mercredi 30 décembre 2009

L'honneur perdu du journalisme

« Merci Carla! L'épouse de Nicolas Sarkozy a joué un grand rôle dans la grâce accordée à Céline Faye et Sarah Zaknoun, rentrées mercredi en France après avoir passé 18 mois en prison en république dominicaine. Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat à la Coopération, en a profité pour souligner le rôle «essentiel» joué par Carla Bruni-Sarkozy dans cette libération obtenue par grâce présidentielle du chef d'Etat dominicain, Leonel Fernandez.

Les premières dames de Nicolas Sarkozy savent ainsi se montrer particulièrement efficaces pour libérer des prisonniers présumés innocents. Après Cécilia qui avait fait sortir des infirmières bulgares du joug libyen en 2007, c'est donc au tour de Carla de «s'impliquer personnellement» et d'obtenir une issue miraculeuse. »

Tel est le début de l’information de « 20 minutes.fr « concernant la libération de nos nouvelles héroïnes. Celles que journaux et télévisions ne cessent désormais d’encenser depuis qu’il n’y a plus qu’en Fance que règnent la justice et les droits de l’homme…
Voici donc ce qu’est l’information en France délivrée par des « journalistes professionnels »(!). Rien à voir donc avec ces bloggeurs irresponsables qui écrivent n’importe quoi !

Donc, au début, on remercie Carla Bruni : Ca c’est de l’info ! Vive l’éthique de la presse !
Puis on évoque les « prisonniers présumé innocents »… Ah bon ? Il n’y a pas eu procès ?
Et enfin … « l’issue miraculeuse ». Ah je me souviens de cet article – l’Express, je crois – où l’on disait que Carla serait la prochaine Mère Teresa : Nous y sommes ! La révélation des miracles, voilà la mission du journaliste !

Mais n’adoptons pas la position du missionnaire et sortons nos cervelles : Inutile de revenir sur l’affaire somme toute banale de deux « mules » parties sous les cocotiers pour revenir enrichies avec de la drogue. Mais erreur judiciaire, pourquoi pas ?

Or le travail journalistique n’est-il pas justement d’enquêter ?

Pourtant, tandis que partout, de la télévision à la presse écrite, on salue cet « heureux dénouement », personne ne se sera soucié d’ effectuer un minimum de recherches… Alors, amis journalistes, au travail !
Commençons par cet extrait du Monde en décembre 2008 concernant cette affaire :

"Pour le reste, les réseaux ont recours à des "mules" qui se mêlent au flot des millions de touristes. Parmi les passeurs arrêtés cette année par la DNCD figuraient 30 ressortissants des Etats-Unis, 18 Espagnols, 8 Hollandais et 7 Français. Sur les 22 Français actuellement emprisonnés en République dominicaine, 21 le sont pour trafic de stupéfiants et un pour pédophilie.

Souvent recrutées dans les banlieues parmi les jeunes vulnérables et attirés par l’argent facile, les mules se voient offrir une semaine dans un hôtel de luxe tous frais payés et 5 000 à 6 000 euros pour ramener une valise.

"On leur dit qu’il n’y a aucun risque et que si, par malheur, ils se font prendre, le pays est tellement corrompu que le réseau paiera pour les faire sortir de prison en quelques semaines", raconte le policier. Il n’est pas rare que les réseaux de trafiquants dénoncent une mule chargée de peu de cocaïne ou de produits frelatés pour tenter de faire passer de plus grandes quantités dans le même vol. »

Alors coupables ou pas coupables ?

Sans refaire le procès, n’importe quel journaliste pourrait nous fournir quelques réponses à des questions simples : Comment ces deux jeunes filles avaient-elles financé leur voyage ? Quel en était le coût ? Quels étaient leurs revenus ?
Questions auxquelles n’importe quel journaliste d’investigation pourrait répondre. Mais les journaux nous fournissent la preuve que leur travail est d’encenser, de dire « merci » et de manipuler…

Cette affaire est aussi un « scandale d’état » puisqu’on nomme ces deux délinquantes (jusqu’à preuve du contraire), « Ambassadrices » de la lutte contre la drogue ! Qu’on va créer une Association à leur nom doté par l’Etat d’un budget conséquent ! Que le crime trouve donc ici sa récompense avec la complicité indirecte d’un sous-ministre et de la première « dame » de France qui rimera désormais avec « came ».

Mais ce scandale qui n’est pas même évoqué n’est rien à côté de la honte que devraient éprouver aujourd'hui tous les journalistes... Comment défendront-ils désormais une profession qu'ils auront tellement déshonorée...
Qui ne rira désormais de vos bonnes paroles et vos "reporters sans frontières"? Rendez-nous Tintin!
Journalistes, réveillez-vous !

mardi 29 décembre 2009

De la taxe carbone au bicarbonate...

Dans le Guignol's band on s'amuse toujours: tapis rouge donc pour deux otages de la sauvagerie carcérale enfin libérées par le Grand Zéro et, en même temps, invalidation de la taxe carbone par le Conseil Constitutionnel!

Quel grand gouvernement!

Et Borloo... condamné au bicarbonate pour gueule de bois. La taxe carbone plombera sa tête... et sa langue de bois.

En cette fin d'année: "Il est des nôôôôôôtres..."

Les héroïnes de la coke.

« Ce monde inquiet sent la poudre » pouvait-on lire sur les murs de 68.

Notre Président, bien qu’il soit toujours dans ce jeu d’attirance et de répulsion feinte pour cette dite époque - laquelle, sur ses barricades d’opérette, vit l’éclosion de la Grande Révolution Blingbling - reste donc dans le souvenir insistant de la poudre. Mais laquelle ?

Je n’irai pas, en dépit d’une mémorable épopée mexicaine chez un caïd de la coke et de ses tics entre deux frottements de narine, suspecter « la came » de Carla de s’adonner à quelque poudre magique mais, les temps, décidément, sont étranges :
Aujourd’hui même, un membre du gouvernement de la République Française en la personne du Secrétaire d’Etat à la Coopération est parti en République Dominicaine accueillir deux jeunes françaises condamnées pour trafic de cocaïne, non pas "blanchies" mais graciées « grâce à l’action de Carla et Nicolas Sarkozy » (sic)

Faut-il rappeler que la République Dominicaine n’est pas, elle, une république bananière et que le procès qui condamna les deux demoiselles à une peine de prison ne déroge à aucun aspect du droit. Et qu’il serait surprenant que les geôles du dit pays soient pires que celles de la Patrie des Droits de l’Homme qui sont les pires de l’Europe… après la Moldavie !

Mais pour notre spécialiste de la poudre -aux yeux-, il fallait, en ces périodes de fêtes, une douce vaporisation de paillettes magiques version « Bonne nuit les petits » pour bercer le bon peuple. Et nul commentateur ne haussa les sourcils pour s’étonner des honneurs rendus à deux délinquantes qui pour l’instant sont les hôtes de l’Ambassade de France.

Certes on me dira que les demoiselles clamaient leur innocence… Mais combien de milliers de prisonniers en France condamnés pour des faits similaires ne crient-ils pas leur innocence ?

Monsieur le Président de la République, je ne doute donc pas que, sans aller jusqu’à leur rendre honneur comme vous l’avez fait là-bas, vous saurez, ici, retrouver la tradition des grâces présidentielles de fin d’année et faire libérer tous les dealers et dealeuses de notre grand pays.
Les Français, connaissant votre sens de l’équité – ce mot dont vous usez tant – ne peuvent qu’attendre un tel geste. Sinon pourquoi deux poids, deux mesures ? Connaissant l’insolence de ces journalistes dont vous vous plaignez tant, vous savez pourtant que vous auriez à répondre à une telle question !

