dimanche 28 février 2010

Journée Nationale de...


Sainte Megane ou Saint Samir étant absents du calendrier, il fallait à l’ancienne religion opposer celle qui apporte à nos éphémérides ce supplément occulte qui béatifie la succession des jours dans la grande communauté du Bien universel… Ce qui rappelle ce qu’écrivait Philippe Muray dans « le cri du Perroquet » :

« C’est précisément ça l’essence du fascisme, le refus de la discussion sur la réalité au profit des mots d’ordre ; et qu’en se servant du Mal comme instrument de chantage on le laisse s’incruster dans le discours du Bien et s’y exprimer avec la force décuplée de l’intimidation. »

Catalogue à la Prévert où la santé, la morale et la sottise se déclinent au fil des jours dans une même liturgie.


Le mois de mars commençant, il n’est pas inutile de savoir à quels saints nous devrons donc nous vouer :

2 mars : Journée mondiale de prière
4 mars : Journée mondiale de lutte contre l'exploitation sexuelle
7 mars : Journée Internationale de la radio et de la télévision en faveur des enfants
8 mars : Journée Mondiale de la Femme
























A remarquer que certaines cases sont encore à remplir quand d’autres arrivent à saturation : le dimanche, tout est complet.


Quant au 27 mars, le No Sarkozy Day – appelons le désormais « journée nationale contre Sarkozy » - il entrera en concurrence avec la journée Mondiale du Théâtre avec laquelle il pourrait d’ailleurs fusionner avant que ne défilent nos manifestants auxquels on demandera de suer suffisamment pour célébrer dignement, le lendemain, la Journée Nationale du Fromage.


En ce mois de mars vous veillerez donc à parler plus fort le 11 mars et, surtout, n’oubliez pas de rester au lit le 19 mars.


Et rassurez-vous , jusqu’au jour de l’an vous célébrerez tour à tour ,« la journée nationale du rire », « la journée du pied », « la journée mondiale du tricot », la journée de la destruction des armes légères (rien n’est prévu pour les lourdes !), « la journée nationale de la gentillesse, « la journée mondiale des pâtes »…

La "journée nationale de la bétise" reste à inventer.


Et pour achever de vous mettre le moral dans vos chaussettes, n’oubliez pas le 31 août : « Journée mondiale du blog » !

Courrier des lecteurs

Quand un journal veut sciemment désinformer sans s’exposer à la vindicte de quelque vertueux analyste, il recourt souvent au « Courrier des lecteurs.

Plutôt que de mouiller sa chemise, le journal peut asséner le mensonge le plus grossier sans qu’on puisse l' accuser de l’avoir proféré. Procédé hypocrite et infantile du « C’est pas moi qui l’ai dit » qui a, en outre, l’avantage de se parer d’une apparence d’ouverture et de dialogue avec son public.

Le Monde est spécialiste de cette manipulation de l’opinion.

Dernier exemple : sur une page consacrée aux retraites, un lecteur achève une bafouille bourrée d’approximations et de contre vérités par cette question claironnante : "Est-ce normal, juste, équitable, républicain ? "

On connaît d’ailleurs ce renversement des valeurs qui veut que ces mots là soient le leitmotiv de ceux qui ne cessent de vouloir détruire ces mêmes principes républicains. Passons.
Donc cette question à laquelle le lecteur est incité à répondre par la négative… sauf que celle-ci se construit sur un mensonge flagrant résumé dans une phrase : « Les retraites des fonctionnaires sont garanties à 75% du dernier traitement, aucune garantie dans le privé. »

Extraordinaire crapulerie du Monde quand on sait que bien des fonctionnaires sont très loin de ces 75%. Atteints par les décotes ou des carrières fragmentées, ce chiffre, loin d’être une garantie, n’est qu’un horizon idéal. Quant aux travailleurs du privé, ils n'auraient aucune garantie de retraite?

Le Monde distille à son habitude la désinformation sous couvert. On appelle ça, un "quotidien de référence". Ah, bon ?

vendredi 26 février 2010

Quand la Chine donne une leçon d'écologie.




Il n’y a en ce pays de bonnes consciences qu’une forme de racisme qui soit communément admise et jamais dénoncée : le racisme anti-chinois.

Racisme ordinaire, tellement ordinaire qu’il ne figure dans aucun dictionnaire des interdits, vous savez ce « Dictionnaire des idées reçues » de nos Bouvard et Pécuchet modernes, toujours le doigt sur la gâchette de l’ordre moral, toujours prompts à décerner médailles ou à vous enduire de goudron et de plumes…


Il faut dire que les chinois ne sont pas du genre pleurnichard et se préoccupent peu de ces lynchages médiatiques aussi longtemps qu’on ne se mette pas à cheval sur le Tibet. Et comme, bien souvent le racisme prolifère sur les lamentations de ceux qui s’en plaignent, les chinois, je suppose, rient jaune du genre « cause toujours » et, face à notre racisme ordinaire, nous préparent un retour de bâton qui n’aura peut-être pas été démérité.


Résumons : les chinois sont le bouc émissaire d’une civilisation industrielle sur le dos de laquelle nous nous sommes enrichis, dont nous profitons encore mais dont nous ne voulons plus supporter la réalité. Si bien qu’à nos yeux, L’empire du milieu est devenu l’Empire du Mal.

Et les 6 millions de tibétains agitant leurs clochettes geignardo-mystiques sont pour nous autant de héros alors que la Chine a réussi la prouesse de nourrir un peuple de plus d’un milliard d’habitants et de l’extraire de la misère.
La Chine pille les matières premières, méprise les droits de l’Homme, dit-on. Certes on y exécute aussi. Et il serait stupide de dire que tout y aille pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais prononcez le mot « Chine » et, aussitôt, l’anathème apparaît et l’on n’entend plus que les pleurnicheries de Cohn Bendit et les grelots tibétains. Tirs sans sommation : Pensée à sens unique…


Parmi ces condamnations, celle-ci : si les chinois avaient autant de voitures que nous, la planète serait invivable ! Ce qui sous-entend que le développement leur serait interdit. Gardons le gâteau pour nous, n’est ce pas ?


On accuse la Chine de polluer la planète alors que nous en avons fait notre usine, il ne faudrait donc quand même pas qu’ils aient des voitures !Alors parlons-en. Lisez dans Rue 89 cette information selon laquelle Hummer qui devait être racheté par une firme chinoise à General Motors, disparaîtra : le gouvernement chinois, l’a refusé, jugeant trop polluant ce type de véhicule.
Oui, ce que les USA, la bonne conscience universelle, ont refusé, les chinois l’ont fait. Mais ceci vous n’en entendrez guère parler…

jeudi 25 février 2010

La vie fracturée.




Michel Ange: Adam et Eve chassés du Paradis.




Le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, lance dans Le Monde un cri d’alarme : « La société française est fatiguée psychiquement ». Et d’évoquer le déracinement géographique, la précarité de l’emploi, la fragilité des couples et des familles… Tout ce halot d’inquiétudes qui résulte… De quoi, au fait ?


Revenons en donc à l’histoire d’une démolition :
Pour certains il faut encore s’arrimer à cette assise de certitudes, à cette colonne vertébrale qui assoit le sens : la logique, la rigueur républicaine, quelques vertus cardinales et autres fondamentaux…. Ce qui fait que, bon gré mal gré, nous partageons encore cette sociabilité, au-delà de Gutenberg ou du Net. Qui fait que nous vivons encore dans le règne de la parole et de l’échange. Le commerce dans le vrai sens du terme.
Hermes, dieu des carrefours, en était le centre. Et que ce sens fût pluriel, soumis constamment au doute, c’est ce qui lui accordait cette mobilité - la marque même du vivant.



