mercredi 31 mars 2010

La catastrophe numérique

Saint-Savin - Fresque de l'Arche de Noé
Et si au-delà des grandes menaces dont les médias se font quotidiennement l’écho - crises économique et sociales,conflits de toutes sortes - une catastrophe tout aussi réelle se préparait ?
Je lisais récemment que les CD et autres supports numériques n’auraient guère une vie supérieure à 10 ans. D’ailleurs certaines photos numériques imprimées il y a quelques années perdent leurs couleurs, deviennent diaphanes en attendant leur effacement définitif dans l’album.
Catastrophisme ? Il est vrai que les temps sont à la fascination pour ces funambules qui n’ont d’autre existence que de marcher sur un fil avec pour seul horizon le danger auquel ils veulent échapper. Mais si, réellement, tout s’effaçait…
Un univers Alzheimer!

Est-il temps de penser à quelque Arche de Noé pour sauver ce qui peut l’être encore ?
Quand les mots, les images et les musiques auront disparu, ne resteront que des hommes errant comme des fantômes. Les musées, les bibliothèques se mettront peut-être à vivre.

lundi 29 mars 2010

Derrière le SarkoCircus.

Ainsi le SarkoCircus se transporte-t-il à New York et on peut déjà s’attendre à une couverture médiatique en rapport avec l’importance de l’événement. Pensez donc, le couple présidentiel ira dîner à Washington, après tant d’autres, chez les Obama ! Maîtres du monde et épouses glamour, tout sera bon pour l’indigestion d’images.

Images toujours et hommages encore quand la médiocratie peine à prendre l’air du temps ou bien attend les ordres pour se mettre d’accord sur le canasson qui viendra remplacer l’ancien fringant étalon.

Images ! Qu’importe l’être quand il n’y a que le paraître. Et que le bon peuple se gave d’un spectacle qui le fascine et qu’il rejette à la fois. Triomphe de l’apparence qui se heurte à un désir enfoui d’invisibilité. Obscénité ou puritanisme, tels seraient ces extrêmes entre lesquels nous louvoyons dans un désir malsain de voyeur ou une exigence morale. Or c’est le pire que le sarkozisme aura flatté, ce qui conduit à cette pulsion pusillanime du recroquevillement sur soi, à cette peur de l’Autre. L’instinct contre la Raison et, surtout, la mise en scène d’un spectacle de Cour en lieu de politique.

Le pouvoir paye aujourd’hui cet exhibitionnisme qui humilie le citoyen devenu spectateur obligé. Sarkozy est rejeté pour l’obscénité d’un ego qui fait tache sur la fonction présidentielle : On n’élit pas un homme mais un symbole, non pas de la chair, du quotidien, du réel mais du mythe, de l’éternel, de l’Idéal. D’un côté De Gaulle ou Mitterrand, de l’autre Sarkozy.

Mais derrière l’hyper-réalité, rien n’est possible sinon l’inflation de l’image condamnée à son effet boule de neige jusqu’à l’avalanche qui engloutira tout. C’est pour cela que le SarkoCircus continuera jusqu’à ce que quelqu’un mette un terme au spectacle. Ce quelqu’un qui sait déjà quand, où et comment la fin est programmée.

Car la visibilité extrême, en nous aveuglant, ne fait qu’accroître la part de l’ombre qui partage le pouvoir.

La visibilité, à l’instar des statuaires monumentales et des icones de la propagande, n’est pas là pour entraîner l’adhésion mais pour faire illusion. Comme le magicien qui donne à voir sa main droite pour cacher ce qu’il trame de la main gauche.

Le visible, l’hyper visible est ce mur auquel le peuple spectateur se heurte quand bien même, réduit à l’état de fantasme, il déborde sur notre quotidien. Ainsi en va-t-il de ce qu’ "on " nous donne à voir : Ici des burqas quand elles ne sont guère visibles dans le réel ou bien, à l’inverse, ce qui est trop visible n’est jamais montré comme toutes ces publicités qui salissent notre environnement. Toute cette pollution de l’âme et de l’esprit par tous ces panneaux en ville ou à la campagne, tous ces ensembles commerciaux péri-urbains, carcéraux, uniformes, dont les signes redondants résonnent comme autant de marques totalitaires.

Et que dire de ces rangées d’éoliennes qui, pour des raisons strictement financières, régimentent nos paysages, détruisent toute idée de passé et de patrimoine. Car c’est bien l’Histoire qu’il s’agit de détruire. On met Koons au Palais de Versailles. On met un clown à l’Elysée. L’hyper visible là encore fait écran. Jusqu’à ce que l’écran se déchire.
Et, derrière, la vérité apparaît: Où est la nature ? Où est la cohérence du temps et des hommes ? Où est le vivant ?

samedi 27 mars 2010

Taisez-vous!


La liberté d’expression est en berne.

Sarkozy l’attaque à la pioche mais force est de constater que de toutes parts on renie ce que fut le socle des Lumières. Et on le fait au nom du Bien ce qui interdit toute protestation.

Du débat ou de l’humour, tout est désormais frappé de suspicion : On cherche le dérapage derrière chaque mot, l’équivoque derrière chaque pensée et, dès qu’une parole un peu neuve ou trop caustique se fait entendre, les flics de la politique, de la pensance officielle, ceux des associations, ceux des blancs, des juifs, des arabes, des noirs, des féministes, des gays, de la SPA, des corps professionnels ou des ratons laveurs – tous sortent leur matraque médiatique et appellent au juge et à la condamnation !

Atteinte à la vie privée, propos calomnieux, devoir de réserve, paroles incitant à la haine... Tout est prétexte, pré-texte: condamnation de principe.

Chaque parole est devenue si dangereuse qu’on aura bientôt compris qu’il convient de se taire. On appelle ça l’autocensure. Jamais elle n’aura été aussi forte dans l’histoire de la République.

Les dernières semaines nous ont fourni un déluge de manifestations de bigbrothérisation de la société : On piste chaque « dérapage » des uns ou des autres pour dénicher le raciste ou le machiste qui sommeille dans les beaufs fascisants que nous sommes.

A l’inverse on extraira telle phrase pour vous traiter de gauchiste stalinien ennemi de la démocratie. Et ça tire de tous les côtés !

Pour la première fois, un gendarme se trouve radié avec la signature du Président de la République pour délit d’opinion.

Le même jour deux anciens Ministres socialistes portent plainte contre France 2 et les réalisateurs du « Jeu de la mort ». Sans rire, Paul Quilès dans une jolie dénégation freudienne déclare : « Par cette action, il ne s’agit naturellement en aucune façon de brider la liberté d’expression. » Ben voyons… Et d’ajouter cette justification morale : « La violence est un redoutable fléau de nos sociétés ». Réflexion savoureuse de la part de celui qui fut Ministre de nos armées !

