mardi 12 mai 2009

Wait and see.


Un ciel pâle et doré, semé de quelques nuages blancs traversés par la stridence des mouettes.
C’est la côte anglaise avec sa lenteur, ses falaises de craie qui s’effondrent sur la mer, la ville balnéaire où il serait vain d’attendre l’inattendu. Pourtant il faut parfois se laisser prendre au charme de ce qui est convenu, des jardins qui coulent à travers la ville, des grands hôtels « Hermitage » qui fleurent un monde ancien. Même rétif à la naphtaline, j’aime cette carte postale intemporelle qui s’accroche à la mémoire et qui me permet de décrocher parfois d'une actualité trop pesante.
C’est comme lire un roman d’Agathe Christie : on en connaît tous les codes mais, justement, on y revient toujours. Pour se lover dans une atmosphère ouateuse quels que soient les personnages et l'espace où il se meuvent, et l’intrigue ne progresse que pour nous faire immerger dans ce cadre somme toute sécurisant.

Autant dire que ceci n’est pas « my cup of tea ». Mais j’aime les ruptures, les détours, les contrastes. Quitter pour un temps les collines de garrigue et les oliviers, la chaleur sèche de la Provence pour le vert spongieux de l’Angleterre. S’étonner encore des autres couleurs de la mer et du ciel, errer dans l’immensité - et fuir l’actualité.
Un autre lieu comme ouvrir un nouveau roman.
Je lis pourtant ce matin dans la presse britannique : « Le pire de la crise est peut-être derrière nous. ». Ah, ces mêmes circonvolutions, partout ! Pas le désir de parler maintenant de ces mystifications. Et pourtant il faudra bien de nouveau dénoncer cette manipulation. Un autre jour, ailleurs.

Marcher quelques heures sur le haut des falaises avec la mer grise pour horizon.

Bournemouth, le 12 mai 2009

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