En réalité, c’est surtout dans ses bords qu’elle se décrit : ses traces météorologiques, ses chaos ou la perfection lisse du goudron , ses ornières gorgées de pluie ou de lumière, ses fossés, ses rangées d’arbres, ses fourrés qui en accentuent le mystère, ses bordures mates de ciment, ses trottoirs…
mardi 28 avril 2009
La route encore.
En réalité, c’est surtout dans ses bords qu’elle se décrit : ses traces météorologiques, ses chaos ou la perfection lisse du goudron , ses ornières gorgées de pluie ou de lumière, ses fossés, ses rangées d’arbres, ses fourrés qui en accentuent le mystère, ses bordures mates de ciment, ses trottoirs…
dimanche 26 avril 2009
L'autre
Mais le temps d'un samedi soir, les filles se hissent sur des talons hauts, exhibent des jambes roses jusqu'à hauteur de leurs minijupes très généreuses. L'une d'entre elles, plus grise encore que la brume nocturne, allongée sur le trottoir, trouvait le secours d'autres minijupées qui l'aidaient à retrouver surface tandis que sur le trottoir d'en face une horde de jeunes mâles déferlaient pour prendre d'assaut un autre pub tandis que la gente féminine finissait de réajuster ce peu de ce textile qui ne les protégeait ni du froid ni de l'humidité mais, hélas peut-être, de la troupe masculine qui lui était totalement indifférente.
Pas de couples: juste deux fleuves tumultueux se recherchant sans doute mais totalement indifférents l'un à l'autre. Du moins en apparence. Calque d'une même scène entrevue à Malte il y a deux ans...
Pourquoi en parler?
Parce que dans ce monde mondialisé avec les mêmes marques, les mêmes programmes télé, les mêmes formatages culturels, politiques, moraux, des différences profondes subsistent. Arrêtons peut-être de dire qu'elles sont sources de conflits.
Si au contraire, elles étaient porteuses de séduction? Arrêtons de croire à ce narcissisme qui consiste à croire qu'on ne peut aimer que le reflet de soi -même.
A l"inverse, l'autre est la terre de toutes les aventures...
kenmare, le 26 avril 2009
samedi 25 avril 2009
Notes sur le voyage
Lorsqu’on se déplace, ce qui est capté par le regard ce sont aussi des rêveries qui s ‘accrochent par lambeaux aux formes fuyantes des êtres et des paysages côtoyés, des fragments d'images transformés en des brassages de mots, des phrases qui tour à tour se façonnent et prennent la fuite face au voyageur qui ne cesse pourtant de les poursuivre avec cette illusion vorace de tout vouloir saisir.
On ne voyage que comme le sable s’écoulant d’un sablier, avec des sensations de mots qui s’égrènent lentement dans le temps de leur parcours; quand les secondes du voyage se conjuguent au passé ou quand elles ne sont que tension vers le futur et ivresse de la découverte. Le voyage est la rencontre d’un temps paradoxal: une expérience donc.
C’est parce qu’il n’existe qu’à la condition de remous, de contradictions, d’aléatoire, d’effacement et d’insatisfaction pour n’être que dans un présent insupportable. Car, par essence, le voyageur devrait se trouver ailleurs que là où il échoue et le voyage n’est en somme qu’une utopie qui cherche sa réalisation - celle d’une vie sublimée, à l’instar des plus belles pages de Nerval sur l’Orient, des poèmes de Cendrars ou de Valérie Larbaud et de toutes ces toiles orientalistes peintes par Delacroix ou Fromentin…
Le voyage est un ailleurs quand le réel commande « l’ici et le maintenant ».
Mais, loin d’être une fuite du monde ou de soi-même, il est surtout un rendez-vous impitoyable avec la vérité pour peu qu’on s’acharne à vouloir prendre celle-ci en filature pour tenter d’ extraire quelque parcelle de réalité à ce mot.
Et pourtant, donner du sens à la vérité?... Autant partir, partir toujours, voyager...
Dehors la tempête bat les vitres. Tout se fige et se heurte à la fois dans un ciel marécageux : le voyage devient lecture et silence. La ville se tord comme un navire à la dérive battu par les flots. Quand ce n’est plus la route qui sert de boussole au voyageur, c’est le tumulte des flots qui le domine et Ulysse doit être attaché au mât pour ne pas succomber au chant des sirènes.
