vendredi 12 juin 2009

L'art de la rue






Londres, 2009

Il y a dans l'art de la rue une revendication de spontanéité et d'anti intellectualisme qui peut mettre mal à l'aise celui qui pense que l'oeuvre d'art se produit au terme d'une longue maturation en se construisant hors de toute norme.
Or cet art est le produit d'un groupe culturel défini par son rituel. Il renoue avec la représentation collective de l'art primitif qui se constitue loin de l'artiste individuel et de son génie supposé. Art de la tribu. Et dans sa liberté affichée, il reste très fortement codifié.

Pourtant force est de constater que cet art capte le regard, qu'il s'inscrit dans un contexte social, qu'il est l'expression d'un groupe, qu'il naît dans la rue pour retourner à la rue, qu'il ignore l'argent, qu'il se veut militant, qu'il propose une esthétique vivante, qu'il joue sur les codes culturels...
Faut-il en rajouter? Probablement. Car en dépit des réserves qu'elles suscitent, ces oeuvres éphémères sont l'autre versant de l'art contemporain. Il serait vain de les opposer ou de choisir un camp contre l'autre. L'art est un ensemble compact mais mouvant parce que vivant: ses critères ne sont gravés ni dans le marbre ni sur le béton.

Dans la rue, l'art s'affiche; dans les galerie ou au musée, l'art fait salon. On peut, on doit imaginer hors de ces limites, les créations à venir. Ce qui ne doit pas nous empêcher de voir ce qui se fait aujourd'hui. Partout.
Et surtout: Pourquoi ces images? Pour quel pouvoir? D'où viennent-elles? Où vont-elles?

6 commentaires:

  1. le plus beau, dans l'art de la rue, comme vous le dites, c'est en effet le mystère qui l'entoure.

    J'ai une vision assez "tribale", "private" de certains graffitis, mais il y en a aussi qui surgissent de façon magique, on ne sait pas d'où ils sortent, chez nous, il y a des piles de pont avec des "tireuses embusquées", on ne sait pas d'où elles viennent, elles sont là et elles attendent leur proie, le fusil à lunette au côté. C'est un art où l'auteur n'est pas nommé, mais en quelque sorte, il change la vision du monde.

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  2. Vous ne pourriez pas enlever ce truc de mot à saisir pour valider un commentaire qui ne sert à rien et qui est très, comment dire, exaspérant ?

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  3. Ce que je trouve fascinant dans l'art de la rue, c'est sa gratuité parfaite, compagne de l'éphémère. Gratuité au sens étroit, non marchand. Comme l'était, je me plais à l'imaginer, du moins, la naissance de l'art.

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  4. @Franssoit
    oui, le mystère de l'ambiguïté... En tout ces, aucune complaisance. Ce qui est salutaire dans le monde s'aujourd'hui!
    Le mot à saisir? C'est quoi? Probablement " Blogger". La tête de ma mère que j'y suis pour rien§ Comment y remédier?
    @Coucou
    Gratuité: le mot clé! Avant les artistes, il y avait de l'art (ou du religieux, ou du philosophique, ou une CULTURE de la survie, je ne sais pas.) Mais nous en sommes loin!

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  5. Pour les commentaires: dans le tableau de bord, paramètres, commentaires, "Afficher la vérification des mots pour les commentaires ?"
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  6. Oh ! je me sens bien mieux ici tout à coup ! j'aime bien ce jaune paille dans le fond et cet aération...Il y a aussi le théâtre de rue et le théâtre subventionné : un monde, un gouffre un abîme les sépare. Pour ma part, je n'ai pas eu de mal à choisir mon camp !

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