lundi 21 décembre 2009

Sagesse de l'incertitude (suite)

Ainsi, pour certains, le net serait-il cette poubelle dont il serait temps de se débarrasser en oubliant qu'il ne serait pas cela s'il n'y avait tant d'ordures à y déverser. Qui le fait et pourquoi?
Prendre du recul c’est trouver le temps nécessaire pour retourner dans les textes. Échapper au bruit, à Copenhague ou de ce qu’il en reste : c’est-à dire, rien.
Et poursuivre quelques digressions sur l’incertitude… Contempler l’écume, dans son sillage, s’en contenter pour la seule beauté silencieuse des choses et des questions qu’elle fait éclore.

Or dans une page de Nietzsche, il y aurait tout de l’art et de l’éthique –et des conseils – pour un futur bloggeur :

« Et voici le récit de l’entretien de Zarathoustra avec le chien de feu :

« La terre, dit-il, a une peau ; et cette peau a des maladies. Une de ces maladies s’appelle par exemple : « homme ».
Et une autre de ces maladies s’appelle « chien de feu ». C’est sur ce chien que les hommes se sont dit et se sont laissé dire bien des mensonges.

C’est pour approfondir ce secret que j’ai passé la mer : j’ai vu la vérité nue, en vérité ! pieds nus jusqu’au cou !
Ce qu’il en est du chien du feu, je le sais à présent : et aussi de tous les démons de révolte et de rebut, dont les vieilles femmes ne sont pas les seules à avoir peur.
« Sors de ton antre, chien de feu ! me suis-je écrié, et avoue combien la profondeur est profonde ! D’où tires-tu ce que tu éructes ?
Tu bois abondamment à la mer : c’est ce que révèle le sel de ta faconde ! En vérité, pour un chien des profondeurs, tu prends trop la nourriture de la surface !
Je te tiens tout au plus pour le ventriloque de la terre, et toujours, lorsque j’ai entendu parler des démons de révolte et de rebut, je les ai trouvés semblable à toi, avec ton sel, tes mensonges et ta platitude.

Vous vous entendez à hurler et à obscurcir avec des cendres ! Vous êtes les plus grands vantards et vous avez appris en suffisance l’art de faire entrer la suffisance en ébullition.
Partout où vous êtes, il faut qu’il y ait de la fange auprès de vous, et beaucoup de choses caverneuses et étroites. Ce sont elles qui veulent être libérées.

« Liberté ! » c’est votre cri préféré : mais j’ai perdu la foi en les « grands événements », dès qu’il y a beaucoup de hurlements et de fumées autour d’eux.
Et crois-moi, mon cher vacarme d’enfer ! les plus grands événements, ce ne sont pas nos heures les plus bruyantes mas les plus silencieuses. »
Nietzsche: "Ainsi parlait Zarathoustra" (Des grands événements)

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