Mais pour d’autres, en particulier dans les interstices de l’ »idéologie 68 », quelque chose de plus reptilien se jouait : une pulsion déstructurée, hasardeuse, rétive à tout pouvoir, s’échappant des supposées vérités de nos « racines » ou du moins de ce que ces racines impliqueraient comme aliénation pour ceux qui y seraient soumis et domination de ceux qui les auraient produites.


Combien se sont vendus pour cette illusion d’une « libération » qui, en réalité, transformait le sujet en acteur de cette soumission ? Tel est également le sens de cet « individualisme contemporain ».


D’aucuns y verront la consécration de ce rhizome que « désirait » Deleuze, cette érosion nomade qui instaurait le pouvoir au cœur de chacun, là où pourtant, il se diffusait dans de multiples excroissances. Là où la domination était censée se dissoudre, elle se ramifiait, étendait ses métastases.


Plus grave, ce pouvoir devenait alors invisible, insaisissable. Ce qui lui permettait d’être partout et de s’imposer non plus par un discours centralisateur, une « idéologie » mais par la mode, la déconstruction culturelle, le refus de tout modèle, par l’hypostase du présent. Le pouvoir ne se désignait plus comme cible mais dans l'illusion subjective de chacun décochant sa propre flèche.
Pouvoir multiple, asphyxiant par son ubiquité. Inattaquable dans son invisibilité. Nous y sommes : Le pouvoir 68 !


Quand les repères spatio-temporels - derniers remparts de la philosophie - quand la langue elle-même semble en perdition, quand le doute marque le réel du signe de la relativité et que dans le sillage d’ un Nietzche mal compris tout n’est que déconstruction. Quand tout se vaut et tout se nie, quand la République n’est qu’une trace incertaine parce que son avenir, d’année en année, se fissure, quand tout cela n’est plus qu’un champ d’ épaves à la dérive sur un océan qui en aurait oublié même son nom, on renaît au monde, reins brisés ou chrysalide…


Qu’importe : Reste toujours à inventer le monde. Mais on en sort, collectivement ou individuellement, la vie fracturée. Nous en sommes là.


Il y a bien sûr l’enchaînement de ces vies brisées socialement par l’assaut du libéralisme mais aussi par l' injonction d'un désir sans objet qui est l’apanage du spectacle et de la publicité, de ce désir fou, hors limite, qui passe de l’Eros au Thanatos, qui s’est enrobé à l’un pour devenir la figure de l’autre.


Familles brisées, solidarités sociales détruites, idéologie commune d’une nation ou d’ un groupe détruite par la force annihilante des flux, des messages, de la communication et surtout de cet impérialisme du temps, de la mode, du racolage par le strass, le toc , la célébrité. Le triomphe du people face aux vestiges du Peuple : Warhol fut l'exhibition de ce cynisme.


Destruction de toutes les protections, évacuation de l’avenir ou de toute idée de progrès étranglée par une religion de la nature, régressive, réactionnaire dans le visage souriant d'une écologie salvatrice.

Le vivant est en berne : Eros, monde du désir en débandade quand le flux marchand nous incite à une consommation effrénée qui transforme tout en une fumée, un gaz réduisant l’individu à une bulle, à un ectoplasme.


Voici que s’installe donc le règne de Thanatos.

Quand l’avenir s’éteint, que les individus doivent rôtir à la lumière crue d’un éternel présent. Ou bien qu'ils se soumettent aux lois d'une "domination naturelle."


Ou bien quand l’idéal que nous propose l’horizon consommateur n’est que l’Auschwitz des revues féminines : étalage de corps anorexiques sous la faux de Karl Lagerfeld. Femmes condamnées à n’être que des reflets sous le forceps des produits de beauté, femmes « libres » mais rabaissées dans l’imaginaire de ceux qui les manipulent ainsi, au miroir solitaire des sex toys et à un individualisme sans issue.


Car il s’agit bien pour les couturiers, les photographes et quelques autres qui y imposent leur loi de les enfermer dans leur fantasme d’une femme « désactivée », niée, réduite à la forme corsétisée d’une beauté décrétée. Sois belle et tais-toi !
Quant aux hommes, ils seront emprisonnés dans l’image du muscle… Faut-il continuer ? Le vivant, voila l'ennemi!


Nos corps seront donc pour ceux-là nos ultimes prisons.


Ce n’est là qu’un exemple. On pourrait en puiser bien d’autres. Dans l’Art Contemporain, dans le système généralisée de la téléréalité, dans le show permanent où tout se dit et tout se fragmente dans l’oubli. Le présent permanent est un hors-champ et la négation même du temps.


Alors oui, la vie s’ est fracturée; elle a été livrée aux marchands qui se sont emparés de nos corps comme de nos imaginaires.


La pulsion de mort est devenue l’oriflamme de ceux-là qui ne croient plus à rien sinon à cette fascination morbide de l’argent, au culte de l’apparence.


Réhabiliter le vivant est plus important que brasser l’écume de l’actualité. Nos médias s’en chargent. Plutôt mal d’ailleurs.



Mais il ne faut pas se tromper de combat…
68 année hérétique, 69 année thanatique.



Au-delà des combats politiques et des choix que nous sommes amenés à faire, il y a cette ombre d’une idéologie diffuse qui brouille nos repères.

Et cette question : la République peut-elle se confondre à une addition d’individualités ?


Non, au contraire, la République comme l’idéal démocratique exigent une « commune mesure », un projet, un Etat. Le « post-libéralisme » dont la mondialisation est le vecteur ne sera toujours que cette mise à mort des cultures et des consciences, que ce déracinement…


Accepterons-nous longtemps cet exil d'un "paradis démocratique", cette belle utopie collective qui fut la nôtre?


Sommes-nous condamnés, telles des âmes errantes, à hanter l'Histoire, notre Histoire... qui s'effrite sous les yeux de ceux-là mêmes qui l'avaient construite? Ou bien saurons-nous reconquérir nos destinées?



lundi 22 février 2010

Coupat ou Polanski?



Qui dira désormais que ce pouvoir n’aura rien fait pour la diffusion du livre, en particulier à l’étranger ?


Voici en effet que la traduction de « l’Insurrection qui vient » cartonne aux USA, qu’il fait partie du top 100 des meilleures ventes et des 30 plus grosses commandes sur Amazone ! Cocorico !


On imagine la joie de Frédéric Mitterrand devant ce succès. Il n’oubliera pas que celui qu’on accusa d’en être l’auteur, enfin libéré, reste sous contrôle judiciaire dans un lieu qui n’a rien de comparable à un certain chalet de Gstaad où est astreint à résidence un autre artiste pour d'autres raisons moins glorieuses.

Les efforts et la verve qu’il déploya pour faite libérer le second, soyons certains qu’il en usera pour défendre Julien Coupat.

Certes celui-ci se défendit d’être l’auteur de cet ouvrage collectif ce qui ne signifie pas qu’il n’en fut pas l’inspirateur ou l’un des multiples rédacteurs.
Mais il est certain que le Ministre de la Culture aura plus de poids pour agir en France afin que le contrôle judiciaire soit enfin levé pour un homme dont, on s’en doute, le procès ne viendra jamais.

Le « masque de fer » étant le fait du Roi, notre Prince d’Opérette fera tout pour qu’il soit élargi.
On peut aussi espérer que le Centre National des Lettres fournira son soutien pour que l’œuvre trouve aussi son public dans son propre pays. Car celle-ci ne manque pas de piquant et fleure délicieusement le terrorisme de poil à gratter du situationnisme !

Espérons enfin que nos médias seront aussi prompts à défendre ce livre et son supposé auteur qu’ils l’avaient été pour s’alarmer de l’embastillement de Polanski.

