samedi 13 juin 2009

Lequeux sans tête

La dentellière, Vermeer

D’abord juste la réflexion d’une jeune coiffeuse à la veille d’un « mouvement social » : « Et tous ces grévistes, ils ne savent même pas pourquoi ils manifestent ! »
En d’autres termes, la bêtise cherche plus bête qu’elle-même.
Mais qu’importe cette idée droitière qui veut que pour être de gauche, l’on ait raté quelque chose, qu’on soit dans l’ignorance, dans la bêtise de l’intellectualisme quand, par définition, le mec de droite finit sa vie aux Bahamas. Et Mademoiselle la Coiffeuse se voyait déjà promise à un tel avenir lumineux qu’elle n’avait pas à se demander si elle savait pourquoi elle ne manifestait pas mais cela lui aurait apparu comme couper les cheveux en quatre.

Je lis dans le Monde du 12 juin un article sur l’art d’une demi-page d’Emmanuelle Lequeue. Elle ira loin dans le sans queue ni tête, cette critique d’art contemporain ! Un chef d’œuvre d’inepties prétentieuses cachant le vide abyssal d’un certain art même quand celui-ci, en transparence, comme le loup qui montre le bout de sa queue, ne cache pas son ambition de réécrire l’Histoire. Une forme de révisionnisme où l’on convoque le temps plus pour effacer que pour révéler et où l’on triture les images pour les mêmes mauvaises raisons.

http://mobile.lemonde.fr/culture/article/2009/06/11/philippe-parreno-s-invente-une-biographie-en-images_1205677_3246.html

Déjà le titre : » Philippe Parreno s’invente une biographie en images ».
Pourquoi pas ? Moi aussi.
Mais ce sous- titre : « Le Centre Pompidou offre 1200m2 à cet artiste français, CONNU DU GRAND PUBLIC…. »
Bon, d’accord, je suis du petit public qui doit correspondre à 99,9% de la population mais je vais me ressaisir pour suivre de plus près la vie de la Cour.

Je me contenterai donc de citer la fin de l’article :

« Dans cette perspective, l’artiste s’est impliqué dans l’atelier des enfants du Centre Pompidou la création du centre en 1977, fait partie de dates importantes pour Parreno. Durant le mois de Juin, les gamins de l’atelier animeront l’exposition : ils y effectueront, visibles depuis la rue, trois parades par semaine. On les voit manifester en brandissant, en guise de banderoles, des reproductions des chefs-d’œuvre du musée –fabriquées durant leur atelier – que l’on peut admirer quatre étages au-dessus. Les enfants deviennent des rebelles sans cause, si ce n’est celle de l’art ».

Ici chaque mot mériterait analyse: gamins, rue, parades, banderoles, chefs d'oeuvre, admirer, rebelles...Mais tant pis: on détourne les mots comme les images, n'est-ce pas?

Ouf… les enfants sont donc des rebelles sans cause dans un art inexistant. Des enfants soldats. De bons petits militants au garde à vous les doigts dans le nez !
« Des rebelles sans cause » !
« Des rebelles… au service de l’art » !
Encore une fois les Dupont et Dupont de l’art milliardaire, les Arnaud et Pinault ne dépensent pas leur argent pour rien mais auront contribué activement à l'abrutissement des masses. Les fondations Cartier, Hermès (pas moi!) et toutes ces boites du luxe et de la frime ont leurs entrées au Monde. Tiens, une page entière de pub dans ce même journal pour la fondation d'Arthus-Bertrand... Pas de hasard dans ce petit monde...
Madame Lequeue sans tête, vous avez de l’avenir. Pour vendre le vide, vous faites monter très haut les enchères de l’aliénation.
Et je repense à cette coiffeuse-philosophe qui avait raison : il n’y a pas de rébellion, il n’y a pas de cause, il n’y a que l’art : la coiffure !
Madame Lequeue et Mademoiselle la coiffeuse-philosophe auront la joie de se retrouver le 14 juillet au concert De Johnny Hallyday puisque pour célébrer la République, notre Grand Monarque offre au peuple ce concert qui coûtera 1000000 Euros au contribuable... dont 500000 Euros pour Johnny et qui repartiront en Suisse.
3 heures de concert: travailler plus pour gagner plus, qu'il a dit...
Ah que merci mon pote Sarkozy!
Quant au marché de l'art contemporain, le lien suivant est pour le moins instructif!

3 commentaires:

  1. "on détourne les mots comme les images"

    vider les mots de leur sens pour diluer les concepts, stratégie bien rôdée.

    mais les apprentis sorciers dansent sur un volcan et quand elle se répand, la lave est incontrôlable.

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  2. Bien dit. C'est pour ça qu'il faut reste optmiste: le vrai finit toujours pas surgir.

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