lundi 30 novembre 2009

La fin de la démocratie

Voici le clocher de l'église de Mostar construite au lendemain de la guerre en Bosnie quand les musulmans tenaient l'autre rive du fleuve: Du clocher au minaret qui aurait la meilleure visibilité? Qui détiendrait le pouvoir symbolique?

C'est ce conflit latent, cette domination du fait religieux sur la démocratie que les suisses, par leur vote, ont écartés. Le malaise de nos commentateurs, leur dénonciation du populisme voire d'une extrême droite fantasmée, ne serait-elle que l'expression de leur panique face à une démocratie en marche, qui demande des comptes, qui en a assez d'être bafouée?

Rappelons-nous ces référendums en France et en Irlande.... et le mépris pour le peuple qui en résulta. Inquiétons-nous aujourd'hui du Parti vert qui veut faire invalider ce référendum par la Cour Européenne de Justice. Inquiétons-nous de cette déclaration de la mosquée de Lyon qui demande à ce que ce référendum ne devienne pas une loi... Et de Kouchner déclarant souhaiter que les suisses reviennent sur leur décision!

Et personne ne s'offusque de tous ces dénis de démocratie!

Et tout ce battage médiatique, où seuls ceux qui condamnent ce vote ont un droit à la parole, se résume aujourd'hui dans Libération, devenu à cette occasion le quotidien de la honte.

Libération qui ose titrer: "Le vote de la honte"!


Faut-il s'en étonner depuis que ce journal est devenu la danseuse "nostalgie démocratie populaire" de l'ultra libéral Edouard de Rothschild? Avec cette religiosité qui, de jour en jour, nous délivre les bons certificats du bien ou du mal... sans doute annexés aux cours de la bourse.

Donc le vote pourrait être honteux... On peut en effet préférer le discours religieux à Rousseau qui écrivait dans "Du Contrat Social":

"Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifié est nulle: ce n'est pas une loi."

Car ici réside bien la ligne de fracture entre une démocratie laïque et un état religieux: l'expression populaire d'une majorité de citoyens.Or dans le cas du référendum suisse comme pour pour ceux qui l'ont précédé concernant la constitution européenne, il ne s'agissait que de prendre position sur les fondements du "vivre ensemble".

L'accusation de populisme en cas d'élection ne peut se justifier que vis à vis d'un plébiscite camouflé en référendum comme ce fut parfois le cas... Mais ici Laurent Joffrin et l'ensemble des médias s'attaquent directement à la souveraineté du peuple et il serait bon de leur rappeler ce qu'écrivait le philosophe allemand, Jürgend Habermas:
"D'un point de vue normatif, cette défense de la rationalité contre la souveraineté populaire est contradictoire: si l'opinion des électeurs est irrationnelle, alors leur choix de représentants ne l'est pas moins."
En effet la démocratie est un tout, elle n'est pas modulable au gré des intérêts d'untel ou d'untel, elle n'est pas de circonstance, elle n'est ni rationnelle ni irrationnelle: elle est ce système politique qu'on accepte ou qu'on refuse.

Force est aujourd'hui de constater que dans sa quasi totalité le monde politique et médiatique a choisi le discours religieux contre l'expression de la démocratie.

La démocratie, voila donc la bête à abattre, "la honte". Tout débat est dès lors interdit.
Dont acte.

dimanche 29 novembre 2009

Vive la Suisse!



La Suisse est le pays de la discrétion : ce qui peut souvent être le pire.

Mais la Suisse parle sans se cacher, sans intermédiaire, sans le filtre des médias, de la pensée obligée - pour ne pas parler de l’auto proclamée « bien pensance ».

La Suisse est donc ce pays qui échappe à tout : au fric, à la morale, au bien ou au mal. Mais la Suisse, en même temps, est le pays du fric et de la morale…Ce qui rend le pays ennuyeux!

Il y a peut-être deux semaines, je me trouvais à Bâle et, ici, je disais l’ennui de cette ville... "capitale culturelle" de la Suisse c'est à dire du déjà vu, Tinguely, les stars de l'"art" international...

Mais aujourd’hui, j’aime la Suisse : celle qui dit non aux sondages préfabriqués (J’enrage : je le prévoyais, j’aurais dû l’écrire! le résultat était prévisible : une majorité contre les minarets ! contre le « consensus du politiquement correct »)… Car n’étant adepte ni de la langue de bois, ni de la complaisance islamique, force est de constater que le peuple a parlé. Et que le peuple n’est pas le populisme.

Et surtout que les sondages étaient plombés, dès le départ : par qui ?

Et la vraie question : Voulez-vous des minarets ?

NON . Parce que le minaret même si on respecte la religion musulmane, ce n’est pas l’islam : le minaret n’est que la tour à partir de laquelle le muezzin appelle à la prière. La mosquée, oui, le minaret, non!

En Suisse ou en France faudrait-il que résonnent les différentes prières de la journée ?

Alors pourquoi un minaret là ou ailleurs quand la religion n'est pas une obligation? ? Qu’on me le dise ! (Mais je n’aurai bien évidemment aucune réponse à cette question !)

En France, un même référendum aurait donné les mêmes résultats, mais, chut...populisme !!!

L'effacement du politique?


Tableau de Pierre Mignard


Devenue spectacle, la politique accentue son divertissement, c'est-à-dire son détournement de sens : elle ne dit plus rien, ne gère plus que l'agitation de l'écume comme si son ultime fonction se résumait à organiser l’éparpillement, la fragmentation, la dilution de toute pensée organisée, comme si l’avenir même était mis en parenthèses.
Regardez ces dernières semaines, qu’en reste-t-il sinon cette poussière de phrases, ces mises en scène, les petites provocations et, de gauche à droite, l’expression d’un vide sidéral ? Mais avec cette impression de plus en plus forte que ce spectacle est lui-même en phase d’épuisement, que le jeu des acteurs, se reproduisant à l’infini et sans surprise, ne s’inscrit plus que dans une forme d’indifférence générale.


La politique, où est-elle d’ailleurs ? Dans la grippe A, la main de Thierry Henri, les gesticulations sarkozistes, les crocs de l’un, les sourires de l’autre ?