Mais hélas n’attendant rien d’autre, pour le mieux, qu’un peu de poudre de perlimpinpin, je doute fort de votre mansuétude. Que vous preniez la poudre d’escampette serait sans doute la meilleure solution et, en tout cas, le vœu de nombreux français pour la nouvelle année 2010.
La République Dominicaine et ses cocotiers saura vous accueillir dignement.
Happy New Year, Mister President, and have a good trip !

lundi 21 décembre 2009

Pour un Père Noël "fort et progressiste"

Que de partout les chiens se rassemblent pour remuer la terre et les immondices des hommes, ce n’est pas bon signe : Les temps mauvais surviennent avec ces meutes qui hurlent dès qu’elles ont flairé l’os à ronger et pour lesquelles elles s’entre dévoreront pour qui obtiendra le meilleur morceau… identité nationale, minarets et burqas…. Que d’os, que d’os !

Et voici qu’à la traîne de la meute officielle, de droite à gauche on s’agglutine dans l’arrière-cour de la gente canine pour se faire les dents, aiguiser sa violence à défaut d’avoir encore quelque chose d’humain à proposer…

Et voici alors que Valls et quelques autres encartés PS aboient dans une tribune de Libération… Tirant la langue aussi fort vers leur maître désiré que sur leur chaînes, ils demandent l’interdiction de la burqa dans l’espace public !

Qui de sensé ne pourra comprendre qu’une telle loi est impossible à mettre en œuvre, la plupart des femmes ainsi vêtues se rencontrant davantage chez Hermes ou Cartier que dans les banlieues?
Et qu’on ne peut légiférer sur l’apparence et la vie privée?
Et qu’un espace public c’est quoi ? La rue, un brin de forêt, un rocher sur la mer ? Mais qu’importe, car le plus grave est à venir.
Voici ce que disent Valls et sa niche (Source Nouvelobs.fr) :

"Nous sommes favorables au bannissement pur et simple de ce vêtement dans l'espace public et ses services mais aussi sur l'ensemble de la voie publique", écrivent Manuel Valls, Aurélie Filippetti et Philippe Esnol dans une tribune.

Les trois élus socialistes jugent "essentiel de bâtir", avec "nos compatriotes de confession musulmane", "un Islam de France fort et progressiste". "L'Etat français, sans hypocrisie, doit notamment pouvoir aider les musulmans à sortir des caves indignes dans lesquelles ils ont été réduits à prier et construire sur l'ensemble du territoire des mosquées ayant pignon sur rue", écrivent-ils.
"Ne pas s'en remettre à la politique de l'autruche, être attentif aux aspirations des musulmans de France tout en fixant des limites claires à ce qui peut se faire ou pas dans la République, c'est le meilleur moyen de renforcer l'Islam de France et de faire reculer le fondamentalisme".

C’est socialiste, c’est estampillé de gauche, laïque et plus si affinités. Enfin des proposition révolutionnaires !
Contre la burqa pour celle qui la choisit ou qu'on lui impose - ce qui doit être plus rare dans la mode médiocratique - on se drape donc des guenilles de laïcité pour couvrir l’insupportable nudité de la morale de gauche dont l'obscénité n'a d'égale que la connerie de droite et l’indécence de ceux qui ne voudraient pas que s’érige sur l’espace public quelque religion que ce soit, fût-elle « forte et progressiste »!
Or mieux vaut une burqa dans la rue, qui disparaîtra avec le vent et les bourrasques de la mode, qu’une « mosquée ayant pignon sur rue. »

Mosquée, je m'en moque. Mais je hais « tout ce qui a pignon sur rue », tout ce qui témoigne de la force, de la captation du regard et de la pensée - que cela vienne de l’univers marchand, religieux ou d’ailleurs. Et la politique n’est pas là pour renforcer une religion quelle qu’elle soit ! Esclave de l'argent, de l'économie, faudrait -il qu'elle s'en prenne à nos coeurs, à nos âmes, à nos tripes et au reste?

Mais pire qu’une femme en burqa, soumise à l’homme et à l’obscurantisme, je vois parfois, depuis quelques jours -ce qui est bonnet blanc et blanc bonnet, avec un peu de rouge - cette scène insoutenable de quelques barbes blanches vêtues d’habits grenats et manœuvrant l’esprit innocent de quelques jolies petites têtes blondes… Que d’êtres soumis à des croyances insupportables, totémisés à des jouets japonais ou chinois…
De cette aliénation mentale et marchande on ne parlera pas !

Que la lutte contre la burqa ne nous aveugle pas sur ce véritable ennemi qui ne cesse de revenir chaque hiver dans les écoles, les rues et la télévision: Arrêtons le Père Noël ! A moins qu’il ne soit « fort et progressiste » ! Libertaire, égalitaire, fraternitaire.

Sagesse de l'incertitude (suite)

Ainsi, pour certains, le net serait-il cette poubelle dont il serait temps de se débarrasser en oubliant qu'il ne serait pas cela s'il n'y avait tant d'ordures à y déverser. Qui le fait et pourquoi?
Prendre du recul c’est trouver le temps nécessaire pour retourner dans les textes. Échapper au bruit, à Copenhague ou de ce qu’il en reste : c’est-à dire, rien.
Et poursuivre quelques digressions sur l’incertitude… Contempler l’écume, dans son sillage, s’en contenter pour la seule beauté silencieuse des choses et des questions qu’elle fait éclore.

Or dans une page de Nietzsche, il y aurait tout de l’art et de l’éthique –et des conseils – pour un futur bloggeur :

« Et voici le récit de l’entretien de Zarathoustra avec le chien de feu :

« La terre, dit-il, a une peau ; et cette peau a des maladies. Une de ces maladies s’appelle par exemple : « homme ».
Et une autre de ces maladies s’appelle « chien de feu ». C’est sur ce chien que les hommes se sont dit et se sont laissé dire bien des mensonges.

C’est pour approfondir ce secret que j’ai passé la mer : j’ai vu la vérité nue, en vérité ! pieds nus jusqu’au cou !
Ce qu’il en est du chien du feu, je le sais à présent : et aussi de tous les démons de révolte et de rebut, dont les vieilles femmes ne sont pas les seules à avoir peur.
« Sors de ton antre, chien de feu ! me suis-je écrié, et avoue combien la profondeur est profonde ! D’où tires-tu ce que tu éructes ?
Tu bois abondamment à la mer : c’est ce que révèle le sel de ta faconde ! En vérité, pour un chien des profondeurs, tu prends trop la nourriture de la surface !
Je te tiens tout au plus pour le ventriloque de la terre, et toujours, lorsque j’ai entendu parler des démons de révolte et de rebut, je les ai trouvés semblable à toi, avec ton sel, tes mensonges et ta platitude.

Vous vous entendez à hurler et à obscurcir avec des cendres ! Vous êtes les plus grands vantards et vous avez appris en suffisance l’art de faire entrer la suffisance en ébullition.
Partout où vous êtes, il faut qu’il y ait de la fange auprès de vous, et beaucoup de choses caverneuses et étroites. Ce sont elles qui veulent être libérées.

« Liberté ! » c’est votre cri préféré : mais j’ai perdu la foi en les « grands événements », dès qu’il y a beaucoup de hurlements et de fumées autour d’eux.
Et crois-moi, mon cher vacarme d’enfer ! les plus grands événements, ce ne sont pas nos heures les plus bruyantes mas les plus silencieuses. »
Nietzsche: "Ainsi parlait Zarathoustra" (Des grands événements)

dimanche 20 décembre 2009

De l'incertitude, du doute et de leur fragilité.


Alors qu’on souhaiterait avancer à pas feutrés dans cet univers des idées - si fragile qu’en déplaçant un mot, l’on en vient parfois à ce que tout l’édifice que l’on convoitait s’effondre: on se retrouve soumis au tintamarre ambiant, et comme tout un chacun, esclave de ce bruit, de ces passions dont l’excès, qu’on revendique et qu’on condamne, inciterait davantage au recul, au silence...

Mais ce retrait est-il possible quand les mots s’imposent et qu’ils rodent autour des choses, flairent de nouvelles pistes, trépignent ? Et se dressent et aboient ? Ou bien se tapissent à l’ombre d’eux-mêmes, modestes ou fatigués, comme désespérés de n’être que des mots si volatiles dans la fragilité du monde ? Il faut donc avancer encore et encore sur ce fil si tenu qu’on nomme une pensée, aussi flottante que des moutons de poussière.

