redécouvrent dans la crise sans précédent qui secoue le monde un profond besoin d'éthique, alors que le progrès des sciences et des techniques met nos valeurs chaque jour à l'épreuve et que le capitalisme est en quête de morale, le silence des grandes religions serait incompréhensible tant elles sont dépositaires ensemble d'une partie essentielle de la sagesse humaine", a affirmé M. Sarkozy.

"Le capitalisme en quête de morale" c'est comme le mec qui va au bordel pour y chercher la Sainte Vierge. Mais passons.

Non, plus intéressante est la phraséologie sarkoziste:

-"Les grandes religions": Il y en aurait donc des petites qui s'en trouveraient de fait dévalorisées: la seule morale ici serait donc la loi du plus fort? Passons encore...

- Ces "grandes religions" seraient dépositaires d'une partie "essentielle" de la sagesse humaine. Bigre! L'essence n'est pas l'existence ! Donc c'est dire que toute sagesse ( ou une partie!!!) s'enracine là-dedans - dans des codes religieux, des croyances respectables mais sans aucune assise républicaine. Et que l'existence n'est rien, que la seule réponse à la crise, c'est la Religion! Prions pour l'Euro, la Grèce et l'Europe. La prière comme geste "essentiel" du politique?

Car c'est faire passer le religieux avant la laïcité, c'est réduire la liberté du citoyen à une prédestination, à mélanger "philosophiquement " les religions alors que le christianisme n'est ni la religion juive ou la religion musulmane. Pour Sarkozy toutes les religions se valent pour peu qu'elles soient des religions. C'est à dire qu'elles soient supérieurs aux valeurs de liberté ou de justice sociale.

D'un côté on gesticule autour de la burqa, de l'autre on exhibe les signes du religieux comme seul salut.

Mais Sarkozy parlant de religion c'est comme un SDF regardant l'heure sur sa Rollex.

Sarkozy est le grand Tartuffe qui fait du racolage avec sa bure, son fichu sur la tête ou sa kipa au gré des circonstances. Juste pour la photo. Dira-t-il à Carla: "Cachez ce sein que je ne saurais voir"?

Le grand écart est la figure préférée de ce Président; nous l'avions déjà vu lors de sa rencontre avec le Pape et Bigard.
Rien n'a changé. Il ne changera pas.


L'impossible recommencement




J'écrivais sur la terrasse, le soleil déclinant tranquillement dans la nuit, et les mots s'agençaient tout aussi tranquillement.

Ça parlait de l'individu et du groupe, de la solitude qui travaille certains comme une sale carie quand d'autres croient encore aux paroles.
De ceux qui n'ont que le présent des médias pour seule vérité et un avenir qui ne sera jamais celui auquel ils croient.
Tout simplement parce que le temps fait sur nous, comme sur l'Histoire, un travail comme sur de l'argile et que notre volonté s'affronte à ce temps qui la recompose sans cesse.

Et ce présent qu'on nous projette comme certitude pour l'avenir? Dictature des chiffres. Escroquerie de toute prédiction à long terme: Projections sur les retraites par exemple...

Personne n'est en mesure de programmer sur dix ou vingt ans. Mais le discours politique n'est plus que cela: la peur du présent et la terreur du futur!

Relisez les journaux d'il y a 10 ou 20 ans: ce sera votre meilleur regard sur ce présent.

Aucun n'avait envisagé les transformations liées aux médias, les crises d'aujourd'hui. Rien sur la mondialisation par exemple.
Mais lisez Virilio ou Baudrillard et vous aurez déjà les prémices et l'analyse du sens de notre monde contemporain. Les philosophes voient plus loin... Pas Onfray bien sûr, c'est d'ailleurs pour cela qu'on parle de lui.

Donc j'écrivais cela. Ou à peu près... parce que le fil du texte une fois rompu ne se recompose pas, il est sorti d'un présent pour se retrouver dans un autre ce qui le métamorphose, le dépossède de ce qu'il disait...

Tout ça pour dire que j'avais écrit un texte et qu'au moment de l'envoyer, rien, fumée, fausse manoeuvre, oubli, que sais-je... Rien. Et à l'instant où on s'en libère en le croyant publié on s'aperçoit de ce qu'est l'effacement et l'oubli.