L’approche des élections régionales participe sans doute à cet état d’apesanteur mais, au-delà de ces échéances qui ponctuent régulièrement la vie démocratique, il y a cette fois une forme singulière de silence, de retrait comme si chacun craignait non seulement d’avancer quelque proposition que ce soit mais encore de risquer le moindre diagnostique sur la situation présente. Comme si le désir même avait disparu de la sphère politique : le désenchantement du monde ? Les effets dépressifs de la crise ?


Tout se joue dans l’évacuation du réel : retraites, école, économie, fiscalité… Tout ce qui devrait être au cœur du politique a disparu, recouvert par le vacarme des postures individuelles, de la starification, des débats creux et sans issue.

Tout s’épuise dans la répétition des mêmes thèmes -immigration, sécurité – quand ceux-ci ne mobilisent plus qu’en surface tant ils sont redits, usés jusqu’à la corde pour ceux-là mêmes qui en étaient les plus avides. Le Front National lui-même semble s’en désintéresser.

Ce qui reste c’est cette impression diffuse que la politique s’est diluée dans l’indifférence du quotidien, comme s’il n’y avait plus d’enjeu, plus rien à croire ou à attendre.


Nous sommes immergés dans le règne du fait divers, de l’indistinct, de l’anecdotique : Carla ou Michele Obama ? Quelle sera la prochaine pitrerie du Président, la sale phrase de Lefebvre ou Morano, les mots tordus entre socialistes ?
Ce ne sont que coups portés, interpellations et plus le spectacle s’accentue, plus, paradoxalement, le désintérêt gagne comme pour une émission de téléréalité qui aurait trop duré, comme si après Sarkozy 1, Sarkozy 2, Sarkozy 3… une forme de lassitude s’était installée et qu’on avait envie de balancer le poste par la fenêtre !


Et tel est sans doute le piège de cet effacement. Car derrière ce fatras de strass et de vide, la politique –mais celle-là invisible - continue de travailler le réel.


Mais aussi rien n’est peut-être plus dangereux pour le pouvoir que l’indifférence, la fatigue, la résignation. A trop parier sur le spectacle, on créée la nécessité d’une surenchère et face au manque que l’épuisement institue, le désir, celui de l’événement, perdure. Il arrive souvent qu’on se prenne les pieds dans le piège qu’on avait tendu…


Les français s’ennuient ? Et s’ils se décidaient à faire eux-mêmes le spectacle ?

vendredi 27 novembre 2009

Mieux que Nostradamus: Victor Hugo!

Maintenant que nous savons tout de sa conduite compulsive, de sa claudication mentale qui le mène tour à tour de la palilalie à la palinodie, versons dans cette palingénésie qui voudrait que notre président soit la réincarnation de Napoléon le Petit, ce Louis Bonaparte de pacotille tel que le décrit Victor Hugo.

Quelques extraits donc:

"Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.

Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé."


Ou encore:


"M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.
Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.
Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.
On est de son cercle intime ; il laisse entrevoir un projet qui semble, non immoral, on n’y regarde pas de si près, mais insensé et dangereux, et dangereux pour lui-même ; on élève des objections ; il écoute, ne répond pas, cède quelquefois pour deux ou trois jours, puis reprend son dessein, et fait sa volonté.
Grâce à cette façon de faire, il a toujours à son service l’inattendu, grande force ; et, ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que les autres hommes appellent conscience, il pousse son dessein, n’importe à travers quoi, nous l’avons dit, n’importe sur quoi, et touche son but."


"Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier, […] on ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent. "


On découvre aujourd'hui que si les caisses sont vides et qu'alors que la dette s'alourdira encore du "grand emprunt national", le nombre de conseillers à l'Elysée s'est accru en un an de 17,2%, que la rémunération mensuelle de tous ces contractuels - pas celle des fonctionnaires! - a été augmenté de 12,8%...
Pas grave puisque la crise est finie, nous dit-on...

Ah, le grand homme!

lundi 23 novembre 2009

Douce France...


Retrouver la douce France et, non loin de l’aéroport, Rue de Mulhouse à Saint-Louis, en Alsace, cette gentille façade avec cette inscription :

« Heureux ici, chez nous ! et, de se retrouver, parmi vous ! »

Oui, la France sarkoziste de Monsieur Besson, socialiste hier, national aujourd’hui, elle s’affiche ainsi. Monsier Pernaut de TF1, si amoureux de nos terroirs devrait s’y intéresser davantage… Car cette France là elle ne se cache pas, elle s’affiche en pleine rue, elle se dresse sur ses ergots et lâche sa fiente avec orgueil !

Si l’image est glaçante, le slogan qui l’accompagne joue de cette dualité trouble qui fait le terreau du discours totalitaire : le message positif (« heureux », « se retrouver ») qui renvoie à la nostalgie d’une camaraderie. Le verbe en lui-même est éloquent tant il souligne ce passé perdu mais qui renaît dans la réalité d’un « ici ».
Une formule en deux actes exclamatifs dont les deux derniers "hémistiches"(!) jouent d’une préposition et d’un pronom qui sont le support de la propagande :
Chez nous/ parmi vous
Ces deux pronoms, de même que les prépositions, relèvent d’une fusion et de ce fait, en creux, impliquent un rejet. Qui est ce nous ? Qui est ce vous ? Ne reflètent-ils pas ce « ici » qui exclut le territoire de l’autre ?

Ce discours est bien celui d’une « identité » telle que la prône le pouvoir ; on manie l’ambiguïté, la parole réversible quand on sait bien à qui on s’adresse et ce qu’on dit derrière les mots.
Quant à la fresque qui lui sert de support, elle use de la même simplification binaire : homme à moustache hitlérienne, femme chosifiée dans sa rigueur.
Derrière eux une maison traditionnelle qui s’inscrit dans le corps même de la maison réelle qui est donc l’ « ici » revendiqué. La porte est protégée par un toit et l’on y accède par des marches. Un univers clos, barricadé, sans sourire. Peut-on y aimer ? Peut-on partager ?

Ces deux là ne se regardent même pas, chevillés dans une même haine rentrée.
« Heureux… »

Alors puisqu’il semble qu’on essaierait un format d’émission-réalité dans laquelle un politique serait convié dans une famille pour y débattre, nulle doute que monsieur Besson y serait, lui, accueilli à bras ouverts avec petits fours et four bien chaud pour la tarte flambée.