Dire l’incertitude c’est, en funambule, toujours chercher et choisir qui du chien et du loup nous habite tour à tour. Encore une fois, la poésie, parce qu’elle se joue du jour comme de la nuit dont elle se satisfait pour dissoudre le sens et tordre le cou aux idées reçues, peut souffler autre chose. Ainsi dans ce poème de René-Guy Cadou :

« Les chiens qui rêvent dans la nuit
Il y a toujours un poète qui leur répond par une petite lueur
Tirée comme un bas jaune sur une maigre lampe
Et l’on ne sait rien du poète
Et l’on se cache de ces chiens
Qui tirent sur leur chaîne comme s’ils remontaient
Du fond de la journée un seau lourd de ténèbres »

Du chien, du loup ou du poète, faut-il démêler l’écheveau d’une vérité qui peut-être n’est pas mais qu’en Œdipe aveugle nous cherchons encore en tâtonnant le long des routes ?
En tout cas, je n’ai jamais autant cru à la poésie depuis qu’elle a quitté l’écran-radar de la culture.

vendredi 18 décembre 2009

Nicolas Sarkozy: la perversion narcissique.



Le Caravage: Narcisse.





Les principaux critères diagnostiques du trouble de la personnalité narcissique veulent que le patient présente au moins cinq des symptômes suivants :


-le sujet a un sens grandiose de sa propre importance (par exemple, surestime ses réalisations et ses capacités, s'attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport) ;


-est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté, de perfection, ou d'amour idéal ;


-pense être « spécial » et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau ;


-montre un besoin excessif d'être admiré ;


-pense que tout lui est dû : s'attend sans raison à bénéficier d'un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits ;


-exploite l'autre dans les relations interpersonnelles : utilise autrui pour parvenir à ses propres fins ;


-manque d'empathie : n'est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d'autrui ;


-envie souvent les autres, et croit que les autres l'envient ;


-fait preuve d'attitudes et de comportements arrogants .


Notre patient, Nicolas Sarkozy, entre largement dans cette catégorie décrite, entre autre, dans Wikipédia où l’on lira la définition suivante : La perversion narcissique est une tendance à utiliser l’autre pour se faire « exister plus. »


Mais au-delà des symptômes qui renvoient à l’infantilisme du Président de la République – impossibilité de se mettre en retrait, cette façon de bousculer tout le monde pour se faire remarquer au premier rang, ces yeux qui s’allument à la vue d’un beau joujou, tel le stylo Mont-Blanc qu’il empoche en Roumanie, cette façon de dire : « Regardez-là ma meuf, z’en avez une comme ça vous ? » – la forme même de son discours est fortement empreinte d’une structuration narcissique.

Lors de sa dernière prestation télévisée avec Michel Denizot sur Canal+, le Président n’a pu s’empêcher de poser cette fausse question qu’il ne cesse décliner rituellement d’un discours à l’autre en arborant le sourire satisfait de celui qui piège son auditoire :
« Voudriez-vous que je reste à mon bureau, les bras croisés, à ne rien faire ?"

Une phrase qui souligne un activisme sans actes et que le Président accompagnera en croisant les bras.

La parole donc et le geste qui met en scène la dénégation de cette parole. Comme s’il se contemplait dans l’admiration de celle-ci qui, effectivement, interdit toute contradiction de « bon sens. » Avec aussi cette double phrase pour le moins étrange: "TU es le Chef de l'Etat. Si JE n'agis pas maintenant..." Ô miroir, ô mon miroir...

D’ailleurs le « journaliste » n’est choisi que pour son silence complice, il est censé « figurer » le spectateur qui ne peut répondre mais n’a d’autre choix que d’acquiescer.

L’interviewer n’est alors plus que le miroir de la parole présidentielle, miroir et écran dans lequel le Président ne dit rien, n’informe pas mais se regarde et se montre.

La parole présidentielle se fait exhibitionniste. L’écran de télévision est cet espace d’auto admiration dans lequel le spectateur, le « citoyen » dépossédé est réduit à un silence complice : la forme mime le ton d’un débat qui nous impliquerait et rythme un discours qui, ainsi, incarne l’apparence de l’action.

Or Narcisse n’agit pas.

Agenouillé devant son miroir, dans la contemplation de lui-même, il est imperméable au monde et aux autres. Sauf à être admiré.

Sans doute est-ce pour cela que, paradoxalement, tout le sarkozisme repose sur la communication : l’art du faux dialogue.

Ce n’est plus la propagande, injonctive, qui vous somme d’ adhérer mais une séduction fondée sur cette absence de réalité de l’Autre réduit au fantasme d’un simple spectateur.

Un Autre déchu de toute citoyenneté, définitivement exilé du champ politique. On comprendra mieux alors pourquoi il n’y a pas un discours sarkoziste mais dix, qui se superposent au gré du temps et de son interlocuteur imaginaire : un discours pour l’électeur d’extrême droite, le lendemain un autre pour celui de gauche et un autre jour pour l’écologiste.

Nicolas Sarkozy s’agenouillera devant n’importe quel discours pour peu que celui-ci le rende admirable.

C’est moi, moi, moi. Avant Obama ou Merckel, Moi !
Cette « communication » est donc un leurre qui vous incite à entrer dans l’espace présidentiel.

L’intimité qu’il feint de vous faire partager n’est rien d’autre que son plaisir solitaire.
Le sarkozisme, maladie infantile du néo-libéralisme ?

mercredi 16 décembre 2009

Les forçats de la terre


Jean-François MILLET - Les botteurs de foin.

Qui s’intéresse encore à eux, à ces paysans si loin de la grande consommation, du luxe, de la fringue et du spectacle ? De « tout ce qui fait le monde » pour reprendre un air à la mode….


Eux, par définition, si loin de ce parisianisme qui les ignore quand il ne le méprise pas, de cette « élite » avec sa vérité autoproclamée qui domine tous les discours « autorisés » à partir de leurs tribunes au « Monde », au « Figaro » ou à « Libération » desquelles le monde rural est toujours absent.


Eux, les travailleurs pauvres qui ne hantent pas les villes. Car la plupart d’entre eux vivent et travaillent dans les marges de la précarité. Ils ne sont pas SDF et ne couchent pas sur les trottoirs. Invisibles donc, comme exilés par les médias dans ce destin obscur des bois et des champs.


Et si on leur donne un visage, encore faut-il recourir aux vieux clichés jaunis de l’homme à la gitane maïs vissé à la lèvre, le kil de rouge à portée de main, la maladresse des mots dans la bouche… Cette impossibilité qu’on leur prête à appartenir à la modernité donc au monde. A peine s’ils existent, sauf quand il s’agit de se rassurer sur notre identité nationale, quand, par miracle, on fait corps avec notre passé.
Comme si leur réalité révélait une vérité sur les autres - vérité dérangeante pour ceux qui se sont coupés de la terre et des saisons, de l’espace et du temps, mais qui prétendent néanmoins imposer à chacun des leçons de réalité avec des impératifs moraux.

Flatté par une droite qui le méprise, peu aimé d’une gauche trop élitiste dont l’histoire s’est construite en parallèle avec l’industrialisation, le paysan est suspect. Attaché à la terre, enfermé dans ce droit du sol, forcément archaïque, ancré dans les profondeurs ténébreuses de l’Histoire, accroché à cette mission si triviale qui consiste à nous nourrir, on le destine à cette culpabilité qu’il traîne comme lui, autrefois, les bras de sa charrette.

Quant aux verts, ils ne les aiment guère plus, ceux-là qu’on accuse d’être responsables des algues tueuses, de l’eau contaminée, de l’usage des pesticides… La faux reste l’emblème de la Mort.

José Bové ? Allons, un peu de sérieux ! Ce fils de chercheurs de l’Université de Berkeley quand il était enfant et dont le père était membre de l’Académie des Sciences n’a jamais été rien d’autre qu’un activiste politique. Celui qui se prétend paysan n’est que gérant de la Société Civile des Terres du Larzac.

Quand on parle au nom des agriculteurs, c’est toujours et encore pour évoquer les plus forts, les grandes exploitations détenues par exemple par le Prince de Monaco, ou bien ces paysans introuvables, ceux qui aimeraient la culture bio si on leur en donnait les moyens plutôt que de les accuser. Les agriculteurs, eux, on ne les entend jamais.