Soyons confiants. Un grand jour pour la culture française ! Merci d’avance Monsieur le Ministre !

dimanche 21 février 2010

gouvernement.fr


Vous surfez sur Internet, vous écoutez la radio, vous regardez la télévision, vous feuilletez un journal : Vous n’y échapperez pas. Small brother is talking to you. Partout, le gouvernement s’adresse à vous pour vanter le Grand Emprunt ou vous convaincre des bienfaits de l’abandon de la taxe professionnelle.
Il ne s’agit pas de publicité pour un produit, il ne s’agit pas d’information. Un seul mot désigne ce déferlement de « gouvernement.fr » : propagande.

Peut-on appeler Démocratie une Nation dont le gouvernement peut s’adresser ainsi au Peuple dans tous les médias pourvu qu’il les paye, sans limite budgétaire, sans contrôle du Parlement ?
Peut-on dans une démocratie soudoyer ainsi l’ensemble des médias grâce à l’argent des citoyens ?
Bien curieusement la Presse n’en parle pas.

Elle se contente de toucher les sous et d’être docilement le vecteur d’une propagande qu’on ne trouve que dans des régimes totalitaires. Alors, on ferme honteusement les yeux et on se tait. On affecte de croire qu’en acceptant cette manne qui résulte d’un vol des contribuables, on ne sera pas condamné à la muselière … Relisez la fable : « Le Loup et le Chien » !

Et pourquoi ce silence criant de l’opposition ?
Nos vaillants députés craindraient-ils le black out s’ils dénonçaient ouvertement ces pratiques?
Seraient-ils déjà en eux-mêmes terrorisés au point de se censurer pour obtenir le droit de pouvoir sortir quelques mots bien déminés et policés devant micros et caméras ?
Et pourtant, une fois que nos médias et nos politiciens auront accepté de mettre la main dans cette sinistre machine, ils seront happés jusqu’au coude. Jusqu’à la disparition finale. Le processus est déjà engagé. Vous ne l'avez pas remarqué?

Car c’est bien là la finalité de cette machine totalitaire : absorber dans le silence, progressivement, par tous les moyens et d’abord par l’argent, toute contestation du pouvoir.
On continuera à faire semblant avec quelques pétards et autres bombinettes pour nous faire croire qu’on est libre. Qu’on s’oppose. Qu’on est indépendant du pouvoir… Alors qu’on s’est tu par peur ou que, par intérêt, on s’est vendu.
Mais regardez ce signe... « gouvernement.fr » et baissez la tête.

Marianne à vendre.




S’il y avait un journal libre, parce que refusant de se soumettre aux recettes publicitaires, c’était Marianne.


Ce qui lui donnait un ton, une crédibilité et surtout le respect de ceux qui le lisaient, qu’ils fussent ou non en accord avec ses orientations politiques.

Privilégier la liberté au détriment de l’argent, c’est tellement rare !

Marianne ne s’est jamais privé de critiquer le Grand Emprunt de Sarkozy. D’ailleurs qu’importent ses prises de position, l’essentiel étant qu’une voix plus morale se fasse entendre dans le grand tintamarre médiatique.

Or voici que dans sa dernière livraison le lecteur découvre avec effroi deux publicités « gouvernement.fr » servant de propagande au pouvoir pour la promotion du Grand Emprunt! Marianne pour quelques deniers accepte sur ses pages de servir désormais la soupe à Sarkozy !

Sentiment de honte qui me conforte dans mon récent texte : « Que la presse meure ! »

Quelle crédibilité le lecteur accordera-t-il désormais à un magazine qui a pris cet argent là ? Argent sale ou argent du lecteur, il faut savoir choisir.

Mais je crains que cette semaine Marianne ne soit en train de mourir. De chagrin.

samedi 20 février 2010

Christian Boltanski ou l'imposture de l'art contemporain

Quand un artiste dévoile à son insu les ficelles d'un art usé jusqu'à la corde...

Mieux vaut parfois évoquer un événement à l’instant où il se termine ce qui aura l’avantage de ne pas inciter quelques gogos bobos à y participer.


Ainsi les pigeons retrouveront-ils le toit du Grand Palais à Paris tandis qu’ils en déserteront la nef, là où se déroulait l’exposition de Christian Boltanski.


Une exposition? Non, plutôt – puisqu'il s'agit d'art contemporain – le rituel d’une secte, une cérémonie à laquelle, bien sûr, nous sommes conviés à participer pour la justifier.

Quelques extraits de la présentation de ce Monumenta 2010 sont particulièrement éclairants :


« L’installation inédite qu’il a créée pour MONUMENTA 2010 est conçue comme une expérience frappante, à la fois physique et psychologique, un moment d’émotion spectaculaire qui questionne la nature et le sens de l’humanité. Investissant l’ensemble de la grande nef, il crée un lieu de commémoration visuel et sonore d'une densité exceptionnelle. L'œuvre engage une réflexion sociale, religieuse et humaine sur la vie, la mémoire, la singularité irréductible de chaque existence, mais aussi la présence de la mort, la déshumanisation des corps, le hasard de la destinée. A cette installation il donne le nom évocateur de Personnes. (...)
Les œuvres de Christian Boltanski sont adressées à tous, elles interpellent et ébranlent. Sous la Nef du Grand Palais, le visiteur oublie toute référence muséale, il fait corps avec la scène vivante de l'art et de la mémoire. L'artiste, selon Boltanski, est celui qui dévoile au spectateur « une chose qui était déjà en lui, qu'il sait profondément ; il la fait venir à hauteur de la conscience ». Théâtre de la remémoration, MONUMENTA 2010 questionne le sens de la destinée humaine et affirme la place faite à chacun dans la mémoire collective. (...)
Christian Boltanski poursuit la collecte d’enregistrements de battements de cœurs qu’il a engagée pour réaliser les
Archives du cœur : les visiteurs sont invités à enregistrer le son des battements de leur cœur et à en faire don à l’artiste. »


Cette cérémonie est d’autant plus intéressante qu’elle révèle ce qu’est devenu l’Art Contemporain : une métaphysique floue à l’image de celle que répandent les sectes et les accusations d'intolérance voire de blasphème pour ceux qui les dénoncent.


Attaquer l’Art Contemporain c’est immédiatement s’exposer à la condamnation : "réactionnaire, imbécile, ignare, intolérant" et j’en passe.

Car l’Art Contemporain est une secte riche avec ses appuis politiques, quelques richissimes « collectionneurs » ou « mécènes », ses relais médiatiques qui font la police dans le domaine des Arts, ses « curators », et son public de fidèles qui viennent communier pour y chercher ce qui lui fait défaut: intelligence et pouvoir.


Or, à son insu, Christian Boltanski dévoile la nullité de son oeuvre comme de celles qui jouent sur ce même registre :


- Se saisir d’un lieu prestigieux, le détourner de sa signification historique. Faire dans l’énorme, l’étouffement (cf. Koons au Palais de Versailles ou Christo pour le Pont Neuf.)
- Jouer sur le temps, la mémoire, l'oubli, .
- S’inscrire dans le sociétal : les « minorités » ethniques ou sexuelles.
- L’effacement de l’esthétique (Et pour cause !) par l’éthique : un message simpliste qui ne s’impose donc que par l’émotionnel et l’écrasement de la visibilité.
- Le jeu entre les limites : le grave, le sacré, la transgression, le sexe, la religion, la dérision, le détournement, les jeux de mots.

- L'accumulation qui souligne la redondance, la répétition d'un thème décliné à l'infini.

- Le politiquement correct sous toutes ses formes puisqu'il en est en réalité l'étendard.

Remuez tous ces ingrédients et vous obtiendrez de l’Art Contemporain dont le terme même suffit à désigner le ridicule: Un art qui n’en finit plus d’être « contemporain », qui se désigne ainsi contemporain pour l’éternité!