Es würde eine franche rigolade sein, nicht wahr ? Identité Nationale ! Ach so !

samedi 21 novembre 2009

Le coq gaulois

Sur un mur d’Istanbul se trouve ce tag d’un beau coq gaulois : beau symbole d’universalité n’est-ce pas ?
A moins que son auteur ne se fût amusé, en traçant ainsi les contours de cette nouvelle mappemonde, de la suffisance de ces bons français qui se veulent la bonne conscience du monde et s’enferment derrière leurs portes blindées...

Monsieur le Ministre de l’identité nationale socialiste hier vous fûtes et demain comprendrez vous peut-être que ce français dont vous rêvez n’a guère plus de cohérence que le basque ou le breton qui tous ne vous auraient légué qu’un être consanguin voué à l’imbécillité si bien que cette identité je vous la laisse avec ses tares et ces spectres menaçants dont vous vous revendiquez.
Tiens, il semblerait que j’ai oublié quelques virgules … Je vous charge donc de des les remettre à leur juste place plutôt que de vous occuper de ces points de suspension des droits à vivre sereinement, plutôt que de jouer de ce point d’interrogation qui demeure la définition de votre ministère puisqu’il ne fut créé que pour exclure les uns et cajoler les autres et qu'on ne vous le confia qu'en vertu du cynime qui anime celui qui vous a fait.
N’oubliez pas pourtant que ceux que vous marquez du signe du soupçon ce sont ceux-là mêmes qui, depuis des décennies, travaillent dans le bâtiment ou les arrière cuisines de la restauration à TVA réduite. Nul doute d'ailleurs que ces soutiers de la République en auront été récompensés !

Mais vous les avez fait venir dans l’intérêt de vos amis, vous les avez sous-payés et ne vous étonnez donc pas de leur ingratitude. Le maquillage des belles coutisannes "venues d'ailleurs" et qui vous servent d'alibi, ne cacheront pas cette vérité. Ne demandez à ceux que vous méprisez de vous aimer.
Quittez un peu votre clocher: les voyages ne forment pas que la jeunesse. Et venez voir ici, à Istanbul, ce qu'est un pays qui bouge.
On appelle ça la modernité.

jeudi 19 novembre 2009

La vérité d'une ville: Istanbul


La mémoire n’est qu’une vieille peau dont il faut savoir se débarrasser quand on veut savourer le présent et comprendre le monde. Il est bon de vider la carte mémoire de l’ordinateur mental pour faire place nette, effacer les vieilles images qui parasitent ce que les sens et l’esprit perçoivent en direct.

Istanbul comptait 1 million d’habitants en 1960, il en a maintenant presque 15… C’est dire toutes ces vieilles pellicules qui, en strates, encombrent la tête de celui qui alla souvent à Istanbul et qui vivait encore dans l’image d’une ville qui n’existe plus. D’une réalité, j’avais fait un fantasme et le souvenir n’était plus qu’un rêve ! Ah, l’orientalisme, Pierre Loti, les odalisques lascives!

Du réel à l’imaginaire il n’y a donc que ce tremblement fragile de la mémoire et, pour le meilleur ou le pire, une fiction quand, en parcourant la ville, l’Histoire n’est plus qu’un grand rassemblement de fantômes muets.

Alors quand les nouvelles images ont effacé les autres, une autre ville renaît de ses cendres, vivante, libérée de la nostalgie. Une ville grouillante et sereine, plus propre que Paris, rieuse, multiple.
Le matin, les ruelles débouchent partout sur une mer d’une brume lumineuse. Tout a changé mais il n’y a rien à regretter. Les vieilles barques vendant le poisson frit au pied du pont de Galata ont été remplacées par des usines à fantasmes héritées de je ne sais quel musée imaginaire où l’on vend le même poisson…

Pour cacher sa modernité, Istanbul accentue un passé disparu: un hyper-réalisme qui redonne du rêve à la ville. Ce surplus de lumière, de bruit et d’incohérence qui fait que la beauté surgit encore et encore là où on ne l’attendait plus, si loin de toutes ces cités neutralisées dans le seul culte de la consommation.

Et je vois ces turcs si fiers de leur drapeau mais qui ne pensent pas au mythe d’une identité nationale parce qu’ils ne confondent pas le progrès et les outrages du temps même si tout se confond, les avancées et les régressions. Istanbul est à l’origine de tous les mélanges. Qui s’en plaindrait ?

mercredi 18 novembre 2009

Le voyage, encore.


Prendre de l’altitude…
C’est parfois tout simplement traverser l’Europe en quelques heures de Mulhouse à Istanbul : vue du ciel, la terre se simplifie dans ses reliefs, ses fleuves, ses routes, l’organisation de ses villes. Seules les frontières ne se perçoivent pas.


Je rêve alors d’une telle distance par rapport à l’histoire et de pouvoir y retrouver la même netteté vis-à-vis du réel, là où les hommes s’affrontent dans leurs intérêts et leur culture.

Mais si la géographie s’impose dans son objectivité, l’histoire reste soumise à l’interprétation et le jeu politique apparaît bien souvent comme une fiction dans laquelle nous nous débattons dans un rôle incertain.


Je garde en mémoire ce livre de Julien Gracq, « La forme d’une ville », où la géographie s’agrippe à la mémoire et crée ce temps fragmenté dont les méandres recomposent une autre histoire, là où la biographie se conjugue à d’autres vies.


Hier, déambulation dans le silence et la propreté grise de Bâle, aujourd’hui Istanbul dévoré par la fièvre du béton et de l’occident, avec son labyrinthe d’eau et de collines, ses vieilles maisons de bois qui ne dureront pas bien longtemps, ses contradictions surtout.


Alors de l’histoire à la géographie, il n’y aurait donc que ce lien si fragile sur lequel pourtant tout se construit: la vitesse ?

Voyager pour mesurer le temps?

samedi 14 novembre 2009

La dictature du Café du Commerce

Que le débat soit à la racine même de la vie démocratique et qu’il débouche sur une forme de consensus et de plate-forme pour l’action, qui s’en plaindrait ? Après tout il est difficile d’imaginer une dictature comme lieu d’échanges d’idées.