D’ailleurs il n’y a à peu près qu’à TF1 chez Pernaut qu’on en parle. Mais Justement pour entretenir dans la population ce mythe d’une intemporalité, celle d’une France rurale ancrée à jamais dans le passé de la terre et des petits métiers.

Une France avec ses bons pauvres, ceux qui ont la décence de ne pas dormir sur les trottoirs, de ne pas faire bruit dans les HLM. Certes on leur attribuera un teint rougeaud mais ils sont blancs, tellement blancs. Ce sont les bons pauvres. Ceux qui ne parlent pas et dont on ne parle qu’au passé.

Exclus du champ médiatique, ils sont bons à trimer dans leurs champs pour rembourser les dettes auxquelles la productivité les condamnés. Car les banques ne les oublient pas. Les paysans sont encore plus soumis aux banques qu’à la terre qu’ils travaillent. La banque plus visible dans leur tête que le clocher du village.

Et depuis le début des années 90, leurs revenus baissent. En 2009 ils auront chuté de 34%. Parmi toutes les catégories sociales, c’est dans le monde agricole que le taux de suicide est le plus important. Mais c’est moins médiatique que France Télécom. On n’en parle pas. 16% des ménages agricoles, selon l’INSEE, vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

Des gens qui travaillent, mais qui sont exclus de tout et même des Restos du Cœur limités aux villes.
Mais des gens qui ont le bon goût de ne pas exposer leur pauvreté, de ne pas la crier.
Sur Internet, on n’en parle pas : internet c’est la ville encore, les réseaux, la vitesse.

Alors justement il faut en parler, briser ce tabou qui condamne celui qui dans nos têtes doit rester cet être soumis, ce chouan responsable de ses malheurs parce que se courbant devant la terre et les forts. Coupable de se taire alors qu’on ne lui donne pas la parole, d’être le serf qui serre les dents sans se battre…


e n’est pas médiatique ? Raison de plus pour leur dire de parler, nous, bloggeurs, journalistes ou autres qui, trop souvent, parlons au nom des autres …

mardi 15 décembre 2009

Qui nous gouverne?

Qui nous gouverne ?
Sont-ce ces politiques qui s’expriment en notre nom puisque tel est le principe de nos démocraties ? Est-ce le réel qui, dans son ensemble, dicterait une loi raisonnable à laquelle chacun se plierait dans une forme de sagesse collective ?

Le réel et la politique sont liés de la même manière que les mots et les choses. Qu’ils impriment leur pouvoir, nul ne pourrait le nier mais suffisent-ils à nous gouverner ? Et même n’est-il pas certain qu’une troisième instance, plus flottante, plus invisible, domine désormais en s’étant emparé et de l’un et de l’autre ? Car le véritable pouvoir ce n’est plus ce qui nous contrôle de l’extérieur mais bien ce qui régit notre pensée par une fabrication de notre imaginaire.

Est-ce là entrer dans le schéma de Debord ?…

Encore aurait-il fallu croire alors en une autonomie de la créativité et accorder à celle-ci un rôle émancipateur dans un monde où l’ouragan des images et la disparition de l’art contribuent à rendre chacun acteur et artiste, c’est à dire faire de chacun un être dépossédé de son humanité et réduit à une figure fantasmée par les intérêts mercantiles d’une société entièrement régie par le spectacle de la mode.

Sans même évoquer cet être dépouillé de toute aliénation de classe qui semble être l’écueil des situationnistes.

Mais il certain que ces attaques massives d’images et toutes les représentations mentales qu’on nous inflige, que tous ces mythes qui métastasent le réel n’ont d’autre fonction d’enfermer celui-ci dans une parenthèse d’acier et de béton, de jeter le discrédit sur lui et sur toute les conceptions de vérité et de morale qu’il reflète.

L’homme contemporain n’aura jamais été aussi proche du mythe de la caverne. Comme le montrait Platon, nous sommes victimes d’un leurre et nous en sommes les prisonniers : les images qui nous sont renvoyées se substituent au réel et prennent le contrôle de notre subjectivité. Chacun, en toute innocence, gouvernants et gouvernés, participe à l’asservissement d’autrui par la propagation des mythes ainsi construits qui s’agglomèrent dans une communauté de culture.

En ce sens, oui, « l’enfer c’est l’autre ».

L’autre, le miroir, l’écran, tout à la fois émetteur et récepteur d’images. L’au-delà de soi, la « différence ».
« On » devient donc ce pouvoir. A chacun de savoir ramper et trouver une issue dans cette jungle de représentations qui sont souvent autant de mensonges, de manipulations, de désinformations.
« On » se réduit à ce discours informe consubstantiel à chacun, émanation d’un halo médiatique et publicitaire généralisé qui nous noie dans ses brumes.

Cessons de dénoncer le pouvoir comme un Autre absolu, fantasmé dans le nom d’un sujet qu’il soit celui de Sarkozy ou d’un autre. Le vrai pouvoir n’a pas de nom car il est sans sujet.
Non pas que son incarnation en politique soit marginale. Mais le nom, le sujet, ne représentent qu’un maillon peu signifiant dans une chaîne tellement plus large, dont chaque élément jouit de son autonomie en participant à la globalisation du pouvoir.

Le pouvoir est une synergie, donc.
Le contrer reviendrait à reprendre la même structure, aliénante par nature puisque « immanente », hors de notre champ de liberté.

C’est pourtant seulement dans cette perspective d’un détournement de l’imaginaire par l’action collective que nous pourrons encore nous approprier le réel. Violence symbolique contre la violence symbolique.

Ce qui signifie, concrètement, beaucoup plus qu’il n’y paraît. Quelques exemples en vrac :

Sur près de 35000 accréditations pour la Conférence sur le Climat à Copenhague, 21000 ont été accordées à des ONG ? Or, il est temps de dire que les ONG n’ont aucune onction démocratique. Les ONG ne sont généralement que le produit du lobbying, d’un pouvoir et d’un argent occultes. Dans le monde qu’on nous prépare, l’imaginaire « humanitaire » qu’elles ont diffusée est en passe de se saisir du pouvoir réel sur les décombres de la démocratie. Or les médias ne cessent d’être les propagandistes zélés de ces ONG.

Les médias, toujours dans le même registre de la bien pensance humanitaire ne cessent de mettre en scène téléthon, Sidaction et j’en passe. Tout cela sur les carences de l’Etat. La rengaine médiatique n’est que la mise en scène du faux où chaque people, acteur, célébrité, artiste, journaliste se presse sur la couverture pour se montrer en sauveur du monde contre la misère, la maladie ou la faim.

Et les journalistes ! Et les présentateurs-vedettes avec Drucker, le chienchien des présidents offrant un toutou à Chirac !… Quel beau jeu de miroir ! Drucker dégoulinant de mièvrerie satisfaite sur la gentillesse de tous les requins … Carla Bruni habituée des repas au Bristol et faisant la une de « Macadam », le journal de la rue, pour nous dire qu’elle a un ami SDF, qu’elle le protège, etc. Qu’importe le mensonge ! L’image, rien que l’image ! Retour des dames patronnesses et de l’hypocrisie sociale. Le caritatif c’est le contraire de la justice.

Le pouvoir c’est donc tout cela : ce meurtre quotidien du réel et du vrai.

Le dénoncer ne suffit pas. Il faut réinventer de nouveaux mythes, remettre la démocratie là où elle a été dévoyée par les intérêts privés. Et surtout lutter contre le terrorisme de la célébrité qui s’est emparé de chacun en brisant l’imaginaire collectif confiné au totalitarisme starifié. Contre l’Art Contemporain et l’argent, retrouver l’exigence, le durable, le qualitatif. Contre l’éparpillement, l’émiettement de l’information, s’accrocher au réel et au temps , trouver les mots de leur substance. Ce qui signifie une littérature un art, une exigence…

Car qui nous gouverne ? Nous-mêmes ! Ne l’oublions pas et sachons nous déposséder de notre « part maudite ».