Donc recommencer autre chose.
Mais la journée fut ensoleillée. Dans les rues de Draguignan il y avait le Coucou et Céleste.
Tout n'est pas perdu.

mercredi 26 mai 2010

Masson , Sécateur UMP de Moselle


Peut-on étendre les lois relatives à la Presse à un blog ? Bien évidemment, non.

Le blog n’a aucune vocation commerciale et s’adresse à ceux qui veulent bien le lire et, surtout, y participer par des échanges d’idées.
Il est le produit d’une personne qui entend faire partager ses goûts ou ses réflexions et qui, le plus souvent, n’entend rien aux problèmes juridiques.

A l’inverse, un journal c’est une équipe, une hiérarchie, un cadre juridique lié à toute activité commerciale. Le rédacteur en chef trie, hiérarchise, au besoin, met au panier ou corrige certains papiers. Et « le courrier des lecteurs » est sélectionné et n’apparaît pas en direct - d’où une possibilité de contrôle par la rédaction.

En revanche, si la loi sur l’anonymat sur les blogs était adoptée, cela signifierait d’emblée que tous les commentaires devraient être interdits, leur modération se révélant impossible - ce qui marquerait la fin de cette convivialité qui, justement, donne toute sa spécificité à un blog.
Car qui serait assez fou pour risquer d’être poursuivi pour un commentaire diffamatoire ou raciste posté par un inconnu à 3h du matin ? Et il arrive aussi qu’un blogger n’ouvre pas son blog pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines… Et qui me dit qu’aujourd’hui il n’y a pas un commentaire diffamatoire déposé sur un texte que j’aurais écrit il y a 3 mois ?

Chacun aura compris que, face au risque judiciaire, le blog disparaîtra.

Ce sera la fin, non seulement d’une liberté d’expression, mais d’un lieu d’échanges, de débats et de créativité.
Bien évidemment, ce projet de loi vise exclusivement à faire disparaître ces blogs trop incontrôlables. On peut payer les journaux et d’ailleurs ils sont soutenus par l’argent public… Ce qui implique qu’ils ne sont pas totalement libres… Mais un blog, apparaît, disparaît, vit dans une forme et un rythme incertains.

Qu’un sénateur UMP, Jean-Louis Masson, ose afficher cette volonté d’assimiler le blogger à un Directeur de publication est la preuve que chez ces gens là on préfère la Chine à la Démocratie. Pourquoi pas ? Mais qu’on l’assume et qu’on le dise plutôt que de se vanter d’être encore le défenseur des libertés.

L’UMP apparaît ici dans sa violence totalitaire, son fascisme liberticide : Propos diffamatoires ?

mardi 25 mai 2010

Eloge de l'apéro géant


« A moveable Feast ». Tel fut le titre de l’œuvre d’Hemingway célébrant Paris.

La fête : elle commença donc là, dans les décombres de l’après guerre, dans les flonflons de la Libération pour trouver son apothéose dans la fumée et la défonce des lacrymogènes, sur ces barricades de 68 sur lesquelles on ne mourait pas mais où l’on jouait à la révolution avec des couvercles de poubelles pour boucliers.

La fête n’est pas affaire de vieux. Il lui faut la naïveté et l’illusion de l’enfance, il lui faut l’espace d’un futur pour un rêve à construire.
Pour les vieux, la jeunesse perdue est souvent un cancer qui ronge certains au point de les transformer en Gérontes acariâtres, en juges qui, du haut de leur solitude érigée en temple de la sagesse, voudraient imposer la pluie acide des vitupérations et des mots aigres, le suaire de leurs désirs morts pour bâillonner ceux qui ont l’arrogance de revendiquer la vie devant eux.

Les vieux ont cette façon d’être le pouvoir qui nie et encadre. Pas tous les vieux bien sûr, mais ceux qui usent de leur férule flasque comme ultime joujou. Ceux qui vous enferment dans un groupe, une communauté, qui flattent, par défaut, cette inversion de la fête - qu’on appelle « devoir de mémoire », le culte commémoratif.