Le même jour on apprend que deux personnes sont virées du Journal du Dimanche pour avoir laissé circuler des rumeurs sur le couple Sarkozy. Le même jour la propagande officielle recouvre de son linceul l’information quand Carla Bruni se dévoile en prenant les rênes du Figaro.

Il y a peu de temps un magasin parisien portait plainte contre une romancière qui avait commis le crime d’y avoir situé une fiction…

On n’entend plus que les noms de ceux qui pêchent, les Besson, les Hortefeux, les Frêche, les Zemmour, les Dieudonné… Bizarrement un certain Yann Moix qui alla bien plus loin échappa à la curée.
Il ne s’agit pas de les défendre. Leur parole est souvent odieuse.

Mais à brandir sans cesse l’étendard de l’interdit c’est notre propre bâillon que nous fabriquons.

Dans un univers devenu carcéral avec des caméras partout dans les rues, des radars sur les routes, les interdictions qui se multiplient sous couvert d’hygiénisme c’est la parole, ultime lien social et cœur de toute pensée, qui se voit menacée.

Ce texte est bien sûr un dérapage de plus. Une seule attitude responsable, digne, morale demeure donc : le léchage de pompes.
Pour celui qui ne veut s’y résoudre, reste le silence de l’autocensure.

vendredi 26 mars 2010

La came isole.


« Tu es ma came » chantait notre First Lady au son du pipeau.

Son grand homme ayant perdu la tête en même temps que les dernières élections, il lui faudrait interpréter désormais sur l’air de La Carmagnole, la « camisole »ou pour parler autrement : « la came isole ».

Notre famille royale a, en effet, totalement perdu la boule ! Voici que Carla revient en force dans les médias pour déverser son ego. Carla devenue Madame Figaro pendant que l’immigré Pal Sarkozy –Que fait Besson ! – inonde le sol des plateaux télé.
Messieurs, la Cour !

On pouvait croire que le Président aurait tenu compte de la répulsion de tant de citoyens à son égard. Mais le sait-il au moins? Non.

Rappelez-vous Ceausescu si sûr d’être aimé d’ un peuple qui le honnissait. Et ce jour où il rameuta ce peuple devant son palais certain d’être applaudi quand ce furent des sifflements qui fusèrent.

Tel sera le destin de Sarkozy. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il vit retranché derrière le mur des courtisans qui font écran au réel. Miroir, ô mon miroir, suis-je le plus beau, le plus aimé, le plus intelligent, le plus grand de tous ? Oui, Monseigneur, répond le chœur des courtisans.

Faut-il alors désespérer de la politique ? Non.

Les tyrannies qu’elles soient teintées de folie douce ou de folie meurtrière ne durent pas: On vide du Journal du Dimanche ceux qui seraient à l’origine d’un blasphème concernant notre couple royal. Et notre Roi Soleil interdit à son caniche de lui faire de l’ombre en parlant à la télévision. Sombre despotisme de l'inutilité.

Mais pendant ce temps, ailleurs, l’histoire se reconstruit peut-être pour le meilleur.

En effet, si je n’ai jamais épargné mes flèches vis-à-vis de l’opportunisme de Cohn Bendit ou de la légèreté de Ségolène Royal, force est de constater que quelque chose de nouveau émerge de ce côté-là.

L’idée de penser autrement la politique, de la sortir des vieux schémas, de l’extraire du libéralisme et du socialisme du XIXe siècle commence à germer grâce à ces deux là ! Et il y a enfin raison d’espérer.

Chez Cohn Bendit on devine l’aspiration à un monde ouvert, libéral et libertaire. Et chez Royal un souci du social, de la protection, une façon de penser l’économie au plus près des citoyens.

Or malgré ces apparentes contradictions chacun s’accorde dans l’utopie d’une « coopérative politique » seule à même de ressourcer la gauche, de la sortir de sa naphtaline et de sa religiosité désuète même si Royal a pu en être l’icone.

Et surtout, Cohn-Bendit change. Il n’hésite pas à secouer le cocotier écologiste pour l’arrimer à la gauche et à la réalité. Quant à Ségolène Royal, hier si approximative, la voici qui de mois en mois prend de l’épaisseur, maîtrise sa parole, innove dans les idées, fait de réelles propositions quand « la vieille gauche » ne produit qu’un discours creux en remportant des élections si faciles à gagner!
Alors derrière le petit spectacle de « la folie des grandeurs » de celui qui rata tout sauf, malheureusement, son élection, il faut sentir ce vent qui se lève… Et qui doit nous conforter, comme le disait si bien Valéry, à « tenter de vivre. »

mercredi 24 mars 2010

Sarko s'amuse. (Sa muse, euh...)

S’il avait été capable de dépasser son orgueil, Sarkozy aurait nommé Villepin Premier Ministre et le tour était joué: la droite en ordre de bataille et silence dans les rangs !

Ne pouvant s’y résoudre, il a acheté les lieutenants de Chirac et de Villepin, ceux qui, hier, criaient le plus fort contre lui ! Ainsi va le sarkozisme : Attaquez-le, vous serez récompensé ! Léchez-le et vous serez renvoyé comme un malpropre le jour où vous ne servirez à rien : Sarkozy ne connaît que les idiots utiles.

Amis bloggeurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire : Tapez encore et encore et les plus dangereux parmi ceux qui auront bien cogné se trouveront récompensés d’une mission sur l’éthique d’internet ou sur l’avenir des blogs. On verra le Number One de Wikio en voiture de fonction, le N°2 décrochant la légion d’honneur, Hypos attachée à la condition féminine bloggeuse, etc.

Ceci dit l’heureux bénéficiaire de la voiture à cocarde tricolore aura intérêt à disposer de l’option blindage tant ça va défourailler dans tous les coins !

Car derrière le calme apparent du Président et sa stratégie de racolage, tous ces braves gens se haïssent et n’ont d’autre compétence que de représenter un obstacle pour tel ou tel camp: mettez dans un même panier de crabe un sarkoziste, un centre droit, un centre gauche, un chiraquien, un villepiniste, Kouchner , Besson et quelques autres figures pittoresques tirant à hue et à dia. Vous disposerez alors un parfait attelage pour l’écartèlement mais sans doute pas celui qui serait nécessaire pour commander aux destinées du char de l’Etat. Ne restera plus qu’à allumer la mèche de cette pétaudière et boum ! Le cocktail de l’ouverture tous azimuts n’est qu’un cocktail Molotov qui attend son heure.

