Aujourd'hui, Méditerranée!
Sur un rocher, deux cormorans: pourquoi, en regardant ces oiseaux, je ne cesse de penser à cet extrait de Hugo dans Les Orientales?
Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ?
-Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.
Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine...
-La lune était sereine et jouait sur les flots.
Dimension tragique de ce poème qui, dans la cacophonie médiatique concernant la disparition du "Mozart du XXe siècle" (sic), peut nous rappeler que dans cette Méditerranée, chaque jour, des drames se jouent dans le plus grand silence: ces dizaines, ces centaines de jeunes africains qui chaque année s'y noient pour échapper à la misère.
Je me souviens d'une page de Saint-Exupéry dans Terre des Hommes: une femme dans un train, une immigrée polonaise avec son enfant. Et ces phrases: "Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C'est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné."
A chacun son Mozart...
Ce sont de justes réflexions, comment ne serait-on pas de ton avis! La déraison de ces dernières 24 heures est accablante!
RépondreSupprimerLa cacophonie médiatique, tout le monde s'en plaint. Moi, je ne l'écoute pas tout simplement ! On me dit que j'ai tort, qu'il faut vivre avec son temps, que tout ce que j'ignore délibérément, n'en continue pas moins d'exister et de peser lourd sur l'esprit du temps. Mais moi, je continue, entêtée, à faire la sourde oreille, pour me la réserver aux poètes que j'aime. Ai-je tort ?
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