On refait l’histoire, on laboure lourdement le passé, on tue le présent.
Qu’ils nous emmerdent tous ces porteurs de drapeaux, ces singes médaillés arc boutés sur un fantasme de gloire! Qu’ils nous emmerdent avec leurs souffrances - aussi réelles fussent elles - quand plus une journée ne s’écoule sans la célébration de tel drame ou de telle injustice ! Anciens combattants de toutes les causes, ceux des camps, ceux de 68, ceux des tranchées, ceux des kéfiés, des kipas, des voiles, des marcels aux hormones, des femmes, des animaux, de la nature ou du reste ! Les anciens combattants, hélas, ne manquent pas. Plus ils vieilliront plus ils vous pourriront la vie. Et l'on rafle dans les écoles pour trouver des figurants serviles devant les monuments aux morts!

Mais le pire, le plus insidieux, c’est quand on absorbe le désir, qu'on le récupère dans la fête d’un communautarisme obligé: Rappelons-nous ce devoir de fête décrété par cet éternel jeune, Jack Lang - celui qui n’est en réalité que l’icône du vieux éternel, celui qui jouit par l’autre quand il n’est que l’image du pouvoir. Lang qui fut le symbole de tous les communautarismes, qui en fut le Cheval de Troie... Oui ce cheval, cette promesse de fête qui portait en réalité la destruction dans son ventre.

Ce qui signifiait dès lors récupérer le passé pour le réduire à une bouffonnerie, quand la culture classique devrait s'effacer dans un travestissement social et sexuel. Quand toute communauté se voyait flattée, encadrée dans sa « manifestation », son Love Parade, sa Gay Pride, Sa Techno Parade…Quand l’individu était embrigadé dans le tout culturel d’une consommation étouffante et de l'univers wahrolien de la célébrité misérable. Et quand aujourd'hui les manifestations revendicatives se font avec des ballons, des sifflets et des feux de Bengale. Ah, la fête!

Infantilisation de ceux qui arborent leur chaînes et leur baillons quand ils croient brandir un étendard ! Mais au moins préférera-t-on la movida madrilène aux vieilles ténèbres sèches du franquisme. Mais que reste-t-il de la gravité, de la dureté même des luttes ?

La fête absorbe les révoltes à moins que les individus se chargent de l’inventer, de lui trouver de nouvelles formes avant que le travail du temps ne la ritualise et ne la transforme de nouveau en machine à recycler du pouvoir.

Il faut donc défendre ces « apéros géants » justement parce qu’ils sont vides de toute représentation.
Ils ne revendiquent rien que du désir, que l’affirmation d’une convivialité physique interdite par la camisole cybernétique dans laquelle on voudrait asphyxier le monde. Pas besoin de rêves et de faux semblants. Les temps ne sont plus à la plage sous le pavé. Qu’ils soient à la biture sur le bitume n’est que la rançon d’une génération vaincue par la télé réalité et le strass qu’on lui promettait.
La biture quand l’horizon qu’on lui propose n’est qu’une longue gueule de bois.

Comment reprocher à ceux-là qui se croyaient promis à un avenir starisé de ne plus croire en rien, quand les politiques ne font que radoter un passé de père fouettard. Quand jour après jour, de façon obsessionnelle, il leur faut subir la matraque moralisatrice du juif ou de l’arabe, quand vous êtes désigné comme éternel coupable de ce passé et victime expiatoire…

Alors, il faut occuper l’espace, ne plus demander l’autorisation. Se débarrasser de ces oripeaux moralisateurs pour s’emparer de sa vie. L’apéro comme ouverture, commencement… Ce n’est qu’un début ?

Attention à ceux qui ne savent qu’étouffer !

dimanche 23 mai 2010

vendredi 21 mai 2010

Le festival des canes






Sur la croisette on s’habitue le temps d’un festival au bronzage des starlettes, au culte du corps et de l’image dans une frivolité que l’on ne partage pas forcément : cette image est transparente et ne dure que le temps du fantasme de ceux qui la célèbrent. Au moins peut-on en rire.