Le discours moralisateur qu’on nous inflige est le contraire de cette morale qui devrait présider aux affaires publiques et privées.

Cette morale qui doit nous gouverner.

P.S Je vous conseille un excellent texte sur l’acharnement médiatique :

Et aussi toujours l'excellent blog de Seb Musset:

dimanche 13 décembre 2009

A travers les paupières bleues

On croit, on fait semblant, on en est d'ailleurs convaincus: on a tout lu, tout se réduit entre X et Y . Le monde a la limpidité des derniers livres qu'on a lus, des derniers penseurs et de notre courte mémoire. Heureusement la poésie reste encore le meilleur vaccin contre l'abrutissement.

Alors, Aragon: "Après l'amour".
Ringard, Aragon?

"Nous avions joué de notre âme
Un long jour une courte nuit
Puis au matin Bonsoir Madame
L'amour s'achève avec la pluie

J'ai vu s'enfuir l'automobile
A travers les paupières bleues
Car le bonheur dans cette ville
N'habite que le temps qu'il pleut."

C'était donc en un temps où la poésie existait, où il pleuvait. Avant la météo et le terrorisme climatique. Quand la terre tournait sans que personne ne vienne l'emmerder. Le temps des poètes, quoi.

Et jetons en vrac le quotidien:

Tiens, Berlusconi a perdu de sa belle gueule : un coup de poing le renvoie à sa vérité : un clown triste.
Sans doute ne s’en relèvera-t-il pas. Cet électorat aime les forts et voir leur héros à terre transforme celui-ci en ce qu’il y a de pire : un looser. Ou l'inverse: la mama le console, le vieux macho devient l'enfant qu'on cajole.

Qui ne pense alors à Sarkozy ? Mais au moins Berlusconi se mélangeait-il aux « vrais » gens. Il en tirait sa force et sa gloire - quand Notre Président, lui, se la joue Ceaucescu, devant un peuple inventé dans des décors fabriqués pour sa gloire. ..

Sarkozy ne risque pas un coup de poing dans la figure : dix tireurs d’élite, sur plusieurs toits auraient déjà dézingué celui qui n'aurait pas été là tant la ville était déjà bouclée! On a l'immortalité qu'on peut. L'on sait que dans l'antiquité l'un mourut de son talon, le héros d'aujourd'hui a l'immortalité de ses talonnettes.
Tiens Cécile Duflot

Un vert ça va, deux verts… Bon, c’est facile mais comment ne pas s’empêcher de rire sur le vide répétitif de ces nouveaux inquisiteurs avec leur nouvelle icône médiatique, cette Cécile Duflot, dépositaire du bien et de la vérité, ignorant le mot démocratie, ignorant les inégalités et toutes les basses préoccupations sociales? Ainsi, plus de riches ou de pauvres, plus de tiers-monde, plus rien que cette planète décrétée en danger et au chevet de laquelle se pressent des dizaines de chefs d’état : ça mange pas de pain et les vraies questions sociales et économiques sont mises de côté. Prions en chœur. Les journalistes l'aiment: "
Cécile!!!"
Celle qui parle des « négationnistes »de l'écologie...

Celle qui n’est ni à droite ni à gauche – juste un peu quand même pour rester dans la tradition écolo-baba et dieu sait que Duflot l’aime ce traditionalisme, ce gnangnan, cette rengaine, cette prière neuneu contre le temps et la vie : nouvelle religion. Oui, nouvelle religion...
Aujourd'hui, titre "Libération", "Les cloches de Copenhague sonnent 350 fois pour le climat."
On en arrive à regretter les minarets. Le seul droit qui me restera bientôt, sera celui à l'erreur.
Et quand ce n'est pas le goupillon c'est le sabre: "Copenhague, l'ultimatum climatique."
Haine de la pensée, encore. Chaque jour.
Regardez le monde derrière vos paupières bleues. Après l'amour.

samedi 12 décembre 2009

La guerre de l'ombre

Le plaisir de lire résulte souvent du texte qu'on aurait aimé écrire et qui se trouve là, déjà là, comme prédigéré, offert à la lecture. Avec le plaisir d'être libre de soi-même, ne pas en être responsable. Juste le texte d'un autre... Et pourtant ce texte, on aurait voulu le signer, on voudrait en corriger quelques mots, développer une phrase. Mais on s'envole dans les idées et on se dit que l'amitié est aussi une lecture de l'autre.

Donc, ce texte:

Je laisse la place à Chang:


"Ce n'est donc pas sur l'identité nationale mais plutôt sur la politique qu’il faut s'interroger.
L'initiation de ce débat est plutôt un symptôme du désarroi des États-nations de voir leur peuple leur filer entre les doigts comme du sable, symptôme d'une angoisse de dépossession d'une légitimité populaire sous les coups de leur propre politique.

Du point de vue de la république des lumières, il est une identité qui les contient toutes et les transcende toutes : la citoyenneté.

Identités privées, sociales, politiques, régionales, religieuses, sexuelles, communautaires s’effacent garantissant par là même la possibilité de les vivre dans la sphère privée. Elle se manifeste par le pouvoir du citoyen détenant une part de souveraineté de contrôler ceux à qui ils la remettent, principalement par le vote, sorte de sacrement profane qui fait vivre à tous les citoyens un état fusionnel de cohésion nationale.Mais voilà, sous les coups de l'ultralibéralisme, l’État a été le fossoyeur de la citoyenneté faute de ne pas pouvoir assigner le marché à sa place. Il est maintenant effrayé par ses propres dérives. Il a peur !

Il a peur du peuple malgré ses tentatives désespérées de le réduire au silence par la haine de la culture et des intellectuels, les tentatives d’effacement des classes sociales et les mises pas de toute critique radicale.
Qu'on en juge ! La sphère privée l'est de moins en moins et est totalement pénétrée par le pouvoir économique et politique sous les coups d'un mouvement général de privatisation et d'individualisation des rapports sociaux. Elle est pourtant le lieu de toutes les pratiques particulières dont les expressions sont devenues illégitimes dans la sphère publique d'où vient une politisation identitaire de l'espace privé et son corollaire : une dépolitisation publique.
Il faut ajouter à cela la précarisation, l'exclusion sociale, le démantèlement des services publics, la privatisation rampante d'une sécurité sociale égale pour tous fragmentant la société en de multiples éclats, dispersant le peuple en rendant inaudible toute manifestation collective, toute tentative d'actes citoyens d'exercice de la souveraineté populaire.

On assiste à une véritable fragmentation dangereuse de l'imaginaire citoyen : laïcité bousculée, on se souviendra de la gestion calamiteuse de l'affaire du « voile islamique » la loi de 1905 suffisait, mais non cela n’a pas servi de leçon, ils s'attaquent maintenant à la « burka », qu'on songe encore à la « parité », « la discrimination positive », l'affaire du référendum d'initiative populaire…
Tout cela accentue le brouillage de l'idéal citoyen. Brouillages encore aggravés par la confusion des genres, l'abandon par les hommes d'État eux-mêmes d'un discours républicain : discours s'adressant à des « communautés », des corporations voire des individus alors que le registre républicain n'admet pas d'identités intermédiaires susceptibles d'exprimer et de revendiquer en leurs noms des droits spécifiques.

La gauche ne fut pas en reste dans cette démolition de l'esprit citoyen : en1989 François Mitterrand usait d'un vocabulaire communautariste surprenant en s'adressant au Conseil Représentatif des Institutions juives de France « je veux exprimer à la communauté juive de France ma sympathie personnelle et lui dire combien j'apprécie son apport à la communauté nationale »...

On a là un exemple parmi beaucoup d'autres de prises de parole qui attestent un phénomène d’abscription identitaire au fondement communautaire et particularisant. Depuis la « révolution conservatrice des années 80, la dérive n’a fait qu’empirer : Un État ébahi par ses courtisans prenant sans le vouloir parfois des mesures obscurément communautaires comme l'enseignement des langues régionales, l'officialisation d'identités collectives telle que les associations « représentatives », institutionnalisant des lobbies, experts privés ou bien encore banalisant les usages stigmatisant du terme « d'immigrés », de « sans-papiers »

Alors il ne sait plus, il angoisse: ignorons les peuples, gouvernons la planète !