Pour l'instant, en ces temps où toute parole est réversible, où l’ennemi d’hier est l’ami de demain, où Frêche est donné un jour à l’extrême gauche, le lendemain à l’extrême droite et d’autres nulle part, tout est ouvert : le cynisme, l’opportunisme restent les valeurs cardinales d’un monde politique désorienté quand les électeurs se sont enfuis.
Ceux-ci se sont tapis au fond du bois : il n’est pas certains qu’ils n’en ressortent pas le jour où les aura oubliés. Et alors, boum! Game over.

lundi 22 mars 2010

La nuit des longs couteaux.


Mi ré do tombe à l’eau…
Vieille comptine qui nous plonge dans l'actualité d'un Titanic à la dérive à moins qu'il ne s'agisse de la nef des fous du sarkozisme.

Sarko tombe à l’eau, il godille à droite, à gauche...
Mais là où le poète s'abandonne au bateau ivre pour une saison en enfer, notre Président se condamne, faute de vision, à être chassé du paradis.

Destin !

On se croyait Bonaparte quand on n’était que Deschanel. Celui qui tomba du train en pyjama. Celui dont Clémenceau disait : « Deschanel ? Il a un bel avenir derrière lui ! »

A force de trahir, il en oublia donc que la politique était une école de trahison : Voici que le bras droit de Villepin devint le bras gauche de Sarkozy. Ou l’inverse. On a tellement le tournis que ,de la gauche ou de la droite, on ne sait plus où on se trouve - ou du moins on feint de le faire croire. Sauf Le Pen qui en ramasse les miettes. La politique ne serait-ce donc que cela?

Tron contre Villepin ? Barouin contre Chirac ? Les infiltrés ? Les taupes ? Les… ? Le paysage s’embrouille, les nuages s’amoncellent… le Capitaine garde le seul cap qu'il connaisse pour être dominé par lui: celui des tempêtes.

Tiens... Cohn Bendit fait son 18 brumaire : On passe du rouge, au vert et à quelque rose incertain … La politique se fait rimbaldienne. N’a-t-elle jamais cessé de l’être ?
Et pourtant, dans des villages et des villes, des politiciens loin de tout cela labourent le présent, préservent l'honneur de leur fonction. Ils existent. On l'oublie.
La nuit s'éclaire quand le jour s'obscurcit.
La poésie restera l'âme damnée de la politique. A moins que ce ne ne soit l'inverse....

Après le massacre.

Pour le sarkozisme ce n’est plus désormais que gueule de bois et langue de bois : Ça sent le sapin !

Il faut dire que le succès de la Journée de la Fessée dépassa toutes les espérances et, qu’en dépit d’un « même pas mal ! », le fanfaron se réveille avec le derrière qui brûle et, plus grave, des promesses de coups de bâtons de la part de ceux qui , partis à la conquête des terres promises, auront mordu la poussière. Qui le lui pardonnera ?

Mais celle qui administra cette fessée en ressort aussi le cul rougi tant la vie politique s’adonne souvent au Vaudeville et au retour de bâton : La fesseuse reçut donc sa part d’humiliation par les triomphes de Frêche et Royal.

Car Madame Aubry avait oublié que les militants ne pardonnaient pas certaines pratiques staliniennes et autres élections truquées . On se chargea donc de lui rappeler la fable de sa légitimité et que la victoire de la gauche n'était due qu' à une gestion honnête des régions et à un rejet de la politique sarkoziste.
La direction du PS ne sort aucunement grandie de la victoire de ses troupes. Et quand Aubry dénie à Frêche toute appartenance à la gauche, elle ne se désigne que comme chienne de garde d’un camp qui ne lui appartient pas.

Alors maintenant ? Tout commence, à droite comme à gauche.
Certes Sarkozy tentera de rebondir au plus tôt avec l’aide d’une garde rapprochée condamnée à sombrer avec lui. Mais que peut-il faire, empêtré plus que jamais dans ses contradictions, quand sa parole est démonétisée pour les cadres de l’UMP ? Et quand le Front National en retrouvant ses électeurs casse la seule stratégie qu'il aurait pu encore revendiquer? Quand il ne peut plus aller ni à droite ni à gauche?

On peut alors parier que tous ceux qui se sentent maintenant trahis lui enfonceront davantage la tête au fond de l’eau sous le regard bienveillant des chiraquiens, de Juppé, de Villepin, de Raffarin et de tous ceux qui s’apprêtent aujourd’hui à abandonner leur Dieu dans son crépuscule ! Le sénat sera pour lui un enfer.
Il suffira d’écouter quelques arpèges nouveaux et des refrains inédits dans la musique médiatique pour s’en convaincre.

Quant à la gauche il se pourrait bien qu’elle n’ait à gérer qu’une victoire à la Pyrrhus : Loin d’avoir fait taire ses divisions, Martine Aubry ne les aura qu’accentuées en croyant s’acheter le silence de Fabius et des autres prétendants. La vraie victoire de la gauche c’est celle qui s’est réalisée contre la direction du Parti socialiste.
Décidément, après ces élections régionales rien ne sera plus comme avant.

dimanche 21 mars 2010

Journée Nationale de la fessée.


Il y a quelques jours nous vécûmes le bonheur d'une "journée du sommeil" et il n'est que temps de nous réveiller. Ajourd'hui je goûte cette "Journée Mondiale de la Poésie" mais il faudrait qu'on y ajoute une de ces bonnes fessées que prisaient les Surréalistes!

Le dimanche est propice à la visite des musées. On pourra donc admirer ce tableau peint en 1926 par Max Ernst: "La Vierge corrigeant l'Enfant Jésus devant trois témoins, André Breton, Paul Eluard et le Peintre."

Oeuvre drôle et blasphématoire qui pourrait bien être d'actualité: Imaginons aujourd'hui Martine Aubry infligeant cette déculottée au Petit Nicolas...

Tiens, au fait... où est passée son auréole?

samedi 20 mars 2010

L'UMP hors la loi.


Samedi après-midi, veille des élections régionales. La campagne s’est donc achevée à minuit et toute propagande est donc désormais interdite.

Or à 16 h30, message téléphonique à mon domicile : « ici Thierry Mariani… » Suit un discours de propagande du candidat UMP en région PACA . Personne n’est en mesure de lui répondre. L’UMP se met ainsi hors la loi. Qui est délinquant ?

La loi précise : "Les peines encourues en cas de non respect des règles applicables en matière de communication et de financement électoral peuvent, outre l’invalidation du scrutin, aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende et 5 ans de radiation des listes électorales ".

jeudi 18 mars 2010

De la gauche à la droite extrême.

Juste un texte limpide de Cromwell Bar que "La gauche" devrait lire d'urgence: Pourquoi les classes populaires passent à l'extrême droite.

mercredi 17 mars 2010

Ma France


La parabole des aveugles. Bruegel l'Ancien

Dans un village on enterrait Jean Ferrat.