Aujourd’hui ce coin d’Irlande grince comme les cordages et les bois d’un vieux gréement secoué par des nuages profonds comme des vagues terrifiantes …
Voyager est alors cette lutte contre les Dieux, cette liberté à conquérir pour se délivrer de tous les sorts jetés, de tous les charmes qui nous dévoient du chemin que l’on se fixe et du destin qu'un homme doit s'acharner à combattre pour devenir lui-même.
D’Homère en passant par Nietsche et Marx, c’est ce voyage qui nous arrache de l’animalité et de la barbarie, qui forge les idées et esquisse l’ossature d’un monde meilleur. Le rêve d’Ithaque. Ou de Pénélope. Ou de Télémaque. Ou de tout autre mot qui est la clé de ses propres espoirs : ce mot qui justement ouvre les portes de l’espace et fait que, derrière l’humanité fragile d’Ulysse, il y a toute la poésie d’Homère.
Une façon de redire ici qu’il n’y a pas de politique sans poésie, sans mouvement, sans progrès pour celui qui ne se résout ni à la destinée d’un temps immobile et d’un espace clos, ni à rester sur le port à scruter l'horizon.
Le voyage reste toujours à s'inventer.
Kenmare, le 25 avril 2009
vendredi 24 avril 2009
On the road again!
jeudi 23 avril 2009
La poésie
Les ajoncs éclatants , parure du granit ,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume .
Au loin , brillante encor par sa barbe d'écume ,
La mer sans fin commence où la terre finit .
A mes pieds , c'est la nuit , le silence . Le nid
Se tait . L'homme est rentré sous le chaume qui fume ;
Seul , l'Angélus du soir , ébranlé dans la brume ,
A la vaste rumeur de l'océan s'unit .
Alors , comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes , des ravins , montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail .
L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre ,
Et le soleil mourant , sur un ciel riche et sombre ,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail.
José-Maria de Hérédia.
Je ne ferai pas l'analyse d'un poème ne serait-ce que pour me laisser à l'avenir l'occasion de le rencontrer à nouveau et de retentir autrement à sa lecture. Et pourquoi pas, pour y laisser un interstice pour tous les mots qui voudraient l'assaillir, comme à ceux aussi qui viendraient s'enrichir de sa parole ou de sa sensibilité .
mercredi 22 avril 2009
Face à la mer.
« En ce moment grave de ma longue vie, j’ai trouvé ici ce que je cherchais : être en face de moi-même. L’Irlande me l’a offert de la façon la plus délicate, la plus amicale. 18-VI-1969 »
Paroles d’exil, peu de temps après avoir quitté le pouvoir, quelques mois avant de mourir. Paroles d’un vieillard qui, dans l’action, n’avait sans doute cessé de chercher l’homme qu’il était tout en construisant l’image de celui qu’il voulait donner à la postérité. Tel est le destin de ces personnalités fortes qui, même si l’on demeure en désaccord avec leurs actes, auront toujours quant à elles compris que leur miroir ne reflétait que la précarité d‘une existence quand les traces de leur passage dans le monde auraient pour vocation de s’incruster dans l’histoire.
Mais ces propos, aussi pompeux fussent-ils, avaient été prononcés dans ce lieu si sauvage où chacun se souvient de l’une des dernières photos du Général, seul dans les dunes, dans cette contemplation hautaine et tellement humaine de l’océan - métaphore de ce temps éternel mais aussi de ce miroir qui s’éteignait.
Ce paysage sauvage et grandiose de l’Irlande, cette fusion si forte avec la nature qu’on ne peut manquer d’y ressentir la force primitive sont indiscutablement à la source de ces mots si simples, même drapés d'orgueil, qu’ils me semblent ici renfermer l’énigme de toute une vie.
Et dans la lumière pluvieuse de l’après-midi, puisque séjournant à peu de distance de ce lieu, j’ai voulu que l’on saisisse également sur ces mêmes dunes mon petit instant d’éternité. Avec cette distance ironique qui voudrait que la modestie dans la démesure ne fût pas dépourvue de grandeur ! Courir après des rêves, derrière des ombres - et rire un peu de toutes ces vanités!