Un art qui, donc, fait recette mais qui ne repose que sur des recettes.

Mais, pour déjouer toute attaque, j’annonce que ce texte comme le blog dont il est issu est une œuvre d’ART CONTEMPORAIN !

Et à celui qui osera me critiquer, je lui répondrai qu'on ne comprenait pas Van Gogh lorsqu'il peignait et que j'en appelle à tous pour me défendre face à ceux qui veulent me censurer!


P.S: Je découvre maintenant dans Le Monde un article qui corrobore le texte ci-dessus. Texte dont le titre est "la fourmi géante de Robert Desnos au coeur d'un miracle new-yorkais" . Pour résumer: Xavier Roux, "artiste"diplômé d'HEC qui commença sa carrière à Wall Street. Bon début! L'oeuvre: la réalisation grandeur nature du poème de Desnos: "Une fourmi de 18 mètres avec un chapeau sur la tête, çà n'existe pas..." L'article du monde:" Comme oppressée dans un vaste espace, l'oeuvre diffuse un mélange d'humour innocent et de gravité monumentale." La finalité de l'oeuvre? Une sculpture pour la libération des camps puisque Desnos mourut du typhus dans le camp de de Terezin .

Quel autre rapport avec les camps? Aucun! L'horreur nazi n'est encore qu'un alibi pour vendre. J'ai dans les yeux le châlit où mourut Desnos à Terezin. Ce n'est pas une oeuvre d'art. Faites comme moi, allez-y et ne vous perdez pas devant ces fausses oeuvres!

vendredi 19 février 2010

Comme à la radio.




La route, la radio, les kilomètres...


Il faut attendre la pub, l’argent: le nerf des mots... comme il faudrait parler des amours tarifiés pour tout comprendre. Séduire, acheter.

Alors autant commencer par cette pub gouvernementale : « Patrick nous explique les avantages de la fin de la taxe professionnelle … Bon pour la reprise. Bon pour l’emploi. »

C’est signé : « Un communiqué du Ministère de l’Economie ».


Quoi ?
On prend sur mes impôts pour faire de la propagande à la radio ? Nos impôts ! Notre "vivre ensemble". Nous devons donc, entre deux âneries, écouter le gouvernement qui nous parle, qui nous triture, qui veut nous plier à sa pensée ?
Au secours, Ceaucescu ! Imaginez cela aux USA, en Allemagne, peut-être même en Russie ou en Chine !

Pourtant ce message, je l’aurai entendu d’abord sur France Inter puis, au hasard, sur RTL ! Et, certainement, ça se rode partout ailleurs. Bienvenue en Sarkoland !

Bien sûr nul ne protestera ! Les sous, les sous… Et pourtant il paraît que nous sommes dans une démocratie !

Retour en arrière : s’installer quelques heures au volant et faire défiler la bande FM… Ce fut dès poltron minet, le grand BHL - vous savez, cette annexe du BHV, ce spécialiste de la philosophie "botuliste" - qui, sur France Inter se mit en colère : Ceux qui me jugent, « je les emmerde ". Et de s’en prendre à une forme de « conspirationnisme » de la part de ceux qui l’attaquent ! Une conspiration ! Rien que cela ! Une conspiration qui viserait à détruire le grand timonier de la pensée universelle !

Un peu plus tard, toujours sur les ondes de ce service public sur lesquelles s’exprime directement le Ministère de l’Économie, on évoqua « l’Affaire Quick ». Oui: celle qui prend la relève de la burqa qui commençait sérieusement à défraîchir… Eh bien,... on évoqua la vente pour 800 millions de la chaîne Quick à la Caisse des dépôts et Consignations, c'est-à-dire… que l’Etat en devient ainsi le principal actionnaire !

Alors allons-y encore pour une théorie "conspirationniste" : Les 800 millions, une somme surévaluée, furent versés à… Albert Frères !

Mais oui ! la bande du Fouquet’s! Encore et toujours ! Merci qui… ? merci Sarkozy !

Donc Quick fait la communication du pouvoir : « Vous avez aimé la burqa ? Vous allez adorer le hamburger Halal ! » Ah, ah! Du bougnoul et du couscous, vous en aurez tant et tant que peut-être, hein, vous voterez bien?

Peu de temps après, voici sur les mêmes ondes, la promotion de quelques sirènes « vertes de rage » contre Elisabeth Badinter qui eut le malheur de s’en prendre à ces bobos écolos qui exigent le bio, l’allaitement et prônent le retour des femmes à la maison pour le bonheur de leurs petites têtes blondes ! Comment ! Oser s’en prendre à la religion écologique ! C’est aussi ignoble que de prétendre que le Dalaï lama est réactionnaire !

Un peu plus loin, on apprendra qu’une grande amie de Sarkozy, Laurence Vichnievsky, qui reçut donc la Légion d’Honneur des mains du Roy, conduira la liste des écologistes en PACA… Tiens, tiens. Mais non, ça suffit… je vais finir par être traité de « conspirationniste » ! Et on sait quel autre mot se tapit derrière son ombre…

Des mots et encore des mots qui défilent.

France Inter, toujours. Boujenah nous raconte qu’il ne parle jamais d’antisémitisme ; il nous en parle, alors, longuement. Il nous dit que les juifs, statistiquement, sont parmi les plus pauvres en France. C’est possible. Mais si on lui disait que, statistiquement, les juifs sont plus nombreux ici que là et que… Je m’arrête : les statistiques sont odieuses. Mais Boujenah nous aura quand même appris que la connerie est hors race ou religion. Que la connerie est humaine, trop humaine. Donc que Boujenah est un homme.

Des mots… Je ne n’entends plus que ça. Comme les paroles de cette vieille chanson de Brigite Fontaine , « Comme à la radio » :


Ce ne sera rien
Rien que des mots des mots des mots
Comme à la radio
Ça ne dérangera pas
Ça n'empêchera pas de jouer aux cartes
Ça n'empêchera pas de dormir sur l'autoroute
Ça n'empêchera pas de parler d'argent
N’ayez pas peur
Ce sera tout à fait
Comme à la radio
Ce ne sera rien
Juste pour faire du bruit

jeudi 18 février 2010

Que la presse meure!

Le système médiatique ne cesse de fonctionner sur ce fond de duplicité: l’interaction de la vérité et du mensonge quand tout le reste échappe à ce filtre. Parce que le monde n’est ni l’un ni l’autre et que l’actualité n’est qu’un flux tamisé par ceux qui sont désignés « professionnels de l’information » par les financiers qui les payent.

Il y a quelques jours je m’amusais à regarder sur la télévision espagnole une réunion de Chefs d’Etat. Parmi eux, Sarkozy apparaissait tout petit et ridiculement maladroit dans son sourire grimaçant. Une image d’actualité « normale » comme on voit sur les télévisions étrangères. Une de celles que s’interdisent toutes les bien nommées « chaînes » françaises. S’il est minable d’attaquer un Président pour sa taille, il est ignoble de trafiquer servilement l’image à son profit. C’est pourtant à ce filtrage, à cette manipulation de l’image que nous condamnent nos médias donneurs de leçons. Les mêmes qui ne cesseront de faire écho au pouvoir quand ils dénoncent les dangers et l’irresponsabilité d’Internet !


Mais on n’a pas même besoin de mentir, on peut exhiber ses mains propres quand on se contentera de la fabrication de cette réalité par le rejet de ce qui met en péril toute « version officielle »


Chaque jour la bien pensance médiatique en rajoute une louche.