Mais ce matin, sous un beau soleil, un spectacle rare y était donné : un carnaval de débris, de sales gueules tricolorisées avec la nostalgie de la gégène, les banderoles du Front National et tous les cloportes militaristes, bérets de parchutistes sur la tête, bave raciste aux lèvres. Tout cela sous les bons auspices de la municipalité et sous couvert d’hommage aux combattants d’Algérie.

Il faut dire qu’au même moment on projetait « Hors - La - Loi », film obscène puisque, pour une fois, la guerre n’y était pas montrée à partir d’un regard français. Comment ! Les algériens auraient un regard ? Non mais !
De quoi irriter un petit millier de vieux fachos raclés par bus entiers dans les Alpes Maritimes et le Var pour les convier à un apéro géant dans la sénélité cannoise. Ça puait le ranci, ça dégoulinait de connerie mais pour une fois le festival était moins glamour.
On en venait à regretter le sourire starifié des people devant la grimace froide de la haine.
Tristesse et décadence du spectacle.

jeudi 20 mai 2010

Un monde hors la loi


Suivre l’information revient de plus en plus, pour le « citoyen », à gravir, tel un Sisyphe malheureux, une montagne dont le sommet ne lui est plus seulement invisible mais, même, incertain. Une montagne dont les deux versants seront le rire et les larmes de ce Sisyphe égaré.

Sysiphe ne voit plus le ciel.

Situation hors de contrôle : pour le sujet comme pour l’objet.
Alors que faire sinon, dans un même geste, s’en réjouir et s’en lamenter si la machine est devenue folle, que le « deus ex machina » est devenu le machina ex deus?

Quand l’événement non seulement échappe à tout entendement mais que son défi à la logique suffit à le propulser comme événement, déni de l’humain face à l’écran nu de toute transcendance.
Depuis Nietzche, l’idéal lui-même est hors sagesse, mirage de l’humanité.

Nous voici donc ballotés au gré d’un Grand Ordinateur réduit à sa vérité simple et ultime : un univers cybernétique qui s’est emparé de nos savoirs et qui, fondamentalement a-moral, se réduit à un ensemble hétérogène de logiciels brassant les flux croisés du hasard, de la nécessité, du désir, de l’utopie et de la surveillance généralisée.

Un monde parfait parce que hors raison, hors désignation, dans lequel l’homme ignore s’il est bourreau ou victime, puissant ou faible, prédateur ou généreux… Non pas l’ère de l’indistinction mais celui d’une schizophrénie avancée qui remet en cause la notion même de pouvoir et, surtout, de ces « lois » sur lequel celui-ci s’est toujours constitué.

D’abord cette « loi » qui aujourd’hui hante nos discours, taraude le politique et nous renvoie à la folie d’une irréalité : La loi des marchés !
Aussi opaque qu’évanescente même si elle nous gouverne à partir d’un temps et d’un espace improbables, qu’elle ne s’articule à aucun individu, aucun groupe immédiatement ou clairement identifiables. Dans leurs meilleures intentions, nos chefs d’Etat les plus influents s’apparentent à ce Don Quichotte luttant contre des moulins à vent.

L’Histoire serait-elle devenue folle ?

Trop de lois tuent la loi, dit-on. Mais c’est oublier que dans le même temps où le législateur devient boulimique, la Loi, celle qui régule, celle qui explique et tient son autorité d’un principe de causalité, est en faillite. Non seulement d’un point de vue moral mais, et c’est plus grave, par son décrochage avec la réalité.

Lois du marché ou lois de la nature se bousculent désormais dans le règne de l’absurde et du télescopage. Et ne se contredisent pas toujours quand on cherche des règles alors qu’ il n’y en a pas et qu’on croit –ultime religiosité - que le Grand Ordinateur dans sa promesse de bonheur et d’immortalité saura nous prévenir des séismes, des volcans, de l’accidentel ou de la chute des étoiles.

En ce moment où tout déraille, quand l’économie échappe à tout contrôle comme le pétrole quand il jaillit de trop grandes profondeurs.

Quand l’ultra libéralisme est un au-delà de la conscience et de l’imaginaire, une excroissance aveugle de l’économie de même que ces forages à des distances telles qu’ils deviennent des défis au bon sens et que tout prend le parfum grisant d'un jeu de roulette russe.