Pourtant cette boulimie de débats - toujours sociétaux - ce vacarme qui nous convie à discuter de tel ou tel sujet peut paraître suspect quand il étouffe en réalité les questions économiques et sociales qui devraient être, principalement en période de crise, la priorité de n’importe quel gouvernement.
On en viendrait alors à penser que le « débat » est forcé, préformaté, qu’il ne s’impose que comme rituel en excluant par avance l’idée même d’un sens. Et que, surtout, il procède de la technique du leurre et de l’enfumage en éloignant le citoyen de la vie politique pour le cantonner dans une périphérie douteuse tandis que les vrais décisions sont traités ailleurs… Ministères, instances européennes ou internationales, siège du patronat… ?

Qui le sait d’ailleurs vraiment tant le pouvoir est apparemment fragmenté, donc invisible et incohérent pour celui qui tente de l’analyser ? Nous sommes appelés en apparence à décider quand nous ne connaissons plus même l’identité de ceux qui décident vraiment…

Donc le faux débat gangrène la vie politique. Sarkozy en est le chef d’orchestre. Rien de plus. Il l’a érigé en système et ses opposants sont condamnés à s’y conformer sous peine d‘être accusés d’admettre ainsi leur manque d’idées, leur absence de réponses face aux problèmes du monde ...

Le piège est redoutable. D’autant plus qu’il a l’avantage de réduire la démocratie à la caricature du Café du Commerce avec ses belles idées toujours tellement de bon sens mais si primaires, si inapplicables, si contradictoires, si inabouties…

Mais le peuple aura l’impression de parler et donc d’être entendu.

L’opposition, quant à elle, se fragmentera, se cassera les dents sur tel ou tel sujet puisque la question est forcément polémique et sans réponse. Le débat sur » l’identité nationale » est à cet égard exemplaire tant on peut, selon son angle de vue, y apporter les réponses les plus contradictoires au sein d’une même famille politique.

Et surtout le débat suscite cette agitation que les médias aiment tant orchestrer et qui donne l’illusion du mouvement et de la créativité quand les mots sont enfilés comme autant de perles tandis qu’en coulisse on se livre à une réalité plus sordide : dépeçage de la fonction publique, de la politique de santé, taxation des plus pauvres au bénéfice des plus riches…

Alors les débats se télescopent -burqa , couvre-feu pour les délinquants mineurs - alors qu’on sait qu’il n’y a pas de réponse crédible à ces deux questions. On pourra y ajouter d’autres débats, le mariage homosexuel et l’adoption, par exemple, qui permettront au pouvoir de faire parler un jour un « progressiste » et le lendemain un « conservateur » si bien que tout le monde sera content ! Sans parler des multiples commissions mises en place, avec la gloire éphémère pour les uns et d’agréables défraiements pour les autres…

Le débat est le lieu idéal de la confusion et réduit toute pensée, d’où qu’elle vienne, à un brouhaha inaudible. Il n’a pour but que de créer la suspicion sur la pertinence d’une réflexion ou d’une idéologie et participe en fait à une dépréciation de la démocratie.

De hauts débats, il n’y en aura pas. Mais des hauts et des bas. Et du blablabla. Alors que le seul lieu du débat dans une démocratie c’est le Parlement. On semble l’avoir totalement oublié ! En faisant parler tout à la fois la rue, le net, untel ou untel, c’est ce principe de la vie républicaine qui est occulté. Et c’est encore la République qui est mise en danger.

jeudi 12 novembre 2009

La burka: chiffon rouge de l'identité nationale

La burqa! Encore la Burqa, toujours la burqa qui comblera les féministes sur le net et Sarko sur TF1. Les burqas! Vous en voyez des burqas? Je vais vous dire là où j'en vois: dans les aéroports. Là où débarquent familles saoudiennes ou yéménites et beaucoup plus à Londres qu'à Paris! Mais ailleurs... Sinon dans vos peurs, votre ethnocentrisme...

Alors arrêtons ce fantasme de la burka dont j'ai déjà dit qu'il reviendra régulièrement comme leurre. Et ça marche!

La burqa est effectivement un symbole de régression et d'oppression mais ce n'est pas la France qui est visée. C'est un combat à mener ailleurs et autrement par les femmes qui en sont réellement menacées.

La burqa est plus dans les têtes de ceux qui ont peur de l'Autre que dans la réalité. La burka est un chiffon pour agiter l'imbécile qui la craint, un chiffon pour créer une fausse identité nationale. La burqa est le drapeau de la mauvaise "résistance sarkoziste". La burka n'est qu'un fantasme. Un mensonge.

mardi 10 novembre 2009

Trabant ou Taliban?


Trabant ou Taliban ?
L’ennemi : il en faut un, toujours un, le bouc émissaire, le pestiféré ! A se demander ce que nous serions sans lui …

Qu’importe ce qu’il est vraiment ou comment on le définit puisque l’Ennemi c’est toujours cet autre contre lequel se construit le bien, la norme et à partir duquel, de façon défensive, se constitue une idéologie qui se sacralise sur la dépouille de la bête à abattre.

Autant dire qu’ « on » n'existe qu’en fonction de cet ennemi imaginaire qui, hélas, devient réalité - et qui ne cesse d’écrire l’Histoire dans une écriture de sang.

Vielle mythologie, sans cesse réactivée par les faiseurs de rois et dépouilleurs de pauvres, elle travaille sans relâche notre présent.
Et, comme le dernier fait d’arme fantasmatique de notre Président à Berlin nous le rappelle, elle ment, elle crée ces frontières qui séparent, ces murs qui sont toujours de la honte, là où la politique devrait figurer la possibilité d’un savoir vivre ensemble : liberté, progrès, confiance en l’autre…

Mais l’ennemi d’hier jouit toujours du privilège du pardon quand on l’a terrassé. Que la bête meure et le héros apparaît… On continue à se déchirer symboliquement la dépouille du communisme et ce sale gosse de Sarkozy accourt en criant : « c ‘est moi, c’est moi ! »

L’image de la vieille Trabant déglinguée de la R.D.A aura donc ce privilège de la nostalgie qui englobe le pire dans l’idéalisation du passé et permet ainsi de solder à bon compte la mémoire de ceux qui justement ont des comptes à demander ou à rendre…
L’ennemi d’hier est vidé de sa substance, de ses raisons d’avoir été pour laisser place au commémoratif qui signe cet armistice qui est toujours la signature du vainqueur.