Comme un enfant étourdi il veut qu’on le rassure !

"M’sieu, comme disent les élèves, si on faisait un débat ?"

Un aveu d’impotence pathétique à dire la capacité de l'identité civique française à accueillir l’altérité, le mort saisit le vif.

Le pouvoir est rentré dans un jeu de dominos insensé de communautés divisibles à l'infini étouffant ainsi l'un des acquis majeurs de la citoyenneté républicaine : Son souci de protéger l'individu contre les risques de sa propre appartenance communautaire.

Le citoyen a des devoirs : retrouver la guerre de l’ombre, faire que le silence du peuple soit abyssal pour une fois qu’on lui demande de débattre… "

vendredi 11 décembre 2009

Toujours plus bas!

Le problème avec ce gouvernement c’est qu’à chaque fois qu’on se reproche de grossir les choses et de caricaturer, on s’aperçoit bien vite, qu’à l’inverse, on est encore au deçà de la réalité. Ainsi évoquant cette « haine de la culture » qui ruisselle de partout, j’avais fini par croire que j’avais sombré dans l’exagération quand, justement, il était temps de prôner un retour à la mesure sans laquelle il n’y a ni culture ni politique.

Haine de la culture !

Faudrait-il désormais que je revienne sur ces mots quand l’actualité déverse son lot quotidien de vulgarité à un rythme croissant avec toujours pour vedettes ceux qui devraient porter la charge de défendre ce qui fut la culture française. Ceux qui ont le devoir de symboliser la plus haute expression d’un pays. Ceux qui n’ont pas le droit à la grossièreté, dussions-nous leur reprocher parfois une posture trop hautaine…

Mais décidément la bassesse est le territoire de ces gens là. "Décomplexé" fut l'un des maîtres mots de sa campagne électorale. Sur ce point là, le Président a tenu parole.

Plus bas, toujours plus bas!

Quelques exemples de cette grandeur perdue :
Ainsi Nicolas Sarkozy décore-t-il un de ses protégés de la Légion d’honneur. S’agit-il d’un nouveau Montaigne qui aurait apporté sa pierre à l’édifice de la nation ? Non, ce n'est qu'un certain Dominique Farrugia, humoriste immortel pour avoir inventé « la mouche péteuse »! Nous comprenons mieux dès lors ce qu’est notre identité nationale...


Au même instant, Monsieur Woertz, ministre du budget et trésorier de l’UMP -puisque ces deux fonctions sont moralement très compatibles - invite, en compagnie de Nicolas Sarkozy, les principaux bailleurs de fonds du parti au Bristol pour une soirée smoking. A un député qui s’en offusque, Monsieur Woerth n’aura d’autre réponse que de dire que sa réaction est "stupide".

Au même instant, sort un clip « un lip dub » où l’on voit des ministres de la République et des vedettes du parti, Lagarde, Dati, Bertrand, Morano, Darcos, qui exhibent leur ridicule en s’adonnant à une sorte de danse ringarde et chantant en play back un vieux tube défraîchi… au nom de la jeunesse !

Au même instant, partout dans nos médias et dans la bouche du Président de la République s’agite le spectre de notre grand Johnny national. Le ministre de la culture a envoyé vendredi un télégramme au chanteur Johnny Hallyday en lui souhaitant "un prompt rétablissement". La France retient son souffle. La France souffre. Le monde s’est déplacé de Copenhague à Los Angeles.
Pour qui le Panthéon ? Camus ou Johnny ?

On se moquait de Mitterrand en le surnommant Dieu pour être si loin, si haut... Désormais que nos gouvernants se vautrent dans la boue pour vouloir, croient-ils, nous ressembler, faudrait-il s'en réjouir?

mercredi 9 décembre 2009

La haine de la culture.

Souvent entend-on, en sourdine, cette drôle de musique qui répugne à se mettre en parole mais qui laisse sourdre une « haine de la culture ». Et ce refrain là, par capillarité, ne cesse de résonner aussi bien dans la société qu’en politique : « les intellos, la culture… »

Parlons-en justement de cette « arlésienne » omniprésente mais en vérité si inexistante, de cette culture idolâtrée pour les apparences et vomie dans sa réalité, vilipendée par la droite extrême pour son élitisme supposé mais aussi par le clan écologique parce que la philosophie comme la science leur posent des questions auxquelles ils ne peuvent répondre que de façon simpliste ou religieuse. De façon pulsionnelle ou dévote. Cette culture qui s’est insidieusement dissoute dans la passivité et l’hypnose du spectacle…

Et cette haine de la culture ne cesse de se diffuser davantage dans la société par le biais de la bêtise starifiée qui investit tous les médias, de la télévision jusqu’à la presse dite « sérieuse ». Elle s’est emparée de ce qui faisait la grandeur du politique et ce qui donnait sens à la démocratie. Et le berlusconisme comme le sarkozisme sont devenus l’expression contemporaine du triomphe de l’abrutissement des masses !

A chaque jour son symptôme. Ainsi Martin Hirsch, le trublion officiel de la « pensée » sarkoziste vient-il au secours de son maître pour justifier la suppression de l’Histoire-Géographie en Terminale S. Sans dire que cette discipline, parce qu’elle consacre une réflexion sur le temps et l’espace, ouvre aux fondamentaux de la philosophie et que le monde de la consommation se doit de liquider toute pensée critique pour faire défiler dans ses caisses des troupeaux dopés aux hormones de la publicité et de l’addiction matérielle.

Quel rapport avec l’abrutissement populiste ou écologiste ? Ne surtout pas penser mais croire. ! Suivre le troupeau ! Appartenir à l’espèce. Se raccrocher plus à l’animalité qu’à l’humanisme.

Cette haine de la culture a d’ailleurs obtenu son Ministère en la personne de Frédéric Mitterrand. Lequel n’est qu’un Ministre du Show Bizz. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait défendu Roman Polanski mais qu’il se soit défilé devant les attaques contre Marie NDiaye. Le milieu du cinéma est tellement plus « culturel » que celui des écrivains !
Car la culture sarkoziste n’est qu’une coque de strass vidée de tout contenu, c’est du Carla Bruni, du vide sirupeux. Et son Ministre qui aurait voulu être écrivain n’aura donc commis, pour toute œuvre, que quelques phrases pompeuses dans la contemplation, entre autre, de son nombril.
La culture, ce serait donc désormais cela : une vague mélodie sans voix, du sexe à défaut de pensée, et tout ce qui brille, tout ce qui s’applaudit, tout ce qui agglomère le rire ou les larmes, tout ce qui est sensiblerie, facilité, paresse de l’esprit.…
Pauvres enseignants ! Vous ne serez plus bientôt que les souvenirs d’une culture momifiée, des marionnettes pour faire croire en l’illusion d’un savoir et d’une pensée qu’on ne cessera de dévaluer pour transformer l’humain en machine à fabriquer et à consommer.

Alors, pour faire bonne mesure, on privilégiera la « création » à la pensée : la « création » devenue l’alibi mercantile du n’importe quoi décrété « art ». Nul doute qu’il n’y ait désormais d’autre mirage dans l’hypothèse farfelue d’une « politique culturelle ».
Car la fin de la culture c’est aussi la fin du politique.

(Tableau de Pieter Brueghel l’Ancien : Retour du troupeau.)

lundi 7 décembre 2009

Les médias de Panurge

56 quotidiens dont Le Monde et Libération publient le même jour un même éditorial sur le réchauffement de la planète. Inutile de s’interroger sur le bien fondé de cette déclaration ou sur son contenu. Mais cette coalition de plumes et cette unanimité idéologique ne peut que nous étonner venant de ceux-là même qui se déclarent si pointilleux sur la pluralité et l’indépendance de la presse.

Désormais nous saurons donc que 56 journaux sont connectés à un même réseau, partageant les mêmes intérêts et une identique vision du monde –fût-elle parfaite !