Le principe de sécurité obsessionnel de nos sociétés cache en réalité cette insécurité croissante du monde.

Les marées noires nous feront donc oublier l’Océan de nos anciens poètes?

Mais saurons-nous encore lire ? C'est-à-dire retrouver une régulation de signes quand la géographie comme l’Histoire dérivent. Quand la « mondialisation » n’est qu’une contraction du temps, qu’un dessèchement de l’espace ? Quand le paradis thaïlandais se lézarde ? Quand la Chine devient une caricature dangereuse de l’Occident - lequel se rêve bouddhiste ?

Nous sommes entrés dans une grande dépression - économique, écologique, politique, culturelle. Les politiques improvisent, se contredisent, n’ont plus prise sur le réel. Leur parole elle-même est dévalorisée. Car leur seule victoire et notre seul espoir serait la destruction de cette nébuleuse néolibérale qui échappe à toute loi et qui donc, de fait, est une négation même de l’idée de politique et d’une règle de vie commune.

Ainsi sommes-nous dans un système au-delà de la démocratie mais aussi au-delà de la dictature car il ne porte aucune idéologie, aucune finalité si ce n’est qu’un présent monétarisé pour le profit comptable de « groupes » sans identité. Le néo-libéralisme n’est pas national, pas internationaliste, pas raciste, pas ceci ou pas cela : il n’est rien. Et ce Rien nous gouverne.

On peut être saisis par l’affolement muet des gouvernements, quels qu’ils soient et partout dans le monde. Tous cloués dans la simple gestion devenue impossible du seul présent. Comme si dans une faillite générale des idéologies, ils n’étaient plus que des aéropages, dubitatifs, interrogeant le Grand Ordinateur qui les régit.
Si bien qu’ici le pouvoir absorbe l’opposition qui n’en est plus une quand l’opposition entre dans un pouvoir qu’elle croit contrôler, etc. Jeu de dupes, effets de miroirs quand, en réalité, le pouvoir n’est plus rien. La parole politique est devenue l’illusion du pouvoir. Ou peut-être seulement l’expression des derniers sursauts de quelques egos fiévreux et boursouflés…

Alors l'espoir, la justice sociale, le progrès partagé... Faut-il se résigner à ne plus rien attendre?

Non. Debout la politique!

Mais Sarkozy se terre désormais dans son bunker. Pour attendre son heure ou sa fin. S’y est-il lui-même confiné ? Qu’importe puisque, là encore, il n’y a pas de loi, mais seulement le déplacement non programmé des choses comme la dérive des continents…

PS: A propos de l'hypothèse d'une Europe allemande que j'avance depuis quelques temps, voici un pas décisif relevé par Le Yéti:
http://www.rue89.com/yeti-voyageur/2010/05/19/19-mai-2010-le-dernier-jour-de-lunion-europeenne-151816

lundi 17 mai 2010

Soyons riches et heureux


Frédéric Lefebvre a déclaré que la contribution des hauts revenus à l'équilibre des retraites ne remettait pas en cause le bouclier fiscal mais, au contraire, le "solidifiait". Ouf, on a eu peur!


Manuel Valls et Jack lang, l'aile sarkoriste du Parti Socialiste, fustigent le "care", expression de Martine Aubry pour désigner le soin, l'attention envers le peuple. A bas l'Etat Providence! Ouf, on s'ennuyait!

Le Ministre des Affaires Étrangères, Kouchner, à la suite de BHL et de Lang, vole à la rescousse de Polanski. La politique française au service d'une affaire de moeurs, c'est bizarre. Il est vrai que depuis que Yann Moix a promu le cinéaste comme notre nouveau Dreyfus, la famille doit se rassembler. Ouf, enfin une mobilisation forte pour notre otage à Gstadt!

Manuel Valls, encore lui, s'est dit favorable au contrôle des budgets nationaux par Bruxelles. Donc à la fin de la démocratie parlementaire. Il n'y a plus seulement la droite au service des riches. Ouf, la démocratie à la poubelle! Mais gardons les pauvres: ils paieront.

dimanche 16 mai 2010

Une vie tranquille



Une "vie tranquille" comme le disent les anglo-saxons. Des "bodegones" en Espagne comme si tout cela venait des tavernes... Ou bien ici une " nature morte", un cadrage, une mise en scène, des choses immobiles.
Elles étaient cette métaphore de la vie éternelle ou bien du ver qui entamait la vie réelle, elles étaient cette question à jamais ouverte.

