jeudi 11 juin 2009

Aux colères errantes



Arnault ou Artaud?


Arnault l'un des milliardaires-collectionneurs d'art...Ils sont quelques-uns comme lui, achetant, revendant d'un bout à l'autre les mêmes artistes, subventionnant les musées où on les exposera, payant les revues dans lesquelles on en parlera. Bref, parmi les activités économiques de ces gens-là, il y a "la fabrique d'artistes".
Beaucoup a été dit et reste à dire. Le dernier texte a ce sujet se trouvant dans "Pensez bibi":
http://www.pensezbibi.com/pensees-politiques/pinault-arnault-tetes-de-lart-1006#comments


Artaud: "L'art a pour devoir social de donner issue aux angoisses de son époque. L'artiste qui n'a pas abrité au fond de son coeur le coeur de son époque, l'artiste qui ignore qu'il est un bouc émissaire, que son devoir est d'aimanter, d'attirer, de faire tomber sur ses épaules LES COLÈRES ERRANTES de l'époque pour la décharger de son mal-être psychologique, celui-là n'est pas un artiste."

Ces colères errantes hantent toute phrase, toute forme à laquelle s'affronte l'artiste. Elles se vivent comme la matière première de toute production artistique et les vautours de l'art ont bien compris combien il était important de lancer des leurres pour empêcher toute création porteuse de subversion. Sans parler du petit marché parallèle non négligeable économiquement que porte ce pseudo art contemporain.

Régulièrement, des voix se sont levées, des artistes se sont insurgés contre cet art marchand - fabrication planétaire bien normée, apparemment scandaleuse, apparemment intelligente, apparemment si prisée que les foules se ruent pour voir les pitreries de Jeff Koons au Château de Versailles. Apparemment: puisqu'ici tour n'est qu'apparence, toc en stock.
http://www.jeffkoonsversailles.com/fr/
http://www.eric-winzenried.com/spip.php?article191

Puisqu'on vous a dit que c'était du grand art, qu'on ne parle que de ça... la course après l'événement, le culte du génie inconnu et tous ces mondains à la traîne des artistes courtisans qui leur donnent ainsi à croire qu'ils participent eux-mêmes à la vie de la cour.
"Aux colères errantes" ce fut aussi le titre d'un numéro de la revue TXT en 1977 quand le débat, le débrousaillage des mots et d'idées l'emportait sur les modes. Son animateur, Christian Prigent, écrivait alors:
"1) Toute langue est étrangère
2) Ce n'est que dans la "fiction" que la réalité peut dépasser la fiction qu'on veut nous faire prendre pour la réalité.
3) Il n'y a pas de réponses toute faites. Il y a des multiplicateurs concrets de questions. A lire et faire lire contre censures, dénis, récupérations historiographiques, scolaires, pieuses ou "militantes".

Prigent est le dernier poète. Il écrit dans l'au-delà de la langue. Ce qui ne se vend pas. Ce que Arnault ne comprendra jamais car l'art ou la poésie ne sont pas affaire de boutiquiers, mais engagement, errance...



3 commentaires:

  1. BiBi espère que ton article en appelera d'autres (articles) et d'autres (artistes)à la rescousse. Oui je lisais TXT en d'autres temps. BiBi voit le nom de Valère Novarina ( il a écrit sur lui qui ne vit pas loin de chez BiBi)... Christian Prigent : oui à promouvoir. Toujours dans les archives de BiBi...
    A bibientôt.

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  2. Koons, c'est pas totalement nul. Mais c'est quand même franchement inintéressant. Il y a tellement de choses passionnantes qui se dessinent, se peignent, se sculptent, se font.

    C'est moi, ou il a un problème d'affichage, ce blog ?

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  3. Koons, Damien Hirst, Buren et quelques autres, ce n'est pas nul mais médiocre: répétitif, concept microscopique mais effet "énorme"... du Kitch. Ce que je leur reproche, c'est leur invasion en tous lieux. L'intervention de Buren au Musée Picasso était totalement ridicule.
    Trop d'institutions culturelles qui ne prennent aucun risque et se contentent de faire du suivisme. Puisque c'est comme ça qu'on fait carrière...

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