vendredi 22 janvier 2010

Un peu de dignité!

Serait-ce faire preuve d’une pédanterie déplacée que de se dire heurté par la vulgarité qui déferle sur le monde politique et médiatique ?

On peut en effet s’inquiéter de la banalisation de cette grossièreté croissante quand un jour tel homme politique fait un doigt d’honneur devant les caméras ou quand, pour faire « peuple », on rentre dans une surenchère d’insultes…

Ainsi au même moment, Augustin Legrand, candidat d’Europe Ecologie, déclare dans une interview : « Sarkozy, il est tellement con ! » tandis que sur France 4, le Ministre de la Culture parle avec derrière lui cette incrustation « Internet rend-il con ? »

On me dira qu’il n’est pas de bon ton de faire la fine bouche quand on sait que le Président de la République lui-même inaugura l’emploi du mot….

Mais, quand même ! La vie politique ne devrait-elle pas s’attacher à l’exemplarité, et dans la forme et dans le fond ? Et quelle sinistre conception de la démocratie quand on pousse l’image du peuple vers le bas alors que, au contraire, la démocratie est l’expression la plus haute et la plus exigeante de ce peuple ! Enfin, et c’est le plus grave, cette banalisation de la vulgarité renvoie à cette violence verbale qui n’admet pas la contradiction: elle est de nature fasciste.

Bien sûr, il ne s’agit pas de jouer les prudes et l’ironie comme l’humour ont toute leur place, mais quid de la désinvolture et de l’agression en lieu et place de la dignité et du débat ?
Certes la vulgarité ne se limite pas au langage et la voix sirupeuse de Jean-Pierre Pernaut, si elle nous épargne la grossièreté des mots, ne nous prive pas malgré tout de l’obscénité d’une pensée dégradante pour ceux qui en sont béatement les victimes…

Donc le 25 janvier, Pernaut sera le chef d’orchestre de la parole de Sarkozy lequel sera invité chez le Parrain de son p’tit Louis, Martin Bouygues, propriétaire de TF1. (Remettons en fond sonore, la musique du Parrain….)

Pernaut nous promet donc: « une interview sans filtre et sans langue de bois »… On peut craindre le pire. Vulgarité certaine. Gueule de bois assurée.

Et ainsi roule l’information dans le pire de sa crudité tant il est désormais convenu que plus c’est gros plus ça marche…
Le cynisme est devenu l’art suprême de la politique : Ainsi Proglio s’en va-t-il par la grande porte en abandonnant 450000 Euros avec panache sous les feux des projecteurs qu’il revient en douce, le lendemain, avec … 13 millions de retraite par VEOLIA ! Ah, l’amitié !

Que ceux qui prétendent s’opposer à Sarkozy ne se sentent pas obligés d’utiliser sa tonalité et sa vulgarité. Au contraire, laissons-lui ce triste privilège…

6 commentaires:

  1. En total accord avec ce que vous avez écrit.
    Quand fleurit l'insulte le débat n'est plus possible. Ce type de violence verbale vulgaire est le premier pas vers la violence physique.
    Pour certains excès de réactivité, absence de self control, pour d'autres stratégie, effectivement fascisante.
    Sans parler de l'exemple, délétère, donné aux jeunes générations dont, par ailleurs, les mêmes fustigent le manque de culture ou la violence.

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  2. @celeste
    L'insulte ne fleurit pas...mais pour le reste, tout est juste!
    @falconHill
    D'accord ou pas, l'essentiel est de trouver ces points de "dialogue"! Et vive ce vieux mot de "coutoisie"!

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  3. Séraphin M'Bwankignol22 janvier 2010 22:26

    « Et vive ce vieux mot de "coutoisie"! »

    Ah ça, missié, la couwtoisie, c'est twès impowtant.

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  4. Eh oui, désolé, ça manque d'"r"!

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  5. Lorsque je suis venu au Net ( via mon blog) en mars 2008, je pensais que le dialogue éviterait les insultes, grossieretés et autres paroles de caniveau. Aussi ce fut ma grande surprise que e lire, de voir que la blogosphère politique fonctionnait ainsi et que beaucoup d'intervenants, de tenanciers de blogs ( de Gauche et de "Gauche") n'hésitaient pas - derrière leur anonymat - à jouer les Grandes Gueules absolument insupportables.
    Il est heureux que tu remettes ça sur le tapis, tapis qui ne devrait servir qu'à s'affronter loyalement, sans concessions, sans complaisance. Nous avons des adversaires pas des ennemis en face de nous et ce serait de les servir que d'user d'armes comme l'invective, l'insulte, la moquerie. Par exemple, je me suis élevé contre ceux qui traitaient Nicolas de " nain" car j'ai un ami nain. Comme je me suis élevé contre un bloggeur qui avait mis en titre de son article "Une connasse blogosphérique".
    Je renvoie à mon article : Politique et Politesse. Et encore merci pour dire ces choses essentielles.



    http://www.pensezbibi.com/pensees-politiques/politesse-et-politique-1007

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