Ainsi , cette « affaire » Marie-Luce Penchard, Ministre de l’Outre Mer, qui avait déclaré ouvertement : « Ca me ferait mal au cœur de partager avec la Martinique, avec la Guyane, une manne de 500 millions d’Euros ». On peut lire dans un organe de désinformation « La dépêche du Midi » non cet aveu mais un autre extrait : « envie de ne servir qu’une population, la population guadeloupéenne » ce qui justifie le titre « Sa fibre guadeloupéenne déclenche un tollé », de même que la réaction de Fillon qui peut alors dénoncer cette polémique « contraire à l’esprit de la République ».


Il faut bien relire cet enchaînement logique – le même qui sera repris par les journaux télévisés – pour comprendre le degré de manipulation atteint par la presse française : on rejette un fragment de réel, on en donne un autre plus présentable qui gomme le précédent ce qui permet de transformer le bourreau en victime.


Ah, l’éthique de la Presse !


Messieurs les journalistes qui n’avez de compte à rendre à personne même quand vous êtes pris toujours et encore le doigt dans le pot à confiture… Mais c’est vrai qui aide à la suvie de vos journaux ? L’Etat ! Qui subventionne des pages et des pages de publicité ? Le gouvernement ! Qui paye le reste ? La publicité encore. Et de toute façon personne ne dira rien car, après tout, la presse on peut en avoir besoin, non ?


Son pouvoir c’est de créer un événement, de faire qu'il soit blanc ou noir. Pas besoin de mentir, juste de traficoter, de jouer sur les mots ou les émotions, d’avoir les yeux ailleurs quand il le faut, de nous conjuguer la fiction à la réalité ou de faire silence pour plaire au maître.


Qui a le pouvoir de les dénoncer tous ces journalistes serviles ? Les politiques ? D’autres journalistes ? Les associations, les syndicats… ? Mais tous en ont besoin, tous les craignent.
Le seul contre pouvoir c’est désormais le Net ! En particulier sur nos blogs car nous y sommes libres. Nous ne sommes dominés par aucun des partis auxquels nous pouvons pourtant appartenir, nous ne sommes liés à aucune hiérarchie, nous ne dépendons d’aucun pouvoir financier.


Quel média peut en dire autant ? Quand un politicien ou un journaliste vous attaquera, posez-lui cette simple question.


Il vous répondra certainement « professionnalisme », « objectivité », « recherche de l’information ». Or, tout ceci est faux : tout est information, il suffit de trier. Professionnalisme parce qu’on touche son chèque en fin de mois ? Objectivité quand on sait bien qu’on peut dire tout et son contraire ?


Arrêtons cette hypocrisie de la « liberté de la Presse » ! Elle n’est jamais libre et nous asservit. Que la presse meure ! Le remède serait-il pire que le mal? Sans doute. Mais alors qu’elle renaisse, autrement.



Soller, Ile de Majorque.


Jamais un oranger n’aura empêché la neige de tomber. Or les jours derniers, dans un ciel de vase, les orangeraies coulaient du flanc de la montagne vers la Méditerranée dans une sorte de lenteur qui abolissait le temps.

Neige et froid.

Il faut dire que la forme même d’une île, le silence des pierres et le corps tourmenté des oliviers suffisent à imposer, jusqu’aux mots, une forme de retrait à soi-même et au monde.

Donc de mots, il n’y en eut point. Juste permettre au temps de s’assécher comme une figue, laisser les mots en jachère.
S’extraire de l’actualité devenue trop lourde et si vaine quand les pages se tournent aussi vite qu’elles s’effacent et que, comme dans tout mauvais livre, on peut bien s’épargner quelques chapitres...

On se dit alors qu’il ne s’est rien passé. Qu’on était ailleurs. Que la Terre tournait bien quand même. Ou mal. Mais qu’il est bon de s’en extraire, de laisser le monde respirer sans lui ajouter la pesanteur de quelques mots, aussi modestes soient ils.

Ce monde qui se réduit ainsi à une forme d’éternité radieuse dans laquelle on se love. Loin des gesticulations des uns ou des difficultés endurées par les autres, on trouve son petit paradis d’hiver. Univers de petit vieux. Pages « voyages » du Figaro. Cette odeur énurétique. Cette méprisable frilosité de soi-même quand on s’abandonne à ce vide et que la beauté n’en est plus que l’alibi facile, que le signe hautain de la paresse ou de la suffisance, une ouate dans laquelle on s’ensevelit.

Car que seraient toutes ces choses si elles ne se coagulaient dans des mots ? Et toutes ces pages apparemment si futiles de l’actualité si elles ne donnaient sens à tout le reste ? L’écorce de l’arbre n’est que l’excroissance du cœur. La poésie au centre mais, tout autour, des êtres, des mots et des choses. Et de la politique.

« Se retirer du monde » c’est renoncer à l’idée même de la beauté car comment la vivre, comment la construire si on consent d’en être que le spectateur ou le consommateur ?
Alors reprendre les mots. Surtout quand ceux-ci restent la seule arme qu’on accepte de porter. Redonner de la chair aux idées sans quoi elles se recroquevillent dans le gel.

Regarder les mots s’envoler comme les premiers pétales des amandiers.

dimanche 7 février 2010

No Border !? Besancenot Roi des Huns.


Voici ce qu’on peut trouver sur le site internet du NPA , le parti de Besancenot :

« Le camp No Border de Calais est un projet mené par des militant(e)s français(es) et belges, et des groupes de soutien français en coopération avec le réseau No Border britannique. Il vise à mettre en lumière la situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens avec les communautés de migrant(e)s, contribuer à développer les liens entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités sur le terrain pour protester contre la répression croissante contre les migrant(e)s et les militant(e)s de la région.

Le camp revendique la liberté de circulation pour tous et toutes, la fin des frontières et des contrôles migratoires. Nous appelons à un mouvement radical contre les systèmes de contrôle qui nous divisent entre citoyen(ne)s et non-citoyen(ne)s, entre avec et sans papiers. »

Suffit-il d’exposer de bons sentiments pour avoir raison ? Ou de bonnes raisons pour exprimer de mauvais sentiments ?

Toujours ce mauvais piège qui resserre ses mâchoires sur ceux qui veulent donner du sens là où il n’y aurait que de la brutalité dans la démagogie et une manière d’écraser ceux qui veulent penser hors de la sensiblerie télévisuelle : ce fascisme émotionnel qui tend à parler un discours de "l'universel".

« No border »

Bien sûr cet anglicisme est déjà un aveu quand il dit, revendique, la langue de l’impérialisme.

Pas de frontière?

Je suis moi et l'autre. Mon discours est le discours de l'autre: totalitarisme accompli.

C'est pourtant de la frontière, de l'autre, des limites, que se construit le désir. L'altéralité est le fondement de la République et de l'Humanisme.

Le No Border est la mort du coeur et de l'âme. Les frontières sont faites pour s'ouvrir, oui, mais les nier c'est pire, c'est ne pas croire aux différences, aux cultures, aux langues, à tout ce qui dans sa diversité fait la richesse humaine. C'est tuer l'aventurier, le voyageur, le poète qui sommeille plus ou moins en nous et qui donne la force d'avancer.

Besancenot n'a que le rêve d'Attila. La terre brûlée. La pureté d'une terre sans hommes. Quel visionnaire!

Quand on est mode et non pensée. Quand on n' est plus discours mais slogan. Quand on n'est plus que qu'une langue cadenassée de l'intérieur - celle que ne cesse de marteler le NPA de Besancenot : L’internationalisme, oui celui du CAC 40, les tee-shirts Guevara comme du Lacoste ou du Ralph Loren.

NPA : pas de frontières !

Adieu donc vos cotisations retraites, adieu le système de santé, adieu toute solidarité pour ceux qui longtemps auront cotisé pour ensuite partager. Et vive le modèle français qui aura été brisé par le fait que des dizaines de millions d’étrangers entreraient en France!
Raciste, égoïste ?...