Je pensais à ces milliers de gens qui étaient là, non pour la télé, non pour les célébrités absentes, mais pour vivre une dernière fois l’émotion que le chanteur leur avait transmise.

Il n’y eut ni Frédéric Mitterrand qui ne brille bien que par son absence ni Carla qui ne chante bien que lorsqu’elle se tait. Seul l’impudique ou l'impudent cireur de pompes funèbres, Michel Drucker, eut le mauvais goût de venir en hélicoptère. La gamelle du people ne lui suffisant pas, il fallut encore qu’il fût le pique assiette du peuple.

Le peuple. Expression démagogique ?

Non, ces gens c'étaient ceux du monde réel, loin des élites et de l’image que les médias renvoient de lui : ces beaufs abrutis de télé, racistes, profiteurs, vulgaires, paresseux… Bien sûr le Peuple est cela aussi. Le Peuple est cette matière argileuse que le pouvoir doit modeler dans ce qu’il peut avoir de meilleur. C’est le sens même de la République.

Or, loin de là, à Paris, au même instant, Nicolas Sarkozy donnait le pire exemple qui soit. Là où il aurait pu humblement reconnaître une défaite électorale, il nous offrit l’image d’un autisme alarmant.

Là, où certains de ses anciens électeurs auraient peut-être repris espoir, ils auront maintenant compris qu’il n’y avait plus rien à attendre d’un homme qui, à la réalité, préférait un entêtement hallucinatoire. Le premier tour fut calamiteux, le second sera pire. Quitte ou double ? Double, toujours et encore ! Le joueur, l’addict, le flambeur : Son casino c’est nous !

Et le vrai Stalinien c’était lui: Un Ceausescu toujours certain de porter la vérité quand il errait dans un palais des glaces où le réel se fractionnait en autant de miroirs déformants que lui tendaient les courtisans ou des figurants payés pour lui faire la claque.

Délire pathétique, errance hypnotique desquels nul n’ose extraire Notre Souverain de peur de rater quelques miettes dorées ou de tout perdre. L’aveugle montre le chemin.

Ailleurs donc Ferrat: Le vieux communiste nous donnait cette autre image de la France. Non pas le bling bling et l’incohérence idéologique mais la simplicité et la fidélité. De ces deux France, laquelle fut la plus digne ?
Ferrat, le chanteur d’origine juive mais qui, à la médaille du martyr, préféra la voix du combattant.

Récemment on s'offusqua du "dérapage raciste" de Gérard Longuet mais, bizarrement personne ne remarqua que ce qu'il disait réellement quand il opposait Louis Schweitzer à Malek Boutih pour la direction de la HALDE ne tenait pas à la "race" mais à l'origine sociale: Longuet vantait Schweitzer parce qu'"il appartenait à une vieille bourgeoisie protestante".


Ainsi le "racisme" fut une manière d'occulter la question sociale. Cette question qu'il faut évacuer d'urgence mais à laquelle Ferrat s'acccrocha jusqu'au bout! Pour cette droite, la légitimité du pouvoir vient de la naissance et des racines. Pour Jean Ferrat, il n'y avait que la valeur que l'homme se donne.

La gauche ferait bien de l'écouter de nouveau.

Aussi ne se serait-il pas même sali les pieds dans ces débats fumeux sur l’identité relégués à cette tragique vérité de la nuit et du brouillard. Le monde de Besson.

Il eut le bon goût de mourir loin de tout cela, dans la vraie terre des poètes : Ma France.

mardi 16 mars 2010

Série B



Voila, le tournage se finit. Je dois sortir du décor, dans l’élégance de la nuit : Que restera-t-i l de ma beauté incertaine ?

Devant elle, GUESS. Devine quoi ? Cette énigme de ces gens à gueule d’atmosphère, ce bitume rouillé par les pas de ceux qui l’ont arpenté, le noir et blanc de la pellicule qui entre dans ses veines ?

Ma vie de série B où je marche comme une éclaboussure, avec le passé qui clapote à chaque virgule sous mes pas.

Elle avance, elle traîne sa valise, sa vie et le poids des mots.

Donc je n’aurai été qu’un rôle, des phrases récitées et pour entrer dans la peau des autres, je ne suis qu’une coquille vide et la caméra me tire dans le dos. Parlez-moi.

GUESS. Dans quelques secondes, l’écran se déchirera, la pellicule se voilera comme son regard et la réalité reviendra aussi brutalement qu’un talon qui se casse. Ouvrir les portes de la nuit, errer dans le quai des brumes. Quelle vie derrière l’écran ?

The end.

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Ce texte fait suite à un jeu littéraire lancé par Madame Kevin pour le blog à mille mains, basé sur une photo de Robert Lubanski . Qui veut continuer? Par exemple Céleste?

lundi 15 mars 2010

La gauche? Un avenir pas si rose...


Que la Gauche ne se réjouisse pas trop vite ! Elle a gagné, certes, mais faute de combattants. Car, conduites par un clown, les troupes de la droite auraient été défaites par un âne. Et croire que, par son génie, elle aurait terrassé l’adversaire peut s’avérer une illusion mortelle.

C’est le sarkozime qui a été abattu à l’issu du premier tour de ces élections régionales. La droite, écœurée par l’agitation bouffonne, les pitreries du couple Sarkozy et l’incompétence du pouvoir a fait grève en partant à la pêche ou en allant protester dans le Front National. Cette droite là ne reviendra plus au sarkozisme, c’est pourquoi je réitère la thèse de sa défaite définitive. Echec et mat. Encore une semaine et la page sera tournée. D’ailleurs avez-vous entendu prononcer son nom hier soir ?

Mais la droite n’est pas morte et continuera à veiller à ses intérêts : Préparons-nous à de prochaines surprises !
Et la gauche ? S’est-elle réunie autour d’un chef charismatique ? A-t-elle une véritable cohérence ?

Non. Preuve en est de cette alliance de la carpe et du lapin qui est celle de ses accords avec les écologistes.
Car, et je sais qu’il est incorrect de le dire, l’écologie est fondamentalement de droite : Nostalgie de la terre, idéalisation du passé, des traditions. Détestation de l’industrialisation. Soumission à un ordre naturel et théorie de la décroissance. Or on sait que la limitation de la production et le contrôle des ressources, sauf régulation internationale qui est de l’ordre de l’impossible, favoriseraient les plus privilégiés et réduiraient les pauvres et les pays du Tiers-Monde à toujours plus de misère. Le masque "gauchiste" de l'écologie n'existe que parce que celle-ci est apparue dans le sillage de 68.