Pendant ce temps dans le tintamarre et le clinquant, les petits hommes s'agitent dans le bouillonnement incessant d'une gesticulation sans avenir. La crème solaire restera leur seul rapport à la nature et à la lumière dans le décor surfait des tropiques. Il leur manquera toujours cette noblesse de la solitude, cette tentation de l'exil.
Kenmare, le 22-IV-2009
lundi 20 avril 2009
Paradis perdu

Où il ne restait que des trottoirs vides et immaculés, agrémentés de poupées barbie et de couples silencieux, des rues proprettes sous l’œil des caméras, des escaliers roulants à ciel ouvert ce qui permettra d’épargner quelques efforts à ceux qui s’astreindront néanmoins à leur jogging matinal.
Sur le port, un cocktail se préparait sur le pont d’un voilier: de beaux verres multicolores étaient disposés autour des sceaux à champagne, les échos d’une chanson de Céline Dion résonnaient dans des cursives désertées tandis que les bouquets de fleurs frémissaient dans un petit vent gris et froid.
Oui, décidément, j’errais dans les ombres d’un paradis perdu.
Qu’allais-je faire désormais ? Où traînerai-je ma vie… ? me dis-je en regardant les quelques bateaux à vendre se balançant mollement sous le drapeau des Iles CaÏman ou des Bahamas.
Je n’embarquerai donc pas pour Cythère !
Ou bien ne me restera-t-il plus qu’à chantonner tristement : « On ira tous au paradis… » ?
vendredi 17 avril 2009
Ya bon les nègres dans l'édition.
La littérature disparaît dans l'autodafé des maisons d'édition qui vendent n'importe quoi, du livre comme du yaourt. D'ailleurs les actionnaires sont les mêmes. Alors nègre en France ou esclave dans les ateliers de Chine ou les usines indiennes, quelle importance?
Du livre ou du yaourt, ce n'est que de l'argent. Rien d'autre.
Alors, la littérature...
Lire et relire: Je reprends donc quelques pages de "La littérature à l'estomac", ce pamphlet terrible de Julien Gracq et je vois combien, dans sa dénonciation de ce petit pré carré des écrivains à la mode, des éditeurs et des critiques, il n'imaginait pas que cela même allait disparaître, absorbé dans l'au-delà des mots, vers l'insondable vide de ces autobiographies aux confidences dérisoires.
jeudi 16 avril 2009
Ceci n'est pas un texte

L'hygiénisme est cette tutelle totalitaire dont beaucoup se passeraient volontiers et, en particulier ceux qui assument avec orgueil leur condition de mortels si, quelques-uns, pour perpétuer quelque domination symbolique et brandir l'étendard de la vertu, n'en étaient arrivés à nier la liberté de ceux qu'ils prétendent protéger.mardi 14 avril 2009
Feuilles de chou

- Le taux du livret A passe à 1,75%, le taux le plus bas de son histoire. C'est le bas de laine de la plupart des français. Mais l'hiver est fini, plus besoin de se chauffer et, surtout, il faut bien que quelqu'un paye l'assistance aux banquiers.
- Max Gallo, pour sa trahison et Bolloré, pour le prêt de son yacht ,sont promus dans la Légion d'honneur. La Rosette n'est décidément plus qu'un vieux saucisson indigeste.
- La loi HADOPI repassera en priorité devant le parlement. On remettra donc à plus tard une loi sur l'inceste. Les intérêts de Johnny sont plus importants que ceux des enfants violés. Allez, Monsieur Sarkozy, parlez-moi encore de morale...
Autant s'arrêter là.
La lecture des informations devient quotidiennement matière à indigestion et écoeurement. Rangez-vous, ô mon Empereur Vénéré, je ne voudrais pas vous salir en risquant de vomir cette mauvaise soupe que chaque jour vous nous concoctez...
dimanche 12 avril 2009
Pâques
Et aujourd'hui New York me manque.
Voici donc quelques fragments...
Extraits de "Pâques à New York", Blaise Cendrars
(...)
Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée tassée, comme du bétail, dans les hospices.
D'immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.
Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.
Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.
C'est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.
Seigneur dans les ghettos grouille la tourbe des Juifs
Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs.
Je le sais bien, ils ont fait ton Procès ;
Mais je t'assure, ils ne sont pas tout à fait mauvais.
Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre,
Vendent des vieux habits, des armes et des livres.
Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques.
Moi, j'ai, ce soir, marchandé un microscope.
Hélas! Seigneur, Vous ne serez plus là, après Pâques !
Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques.
Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha
Se cachent. Au fond des bouges, sur d'immondes sophas,
Elles sont polluées de la misère des hommes.
Des chiens leur ont rongé les os, et dans le rhum
Elles cachent leur vice endurci qui s'écaille.
Seigneur, quand une de ces femmes me parle, je défaille.
Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées.
Seigneur, ayez pitié des prostituées.
Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.
Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.
Seigneur, l'un voudrait une corde avec un noeud au bout,
Mais ça n'est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.
Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.
Je lui ai donné de l'opium pour qu'il aille plus vite en paradis.
Je pense aussi aux musiciens des rues,
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l'orgue de Barbarie,
A la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier ;
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l'éternité.
Seigneur, faites-leur l'aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l'aumône de gros sous ici-bas.
Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,
Ce qu'on vit derrière, personne ne l'a dit.
La rue est dans la nuit comme une déchirure
Pleine d'or et de sang, de feu et d'épluchures.
(...)
Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,
Où s'est coagulé le Sang de votre mort.
Les rues se font désertes et deviennent plus noires.
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.
J'ai peur des grands pans d'ombre que les maisons projettent.
J'ai peur. Quelqu'un me suit. Je n'ose tourner la tête.
Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.
J'ai peur. J'ai le vertige. Et je m'arrête exprès.
(...)
Déjà un bruit immense retenti sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.
Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.
La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées.
Une foule enfiévrée par les sueurs de l'or
Se bouscule et s'engouffre dans de longs corridors.
Trouble, dans le fouillis empanaché de toits,
Le soleil, c'est votre Face souillée par les crachats.
Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne ...
Ma chambre est nue comme un tombeau ...
(...)
jeudi 9 avril 2009
De l'Europe, de la Démocratie et de 2 ou 3 choses...

Pourtant il en va justement de l'existence même de ce blog. Nomade, celui-ci s'installe au gré des connections WIFI, un jour chez moi, un jour ailleurs, chez des amis, à l'hôtel, etc. Toutes ces connections se verrouilleront peu à peu avec cette loi car les gens bloqueront leur accès par peur des téléchargementsou de craintde voir les accès contrôlés par les grandes oreilles de ce Big BrothMoi-même, quand des amis s'installeront avec leur ordinateur en utilisant ma ligne, devrai-je faire la police, la morale, les contrôler, leur dicter des interdits?
Ego, ego, ego...
mardi 7 avril 2009
wikio ou le bal des égo

Je l'ai donc découverte, il y a à peine 2 mois et j'y ai trouvé l'occasion d'y exprimer ce qui ailleurs ne pouvait se dire tellement tout semblait verrouillé: des catégories trop étanches, de la langue de bois, du conformisme moral, de la pensée sous cellophane prête à être consommée.
Auparavant, c'est à peine s'il m'arrivait de consulter ou même de croiser un blog mais j'ai cru à ce média transversal, libre par rapport à tous les pouvoirs - financiers, publicitaires, politiques et autres.
Et je reste convaincu que c'est bien ici "qu'il peut se passer quelque chose"...
J'y ai découvert de l'intelligence, de l'originalité, un ton inédit, des faiblesses souvent - mais surtout des énergies insoupçonnées et , enfin, une sensibilité forte -celle des êtres réels qui ne s'abritent pas sous le toit d'un pouvoir, d'un titre ou d'une récompense. La sensibilité de ceux qui veulent donner chair et mots à leur voix. Que l'on soit ou non en accord avec eux. Avec l'intelligence extrême, surprenante de ceux qui veulent faire partager la passion de ce qu'ils ont à dire. De l'humour décalé ou corrosif à la sensibilité écorchée tout s'y décline souvent avec talent.
Et ce qui est d'autant plus touchant c'est que beaucoup de voix discordantes -dans la poésie, la peinture, l'art, la politique - se rencontrent plus qu'elles ne se télescopent.
Le mépris et l'incorrection y sont rares.
J'allais donc dire que le blog était peut-être ce lieu - cet agora - "hors hiérarchie"...cette Utopie dans laquelle germent les rêves et éclosent de belles pépites de réel... jusqu'à ce que je découvre un classement des orgueils où se revendique "celui qui a la plus grosse" et la façon d'obtenir le plus grand nombre de liens, etc.