Voyons ! Bon moyen pour casser toute régulation, toute protection sociale. Ce « No Border », les patrons en rêvent, le NPA veut le faire… Besancenot n’est plus seulement un « idiot utile », il devient un idiot nécessaire.

Yann Moix ou l'éloge de la xénophobie.

Yann Moix est un écrivain. C’est un proche de BHL, ce grand moralisateur devant l’éternel : lutte contre la xénophobie, etc. Mais, il existe des frontières à la xénophobie; en l’occurrence un « artiste », c’est sacré. Pas touche. Et il y a des pays sur lesquels on crachera volontiers, d’autres que la plume ne doit pas même effleurer… Et quand l’artiste s’appelle Polanski, pour venir à sa rescousse, on prend le droit de vomir un livre « La Meute » dont l’auteur a publié en ligne quelques extraits :

« Je hais la Suisse.
Roman Polanski, nous venons de l’apprendre, va passer un an de plus dans sa prison suisse. Je dis bien : « prison ». Une prison, ce n’est pas strictement un cachot avec des rats. Une prison, c’est tout prosaïquement un endroit dont on ne peut sortir. D’où on ne peut pas s’échapper. Peu importe que la prison soit une cellule ou un chalet, un terrier ou même un immeuble tout entier. On est en prison quand on ne peut pas être ailleurs. Roman Polanski restera emprisonné en Suisse : c’est la Suisse la prison. C’est la Suisse le bourreau. C’est la Suisse la sentence. C’est la Suisse la trahison. C’est la Suisse la haine et la revanche et la vengeance. Parce que la Suisse n’est pas un pays : la Suisse n’est rien. ».

« La Suisse n’existe pas : pour exister, elle est obligée de faire dans le sale, dans le crade, dans le porno. La Suisse est un pays pornographique. Sales affaires (comptes bancaires, fiscalité), sale comportement (arrestation de Polanski) : tout est propre dans les rues suisses, dans les montagnes suisses, dans les vallons suisses, tout est très propre parce qu’au fond tout y sale dans les tréfonds, dans les fondements, dans les soubassements. C’est un pays qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un pays qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : la Suisse se prête au plus fort. Elle prête sa soumission. C’est une pute. Elle ne se donne jamais mais se prête toujours. Elle se prête avec intérêt. Elle se loue. Elle se sous-loue. Elle fait des offres. Elle écarte les jambes quand viennent à passer un officier nazi, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les Etats-Unis. »

« Je hais la Suisse. Sa gentillesse méchante, sa dégueulasserie bonbon, son calme rempli de dagues et de couteaux, sa surface polie mais comme une lame. »

« Tu es toujours là, sur la planète, mais tu ne sers à rien : tu arrêtes les artistes et tu enrichis les enrichis. Tu ne sais rien faire, sauf pitié. Je te hais, Suisse. Je te demande de m’arrêter, moi, aussi, le jour où je viendrai te voir. Pour cracher sur ton sol immonde.”

Imaginons qu’au lieu de la Suisse on dise: Maroc, Bosnie, Israël, France… Imaginons. Le ramdam médiatique, la furie, la curée, les tribunaux, le matin, le midi, le soir, le curé, le rabin, l’iman, le philosophe, le laïc, Duhamel, Aphatie, la bonne conscience. Tous, horrifiés, la main sur le cœur : « Plus jamais ça ! »

Mais non. Silence sur toute la ligne. Sus à Peillon ou à Frêche! Alors nous saurons désormais qu’il y a la bonne et la mauvaise haine, la bonne et la mauvaise xénophobie, le silence ou la fureur. Et qu’il suffit d’être « artiste » connu – et surtout « connu » - pour s’exclure du droit commun, devenir un « privilégié ». Car c'est bien cela qui se revendique ici : la défense des privilèges!

Ce que Yann Moix a omis de dire : Pourquoi donc Polanski s’installa-t-il dans cet enfer ?

samedi 6 février 2010

Fait d'hiver: mourir de peur!

Sami a 26 ans. Il a été, cette semaine, condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan à 6 mois de prison ferme.
« Var Matin » relate aujourd’hui cette condamnation… surréaliste : A 2 heures du matin, bien éméché, il croise un couple de retraité qui le frôle… Sami se met devant le couple, écarte les bras et crie : « Qu’est-ce que tu fais ? Me pousse pas là ! Qu’est-ce que tu me frottes ? »

Sur ce, le retraité tombe d’une crise cardiaque. Ni menace, ni coup.

Le procureur déclare : « Il a été imprudent en se livrant en pleine nuit, sur une personne qu’il ne connaissait pas, à une manœuvre d’obstruction… Il aurait fallu respecter ces personnes, et réfléchir aux conséquences possibles d’un tel acte. »
6 mois dans les belles prisons de France ! Ah, le respect !

Mais si Sami s’était appelé Gilbert, le retraité eût-il été à ce point effrayé ? Le tribunal ne s’est guère posé cette question. Il suffira donc désormais de mourir de trouille devant une fille belphégorisée par Besancenot ou de se ramasser une crise cardiaque à la vue d’un CRS pour que l’un comme l’autre passent 6 mois à l’ombre. Fait d’hiver…

Mourir de peur ou mourir de rire. Manque de respect... Attention à ce que personne n'attrappe une crise cardiaque quand Bigard "met le paquet"!

Putain, 6 mois!

A propos du "No Sarkozy Day"...

Dès le lever de rideau l’on pressent si la pièce qu’on nous a promise sera à la hauteur de ses ambitions : Celle que nous subissons commença sur la scène du Fouquet’s, laquelle suscita sifflements et railleries même si certains voulurent lui accorder encore une chance.
Le casting ne manquait pas d’intérêt avec de vieux renards sur le retour, des Borloo et des Kouchner, des nanas au regard de braise, Dati ou Yade, mais aussi tant d’autres, tellement usés, condamnés au même rôle, à une interprétation sans génie dans le jeu du traître, de la grande bourgeoise ou du people mondain .

Bref on s’ennuya et même les caleçonnades du Président ne nous émurent point. Là où l’on nous promettait Bonaparte, ou pour le moins Napoléon III, nous eûmes Mac Mahon ou Boulanger.
Nous patinâmes dans un triste Labiche, dans un XIXe siècle ranci où le chœur médiatique nous servit un jour une affaire Dreyfus pour venir à la rescousse de Kouchner accusé d’affairisme, le lendemain une nouvelle louche de morale pour couvrir telle affaire qui ne l’était point …
On s’ennuyait tant que chacun n’attendait plus que la pièce se terminât.

Ce ne fut pas tant le désir dans la mise en scène qui manqua que l’imaginaire : Cet espoir - fût-il une illusion - qui entraîne les foules, avec de grands rôles, des Badinter, des Joxe, des Mitterrand… Certains ne les aimaient peut-être pas mais ils étaient investis d’une foi qui leur conférait cette crédibilité dont nos politiciens sont aujourd’hui privés.

Car tout se noie désormais dans la "nébuleuse sarkoziste" où tout est dans tout et le reste nulle part. Cette nébuleuse qui absorbe la gauche, l’extrême droite et l’écologie dans un corps informe et improbable. Où tout n’est que calculs, compromissions, effets d’annonces, déconstruction de tout ce que des générations de politiques avaient créé pour donner sens à la cohésion d’une nation. On attisa donc les différences, on raviva les antagonismes en nous faisant croire qu’on nous restituait ainsi notre « identité » !