Un pouvoir énorme aussi bien pour dire que pour faire taire. Ce qui n’est pas rassurant pour les voix divergentes qui souhaiteraient aussi se faire entendre. Cette manière d’assommer l’opinion de façon massive en prenant prétexte d’un événement présenté comme consensuel n’est pas dépourvue d’une arrière pensée politique totalitaire dont la presse se fait de plus en plus l’instrument, achevant de la décrédibiliser. En France, Cohn-Bendit s’empare cette semaine à la fois du Nouvel Obs et du Monde Magazine… Contre pouvoir ?

Ainsi, concernant le « réchauffement de la planète », il faudra se résoudre à une parole apostolique et universelle puisque la parole écologique - bonne en soi - est devenue le discours du salut. Or cette parole « prophétique » qui se fonde sur le futur est fondamentalement discutable puisque, même si l’on admet ce réchauffement, les causes comme les conséquences sont loin de faire l’unanimité des chercheurs.

Pourtant plus de discussion possible, consensus obligatoire, sinon vous êtes dénoncé comme « négationniste » !

Voila ce qui est terrifiant : Ce mot « négationnisme » qui, aujourd’hui, ne renvoie plus seulement à la négation de la réalité du génocide juif par les nazis (Je n'emploie pas le mot religieux "holocauste") mais aussi qui marque du signe de l’opprobre ceux qui, comme Allègre, remettent en question certaines données de la vulgate écologique.

Cette accusation de « négationnisme » désigne le Mal absolu, celui qui exclut de fait tout débat. D’un côté un passé pour lequel chaque historien peut fournir les preuves, de l’autre, un futur par définition « ouvert » mais qui doit rester interdit à l’analyse. D’un côté une vérité prouvée, de l’autre une hypothèse. Et la réalité d’un Mal insupportable hier devrait ainsi rejaillir mécaniquement sur celui qui aurait l’outrecuidance de penser librement l’avenir du monde. (Je refuse ici le mot « planète » qui nous enferme dans la domination du naturel et qui exclut l’humain.)

Pour user de raccourcis, celui qui nierait les chambres à gaz serait placé sur le même rang que celui qui douterait de l’apocalypse écologique…

Il semblerait que dans les années 70 on mettait en garde contre une glaciation de la planète du fait de la pollution, aujourd’hui c’est l’inverse. On nous a constamment répété que novembre fut exceptionnellement chaud mais nous a-t-on dit qu’aux USA octobre fut l’un des plus froids depuis 100 ans .

Tout ceci doit pouvoir être interrogé.
Que l’écologie soit au cœur de la construction du futur, c’est une excellente chose à condition qu’elle soit soumise à des débats contradictoires (et non pas à ces « débats » que je lis régulièrement dans le Monde et qui consistent à prendre 5 ou 6 interlocuteurs dont les avis convergent tous sur un même choix !).

Nous en sommes loin. L’écologie ne se discute pas.
En politique, le pire c’est de désigner arbitrairement un « axe du Mal » comme l’avait fait en son temps Georges Busch.

Cet axe continue pourtant de nous gouverner ; il nous interdit de penser et nous embrigade dans le fantasme d’un ennemi commun qui nous rassemblerait.

L‘axe du mal coagule la bien pensance décrétée d’en haut et les intérêts bien compris…
Tiens, Mac Do s’est mis au vert comme l’ensemble du tam tam publicitaire… Ca n’a rien à voir ? En êtes-vous sûr ? Une page du Monde et un entretien avec Borloo et, à côté, une page de publicité payée par le Ministère de l’Environnement ? Et le Monde continuera à nous parler d’éthique et d’indépendance de la presse…

Alors l’écologie, oui, certainement. Mais une écologie liée à l’homme, celle qui doit être débattue et dont on pourrait dénoncer les travers. Comme beaucoup, je ne suis pas en mesure de tenir un discours scientifique sur l’écologie et je remarque qu’il n’y a pas unanimité des scientifiques sur ce sujet.
Seul le militant écologique serait détenteur de la vérité ? Lui-seul détiendrait les connaissances scientifiques qui justifieraient son choix ? Vérité révélée ?

Reste donc la pluralité des idées, la discussion, le droit à la dissidence… Les médias, pour une journée « presse unique » ne nous proposent malheureusement qu’une parole univoque et, surtout, un signe inquiétant pour le citoyen. Il faudrait qu’enfin l’écologie accepte de se concilier avec la démocratie.

On ne sauvera pas « la planète » sans sauver l’humanité qui ne se réduit pas à quelques intérêts occidentaux.
Qui en parlera si les médias renoncent à ce qu’ils étaient ? La Pravda d’hier ?

vendredi 4 décembre 2009

Débat et France d'en bas.


Quand on ne s’occupe que des intérêts de la France d’en haut, autant s’en cacher pudiquement en dorlotant cette « France d’en bas » supposée pétrie de la sagesse des idées simples et des évidences.
D’autant plus que la gauche aura décrété que les idées simples sont courtes et populistes et donc de droite - n’imaginant pas que certains thèmes sociaux puissent être consensuels et dépasser les clivages partisans.
Si bien que la gauche pleurnichera encore quand elle n’aura pas vu que la droite se saisit parfois d’évidences pour prendre au piège nos bons socialistes , sachant fort bien que la gauche commettra la sottise de crier au scandale quoi qu’elle dise ce qui achèvera de la discréditer aux yeux du citoyen pourvu d’une certaine lucidité.

Aujourd’hui débute à Nice un couvre-feu pour les enfants de moins de 13 ans non accompagnés d’adultes après 23H00. Bien évidemment cette mesure est inutile et la gauche eût pu se contenter d’un haussement d’épaules moqueur.
Mais non, réponse mécanique de la FCPE :

"C’est assez catastrophique la façon dont on considère les jeunes dans notre pays. On stigmatise toujours les choses comme si tous les jeunes étaient des délinquants, des pré-délinquants ou des pré-délinquants en devenir", réagit le président de la FCPE. "Il faut regarder les enfants autrement et la protection de mineurs ce n’est pas essayer de les pister, ce n’est pas essayer de faire que du contrôle."

On confondra donc « jeunes « et « enfants » et on s’étonnera qu’une Fédération de Parents ait une si haute exigence quant à l’éducation et à la protection de l’enfance. On s'amuserait sans doute de la même façon du Pape faisant la promotion des sex toys… mais tant pis, la droite a dit, disons le contraire !
Et toute la nébuleuse de la « gauche divine » de se ruer sur les mêmes slogans mécaniques : « discrimination », "mesure anti-jeunes"...

Y perdra son latin l’électeur de gauche qui pense: emploi, salaire, justice sociale, logement, égalité fiscale… Non, mais c’est quoi tout cet inventaire à la Prévert ?
Vade retro populace !

La droite a trouvé plus bête qu’elle. C’était pourtant difficile.
Mais qu’importe la réalité puisque dans les nuages du socialisme se réalise l’assomption du Bien et que si le peuple ne peut le comprendre, après tout il aura bien mérité les petites misères que la droite lui fera endurer.

D’ailleurs, se bouchant le nez face à certains remugles du débat pour la France du bas par la France du Haut qu’il incarne, Monsieur Besson déclare aujourd’hui :
« Je me réjouis qu’il y ait aussi des réflexions de comptoir, cela fait d’ailleurs partie de l’identité nationale ! »

Allons-y donc dans ce grand défouloir de la droite décomplexée…On s’emmerde dans la morale de gauche, n’est-ce pas ? Alors libérons le langage, jouissons sans entrave… Qui de mieux qu’un traître pour énoncer cela, lequel poursuivant de sa vindicte un amuseur qui persiflait sur ce quinquagénaire spécialiste du « mariage gris » mais en compagnie d’une jouvencelle tunisienne… Propos de comptoir.
Mais les traîtres ne brillant pas par leur courage, il semblerait que ce soit à la pauvre demoiselle de faire le sale boulot de porter plainte.

Les propos de comptoir, c’est bien. Mais n’oubliez pas de payer l’addition !

jeudi 3 décembre 2009

Vert...de rage!