Pourtant, si le socialisme doit composer avec l’écologie c’est dans ce débat difficile parce que peu séducteur pour les consommateurs obèses que nous sommes devenus : Il faut lutter contre la consommation effrénée et ce combat est d’abord culturel. Il remet en cause les codes de « séduction », qui modèlent les individus : le cinéma, la publicité, l’idéal "people" véhiculé par tant de médias, de radios, de télévision - en particulier en prenant pour cible les plus jeunes.

Il ne s’agit donc pas de "décroissance" mais de penser une croissance raisonnée sur un certain type de consommation et d’interdire, par le biais de taxes extrêmement dissuasives, les véhicules de luxe, tous les loisirs polluants, les yachts, les avions privés… Imaginons les prix multipliés par 10 ! Idem pour tout un tas de gadgets inutiles.
Je pense à ces extraits de « la Transparence du Mal » de Jean Baudrillard quand il écrivait : « Nous ne sommes plus dans la croissance, nous sommes dans l’excroissance. Nous sommes dans une société de la prolifération, de ce qui continue de croître sans pouvoir être mesuré à ses propres fins. » Et plus loin, cette évidence : « Tant de choses sont produites et accumulées qu’elles n’auront plus jamais le temps de servir. »

La Gauche est donc face à ce défi : Quelle consommation pour demain ? Quel sens faut-il donner à la propriété et au partage ? Faut-il plus de protectionnisme ou de libre échange ?
Que s'offriront mutuellement socialistes et écologistes? Etrangement ces questions ne sont jamais posées.

J’attends avec impatience que socialistes et écologistes trouvent un socle commun à ce questionnement. C’est un débat nécessaire mais je doute que nos politiques aient jamais le courage de l’ouvrir. Et sans ce débat, la gauche, fût-elle au pouvoir, ne serait qu’une droite adoucie…

dimanche 14 mars 2010

Sarkozy est mort

Rien d'autre. Le temps fut étonnamment printanier.

samedi 13 mars 2010

Que la montagne est belle!


Journée ensoleillée à la montagne, le ski, la neige. Et revenir en entendant la mort de Jean Ferrat.

« Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne »

Voila ce que France 2 à la fin de son journal retenait d'une chanson dans laquelle Ferrat ne faisait que regretter la mort de la ruralité. Juste ces mots coupés de leur contexte.

Ca devient donc : "Mort aux fonctionnaires!"
Le contraire de ce que voulait Ferrat qui, sa vie durant, défendit l'intérêt public contre les vautours qui aujourd'hui s'empressent autour de lui.

France 2 : Définitivement odieux. Impardonnable. La saloperie pure.
On fait parler Barbelivien et Hugues Aufray comme hommage à ce chanteur qui les méprisait. Ceux qui représentent le degré 0 de la musique et de la morale.
Ne prendre que quelque mots pour cacher le reste , c'est France 2 .
On vous dira: les journalistes, leur éthique. contrairement à la boue des blogs. Ah bon?
On crache sur ce qui reste de Jean Ferrat. La honte ! C'est tout.

jeudi 11 mars 2010

Carla au Pays des Comptes.






« Le vrai conte de fée, c’est la manière dont je suis tombée amoureuse à 40 ans. » déclare Carla Bruni dans une récente vidéo sur Sky News.


Nous partageons donc son bonheur puisque la France abandonne Marianne pour se retrouver avec Margot. Ah, l’infidélité des français quand, là-haut, on donne le spectacle d’une si belle union !
On aura donc les symboles qu’on mérite !


Ce conte de fée, bien sûr, débuta à Disneyland, ce temple de la culture façon Frédéric Mitterrand, ce haut lieu de la pensée hérissé de donjons en carton plâtre où se conjuguent les contes à dormir debout et quelques comptes en banque bien garnis.
D’ailleurs il convient désormais de faire pèlerinage en cet endroit inspiré, cette Roche de Solutré sarkorienne , où, effectivement, existe une attraction : « Le pays des contes de fées ».
Le site internet de Disneyland fait l’inventaire de ce qu’y trouvera le visiteur :


- Blanche Neige ( ?!) et les 7 nains (Pourquoi 7 ? )
- Le Village de la Belle ( ?) et le Château de la Bête ( ?)
- La Maison en Sucre ( ?) de la Sorcière ( ?)

Monde merveilleux, ensorcelant, dans lequel nous planons déjà en entendant notre fée susurrer : « Tombe la Neige » ou « Le paradis blanc. »


Ah le Pays des Comptes et des chèques en blanc !
D’ailleurs tout Disneyland semble avoir été configuré pour rendre grâce au Président.


C’est ainsi que le visiteur s’extasiera devant: « Chérie, j’ai rétréci le public. » (sic) car dans ce monde, le rêve devient réalité.


Ou peut-être, dans ce voyage à Sarkoland, préférera-t-on : « It’ a small world », « Les voyages de Pinocchio » ou « Le château de la Belle au Bois Dormant »…


Il n’y manque plus que l’eau bénite dans cette annexe de Lourdes ou bien cette poudre de Perlimpinpin qui fait gagner toutes les élections même les plus improbables.

Mais attention, Carla, à ne pas croquer la pomme: Pour avoir touché au fruit défendu, Eve fut chassé du Paradis !

Dany et Danette.


Daniel Cohn-Bendit, le chouchou des médias, donnait hier soir son spectacle dans le vrai journal de Canal+.

Oui, cette émission dans laquelle, selon le choix de l’invité, on l’étrille en public ou bien on lui « dessert » un léchage de pompe de première classe. Ce fut donc notre Aphatie, tout sucre ce soir-là, qui joua le rôle de Danette.
Virulence ou déférence ? Avec lui on sait d’avance quel sort sera réservé à l’impétrant tant le spectacle est bien réglé. Hier ce fut donc une Danette pur sucre qui couva notre bon Danny !

Évidemment on se voulut insolent, on montra par exemple le Grand Rebelle coupant la parole d’un député par « Ta gueule ! », mais là où un Georges Frêche eût été lynché, accusé de populiste, de vulgaire macho, voire de fasciste, on entendit très exactement ces commentaires : « Il modernise les codes de la politique », « Il appelle un chat un chat », « Il dépoussière le langage de la politique ».