L’imaginaire : Il ne s’invente pas. Ce n’est que le désir qu’un peuple incarne et qui cherche son avenir dans le pouvoir qu’il s’est choisi.
Pour beaucoup, le sarkozisme restera le nom d’une trahison. Pour d’autres, la réalité de qu’ils dénonçaient déjà. Pour tous, une girouette folle dont l’agitation n’aura mené le pays qu’à la division. Rien de ce qui avait été promis n’aura été tenu : atonie économique, augmentation du chômage, crise sociale, effondrement du culturel…
Quel bilan !

Alors un tel réquisitoire suffirait sans doute à justifier ce « No Sarkozy Day » que prônent certains de mes amis blogueurs. Pourtant je ne m’y associe pas et mets en garde contre ses effets pervers : Sarkozy n’est que le centre visible de cette nébuleuse. Son vrai noyau, nous le connaissons : les barons du Cac 40, le gang du Fouquet’s, les bouffons des médias et de la culture, les Minc, les BHL, les Duhamel, les Chabot…

Un « No Sarkozy Day » masquerait cette réalité. Il donnerait aussi au pouvoir cet argument que ceux qui s’opposent à lui méprisent les voix de la Démocratie. Or c’est ce qu’il attend. Et quel bilan faut-il tirer de cette journée anti-Berlusconi à Rome si ce n’est le nombre de manifestants qu’elle attira?

Mais si cette initiative prenait corps, si elle entrait dans un projet tel que l’appel à une nouvelle constituante, à une nouvelle République, si elle trouvait des relais dans des appareils politiques ou du moins certains de leurs représentants, alors là seulement elle trouverait sa justification.

Que ceux qui sont les instigateurs de ce « No Sarkozy Day » y travaillent et parviennent à lui donner un avenir et un imaginaire. Le pire serait qu’elle ne soit qu’une autre Techno Parade ou une anti Sarkozy Pride comme son titre le laisserait suggérer.

C’est en Mars ? Tellement peu de temps…

vendredi 5 février 2010

Besancenot, le pire de la politique.




Le leader du Front national a déclaré sur RFI :

"Le foulard, il est islamique quand ce sont des musulmanes qui le portent, quand ce sont des catholiques c’est le foulard catholique. A partir du moment où il laisse apparaître le visage c’est une fantaisie vestimentaire qui n’est pas en soi critiquable".

"A partir du moment où on voit le visage, les gens s’habillent comme ils veulent, ça ne me gène pas", "Ça me fait rire parce que M. Besancenot devient un peu modéré pour un révolutionnaire. Moi je pense qu’un révolutionnaire comme lui aurait dû présenter en tête de liste une femme avec burqa, ça ça aurait été révolutionnaire".


Entre le vieux borgne et le jeune démago, on s’aime comme chien et chat mais il faut bien cohabiter puisqu’on partage la même gamelle, celle des recettes faciles et du mirage d’un paradis pour ceux qui n’ont plus rien que la haine en bandoulière. Et on déterre son électorat chez ceux qui jalousent et ressassent une même hargne contre la démocratie.


Car le petit facteur de Neuilly la porte bien cette sacoche de fausses promesses.


Elles s’affichent d'ailleurs dans les rues avec pour slogan : « Minimum vital 1500 Euros ». L’argumentaire précise que ceci vaut pour tous - jeunes, retraités, sans emploi, travailleurs. Au nom de l’égalité. Le jeune prof qui gagne ses 1500 Euros, je lui conseille donc de voter NPA, de retourner se coucher et d’attendre son minimum vital. Mais c’est du gagne petit : fondez votre parti et exigez votre maximum vital !
Autre slogan du chouchou des bonnes dames de Neuilly et du bon toutou des banlieues à pitbulls, c’est : « Imposer l’interdiction des licenciements ».


Là je suis contre… Mes 1500 Euros, je peux les avoir sans bosser, non ?… Bon, je sais, dire ça, ça fait réac, voire lepéniste… mais n’est-ce pas un peu pareil ? F Haine et Haine PA ?


Ma boulangère, elle se dit qu’elle aurait besoin d’employer quelqu’un, et deux mois plus tard, une boulangerie ouvre à l’autre bout de la rue. Son pain, les gens n' en veulent plus et elle ne peut même plus licencier! Je sais, mes arguments sont simplistes...


Pourquoi cette charge contre Besancenot ?


Parce qu’il incarne le pire de la politique : des paroles condamnées à ne rester que promesses puisqu'il refuse toute « compromission » avec le réel. Donc aucun engagement dans la gestion d’une commune ou d’un département, rien que ce désert acide des paroles qui rongent tout espoir dans l'illusion d’un paradis qui ne viendra pas. Au moins le FN s’est-il, pour son malheur, coltiné aux affaire publiques. Le NPA lui, n’a pas même ce courage; ses militants poussent sur la misère, s’en nourrissent et jouent les belles âmes.


Leur symbole est un porte-voix : Ça leur va bien. Une parole avec rien derrière et qui résonne dans le vide.


jeudi 4 février 2010

Médias: ce que le voile dévoile...

Personne n’a voulu relever la bourde d’Aphatie sur Canal+ quand, évoquant cette jeune femme voilée et tête de liste dans le Vaucluse pour les prochaines élections, il nous informa que celle-ci « avait l’investiture de l’UMP » : risible lapsus d’un collapsus visible de cette bouffonnerie médiatique quand nos bonimenteurs défilent quotidiennement sur les ondes pour délivrer la bonne parole.
Ce que révèle ce lapsus c’est bien la connivence d’un Besancenot druckerisé avec une UMP qui se voit offrir un peu de carburant pour un débat qui commençait à s’essouffler. Et notre bon Apathie est là pour mettre en musique le « sujet » dont il faut parler !

Nous entendîmes donc cette femme voilée nous déclarer qu’elle se contentait de rendre sa religion « visible ».
Dont acte : « le voile de la visibilité », un de ces oxymores poétiques dans lesquels l’âme frémit quand bout la colère du cartésien! L'aveu de son port, non en fonction d’une intériorité ou d’une spiritualité, mais bien pour être vu. Le voile est alors une affiche et donc, en dépit de toutes les dénégations, un élément de prosélytisme. Et d’ailleurs pourquoi pas pour peu qu’on l’assume et le revendique ?

Il faut pourtant en rire car rendre ainsi visible à l’extrême ce qui feint de se dérober au regard est bien le signe d’un art pornographique dont le voile est devenu le sex toy pour exciter une libido médiatique bien flasque s’il n’y avait ce déroulé continu de l’événementiel!

Et s’il ne se passait rien ? Fondamentalement rien ? Et que le Monde titrait : « Rien ! » Et que Ferrari ouvrait, en le fermant, son journal sur « Rien, bonsoir, à demain ! » ?

Ces lapsus qui parsèment les oraisons de nos donneurs de news sont un peu le sourire du mensonge ; ils laissent entrevoir le trouble d’une vérité qu’on s’interdit et, rares sont les journées télévisuelles sans lapsus, même si ceux-là disparaissent aussitôt dans la trappe de l’oubli.

Et pour revenir au "mensonge", on se souvient du procès en sorcellerie qui fut intenté à Clinton pour le seul fait d’avoir menti dans une affaire privée: Ah, le mensonge ! Ce carcan puritain qui vous enserre comme si chacun traversait un chemin d’une transparence absolue à la Disney. Et cette croyance naïve en la vérité comme si celle-ci assurait par son évidence le bon sens de celui qui n’avait d’autre choix que la voix impériale du Bien ! Effets de puritanisme et d’une pensée sclérosée, religieuse.

Mais cet impératif de vérité est terroriste: il refuse cet abri du doute dans lequel l’autre face de soi-même se construit et grandit contre toute vérité proclamée...Ainsi n’y aurait-il que ce choix, que ce raccourci entre réel et vérité, désir et mensonge qui ferait que celui qui rêve, qui combat et aspire à changer le monde serait frappé du sceau du péché : rêver est un mensonge dont on ne peut jouir.