Je venais d'obtenir la réponse en tirant cette balle superbe qui ne fit qu'un point rouge parfait au milieu de son front.

Mon regard s'intéressa plutôt à la scène, ce petit désert bleu, cette tasse misérable, ce stylo sec.
Ça bourdonnait encore dans mes oreilles, ce bruit de la détonation qui s'était transformé en un éclair bleu. Mon regard se posa sur l'été mort de ces choses inutiles. Je nettoierais la tasse et la théière, je prendrais le stylo qui pourrait trahir ce qu'il avait écrit. Un stylo c'est toujours une mémoire même si aucun flic ne pourra jamais interroger ce qu'il a inscrit. Moi seul savais et ce serait toujours quelqu'un de trop.

Nettoyer la scène du crime, l'encre bleue, cette dernière tache d'été comme le rayon bleu d'une hallucination de vie. Prendre cette photo. Pour moi. Mon ultime vengeance. Avant de me servir peut-être de ce stylo pour tout dire car quel serait l'intérêt d'un tel crime s'il était sans aveu, s'il ne connaissait pas sa fin, sa punition en mêmetemps que son pardon. L'aurais-je commis autrement?
Ce texte est dans le prolongement du jeu d'écriture de

samedi 15 mai 2010

Nuit des musées

Je me suis souvent amusé ici de ce calendrier festo-commémoratif des bons sentiments obligatoires. Il y a les "journées de" - mais comme on ne plus décidément avoir la paix et que le big brother doit désormais aussi hanter nos nuits - il y a aussi "les nuits de".

Donc cette nuit ce sera: la nuit des musées.

Occasion d'écrire ici ce qu'en dit Ben.

Je me suis si souvent attaqué à certains ânes de l'art contemporain pour ne pas louer la liberté malicieuse des autres artistes et celle de Ben en particulier:

CULTURE :Tous ces crânes dans l'art contemporain
m'énervent
c'est la vanité des vanités
de ceux qui n'ont pas de cervelle
(bien trouvé ha ha hi )

CULTURE : LA NUIT DES MUSEES
Bourdieu disait : l'art sert à impressionner pauvres
moi je dis "les ignorants
qui n'ont pas appris par coeur
les noms propres des artistes égotiques bourgeois
"si donc l'Etat décidait de réduire de 95 %
l'argent qu'il donne à la culture
je ne serais pas contre
car qui sait ?
alors pour survivre
devant devenir clandestin,
l'art redécouvrirait sa vocation de dérangeur.

CULTURE ET CRISE
La seconde grande crise arrive
l'euro s'écroule
on va enfin pouvoir peindre sur des billets de 100 euros
et le revendre 2 euros

CULTURE
De plus en plus de jeunes artistes
n'osent plus critiquer la culture,
l'art les galeries, les musées, les expos
de peur de se faire griller
de vrais poltrons.

vendredi 14 mai 2010

Une Europe allemande. Suite...


Le radotage impose le silence de peur que le martellement de l’info devienne l’arbre qui cache la forêt.

Et, depuis la crise de l’Euro, c’est ce qui ne cesse de se produire quand la lucidité voudrait qu'on se contente d'attendre que le fruit tombe de l'arbre.

Inutile donc de redire, de rajouter des mots pour consolider encore ce rideau de brume qu’est devenue l’information - aussi bien par l’abondance des faits et des hypothèses que par le parasitage par le biais d’informations annexes qui tendent à nous faire regarder là où il n’a rien à voir quand le prestigitateur prépare son coup dont la réussite est d’ores et déjà programmée.

La sagesse ou la confiance dans cette lucidité inciteraient donc à ne plus rien dire et à observer passivement « l’ordre des choses » quand on aura compris que le processus est en marche, que son calendrier est probablement programmé et cela, sans doute à l’insu même de certains de ses principaux protagonistes.