Et Monsieur Aphatie qui déclarait récemment: « Je ne suis ni de droite ni de gauche », nous convainquit qu’il n’était que du parti du sucre quand il abandonne celui de l’acidité corrosive réservée aux « méchants » puisque c’est à cela que se réduit son petit monde.
Le duo de Dany et de Danette fut donc remarquable et les deux compères s’en donnèrent à cœur joie : N’avaient-ils pas commis d’ailleurs leurs petits meurtres en famille, l’un assassinant en direct Bayrou, l’autre en s’ attachant courageusement la complicité d’un Duhamel -Super Danette pour abattre Peillon ?
Aussi notre Dany le Rouge ne fut-il pas interrompu lorsqu’il interpréta mot pour mot le sketch déjà entendu il y a quelques dimanches : « J’arrêterai la politique. A 68 ans je donnerai une grande fête avec tous mes amis car je serai alors un vrai soixante- huitard ! »
Et le public : « Ah, ah, ah ! »

Mais derrière le jeu du clown, on peut lire une grimace plus inquiétante.
Je pensais à « La Meute » de Yann Moix que je venais de feuilleter. A son déferlement de haine, en particulier contre Bayrou. Je remarquais que Cohn Bendit était rangé dans le même martyrologue que Polanski. Je lisais sa violence contre Internet… Et je comprenais que pour lui comme pour ces directeurs de conscience de la politique, cette « meute » c’était le peuple, tout ce qui puait la terre du Béarn, tout ce qui n’appartenait pas à l’« élite » ou à un axe Paris, New York, Tanger… Cohn Bendit c’est la Grande Europe avec la Turquie, le libéralisme proclamé, le spectacle assuré. Et comme dans le cirque pour enfants, tout se résumait aux bons qui dénonçaient les méchants. Un monde simple, transparent, où les rôles sont attribués une fois pour toutes, où tout est déjà écrit. Monde verrouillé au profit de certains. La Démocratie, le Peuple, la République... voilà ce qui leur est insupportable!

Alors Dany et Danette interprétèrent magistralement le rôle de l’auguste et de Monsieur Royal. Le public fut satisfait.
Au même instant, la liste d’Europe Écologie tenait meeting au Cirque d’hiver : Tout un symbole !

mercredi 10 mars 2010

Rumeurs: Quand Jean-Michel Aphatie se trahit...


« Une rumeur court, Roselyne Bachelot : Rachida Dati serait enceinte. Alors vous avez vu la ministre de la Justice au Conseil des ministres mercredi dernier. Vous avez des informations ?
- Je n'ai aucune information sur ce genre de sujet.
- Vous en auriez, vous nous les donneriez...
-Dans les questions vraiment où c'est du lourd sur le plan politique, vous êtes un champion. »

Tel fut l’échange entre Jean-Michel Aphatie et Roselyne Bachelot sur RTL le 26 août 2008. Du grand journalisme. De la vie privée et… de la « rumeur » !

Tout ceci serait bien anecdotique si notre coq se targuait de nouveau, aujourd’hui même, de nous imposer sa bien pensance à propos des « rumeurs » et de nous donner une magistrale leçon d’hypocrisie .

Il écrit en effet sur son blog :
« Un irresponsable a mis un tweet sur son Twitteur, c’est à dire une centaine de caractères qui tous ensemble forment un texte crapuleux. D’autres personnes ont repris le texte, sans vérification ni précaution, et le font courir dans la plus totale irresponsabilité. Du coup, au delà des frontières, parce que protégées par elles, des journaux reprennent ce qu’ils qualifient eux mêmes de rumeur, oubliant visiblement que le journalisme n’est pas la transmission des rumeurs mais la publication d’informations. »
Et il continue sur sa lancée en opposant l’amateurisme bête et méchant des blogs à l’éthique professionnelle des journalistes. Ce qui est d’autant plus piquant que Monsieur Apathie nous délivre ces bonnes paroles sur son… blog ! Sur lequel il poursuit d’ailleurs Internet de sa vindicte avec ce mouvement de glotte : « Ni les insultes, ni les mensonges, ni la propagation des rumeurs ne peuvent être tolérées. »

Monsieur Aphatie, soit aurait perdu la mémoire, soit aurait l'indignation sélective - ce que je suis enclin à croire au vu de ses prestations...
Et Monsieur Aphatie sait bien que par le seul fait de sa notoriété , en écrivant ceci, il officialise la dite rumeur. Qu’il se met au premier rang pour lever le doigt en s’écriant : « C’est moi qui l’ai dit le premier ! »
Il n’ignore pas davantage que ces « rumeurs » ne doivent rien à des internautes mais bien à des « journalistes professionnels » .

De ces rumeurs, on ne sait si elles sont vraies ou fausses. Et qu’importe.
Celle à laquelle s’intéressait Aphatie à propos de Dati était vraie.
Celle qui concernait le départ de Cécilia était vraie. Il fallait lire le Sun et la Tribune de Genève pour être au courant de cette « rumeur ». Ce sont les mêmes journaux qui aujourd’hui font état d’une nouvelle « rumeur ».

Avec plus de sagesse, méditons plutôt sur le fait que la rumeur veut que le dit substantif soit susurré clandestinement d’une oreille à l’autre quand, en réalité, son étymologie latine, « rumor » désigne un bruit fort, une querelle…
Nulle doute que ce sera encore l’étymologie d’un mot qui nous dira sa vérité.

mardi 9 mars 2010

Monsieur le Président de pas tous les Français.


Monsieur le Président de pas tous les Français,

Certes nous vivions sans doute dans une fiction qui voulait que le Président de la République, une fois élu, aurait reçu cette forme d’onction républicaine qui le plaçât hors des escarmouches politiciennes. De tout temps, il n’en fut rien mais le symbole, pour autant qu’on le respectât dans les formes, avait valeur de contrat moral, d’une limite à ne pas transgresser.

Celle-ci a pourtant été franchie quand le Président s’est, à plusieurs reprises, directement impliqué dans la vie d’un parti politique en s’assumant comme son chef naturel.

Ce faisant, il a divorcé avec l’esprit – et la loi – de la Ve République. Sans doute pourrait-il dire désormais, comme il l’avait déjà fait en annonçant qu’il nommerait désormais lui-même le patron des chaînes publiques, qu’il préférait cela à l’hypocrisie. Traduction : le cynisme de la main de fer là où se hasardait la désinvolture du gant de velours.

Comme si tout cela n’était pas vain, dépassé, comme s’il avait encore les moyens réels de ses désirs alors que tout se dérobe à ses pieds. Comme si le masque avait encore quelque utilité quand la vérité, chacun la connaît désormais. Le compte à rebours a commencé . Chaque jour, le choc de l’aiguille résonne davantage, les médias amis distillent déjà le poison, les dissidences s’insinuent. Ce sera à qui sera le premier à pouvoir dire : « Je l’avais bien dit. Je n’y étais pas ! »

Ça ne vous rappelle rien ? Éternelle France de ses collabos et de ses résistants, parfois les mêmes. Pas toujours heureusement. Mais ce sont ceux-là qui ont rayé les vitres de l’histoire, ceux-là qui ont permis que dans ce jeu de dupes, d’opacité et de duplicité on en arrive à voir des antisémites partout, des racistes partout, des beaufs et des blaireaux partout, des anti-islamistes partout. Coupables, tous coupables. A cet effet le livre de Yann Moix « La Meute » est la saloperie du siècle : Polanski ? C’est Dreyfus … S’attaquer à Polanski ? C’est être antisémite. Faut-il continuer ?