Péché capital : ces sociétés puritaines parce qu’elles nient le pouvoir progressiste et émancipateur du doute sont sans imaginaire et condamnées à la survie sans fin des ritournelles qu’elles proclament. De l’Amérique à l’Islam se joue le même western sur des espaces poussiéreux où des prophètes, ou bien leurs avatars, tirent leurs flingues au nom du Bien et de la Vérité !

Donc, visibilité voilée ou voiles de l’invisible ?
Comme ces femmes revendiquant la visibilité. De quoi ?
De leur revendication pour cacher l’invisible de ce qui n’existe pas : la croyance aux fantômes.

mercredi 3 février 2010

La police religieuse... en France?

Au moins en Iran se revendique-t-elle pour ce qu’elle est - dans sa visibilité, son uniforme et la clarté de ses interdits. Même si ceux-ci ont cette clarté métallique et sinistre du sabre. Mais au moins appelle-t-on un shah un shah et ne joue-t-on pas au shah et à la souris derrière un voile de pudibonderie idéologique…
Mais la France –qui n’est qu’un petit Satan- s’enorgueillit de son rayonnement, en particulier dans les « Droits de l’Homme et du Citoyen ». Et elle ne cesse de se donner en modèle, fière de ne pas user d’une telle police…

Pourtant : la presse, la télévision, les partis politiques ne cessent quotidiennement de décerner des brevets de bonne conduite ou de lancer des décrets d’excommunication dans tous les domaines : l’arabe, le juif, le blanc, le religieux ou l’athée, tel représentant de telle appartenance communautaire, sexuelle ou idéologique trouvera ses défenseurs ou ses détracteur à un point tel que la vie sociale s’apparente de plus en plus à un tribunal où l’opinion est convoquée pour délibérer et trancher, désigner victime et coupable… Lesquels changeront d’un jour à l’autre au gré des commentateurs, de la conjoncture ou de la mode .

Cette masse informe et ténébreuse se révèle tout aussi totalisante qu’une police religieuse. Moins totalitaire sans doute, mais plus pernicieuse : Elle fait de chacun un suspect qui ne saura jamais ce qu’il convient de dire ou de penser sinon à se conformer à la parole de celui qui à ses yeux détient le pouvoir.

Elle fait de chaque individu un coupable pour lui-même. Il peut y avoir ainsi cette dictature de la tolérance, ce totalitarisme mou qui rend le sujet schizophrène, qui le déchire silencieusement pour fabriquer un citoyen formaté selon les normes d’un pouvoir invisible.

Tout débat porte ainsi le voile d’une police qui ne dit pas son nom, qui encadre la pensée dans les frontières de ce qu’elle doit être.

Tous les jours, on reconnaîtra nos Ayatollahs à la télévision, on croisera leurs ombres au détour d’une conversation dans la rue. Mais on sera heureux d’être dans la Patrie de La Liberté...

mardi 2 février 2010

Sondages: Avis de tempête!

Quel serait aujourd’hui, selon vous, la priorité de 3 français sur 4 ? L’emploi, La santé ? Le logement ? Le pouvoir d’achat ?

Non, vous n’y êtes pas… et seul un « grand institut de sondage spécialisé" nous fournira la réponse !
Or sur le Figaro.fr du lundi 1 février, on pouvait lire ceci :

"Le ministre (Eric Besson) a indiqué que TNS-Sofres allait publier en fin de semaine une enquête selon laquelle 74% des Français "jugent prioritaire que nous continuions à valoriser notre identité nationale".

Au moment où le Ministre lui-même commence à admettre certains dérapages, cette phrase est hallucinante et il faut se gratter la tête pour comprendre, pas même pour chercher des poux dans la tête de quiconque… 74% ! Regardez, écoutez les gens : autour de vous, les gens ne parlent que de ça : l’i-den- ti-té na-tio-nale !

Mais laissons les chiffres avec les chiffres car le plus extraordinaire réside dans cet aveu : Monsieur Besson est un prophète. Il connaît en début de semaine les sondages de fin de semaine !

Ah, ce sondage, comme je l’attends aussi ! La question posée sera bien sûr éloignée du titre du journal et posée de telle manière qu’on puisse aboutir à ce résultat…stupéfiant !

Et le trafic de stupéfiants pour nous anesthésier serait-ce donc la raison d’être de ces officines payées par ceux qui soufflent d’avance ce qu’ils veulent entendre ? Non, bien sûr!...Mais rappelons-nous ces sondages payés par l’Elysée et sur lesquels on retira au Parlement le droit d'enquêter: Ça continue?

Soufflez donc, toujours et encore, dans cette bulle, celle du pouvoir coupé du réel, vous qui êtes si certains qu’elle n’éclatera jamais, que notre crédulité sera sans limite…Non, elle n’éclatera pas. Du moins, pas encore.

Mais ça n'empêchera pas le navire de continuer à tanguer : Hortefeux et Alliot-Marie tirent à hue et à dia tandis que chacun est sommé de déminer les effets désastreux de l’appel du Parquet contre Villepin. Même l’identité nationale bat de l’aile et les voiles de la burqa ne parviennent plus à dissimuler que le roi est nu… Avis de tempête !

lundi 1 février 2010

Frêche ou l'hérésie cathare.





Ce matin, ce titre : « Fabius prône le tout-sauf- Frêche ».

Inutile de revenir sur cette histoire de tronche « pas catholique » et entendons cette armée qui se met en marche sur l’hymne de Johnny : « Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle ma gueule ! »

Les grandes guerres ont le vernis de celui qui manque sur les ongles de celui qui se les rongeait tant il trépignait d’impatience à l’ombre de son placard… Le voici donc notre Fabius, hérault de la guerre contre Frêche et les hérétiques d’un Languedoc-Roussillon.

Car il s'agit bien d'une guerre civile– et comme le plus souvent, les guerres civiles sont des guerres religieuses.

Et en cette terre Cathare on exhume donc cette histoire lointaine qui devient farce quand l’un défend l’orthodoxie socialiste en brandissant l’étendard du catholicisme qu’on lui nie et qu’il ne revendique d’ailleurs pas…Vous suivez ? Non ? Pas étonnant: ces histoires de religion sont tellement compliquées !

Et quand le Président du CRIF déclare : » Je sais que Frêche n’est pas antisémite » et que Fabius pleurniche en disant que ses propos sont « évidemment antisémites », il y a de quoi se taper la tête sur le mur des lamentations tant on ne sait plus qui est avec qui, ni pour qui, ni pourquoi. Mais dans cette affaire on marche sur des œufs, il convient donc de brider l’humour au risque de déraper sur le crâne de Fabius ! Tout juste peut-on se risquer à rire d’un éléphant versant des larmes de crocodile.

Mais qu’importe, les couteaux sont tirés et, comme hier, Dieu y reconnaîtra les siens.

La Rue de Solferino viendra-t-elle à bout de la dissidence de la Septimanie ? Qu’importe puisque le vainqueur nous le connaissons déjà. Comme dans toutes les guerres civiles, il reste tapi à l’extérieur pour compter les points. Le Parti Socialiste est le nouveau Liban, terre d’appétit pour les vautours… Le trésor des Templiers suscitera toujours fantasmes et convoitise.

"Je remercie les très nombreuses personnes qui m'ont exprimé leur soutien" a souligné Laurent Fabius, citant notamment l'ancien premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin.

Saint Fabius. Devenir le vassal de Raffarin ! Il faut dire que dans un copier-coller d’un célèbre discours sarkoziste, Martine Aubry déclarait hier en se contentant de changer un mot : « Nous sommes une gauche décomplexée »

C’est bien ça le problème. En attendant, sus à l’ennemi ! Et là comme ailleurs, le ridicule tuant...