La Trabant poussive fut le départ en fumée de l’après guerre : la chute du mur n’est rien d’autre que le dernier épisode de la « dernière guerre mondiale ».
Et pour d’autres, la fin du marxisme.

Et pour d’autres encore la geste inaugurale de l’ultra libéralisme dans la mondialisation et l’étouffement de la concurrence dans un renfermement mafieux sur des ententes affairistes à l’intérieur des états.

Mais l’ennemi est structurel, donc sa figure symbolique s’impose. L’ennemi extérieur est la figure autour de laquelle se coagule la confiance envers le Chef et l’illusion d’une convivialité.

Et le 11 septembre eut le bon goût de réveiller ce manque : bien que Ben Laden ne fût que réfugié en Afghanistan et que les talibans, au-delà du fascisme qu’ils y faisaient régner, ne menaçaient en rien l’ordre mondial, il furent promus en « ennemis » d’autant plus aisément qu’ils représentaient en termes géographiques, culturels et religieux, cet Autre absolu que l’allemand de l’Est ne représentait plus.

A noter cependant, qu’hier comme aujourd’hui, chez l’ « ennemi » se joue cette dramatisation interne du bourreau et de la victime qui lui laisse toujours une porte de sortie pour le jour ou l’armistice aura sonné et qu’un nouveau coupable aura été désigné pour répondre aux intérêts du moment.
L’Histoire n’a guère changé. Changez la Trabant d’hier contre le Taliban d’aujourd’hui et vous verrez combien tout patine et radote, combien se joue la même pièce déjà tant écrite et tellement lue du bien contre le mal. Il n’y a que la vérité qui ne s’écrive jamais: comme si elle nous rendait aveugle.
Sauf que…
Vous êtes du côté du bien, n’est-ce pas ?
Ça tombe bien, moi aussi : Sus à l’ennemi ! 11 novembre...

La folie des grandeurs

- Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?

Marie Ndiaye: « Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça.

Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux.

Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus.

Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : « La droite, c'est la mort. »


Je lis dans RUE 89 que pour avoir écrit ceci, le dernier prix Goncourt se voit apostropher par un élu UMP qui rêve d' écrivains collabos et sous contrôle. Voici donc ce qu'écrit Eric Raoult:

« Monsieur Eric Raoult attire l'attention de M. le ministre de la Culture et de la Communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt.
En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française.
A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays. »

Un écrivain a-t-il un devoir de réserve? Le prix Goncourt dépend-il du gouvernement ou de l'Etat? Marie Nyiade appartient-elle à notre identité nationale?
Après tout n'oublions pas que De Gaulle fut déchu des sa nationalité française par le régime de Vichy... Alors, cette identité...

Mais le régime sarkoziste est en pein délire: Berlin toujours. Berlin où Sarkozy ment encore pour se donner l'illusion qu'il a écrit l'Histoire. Sarkozy que plus personne ne croit désormais et qui n'est plus que l'incarnation du ridicule dans sa "Folie des grandeurs."

Imaginons la consternation de la droite non courtisanne face à la dernière pitrerie Berlinoise du Président!

A demain sans doute pour la prochaine clownerie présidentielle: ce sera le 11 novembre. Allez raconte-nous ta vie dans les tranchées...
Allez, Nico, fais nous encore un peu rigoler!


lundi 9 novembre 2009

Sarkozy c'est L'Allemagne de l'est, pour le pire!


Berlin, Berlin? encore Berlin... Faut-il que je dise mon amour pour la culture allemande, la langue allemande, mes émotions de réveillons chez des amis à l'ouest direct sur le mur, quand nous allions chercher la vodka dans le métro, côté est, même si c'était interdit? il faut avoir un certain âge et, surtout, un certain goût pour la fête pour comprendre...
Berlin, quelques mois après la chute du mur, l'été: c'était un délire pour une victoire de football. Nationalisme gras et imbécile: Réunification?
Berlin était pour moi plus amer.

Il y a quelques mois j'étais encore à Berlin: une ville que j'aime toujours. Mais l'Est a été détruit -quand on a préservé tout ce qui était de l'architecture nazi - comme s'il fallait effacer la mémoire du socialisme.

J'étais violemment contre ce mur, contre cet Est gris et cet univers barbelé dans lequel les gens étaient cependant chaleureux: c'est pour ça que j'aimais m'y rendre.J'en garde les traces indélébiles, de tristesse mêlée à beaucoup de rire. Même si mes copains vivaient de l'autre côté du mur.

Leur cérémonie berlinoise est écoeurante et pue la vieille récup. Et d'entendre Sarkozy se croire Kennedy touche à la farce. Qu'il commence à parler un rudiment de langue étrangère pour oser... Mais il ose tout! Jusqu'à la caricature.

Et les médias sont tellement aux ordres qu'ils peuvent réinventer l'histoire. Il y avait du bonheur dans ce monde, il y avait la prison et plus encore - je l'ai vécu dans le plus dur mais n'en dirai pas plus - jusqu'à comprendre que la liberté, que la coercition n'est de nulle part mais de partout, ni de droite ni de gauche, mais qu'aujourd'hui je me bats contre Sarkozy exactement comme je combattais hier ce régime.
Quitter Berlin, oublier Sarkozy (?)


dimanche 8 novembre 2009

Ο Sarkozy επιβάλεται στη Bruni


H Bruni σχολιάζεται αρνητικάΠΙΟ ΧΑΜΗΛΟ ΠΡΟΦΙΛ ΤΗΣ ΖΗΤΗΣΕ Ο ΓΑΛΛΟΣ ΠΡΟΕΔΡΟΣΗ Carla Bruni έχει αρχίσει και μαζεύει πολλά αρνητικά σχόλια τον τελευταίο καιρό. Πριν λίγες μέρες ένα απο τα πιο σοβαρά πολιτικά περιοδικά της χώρας την χαρακτήρισε την νέα Marie-Antoinette. Πολλοί είναι αυτοί που κατηγορούν τον Nicola Sarkozy οτι επηρρεάζεται πολύ απο τη γυναίκα του και πολλές φορές εκείνη είναι που παίρνει αποφάσεις. Επειδή ήδη ...το θέμα είναι πολύ σοβαρό ο Γάλλος πρόεδρος φαίνεται οτι ζήτησε απο την Carla Bruni να χαμηλώσει λίγο το προφίλ της, να μην είναι τόσο εμφανής η παρουσία της στα κοινωνικά και κυρίως πολιτικά δρώμενα της χώρας.


