mardi 29 décembre 2009

Les héroïnes de la coke.

« Ce monde inquiet sent la poudre » pouvait-on lire sur les murs de 68.

Notre Président, bien qu’il soit toujours dans ce jeu d’attirance et de répulsion feinte pour cette dite époque - laquelle, sur ses barricades d’opérette, vit l’éclosion de la Grande Révolution Blingbling - reste donc dans le souvenir insistant de la poudre. Mais laquelle ?

Je n’irai pas, en dépit d’une mémorable épopée mexicaine chez un caïd de la coke et de ses tics entre deux frottements de narine, suspecter « la came » de Carla de s’adonner à quelque poudre magique mais, les temps, décidément, sont étranges :
Aujourd’hui même, un membre du gouvernement de la République Française en la personne du Secrétaire d’Etat à la Coopération est parti en République Dominicaine accueillir deux jeunes françaises condamnées pour trafic de cocaïne, non pas "blanchies" mais graciées « grâce à l’action de Carla et Nicolas Sarkozy » (sic)

Faut-il rappeler que la République Dominicaine n’est pas, elle, une république bananière et que le procès qui condamna les deux demoiselles à une peine de prison ne déroge à aucun aspect du droit. Et qu’il serait surprenant que les geôles du dit pays soient pires que celles de la Patrie des Droits de l’Homme qui sont les pires de l’Europe… après la Moldavie !

Mais pour notre spécialiste de la poudre -aux yeux-, il fallait, en ces périodes de fêtes, une douce vaporisation de paillettes magiques version « Bonne nuit les petits » pour bercer le bon peuple. Et nul commentateur ne haussa les sourcils pour s’étonner des honneurs rendus à deux délinquantes qui pour l’instant sont les hôtes de l’Ambassade de France.

Certes on me dira que les demoiselles clamaient leur innocence… Mais combien de milliers de prisonniers en France condamnés pour des faits similaires ne crient-ils pas leur innocence ?

Monsieur le Président de la République, je ne doute donc pas que, sans aller jusqu’à leur rendre honneur comme vous l’avez fait là-bas, vous saurez, ici, retrouver la tradition des grâces présidentielles de fin d’année et faire libérer tous les dealers et dealeuses de notre grand pays.
Les Français, connaissant votre sens de l’équité – ce mot dont vous usez tant – ne peuvent qu’attendre un tel geste. Sinon pourquoi deux poids, deux mesures ? Connaissant l’insolence de ces journalistes dont vous vous plaignez tant, vous savez pourtant que vous auriez à répondre à une telle question !

Mais hélas n’attendant rien d’autre, pour le mieux, qu’un peu de poudre de perlimpinpin, je doute fort de votre mansuétude. Que vous preniez la poudre d’escampette serait sans doute la meilleure solution et, en tout cas, le vœu de nombreux français pour la nouvelle année 2010.
La République Dominicaine et ses cocotiers saura vous accueillir dignement.
Happy New Year, Mister President, and have a good trip !

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