lundi 15 juin 2009

Aux Représentants du Peuple

Jacques-Louis David - Le serment du Jeu de Paume

Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République vous serez donc convoqués pour écouter le Président de la République devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Cette réforme de la Constitution, vous êtes nombreux à l’avoir combattue parce qu’elle renforçait les prérogatives d’un seul homme quand, on l’a vu, elle ne donnait guère plus de de pouvoir au Parlement comme on vous l’avait promis.

Vous voici donc sommés d’écouter la parole d’un homme qui, en toutes occasions, se barricade derrière des escadrons de CRS pour ne pas entendre la clameur d’un peuple bâillonné ; la parole d’un homme qui se veut rassembleur mais dont la seule politique est d’entretenir la confusion pour briser toute opposition réelle ; la parole d’un homme qui, une fois encore, dira tout et son contraire. Une parole orchestrée par les applaudissements de la cour et le silence religieux du petit peuple que vous représentez.

Pour la première fois, si vous en avez le courage, vous aurez l’opportunité de faire entendre cette parole qui nous est interdite, ces cris trop insupportables aux oreilles de Monsieur le Président de la République. A vous, Sénateurs et Députés, de faire entendre cette voix que nous vous avons accordée. Vous n’en êtes que les dépositaires et il est de votre devoir de la faire résonner ce jour-là.

Ne boycottez pas ce Congrès ; faites-en le symbole de la République en redevenant les porte-parole du peuple!
Être dans l’opposition ce n’est pas déserter mais combattre - crier pour pouvoir répondre aux mensonges, hurler pour défendre les injustices sociales. Trop d’entre vous ont oublié cette mission qui consiste à nous représenter, d’où ce populisme et ce rejet de la politique qui gangrènent notre Démocratie.

Vous aurez le choix entre ces cris qu’on ne pourra vous interdire et le silence de la désertion.
C’est là que vous serez jugés.

8 commentaires:

  1. Pas d'accord ! Ils n'auront pas la parole à moins de foutre le bordel au congrès ce qui serait probablement pire. Si les députés vont à ce machin, ça ne peut qu'être dans le respect de la République donc en écoutant le Président. Ce dernier va se barrer avant le début de débat.

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  2. je me répète : un boycott ne serait pas une désertion, surtout s'il est le prétexte d'un contre rassemblement au même moment

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  3. @Nicolas: Mais si, foutre le bordel, casser le decorum, montrer que le roi est nu. Saboter son Versailles, pourquoi ça serait pire?

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  4. Je suis on ne peut plus d'accord avec toi, les représentants du peuple doivent représenter le peuple et donc manifester sa colère. Le boycott est une fausse bonne idée.

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  5. Je dirais même plus que la situation est trop grave pour se faire plaisir avec un brassard noir.

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  6. Dedalus,

    Manifester une colère dans le cadre des institution est une fausse bonne idée !

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  7. Voilà Hermes: tu as été écouté, ainsi que Dedalus… Mais je parierais que les parlementaires socialistes ne fourniront rien d'autre qu'une opposition constipée, pitoyable!

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  8. @coucou et aux autres...
    C'est maintenant que le vrai débat commence . Il se fera sur les blogs.
    Je crois qu'il est possible de convaincre. Je suis d'un optimisme idiot mais ça a toujours marché. Le sarkozisme se fait non sur le réel mais sur une fausse représentation du réel.

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