N’étant pas « de tous les français », Monsieur le président, vous n’avez plus aucune légitimité. Malgré tous vos conseillers, tous vos moyens financiers, toute votre police, tous les moyens de l’État… que vous ne le sachiez pas est consternant. Certes vous avez été élu mais, symboliquement, il vous aura manqué le sacre… L’un l’aura obtenu au Panthéon, un autre lors d’un discours fort, voire en tapant sur le cul d’une vache.

Vous, vous ne faites que courir après un destin comme si vous craigniez de voir que derrière vous il n’y avait que cendre et oubli. L’Histoire s’est refusée à vous. Pouvait-il en être autrement ?

Vous n’aviez pas même la grandeur de vous y soumettre quand vous ne pouviez pas même l'atteindre. De la même manière vous n’aurez pas la grandeur de partir avant le déshonneur de rester dans ce marécage où vous vous embourbez quand vous n’êtes que l’homme du présent.

Ce qui, en politique, est le pire.

lundi 8 mars 2010

Le Président Kleenex

Le 21 mars, le rideau se fermera sur la tragicomédie sarkoziste. Ce sera le dernier "Sarkozy day".

Quelque soit l’ampleur de la défaite, la droite n’aura d’autre choix que de se débarrasser du looser. Finis les espoirs placés sur le cheval fringant quand les paris auront été perdus et que le Pool se trouvera désemparé. Envolés les rêves des petits baronnets de l’UMP se voyant ici récompensés d’un mandat, là d’un poste prestigieux quand les traîtres venus d’ailleurs auront récupéré les quelques miettes que le Président leur aura laissées. Pour ainsi dire, rien. Ce n’était donc que ça, un bourrin !

Une fois le rideau tombé, les couteaux sortiront et dans l’ombre le règlement de compte sera terrible.

Jusqu'alors, il n’y avait guère d’autre choix que d’accompagner le Président jusqu’à cette échéance électorale là, la dernière avant 2012. Maintenant il paiera tout et jusqu’au dernier sou car dans ce milieu rien ne se pardonne.

Car chacun sait désormais qu’il ne se relèvera pas, qu’il ne peut plus surprendre, que son jeu est connu. Nous en avons vu toutes les cartes.
Aurait-il un éclair de génie que celui-ci serait aussitôt figé dans la couche glauque du doute : Trop de forfanteries, de mensonges, de gesticulation, de ridicule, d’immaturité. Et surtout cette incapacité à entrer dans le mythe d’une fonction quand en voulant absorber tous les pouvoirs il s’est révélé petit, mesquin, maladroit.

Présomptueux, il a cru pouvoir se débarrasser de l’illusion démocratique : justice aux ordres, médias bâillonnés…

Certes tout cela était bien caché par le tintamarre médiatique mais le peuple, intuitivement, comprenait que le spectacle politique avait délaissé la séduction et le désir pour s’embourber dans la pesanteur pornographique. Le peuple change de programme, il zappe. Or le Pool a besoin de ce peuple aussi fictif ou manipulé soit-il: juste sa signature pour justifier son pouvoir...

Mais il y aurait cette hypothèse avancée par certains et le blog Pensezbibi « Villepin-Sarkozy : l’inévitable réconciliation ».

L’argumentation ne manque pas de justesse. Pourtant je n’y crois pas : Au-delà de l’aspect humain des passions trop dévorantes, reste que Sarkozy est grillé et que personne ne se mouillera plus avec lui… Et puis, il est incapable de pardonner, même de faire semblant. Incapable aussi de rester fidèle à ses vieux grognards. Regardez le ce pouvoir, tous ces naufragés à la dérive... Le radeau de la méduse!

Alors la Bande du Fouquet’s, les têtes pensantes de l’homme de paille, le Pool de la grande finance travaillent déjà à l’après Sarkozy : Les grandes manœuvres ont commencé.

Déjà on amorce en jetant quelques appâts ou quelques leurres. On lance dans Le Point et Paris-Match, « Fillon Président ». Ailleurs, on essaiera Villepin. Et pourquoi pas, si la Cause du People est trop désespérée, on trouvera bien un socialiste suffisamment présentable.

Car la panique gagne et une seule chose importe : gagner. Et tant pis pour le Président Kleenex ! Malheur aux vaincus !

Certes, il faudra prendre garde aux derniers sursauts de la bête qu’on abat. Mais quand ça veut pas, ça veut pas, et le Président aura beau s’agiter, chaque geste qu’il fera ne servira qu’à serrer davantage la corde qui l’étrangle. Carla regardera ailleurs et chantonnera "Quelqu'un d'autre m'a dit". Les trompettes médiatiques trouveront un nouvel hymne. On changera le casting puisque seul ceci importe : the show must go on !

Dans quelques semaines donc, ne soyez pas étonnés quand la télévision se donnera à bon prix une nouvelle crédibilité en déboulonnant consciencieusement la statue du Commandeur.

On ressortira de vieilles histoires. On oubliera que c’est lui qui vous aura installé ici ou là. La trahison implique que celui qui trahit soit plus féroce encore que celui qui, hier, s’opposait.

Alors quel sera l’heureux élu ? Car il y a urgence: 2012 c’est demain.
Et les prétendants sont nombreux et ne reculeront pas devant les crocs en jambes, les petits meurtres entre amis et plus si affinités. Bertrand ou Juppé ? Trop compromis dans le règne sarkoziste, ils devront attendre un autre tour. Fillon ? N’en parlons pas ! Villepin ? Trop visible dans le rôle du tueur. Alors ?

Justement, alors ? Le vide, ce vide que la politique honnit quand il faut peupler l’illusion démocratique en sortant des coulisses untel ou untel. Et si personne ne se trouvait en réserve ? Et si c’était trop tard ?

Raison de plus pour accélérer le mouvement.

Même si tout doit s’affoler. Quand la crise risque de tout balayer, que l’Europe est sur le fil, que l’Euro est incertain… Alors tous ces prétendants aux semelles de plomb sont condamnés à croire en leur bonne étoile. D’autres, inconnus, se mettent eux aussi à rêver…
Que le carnage commence!
P.S: Tiens, d'ailleurs ça se précise aujourd'hui par ce qu'il y a de plus bas: les rumeurs, la vie privée... Ça sent la fin. Rien ne les arrêtera.

jeudi 4 mars 2010

Carla et Xynthia


Dimanche.
Xynthia pendant la nuit est passé, dévastant une partie de la côte atlantique. Près de la Méditerranée, le Président fait du vélo entre les mimosas, loin des catastrophes.

