lundi 15 mars 2010

La gauche? Un avenir pas si rose...


Que la Gauche ne se réjouisse pas trop vite ! Elle a gagné, certes, mais faute de combattants. Car, conduites par un clown, les troupes de la droite auraient été défaites par un âne. Et croire que, par son génie, elle aurait terrassé l’adversaire peut s’avérer une illusion mortelle.

C’est le sarkozime qui a été abattu à l’issu du premier tour de ces élections régionales. La droite, écœurée par l’agitation bouffonne, les pitreries du couple Sarkozy et l’incompétence du pouvoir a fait grève en partant à la pêche ou en allant protester dans le Front National. Cette droite là ne reviendra plus au sarkozisme, c’est pourquoi je réitère la thèse de sa défaite définitive. Echec et mat. Encore une semaine et la page sera tournée. D’ailleurs avez-vous entendu prononcer son nom hier soir ?

Mais la droite n’est pas morte et continuera à veiller à ses intérêts : Préparons-nous à de prochaines surprises !
Et la gauche ? S’est-elle réunie autour d’un chef charismatique ? A-t-elle une véritable cohérence ?

Non. Preuve en est de cette alliance de la carpe et du lapin qui est celle de ses accords avec les écologistes.
Car, et je sais qu’il est incorrect de le dire, l’écologie est fondamentalement de droite : Nostalgie de la terre, idéalisation du passé, des traditions. Détestation de l’industrialisation. Soumission à un ordre naturel et théorie de la décroissance. Or on sait que la limitation de la production et le contrôle des ressources, sauf régulation internationale qui est de l’ordre de l’impossible, favoriseraient les plus privilégiés et réduiraient les pauvres et les pays du Tiers-Monde à toujours plus de misère. Le masque "gauchiste" de l'écologie n'existe que parce que celle-ci est apparue dans le sillage de 68.

Pourtant, si le socialisme doit composer avec l’écologie c’est dans ce débat difficile parce que peu séducteur pour les consommateurs obèses que nous sommes devenus : Il faut lutter contre la consommation effrénée et ce combat est d’abord culturel. Il remet en cause les codes de « séduction », qui modèlent les individus : le cinéma, la publicité, l’idéal "people" véhiculé par tant de médias, de radios, de télévision - en particulier en prenant pour cible les plus jeunes.

Il ne s’agit donc pas de "décroissance" mais de penser une croissance raisonnée sur un certain type de consommation et d’interdire, par le biais de taxes extrêmement dissuasives, les véhicules de luxe, tous les loisirs polluants, les yachts, les avions privés… Imaginons les prix multipliés par 10 ! Idem pour tout un tas de gadgets inutiles.
Je pense à ces extraits de « la Transparence du Mal » de Jean Baudrillard quand il écrivait : « Nous ne sommes plus dans la croissance, nous sommes dans l’excroissance. Nous sommes dans une société de la prolifération, de ce qui continue de croître sans pouvoir être mesuré à ses propres fins. » Et plus loin, cette évidence : « Tant de choses sont produites et accumulées qu’elles n’auront plus jamais le temps de servir. »

La Gauche est donc face à ce défi : Quelle consommation pour demain ? Quel sens faut-il donner à la propriété et au partage ? Faut-il plus de protectionnisme ou de libre échange ?
Que s'offriront mutuellement socialistes et écologistes? Etrangement ces questions ne sont jamais posées.

J’attends avec impatience que socialistes et écologistes trouvent un socle commun à ce questionnement. C’est un débat nécessaire mais je doute que nos politiques aient jamais le courage de l’ouvrir. Et sans ce débat, la gauche, fût-elle au pouvoir, ne serait qu’une droite adoucie…

8 commentaires:

  1. "conduites par un clown, les troupes de la droite auraient été défaites par un âne" --> cette phrase est une merveille !

    Sinon oui, rien n'est rose. Et c'est bien dommage... Hier c'était un mauvais dimanche, car quand plus de la moitié des gens s'en branlent des élections, tout le monde y perd. Peut être pas sur ce coup, miam les places douillettes qu'on reprend pendant 4 ans, mais au final ?

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  2. rien n'est gagner, juste une rafale qui peut s'évanouir au large ou que nous mènerons s'échouer sur le rivage pour un a-venir qui nous
    appartient.