Voici qui passionnera les archéologues des temps futurs - lesquels se plairont à croire que Sarkos fut inventé par Sophocle et que la belle Carla fut à l'origine de la guerre de Troie. Dans ce morceau de presse grecque on y rapporte donc, comme dans d'autres gazetttes européennes, que la première dame d'un pays barbare est désormais priée de se taire et de ne plus briller que comme joyau de la couronne.

Ainsi commence la tragédie avec ses histoires de revenants! Sans doute est-ce pourquoi, voyant la photographie de Carla lors d'une brève échappée à Venise, j'ai cru voir le spectre de... Michael Jackson!

De la haute couture aux coutures de la chirurgie esthétique, on ne sait plus trop parfois où on a la tête!

mardi 3 novembre 2009

Sarkozy, un cadeau bonux?

Les médias s’étant résignés à l’autocensure de peur de trop déranger le Président et les intérêts qu’il défend, Internet reste plus que jamais la bête à abattre.

Parmi les stratégies mises en œuvre à cet effet, il en est une particulièrement retorse car elle permet au pouvoir de gagner quelle que soit l’hypothèse retenue. Du moins en apparence… Prenons donc pour exemple ce « buzz » qui circule sur internet et qui répand l’idée que Nicolas Sarkozy, enfant, figurait sur une « réclame » Bonux, son père travaillant alors dans la publicité de cette entreprise.

Bien évidemment rien n’est crédible dans cette rumeur, l’enfant représenté n’ayant aucune ressemblance avec Sarkozy mais surtout ne correspondant pas aux 12 ans que le Président avait à l’époque.
Mais qu’importe : en diffusant un mensonge on fournit ainsi la preuve qu’internet ment et ne peut en aucun cas être crédible. Il est donc légitime de l’attaquer et de le contrôler au nom de la vérité.

En revanche, pour ceux qui voudraient croire à ce mythe –voire aussi dans l’inconscient de ceux qui crieraient à la manipulation - le message aura l’avantage d’ancrer le lecteur dans une nostalgie des années 60, dans la gentille image d’un enfant blond dans une époque où nous sommes conviés à réfléchir sur nos racines et à notre « identité nationale ». Alors que dans Bonux, il ya l’idée d’un « cadeau » et que l’image du « Petit Nicolas » traverse, à point nommé, nos écrans de manière « idéale »… Donc rien que du positif ! Nostalgie, nostalgie…

Mais cette inscription dans le temps des sixties c’est aussi l’instant qui précède le péché originel sur lequel a poussé le sarkozisme : mai 68. Or cette répulsion qu’il afficha envers cet événement a pour corollaire sa fascination pour l’idéologie 68, c'est-à-dire la dilution du social dans le bling bling libéral - libertaire du spectacle et de l’argent.
La droite doit aujourd’hui se débattre dans cette schizophrénie : refuser ce péché ou savourer la pomme… Ce poison qui contribuera un jour à sa défaite comme hier la gauche avait succombé à ce même conflit autodestructeur en travaillant contre ses électeurs. L’image « Bonux » ravive donc, en dépit de ce qu’elle souhaite désigner, la plaie originelle du sarkozisme – une plaie qui ne cesse de le gangréner. Cette plaie qui témoigne de l’incompréhension grandissante de la droite quant à cette trahison majeure de leur héros.

Vérité et mensonge fonctionnent alors de concert dans une même stratégie de l’information qui joue sur le registre de la propagande : on n’essaie pas même de convaincre, on n’utilise que les ressorts de l’inconscient, là où mensonge et vérité s’annulent. Mais l’inconscient ressort toujours là où il y a quelque chose à cacher et il n’est pas sûr que ce petit jeu ne se retourne contre ses auteurs et qu’une fois de plus nous riions de l’arroseur arrosé !

Alors s’il faut démonter ce mythe, voyons au-delà du cadeau Bonux et de cette rumeur, la machine qui les sous-tend : une vulgaire machine à laver pour recycler les vieux instincts réactionnaires et pour lessiver les cerveaux.

Décidément Sarkozy lave plus blanc !

Ou bien nous avoue-t- il, en cette période d’une droite troublée, qu’il est difficile de laver son linge sale en famille ?

lundi 2 novembre 2009

BEN: son art, sa poésie, ses idées, sa vie...

Chaque fois que je reçois la newsletter de Ben, j'ai envie de la mettre sur ce blog: vérité, décallage, art, poésie tout se confond sans enjeu, sans rien d'autre que cette poésie brute du quotidien. Alors j'envoie aujourd'hui son dernier mail:

Bonjour
(avertissement)cette newsletter est une parenthèse
Cartes sur table la transcription de ma seconde séance virtuelle chez mon psy
le psy que je vais voir quand j'en peux plus de me battre avec mon "ego"
samedi 18 H30Bonjour docteur je vous ai apporté un carnet blanc pour tout noter excusez mon retard mais “ego” ne voulait pas venir il dit que tout cela lui porte tort et qu'il le regrettera un jour.
DOCTEUR----C'est grave ; en ce moment ”ego” confond tout et devient megalo il croit qu'il est Fluxus Dada Surréaliste Non-art, Anti-art, Nouveau-Réaliste Darwinien, philosophe, poète,et même chanteur de blues tout à la fois Il boit en cachette mais cela marche pas et quand il a bu « ”ego” » devient encore plus incontrôlable il rit et braille à haute voix il dit qu'il comprend tout il dit que a la biennale de Venise qui avait pour thèmerepenser le monde il aurait fait pavillon un « vérité » et l'art se serait arrêté.