Ce midi dans le journal de 13h sur la 2, une invitée: la militante de Greenpeace qui a investi hier les travées de l'Assemblée Nationale. D'autres "délinquants" pour moins que cela seraient à pourrir en garde à vue dans une cellule puant l'urine. Mais attaquer la démocratie, est-ce encore délictueux?
Et la loi est-elle encore la même pour tous?

Un excellent blogueur me signalait ce matin que cette scène lui en rappelait une autre: l'intrusion de ces gardes civils dans le Parlement espagnol en 1981. L'image est identique, le symbole aussi. Même s'il n'y a pas ici de violence réelle et de mise en danger direct des institutions démocratiques.

Donc, souriante et bien mise dans sa blondeur oxygénée, cette dame est fêtée par la télévision.
Et notre véhément moraliste, Cohn-Bendit, nous dit, dans ce même journal, que c'est comme la main de Thierry Henri: il faut savoir tricher.
Tricher contre les urnes, contre le parlement, contre la démocratie?
"Dany", encore, cette semaine Rédacteur en Chef du Nouvel Obs!
Et qui niera que ces verts sont chouchoutés par la presse de façon excessive et que jamais on ne se pose vis à vis d'eux la question de la démocratie?

Oui, je sais qu'il n'est pas bien vu de nos jours d'émettre la moindre réserve vis à vis de ceux qui se prétendent écologistes : mon billet d'hier, aujourd'hui sur Agoravox, est qualifié entre autre, d'ordurier. J'ai beau le relire, je le trouve bien mesuré mais qu'importe: que dire, qu'argumenter, que faire face à la construction d'une hystérie collective?
Une fois de plus, preuve est faite que la télévision publique prend fait et cause contre les symboles de la démocratie.

Il faudra, hélas, s'y habituer.

mercredi 2 décembre 2009

Greenpeace: Le fascisme vert?

Il est facile de désigner les attaques contre la démocratie : elles viennent soit du côté du lobbying soit du terrorisme.
D’un côté l’argent, de l’autre, la violence : avers et revers d’une même « médaille »( !) Voici ce qu’est le mépris du Peuple.

Et aujourd’hui les commandos de Greenpeace s’en prennent à l’Assemblée Nationale pour « inciter la France à faire entendre sa voix au sommet de Copenhague » !

Ce Palais Bourbon qui, au-delà de ses imperfections, demeure le « temple » de la démocratie. Car ce n’est pas le pouvoir exécutif qui est visé mais bien la représentation populaire.

Et Greenpeace sait très bien qu’en s’attaquant à ce lieu, elle s’en prend à un symbole. Si bien que « l’écologie politique » s’énonce dans son terrorisme et son lobbying : négation du suffrage universel et asservissement à des intérêts financiers. Le capital se jette sur les éoliennes et autre poudre aux yeux en guise d’énergies nouvelles ! Nouvelles ressources…

Il n’est donc pas étranger à tout cela que Cohn-Bendit déclare à propos du référendum suisse :

« La Suisse nous a dans l'histoire habitués à ce genre d'attitude. Je pense évidemment à la Seconde Guerre mondiale. La Suisse n'a alors eu aucun problème à sacrifier ceux qui butaient contre ses frontières et demandaient l'asile. Le problème helvétique, c'est cet égoïsme des riches que l'on retrouve aussi en Italie du Nord.
La priorité de l'élite politique suisse hostile à ce vote doit être de remobiliser la population en vue d'un nouveau référendum. Ce sera dur, et alors? Capituler devant cette angoisse populaire serait une défaite pour tous les démocrates. Le moment est venu d'un grand débat en Suisse sur le sujet de l'immigration. La Suisse ne doit pas se laisser ligoter par cette décision populaire jusqu'à la fin des temps. »

Etonnante cette xénophobie liée au destin d'une Histoire: La Suisse est mauvaise, c’est « génétique » ! Cohn-Bendit utilise ici les mêmes raccourcis que les antisémites…

Mais qu’importe ! L’ennemi c’est le peuple et l’ami c’est le fric : et ne soyons pas surpris de cette étrange consensus entre certains religieux et certains écologistes dévoués à cette nouvelle secte : celle du salut universel .

Il faut se débarrasser du peuple, vieux concept usé, pour mettre en avant ce sauvetage du monde et la nouvelle arche d’alliance : alliance du capital et de l’industrie à recycler dans les énergies nouvelles, refus du « populisme » quand les citoyens seraient incapables de saisir les véritables enjeux de la planète. Seuls les écologistes, détenteurs du vrai et du bien, seraient à même de réaliser ce salut !

Dorénavant, la démocratie, la parole du peuple, voici l’ennemi !
Et merci aux médias, merci aux politiques qui se courbent comme on le fait toujours devant les nouveaux dieux. On se prosterne donc devant la mode, l’argent et la dictature à venir.
Cette transcendance qu’on fabrique, ce manque à vivre, cet avenir qu’on vous imposera de gré ou de force, on les construira dans cette nouvelle machine à recycler l’argent et les rêves.
Sauver la planète !

Soyons intégristes : rendez-nous les lions de l’Atlas . Et les loups et les ours et les dinosaures et mille espèces végétales en voie de disparition !

Le monde n’est dans sa vérité que dans son éternel présent.Ah ce présent ! Et ses beaux cadeaux pré-emballés, bien ficelés. Rien de réfléchi, tout bien borné, négation du passé et le futur comme seule projection du présent… Un présent imparfait qui dicterait sa loi au futur par sa certitude d’être l’éternité.

Greenpeace, Home et les autres gourous de cette nouvelle escroquerie religieuse !
Ah ce présent absolu, vraie maladie du siècle, haine du temps et de la pensée, refuge de ces sinistres commandos écologistes ! Mamère et les autres … Home ce terrorisme de la pensée universelle, Hulot cette figure de l’imbécillité universelle.
Et les autres, la longue théorie des suiveurs et des belles images qui se fanent aussi vite que le temps.

Le temps : oui, celui que vous ne savez affronter. Votre consommation est votre consumation. Le temps qui est une écriture et une construction.

Le temps qui n’est pas acceptable devant les images qui s’effacent. Et l’argent qui disparaît.

Car le temps est une dépense. Comme la vie.

mardi 1 décembre 2009

Vive la Chine! (hum..)


«Le minaret n'est pas une obligation coranique. C'est une architecture traditionnelle pour appeler à la prière dans les pays musulmans. Il n'est absolument pas nécessaire en France. Il est même déplacé», affirme l'imam de Bordeaux, Tareq Oubrou. Lui a sciemment écarté cette tour du projet de grande mosquée de sa ville. «Dans le climat actuel, le minaret est perçu comme un défi. Pour éviter de réveiller les peurs et les intégrismes, je milite pour une présence discrète de l'islam.»

Au sein de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), Tareq Oubrou fait cependant figure d'exception. À Poitiers, le représentant de ce courant proche des Frères musulmans a insisté pour qu'un minaret surplombe la future grande mosquée. Au risque de réveiller les passions dans une ville symbolique. «C'est un ornement. Nous n'appellerons pas à la prière», se défend El Hadj Amor. «Mais il est important de signaler les lieux de culte musulman.»

Merci à la Suisse donc d'avoir ouvert ce débat!

Question: pourquoi est-il important de signaler un lieu de culte musulman? J'ai été heureux, il y a peu, de lire une brochure sur l'Islam distribuée à l'entrée de la Mosquée Bleue d'Istanbul. Il était écrit qu'il suffisait au fidèle de se tourner, spirituellement, vers La Mecque...

Mais qu'importe: je ne jouerai pas ici de la théologie, mais qu'on arrête de réduire "l'autre" à l'Islam: Et les bouddhistes? Et les animistes? Et les adorateurs du Soleil?

Et ceux de la Lune? (Qu'ils soient bénis à jamais!)

Comme si tout se jouait entre une démocratie occidentale défaillante et un islam arrogant mais qui ne serait rien sans le pétrole consommé par l'occident! Soyez chrétiens, musulmans, grand bien vous fasse... Mais vous êtes un peu en retard...

Vive la Chine qui renverra chacun dos à dos! A moins que la crise, la vraie, ne nous renvoie tous à de plus réelles méditations...