Derrière les murs du Cap Negre, Carla pense à ses robes, au sac à main qu’elle portera pour la seule date inscrite sur l’agenda du site de sa fondation :

"2 mars." Dîner d’Etat à l’Elysée avec le Président russe. La Haute couture. Couture partout. Sur le visage même.

Comme s’en offusquera The Guardian, je ne porterai pas de soutien-gorge ce soir-là. Dis, ô mon miroir, serai-je la plus belle ?
Et ce sac à main qui sera revendu pour les bonnes œuvres...
Ô mon peuple, ne suis-je pas la plus aimée ? Et les photos dans la presse people, et mon futur film avec Woody Allen et Marion Cotillard. Les petites gens aiment ça, n’est-ce pas ?

Lundi.
Comme il l’avait déjà fait à Haïti, le président contemple de son hélicoptère les images de la catastrophe. Mieux que du 3D. "Que d'eau, que d'eau!"
Bien sûr, il faudra hélas redescendre sur terre. Pas le temps de choisir des victimes de petite taille, pas le temps de rameuter des bataillons de CRS, alors ce sera en petit comité, officiels et plans rapprochés. Ce sera bref, serrements de main, la face contrite, et le discours de circonstance.
Bien sûr la populace a besoin de boucs émissaires, on lui en trouvera : le Président fait allusion à ceux qui sont responsables de ces lotissements en terre inondable. Il y a peu de temps ce même Président défendait les constructions sur ces mêmes terres mais qu’importe. Le Président incarne le Pays comme les girouettes en haut des clochers. Suivre le vent, se garder des tempêtes. La corvée sera courte.

Mardi
Ce soir, dîner de gala. Cendrillon s’émerveille.
Il y eut une catastrophe ? Laquelle ? Quelque chose de glamour, de people, le sida, l’apocalypse nucléaire, le désastre écologique, le Grand Soir, la fin du Monde ? Non ? Alors… rien que des bouseux ! Vous me voyez dans des bottes en caoutchouc ?
Dans mon journal, j’écrirai « Rien ».
Mais étais-je la plus belle ? Et surtout... C'était qui cette Xynthia? La prochaine fois, je demanderai à mon mari ma tempête à moi, une "tempête Carla". Non, mais!


mardi 2 mars 2010

De l'art et du cochon: Wim Delvoye


On retrouvera chez Wim Delvoye, à la virgule près, ces recettes qui réduisent l’art contemporain à une continuelle répétition de lui-même et le condamnent à n’être in fine que la signature de celui qui le produit.

Signature d’une trouvaille plus que d’une idée, signature d’une « marque » plus que d’un artiste puisque l’exécution en série de l’œuvre est confiée très largement à des sous traitants.

La clé reste la même : provocation, surprise, émotion face à l'esbroufe du quantitatif et d' un savoir faire… « made in China » !
Provocation pour gogos quand on sait que l’artiste fit son entrée tumultueuse dans le domaine de l’art en 2000 avec « Cloaqua », une machine à caca, 50 ans après les conserves « Merde d’artiste » de Piero Manzoni… La même farce, un demi-siècle après et ça épate toujours le bourgeois ! L'art contemporain n'est plus capable de produire ne serait-ce que de la nouveauté et personne ne veut le voir!

Je me suis donc rendu au MAMAC de Nice où Wim Delvoye expose trois séries d’œuvres : Des cochons naturalisés et tatoués qu’on retrouve dans toutes les grandes capitales (Faut-il y voir un clin d’œil à son compatriote belge : « Les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça…. » ? Même pas !).

Une série de dessins très esthétisants à partir d’improbables perspectives de crucifix réalisées par ordinateur et conduisant à la fabrication d’objets dont l’un s’apparente à une herse.

Enfin une série reproduisant le style gothique sur des maquettes, un tracto-pelle par exemple.

Rien d’original donc : encore le détournement, la loi des séries, la provocation potache, le cochon et le sacré, le blasphème infantile. Boltanski ou Delvoye, c'est du pareil au même. De l’art contemporain donc. C'est-à-dire de l’argent qui circule au rythme des expositions et les ventes et achats de quelques-uns au gré de la seule valeur spéculative...

lundi 1 mars 2010

Deux ministres de l'Education Nationale...


Luc Ferry, parfois excellent philosophe et qui ne fut pas le pire des Ministres de l’Education Nationale sans être le meilleur, peut s’avérer le plus grand des imbéciles.

Il suffit de méditer sur l’une de ses dernières sorties sur France Info :

"Un ministre gagne 12.000€ par mois, mais on fait 90 heures ! C'est absolument normal. Ce n'est pas du tout scandaleux. Au tarif horaire on n'est pas mieux payé que les profs".

Il ne sait pas compter et n'a jamais vu le bulletin de salaire d'un enseignant. C'est vrai que 90 heures de dîner mondain par semaine ça use vite un homme!

Claude Allègre qui fut un ministre calamiteux se touve pris dans un procès stalinien intenté par Le Monde. On le sait, les écologistes ont raison sur tout. Tel est le dogme et Le Monde en est l’Evangile. On peut cracher sur Frêche, Bayrou, Royal… mais Cohn Bendit, lui, a le droit à son franc parler. On le trouve même admirable. « T’es un minable » asséné à Bayrou fut largement encensé par tous nos commentateurs encartés.

Donc Le Monde écrit un réquisitoire contre Allègre en montrant les erreurs qui émaillent son dernier livre. Lesquelles erreurs portent sur des problèmes d’attribution, des imprécisions … Mais rien sur le fond. Le Monde alligne ses procureurs et rien qu'eux: Un réquisitoire, une condamnation et hop, à la trape !

Je ne sais si Allègre a tort ou raison mais le procédé prouve que l’écologie est bien une religion et la plus intégriste qui soit. Religion des riches contre les pauvres. Celle d'Alain Minc. Et nos petits bonhommes verts restent tapis dans l'ombre tels les bons supplétifs de Sarkozy.

Une attaque renforcée par un éditorial : « Nature en péril » et par une une chronique : l’imposture « croissanciste » qui nous persuade que l’emploi ne viendra pas de la croissance mais de l’écologie.
Pourquoi pas. Mais le lecteur devrait savoir sur quoi il met le pied en ouvrant ce journal.

Allègre ou Ferry... Les autres on en oublie vite le nom. Heureusement. Car il certain que bien des catastrophes que ces Ministres apportèrent n'eurent rien d'écologique.