DOCTEUR « ego « ne lit plus les revues d'art il lit de plus en plus de revues scientifiques Science et vie, Science et avenir, lanti matière les trous noires - et surtout Darwin, il dit cela lui fait du bien c'est pas ajoute t'il qu'il y a moins d'ego dans la science les savants sont comme les artistes des super égoïstes mais le sujet est ailleurs.

DOCTEUR jai l'impression que « ego » travaille en secreta inventer un robot « ministre des affaires étrangères » un robot programmer pour sauver l'espece humaine « ego » dit c'est la seule solution pour se passer de « l'ego » de l'humain mais il n'y a pas que celaEgo s'intéresse aussi aux cellules souches des taupes et des bacteriesil veut une opération ou on lui ouvre son crâne pour faire de la place a de l'inertie

DOCTEUR Quand je pense art avec lui ”ego” m'explique qu'il n'y a aucune différence entre Opalka et Kristof Evrart entre Lagalla et Orlanentre Jeff Koons et Jacqueline Gainon entre Duchamp et Moretti que tous ces “ego” à quelques milligrammes près pèsent le même poids 3 klg 54 grammes et 15 milligrammes

DOCTEUR Ce matin “ego” s'est réveillé à 5 heures30 il est resté une heure assis sur le bord du lit à regarder ses doigts de pieds et à ne penser comme d'habitude qu'à lui-même puis il a regardé annie en combinaison noire qui dormaitet m'a dit :je ne sais pas si je suis un sex maniac ou pas j'aime toucher les femmes oui l'idée de toucher leur peau douce me plait mais ensuite on dirait aussi qu'elles me font peur. ou m'emmerdent

DOCTEURJe crois qu'il est jaloux de son corps je voulais une fois faire l'amour avec une femme consentante ”ego” m'a de suite créé des problèmes pourquoi tu fais ça ?à quoi ça sert ?tu vas te compliquer la vie etc alors j'ai foutu le camp.

DOCTEUR”Ego” ce matin m'a dit Ben il faut al
ler jusqu'au bout te regarder dans le miroir quel miroir je lui demande ?celui où tu ne verras que moi ou toi je suis allé alors dans la salle de bain dans le miroiril m'a fait une horrible grimace puis il a rit.

DOCTEUUR J'ai eu très peur hier soir “ego” avait beaucoup bu il ma dit 'être un Alien venu sur terre il y a des milions d'années de cela qui se nourrit et grossit en se mangeant lui-mêmeComme un serpent qui se mangerait la queue et grossirait au fur et à mesure. Au départ j'ai pensé qu'il faisait un cauchemar mais je l'ai senti se dévêtir, aller vers la fenêtre, ouvrir la fenêtre et marcher dans les airs à plus de 30 mètres au dessus de la rue. Là j'ai eu tres peur il a encore rit et dit qu'il était arrivé sur terre 486 millions d'annees de cela qu'il avait envahit les mers les peuples, les animaux,les plantes et même que qu'il avait préféré l'Homo sapiens au Neandertal trop gentil pas assez agressifpuis il a devenu rit l'espece humaine est foutu car je vais devoir bientôtpour survivre me muter en super “ego” un monstre qui survit dans les fosses sceptiques

DOCTEUR J'ai Peur Quand je pense que je suis venu vous voir pour me guérir de mon super "ego” et que super « ego »si super "ego" découvre grâce a vous qui il est on vas tous finir dans la fosse sceptique

DOCTEUR"ego" dit qu'IL est tellement égoïste qu'IL ne savait pas que cela s'appelle de l'egola tautologie où l'être se confond avec son êtreau point de ne pas pouvoir se reconnaîtreDOCTEUR J'ai une idée à vous soumettre faudrait lui faire croire qu'on l'aime qu'on l'écoute, qu'il existemême si nous savons que ce n'est que de la comédieet qu'il le sait cela pourrait peut etre quand même marcher

DOCTEURquand je lui parle dart et luidit que je suis un artiste “ego” a rit et dit que je ferais mieux de jme faire clown il dit qu'il que je suis le pantin du pouvoir comme le furent Rembrandt envers les bourgeois et Maïakovsky envers Staline.

DOCTEURBien qu'il veuille que je me débarrasse de lui dans le cercle infernal de son être “ego” il aimerait devenir importantIl aimerait qu'on dise de lui : “ego” a raison. a raison. de ne pas s'aimer Mais pour cela il faudrait qu'il trouve de quoi avoir raison Hier soir il m'a dit :je vais donc me présenter a l'expo de lyon tout nu.

DOCTEUR “ego” est lucideLa jalousie règne partout Même les non jaloux sont jaloux d'eux-mêmes De leur non jalousie Il y des jours je pense : c'est pour cela qu'”ego” rit et veut mourir
DOCTEUR“Ego” m'a dit : pas bête cet Alan Greenspan il a dit : « à moins que quelqu'un ne découvre un moyen de changer la nature de l'homme on aura toujours plus de crises »alors “ego” tu vois il semble s'être aperçu que l'”ego” ne peut pas être changé.

DOCTEUR Ce matin “ego” se tait et ne me parle plus il rumine il a trop bu hier soir je sent coupable de tout il a la gueule de bois il pense que toutes les politiques extérieurestoutes les guerres, tous les impérialismes sont de sa faute une histoires d'engrenage d' »ego » comme lui qui cherchent à survivreje lui ai dit :essayons de nous guérir de notre “ego” non impossible pourquoi ?parce que serait la fin de l'homme enlevez lui son “ego” et tout s'arrête pourquoi ?parce que l'“ego” est devenu le moteur principal de l'évolution pourquoi ? Je te mets au défi de me citer une seule activité humaine qui ne soit pas mue par l'“ego” Même moi qui te réponds c'est encore de l”ego”

Quand l'“ego” pisse sur un territoire il dit c'est à moi pourquoi ?parce que l'“ego” pour s'épanouir a besoin de se sentir libre sur un territoire sur lequel il puisse pisser, manger on respirer sans avoir peur qu'un autre “ego” l'en empêche

L'“ego” est partout dans les peuples, dans le sexe, dans l'art.