Il y a quelques jours, Christine Lagarde triomphait devant les caméras en s’amusant de l’agonie des spéculateurs contre l’Euro. La Grèce était sauvée et tutti quanti, la bourse jouait les grandes orgues de l’alléluia européen…. On sait ce qu’il advint de cette mascarade même si on a tout fait pour nous le faire oublier.

Deux semaines de silence donc sur ce blog pour laisser couler ce fleuve de nouvelles « salvatrices » qui me ramènent à la situation d’avant ce miracle sarkoziste et de ces centaines de milliards qui, on le comprend désormais, ne serviront à rien : les bourses flanchent, l’Euro s’étiole…

Juste un peu plus d’enfumage et d’argent parti en fumée. Et comme résultat, toujours un peu plus de « rigueur » pour les peuples !

Alors qu’en réalité il n’y a plus que deux hypothèses inverses qui, paradoxalement, aboutissent à un même résultat : Soit les « PIGS »( !), les pays en grande difficulté quittent l’Euro, soit l’Allemagne se retire elle-même, avec quelques autres économies fortes, d’une monnaie trop dévaluée. Avec pour conséquence soit le retour à des monnaies nationales à côté d’un Euro allemand. Soit un Euro fort allemand et un Euro « PIGS » valant 30% de moins que l’autre.

Et la France alors ? C’est là la seule incertitude : Dans quelle zone Euro se trouvera-t-elle ? Donc à suivre…

Seul événement nouveau et symptomatique: la volonté de Bruxelles d'imposer son contrôle sur le budget des nations européennes. Or c'est là la prérogative de tout état démocratique que le vote du budget par le Parlement. L' Allemagne y est favorable, la France est "réservée".

Tout l'avenir de l'Europe et de l'Euro se jouera donc à Bruxelles. Hors démocratie. Sarkozy fait le clown, Merkel tient la carte maîtresse: l'argent.

Le reste n'est que gesticulation.

vendredi 7 mai 2010

Mauvaise passe


Mauvaise passe... sauf pour une certaine Zahia.
Quand Paris Match se paye une pute pour 50000 Euros en couverture, c'est bon pour elle! Mais en ces périodes de vache maigre que ce grand hebdomadaire revienne plutôt à ces femmes bon marché qui illustrent d'ordinaire sa couverture: Carla Bruni ou Rachida Dati...

Mauvaise passe pour Ribery, le comble d'un footballer.


Mauvaise passe pour la planète: un volcan fait un doigt d'honneur aux espaces non fumeurs, une marée noire caresse les côtes de la Louisianne...


Mauvaise passe pour l'Euro, l'Europe, la Grèce... Et là j'arrête, la liste est trop longue et encore en cours d'élaboration.

Mauvaise passe donc pour les grecs mais qu'on se rassure: ceux qui avaient triché sur les comptes du pays, les politiciens véreux, les banquiers, les plus riches, ne seront pas touchés. Ce seront les petits fonctionnaires, les seuls à peu près qui s'acquittaient de l'impôt, qui paieront.

Mauvaise passe pour l'un des plus fameux toreros espagnols embroché d'un coup de corne qui le rapproche du paradis.

Mauvaise passe pour le Royaume Uni qui a voté pour rien.

Mauvaise passe pour Sarko soufflant ses 3 bougies de pouvoir. A l'agonie, il s'empoussière dans un placard doré aussi longtemps qu'on aura besoin de lui. Mais, le même jour, le Roi étant désormais empêché, c'est le Régent qui se montre pour bien dire qui a désormais le pouvoir, c'est le Méchant Fillon qui fronce le sourcil et sort le bâton de la rigueur.

Rigueur, austérité, gestion responsable! Qu'importent les mots! Tout le monde paiera! Ou presque...

Alors mauvaise passe pour les riches? Plafonnement des grosses retraites? Fin du bouclier fiscal?

Déjà la compagne du Ministre du Budget, Française d'exception exilée à Las Vegas pour ne pas payer un centime d'impôt, revient en France: Vite, la légion d'honneur si ce n'est déjà fait!

Un rayon de soleil donc dans ce printemps pourri. Et puis, la crise est derrière nous. La crise financière, la crise économique, la crise sociale ne sont que lointains souvenirs. On nous l'a dit. Là-haut.