WIKIO????
L'alpha et l'omega de quel petit monde?
A vrai dire, je ne comprends que peu de choses sur ces jeux d'initiés, les liens , les flux RSS et autres.
Être lus par 10, 100 ou 1000 internautes, oui, ça se défend .
Et l'orgueil, pourquoi pas!
Mais dans tous ces blogs, par ailleurs souvent intéressants, j'eus préféré que l'on posât la question: pour dire quoi?
A cette question, je me dois donc de répondre en disant: je ne sais pas. Mais au moins ne courrai-je pas vers les sommets d'un hit parade (mot désuet?) pour le dire!
Dire qu'on veut dire, c'est déjà beaucoup! Et il y a beaucoup à dire comme le prouve la diversité des thèmes et des idées débattus sur les blogs.
Mais ai-je envie de participer au bal des ego...? Non, vraiment non.
N'y-a-t-il rien de mieux à faire?
Ne sciez pas la branche où vous êtes assis!
La Révolution, c'est parti!

Donc, la Révolution, c'est parti!
Comment! Et ça ne se voit pas?
Comme si tout ce qui était déjà présent devait être immédiatement visible! Comme si le symptôme n'était pas le signe d'une réalité qu'il anticipait!
Et d'ailleurs, les symptômes ne sont-ils pas déjà en cours d'apparition...?
Une révolution est en marche lorsque nous en connaissons à la fois l'origine et l'horizon qu'elle se fixe. Lorsqu'un monde s'achève et qu'il faut bien qu'un autre apparaisse. Pour la forme qu'elle se donne, sans doute faudra-t-il attendre un peu pour la percevoir mais je persiste à croire que le compte à rebours a cessé et que le processus révolutionnaire s'est enclenché.
Pourquoi?
Parce que nous arrivons au terme d'un long cycle marqué par l'acmé du libéralisme - lequel, et j'en heurterai certains en l'avançant - s'est renforcé dans les bouleversements de mai 68. Les revendications d'alors étaient individuelles - liberté sexuelle, émergence de revendications communautaristes, contestation de l'autorité - et ne portaient qu'à la marge sur des questions économiques. Les accords de Grenelle ne furent rien d'autre qu'un rattrapage social et salarial qui ne trouva d'ailleurs pas leur équivalent dans les autres pays.
La droite s'accommoda donc fort bien de 68 sauf pour sa branche la plus réactionnaire pour laquelle il convenait de conserver les anciens modèles -religieux, hiérarchiques, éducatifs. Quant aux aspirations de 68 pour plus de démocratie et de liberté d'expression, elles furent portées par le pouvoir aussi longtemps qu'elles lui furent profitables, jusqu' à ce qu'elles le menaçassent - en particulier jusqu'à l'apparition d'Internet: on peut acheter télés, radios et journaux mais on n'achète pas internet. Et le contrôler sera impossible. Au mieux on réprimera quand on le pourra mais ce sera parfaitement inutile.
Ceci n'enlève rien à la portée révolutionnaire de 68 mais limite ses effets qui, d'ailleurs, ne trouvèrent guére leur aboutissement politique puisque le mouvement fut absorbé par les pouvoirs qui se succédèrent à sa suite et récupéré dans le concept de " changement" et de "réforme", ce qui permit dans un profond brouillard idéologique, de faire passer des idées de gauche dans une politique de droite et à la droite de se donner des apparences de gauche. La politique de Blair nous offrit alors l'image la plus aboutie de cette confusion et je ne suis pas loin de croire que l'élection d'Obama ne participe du même malentendu. Loin d'inaugurer quoique ce soit pour l'Amérique, Obama ne ferait en réalité que signer la fin de ce processus dans le monde occidental. Celui d'un échec.