Quand je dis que tout est “ego” tout le monde est d'accord et dit oui Ma femme dit : oui mais il y a la famille L'autre dit : oui mais il y a la patrie il me faut alors passer l'argument : ok mais la famille, la patrie c'est de l'“ego” etc Même ce con qui va t'envoyer un email pour te dire que ta newsletter et ton “ego” l'emmerdent n'est qu'un “ego” qui parle

Quand l'écrivain philosophe passe à la télé pour parler de son livre "à bas l'“ego” "c'est pour faire mousser son “ego” L'anart c'est celui qui se positionne comme un « indifférent à l'art »oui mais quand il dit : je vais quitter l'art

C'est encore le « je » qui parledonc de l'“ego”et la famille, toute les famille, ta famille l'espace solidairele lieu d'amour dit d'amour regarde-le de plus près c'est un microcosme de conflits d'“egos” Puis “ego”a rit et dit Dire qu'au début je pensais : quitter la scène de l'artc'est dire nonet en quittant l'art ça raboterait, diminuerait son “ego”

Mais ce matin il m'a dit C'est horrible c'est le contrairePlus on veut être non-”ego” plus l'”ego” gonfleje suis comme Hulk.important pour mes nouveaux abonnes sachez que vous pouvez lire mes anciennes newsletter sur mon site http://www.ben-vautier.com/a la rubrique « mes newsletter » et que vous pouvez aussi vous desabonner desuite en cliquant en bas de page merci bensans avoir peur qu'un autre “ego” l'en empêcheL'“ego” est partout dans les peuples, dans le sexe, dans l'art.

Quand je dis que tout est “ego” tout le monde est d'accord et dit oui Ma femme dit : oui mais il y a la famille L'autre dit : oui mais il y a la patrie il me faut alors passer l'argument : ok mais la famille, la patrie c'est de l'“ego” etc Même ce con qui va t'envoyer un email pour te dire que ta newsletter et ton “ego” l'emmerdent n'est qu'un “ego” qui parle

Quand l'écrivain philosophe passe à la télé pour parler de son livre "à bas l'“ego” "c'est pour faire mousser son “ego”

L'anart c'est celui qui se positionne comme un « indifférent à l'art »oui mais quand il dit : je vais quitter l'art C'est encore le « je » qui parledonc de l'“ego”et la famille, toute les famille, ta famille l'espace solidairele lieu d'amour dit d'amour regarde-le de plus près c'est un microcosme de conflits d'“egos”

Puis “ego”a rit et dit Dire qu'au début je pensais : quitter la scène de l'artc'est dire nonet en quittant l'art ça raboterait, diminuerait son “ego”Mais ce matin il m'a dit C'est horrible c'est le contrairePlus on veut être non-”ego” plus l'”ego” gonfleje suis comme Hulk.important pour mes nouveaux abonnes sachez que vous pouvez lire mes anciennes newsletter sur mon site http://www.ben-vautier.com/a la rubrique « mes newsletter » et que vous pouvez aussi vous desabonner desuite en cliquant en bas de page
merci
ben

dimanche 1 novembre 2009

Sarkozy c'est (presque) fini.


Je ne peux penser l’histoire, donc l’avenir, que par optimisme.

A me demander comment même on peut accepter de penser, voire de vivre, sans cet optimisme que d’aucuns nommeraient pulsion de vie mais auquel j’attribue plutôt ce supplément de raison qui veut que le pire n’a jamais vaincu et que, si on lit l’Histoire, ce n’est toujours que dans triomphe du progrès.
Je ne suis pas dupe de la naïveté qui consiste à écrire ces mots : on trouvera toujours mille contre exemples mais je persiste dans cette ligne directrice qui porte un nom qu’on n’entend plus : progressisme !


Et, quant à choisir, autant prendre ce qui est le plus lumineux et parier pour ce qui donnera ce « bonheur » pour un peuple même si je me garde bien d’en faire une religion pour moi-même… Le bonheur n’est acceptable que si l’on n’a rien d’autre à vivre. Alors prenons-le tel qu’il est… et avec des pincettes ! Le bonheur matériel n’est pas le bonheur philosophique mais c’est sûrement pour les plus démunis la première marche à franchir !

Je dis souvent : « Sarkozy ne tiendra pas jusqu’en 2012 ».

Bien sûr, on rit, on argumente mais je tiens bon : non pas que je sois doué pour les prophéties ou que je prenne mes désirs pour des réalités. Je ne fais que méditer sur la complexité d’un monde et l’impossibilité matérielle, scientifique, à un corps de se mouvoir dans un certain espace de contradictions quand il s’expose trop ou n’existe que parce qu’il s’expose : à voir Sarkozy je ne peux percevoir qu’un système qui se nourrit d’un plus et qui pourrit par le moins. Qu’il ne soit plus en tête d’affiche et, structurellement, voici qu’il se dégonfle comme une vieille baudruche. Un produit mis en tête de gondole, promotionnel, n’existe que dans son marketing : le Sarkozy est un produit usé, démodé et de mauvaise qualité.

Il flamboie aussi vite qu’il dépérit et, c’est mon pari, le système étant connu, désormais le voici condamné à sa chute.
Elle a déjà commencée.


Fronde de la droite républicaine, rejet du peuple qui avait cru à un élan, à une vérité et qui n’a vu que les gesticulations d’un bouffon sans projet, qu’un arriviste qui voulait faire carrière quand il promettait la lune. Que la gauche soit éparpillée ne le protégera pas.
Et comme toujours la haine sera symétrique à l’amour et la déception répondra à l’espoir. A cet égard je parie donc que Sarkozy est déjà un homme fini et qu’il a beau crever de peur dans ses bunkers sécurisés chaque fois qu’il apparaît au public ou devant les médias, rien ne le protégera jamais : la balle qui l’atteindra – sans doute plus symbolique que réelle - viendra de son propre camp. Elle est déjà forgée. Il ne l’évitera pas.


Sarkozy est fini, vieilli, à bout de course. Donc dangereux, imprévisible.
Mais il ne sait plus qui l’embrasse ou qui le tue : c’est ce qui fera l’intérêt des gazettes dans les prochains mois . A suivre...