mercredi 3 février 2010

La police religieuse... en France?

Au moins en Iran se revendique-t-elle pour ce qu’elle est - dans sa visibilité, son uniforme et la clarté de ses interdits. Même si ceux-ci ont cette clarté métallique et sinistre du sabre. Mais au moins appelle-t-on un shah un shah et ne joue-t-on pas au shah et à la souris derrière un voile de pudibonderie idéologique…
Mais la France –qui n’est qu’un petit Satan- s’enorgueillit de son rayonnement, en particulier dans les « Droits de l’Homme et du Citoyen ». Et elle ne cesse de se donner en modèle, fière de ne pas user d’une telle police…

Pourtant : la presse, la télévision, les partis politiques ne cessent quotidiennement de décerner des brevets de bonne conduite ou de lancer des décrets d’excommunication dans tous les domaines : l’arabe, le juif, le blanc, le religieux ou l’athée, tel représentant de telle appartenance communautaire, sexuelle ou idéologique trouvera ses défenseurs ou ses détracteur à un point tel que la vie sociale s’apparente de plus en plus à un tribunal où l’opinion est convoquée pour délibérer et trancher, désigner victime et coupable… Lesquels changeront d’un jour à l’autre au gré des commentateurs, de la conjoncture ou de la mode .

Cette masse informe et ténébreuse se révèle tout aussi totalisante qu’une police religieuse. Moins totalitaire sans doute, mais plus pernicieuse : Elle fait de chacun un suspect qui ne saura jamais ce qu’il convient de dire ou de penser sinon à se conformer à la parole de celui qui à ses yeux détient le pouvoir.

Elle fait de chaque individu un coupable pour lui-même. Il peut y avoir ainsi cette dictature de la tolérance, ce totalitarisme mou qui rend le sujet schizophrène, qui le déchire silencieusement pour fabriquer un citoyen formaté selon les normes d’un pouvoir invisible.

Tout débat porte ainsi le voile d’une police qui ne dit pas son nom, qui encadre la pensée dans les frontières de ce qu’elle doit être.

Tous les jours, on reconnaîtra nos Ayatollahs à la télévision, on croisera leurs ombres au détour d’une conversation dans la rue. Mais on sera heureux d’être dans la Patrie de La Liberté...

4 commentaires:

  1. Ooooh très bien vu! Connaissez-vous "Surveiller et punir" de Michel Foucault?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Panoptique

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  2. Je ne sais pas si, pour le coup, je partage ton avis. Il me semble que c'est aussi le jeu de la démocratie, du vivre ensemble que d'édicter des régles, des limites. Il me semble même que c'est assez sain pour définir un "corps social"…
    C'est une réflexion à mener…
    :-))

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  3. @gas
    Oui, lu il y a longtemps... et oublié!

    @Monsieur Poireau
    Je ne prétends surtout pas avoir raison: ce qui m'intéresse c'est de défricher!Je ne suis ni un parti politique ni un maître penseur... juste un empècheur de tourner en rond pout toute forme de conformisme!

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  4. Hermes : sur le "tourner en rond", nous sommes d'accord ! En fait, je crains surtout qu'on ne nous fasse passer des anecdotes pour des choses importantes, tandis que les vrais enjeux, par exemple le partage des richesses produites, ne passent à la trappe !
    :-))

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