Car revenons aux origines de cette révolution:
- La mondialisation des flux monétaires et économiques qui font que tous les états sont devenus solidaires pour défendre un modèle économique sans avenir. Ce n'est pas le moindre paradoxe que les USA et la Chine s'entendent - mais l'un a besoin de l'autre pour financer sa dette et l'autre a besoin du dollar comme étalon universel pour continuer sa croissance. Dans cette mondialisation, si les intérêts peuvent différer, ils restent convergeants sur l'essentiel. Le G20 n'a touché à rien mais s'est contenté d'injecter une dose de confiance et d'optimisme béat pour relancer la bourse. Je ne reviendrai pas sur cette grand messe ridicule où l'on promit de "moraliser" le capitalisme - bel oxymore qui reviendrait à vouloir moraliser le vice - et à lutter contre les "paradis" fiscaux dans un conclave où l'on ne tenta même pas d'esquisser l'idée de quelque nouveau paradis...
- L'accroissement des inégalités dans le monde occidental comme dans le Tiers-monde. Si, en Chine, en Inde ou au Brésil, on assiste à l'émergence de classes moyennes, la majorité de la population s'enfonce dans la pauvreté. Quant aux classes émergentes, elles sont aussi, par nature, celles qui font les révolutions.
-La fin des modèles politiques: la confusion droite/gauche, les idéaux révolutionnaires ou républicains, partout dans le monde, ont laissé place à des conflits nationaux aussi bien dans une Europe en "construction" que dans l'ex-URSS en déconstruction. Une bombe à retardement jamais interrogée.
-La fin d'un monde industriel fondé sur le pillage des ressources de la planète et un accroissement sans fin de la croissance économique et de la démographie. Or ce système hautement spéculatif ne peut pas "monter jusqu'au ciel": on en est là. Il y a un moment où ce qu'on adore se transforme, par saturation, en dégoût: trop de consommation donne un désir de décroissance.
- Et enfin, l'élément déclencheur de cette révolution: la crise financière et économique avec les revendications sociales qu'elle implique. Quand Alain Minc affirme qu'il suffit de "confiance" pour repartir sur de nouvelles bases, il est aussi stupide que le médecin disant au moribond que garder le moral le guérira.
Donc la machine est en marche. Elle fonctionne mais sur des schémas que nous ne désignerons qu'après-coup, selon des mécanismes que nous ne pouvons repérer mais qui seront explicables une fois qu'ils nous seront perceptibles.
Et c'est cette visibilité et les mouvements de masse qu'elle produira permettra de faire surgir un nouveau pôle révolutionnaire. Qui le constituera? Quel sera le poids des vieilles formations politiques? Quel nouvel ensemble idéologique sur les décombres? Quel sera le devenir de la démocratie? Sera-ce la construction de nations fortes, défensives et donc allergiques au libre échange? Ou au contraire l'éclatement des nations pour un ordre universel et un véritable intérêt collectif? Tout reste ouvert tant le processus révolutionnaire est de l'ordre de tous les possibles. Du meilleur au pire.
Mais je maintiens ce pari de la révolution en marche et ne lui donne que quelques mois ,voire peut-être quelques années, pour devenir lisible.
Que ce soit Sarkozy ou un autre, personne ne pourra briser ce mouvement de l'Histoire. Gageons simplement que Sarkozy lui donnera sans doute plus de violence. Sa présence aura peut-être été la petite goutte d'eau qui, en France, aura permis à ce processus de se mettre en route.
Quant à l'horizon de cette révolution c'est toujours cet invariable historique qui pousse l'être humain à ne pas se résigner seulement à sa survie mais à inventer une possibilité de vie - l'utopie avec ses mots: liberté, justice, égalité, respect de l'avenir, progrès... Tous ces mots qui tissent le politique mais devenus si vides de sens. Et le goùt de la fête, et le goût du nouveau.
Il va falloir apprendre à dire : Vive la révolution!
samedi 4 avril 2009
Le naufrage de la morale
Ce tableau a été vu et revu tant de fois que nous oublions souvent sa portée symbolique et politique . Oscillant entre espoir et désespoir, Géricault n'a jamais caché son caractère allégorique et la protestation contre le pouvoir monarchique qu'il mettait en scène.Tous ces gens aigris parce qu' avides de pouvoir mais pas encore parvenus aux plus hautes marches auxquelles ils se croyaient destinés, trépignent d'impatience. Sarkozy l'a compris: Tout ce qui est achetable doit être acheté puisqu'il peut - à l'infini, payer.
A ce propos, je décerne la médaille d'aujourd'hui à Max Gallo, ancien ministre de Mitterrand, sur le revers du col de sa veste retournée:
jeudi 2 avril 2009
Faites l'humour!