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  3. A moins d'un événement magique, les dés sont jetés. L'avenir est à faire mais... je radote: le sarkozisme est derrière. 5i je me trome, aïe, aïe, aïe! Mais je serai le premier à le dire. Pas de langue de bois quand on ne dépend que de soi-même!

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  4. «l’écologie est fondamentalement de droite : Nostalgie de la terre, idéalisation du passé, des traditions. Détestation de l’industrialisation.» Pour être iconoclaste, tu l'es, avec ces phrases. Je suis moi-même un peu choqué, parce que je ne suis pas certain que l'écologie puisse se limiter à ce schéma. Mais enfin, bon, je ne sais pas vraiment… Sur le reste, j'espère que N. Sarkozy ne nous fera pas le coup de Le Pen, de renaître de ses cendres…

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  5. J’apprécie beaucoup notre ami Hermès, habituellement. S’agissant de l’écologie, je crains qu’il ne se trompe. Il la dit de droite par nature, je ne le pense pas. La droite la plus agissante, la plus dangereuse pousse au productivisme (on sait quels effets il a produit en Bretagne avec la pollution des nappes phréatiques, et l’envahissement des algues vertes). De même, c’est elle qui appuie des entreprises irresponsables comme Bayer ou Monsanto, grandes productrices d’OGM devant l’éternel. Ces produits n’ont pas encore démontré toutes leurs capacités de nuisances, mais déjà des catastrophes portent leurs signatures comme en Inde.

    L’écologie est une façon raisonnée de vivre sans bousiller l’environnement. Elle peut être appliquée même dans des régions déshéritées comme la corne de l’Afrique, ce n’est qu’une question de moyens, et de choix de société pour mobiliser ces moyens à bon escient au bon endroit.

    Je me permets de rappeler qu’actuellement, des pays développés comme la France diminuent leur participation à l’aide à ces régions, ce qui est tout de même paradoxal. La crise a bon dos, quand on voit les primes qu’encaissent certains traders, et les augmentations que s’octroient quelques happy few sans vergogne ni honte.

    En fait, l’écologie, c’est révolutionnaire, mais les révolutionnaires "traditionnels" la voient d’un mauvais œil parce qu’elle remet à plat beaucoup de notions basées sur la productivité, le travail, le prolétariat. Elle oblige chacun à révéler ses capacités à prendre ses responsabilités, dans un contexte d’égalité que beaucoup veulent oublier.

    Maintenant, l’écologie, c’est la révolution de demain, il faut se le mettre dans la tête, mais Europe Écologie n’est qu’un parti comme les autres, avec ses têtes en quête de bonnes places comme les autres. Sans doute est-ce là que réside la réticence d’Hermès à reconnaître le caractère puissamment futuriste de l’écologie. Après tout, quelqu’un n’avait-il pas proclamé qu’il incarnait la rupture, alors qu’il se contentait de remettre en place les structures d’il y a 180 ans, tel un Charles XI ?

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  6. Donc, peut être aurons nous dans quelques années une gauche plus à droite (avec EE)et une droite encore plus à droite (avec le fn)?
    Ça ressemble aux EU : démocrates et républicains!
    J'ai eu un peu cette discussion hier avec un ami d'EE !
    Enfin, nous verrons bien!

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  7. @ Coucou et Babelouest
    Je n'ignore rien du côté provocateur de mes propos sur l'aspect fondamentalement réactionnaire de l'écologie.
    Ceci dit les fondements peuvent changer et si j'ai tort, tant mieux! Espérons que dans une alliance avec le socialisme, il évoluera vers cette conncience sociale qui, jusqu'à présent, lui fait défaut. D'ailleurs je veux distinguer "l'écologie" avec les réserves que j'ai avancées er les écologistes qui sont des gens le plus souvent, parfaits! Alors tout est possible!

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  8. Tout a fait d'accord avec vous Hermès: l'écologie est l'idéologie qui affirmera de plus en plus la vertu de la pauvreté, et à ce titre la fera accepter aux plus démunis... sans jamais sanctionner les riches, qui, eux, ne sont plus sanctionnables ! L'évènement majeur de ce 21ème siècle est que pour la première fois de l'histoire, le politique cède le pas devant la finance.

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