Tiens, on ne parle plus de crise... puisqu'il faut redonner confiance pour relancer l'économie! Alors parlons-en :
1 - Les financiers véreux responsables de la crise financière sont toujours aux commandes. Après s'être servis sur les pigeons du crédit immobilier, ils se serviront désormais sur les prêts que les états leurs ont accordés.
2- Les plans de relance -qu'on les juge suffisants ou non - ont un coût élevé. Or la dette des pays occidentaux est déjà énorme (15000 milliards de dollars pour les USA). En conséquence il n'y aura d'autre solution pour ces pays que de réduire la dépense publique mais ça briserait toute relance! Reste la solution, la seule crédible: l'augmentation des impôts. D'où, selon la vulgate libérale, recul de la consommation!
3 - L'augmentation de chômage est devant nous et le recul de la consommation ne fera que l'accroître.
Alors qu'on m'explique comment "on sort de la crise" pour reprendre l'expression de certains ministres? En quoi ce simple argumentaire est-il faux?
J'attends la réponse!
En réalité le pire est devant nous mais il ne faut surtout pas le dire!
Donc on occulte, on étend un grand voile pour dissimuler la vérité.
La vérité.
Ce mot anachronique tant il a connu de lapidations de la part des cyniques et des dogmatiques de toute obédience. Ce mot qui tranche dans la sagesse du sceptique, ce mot auquel plus personne n'apporte le moindre crédit.
Or, si justement la "vérité " n'était pas ce concept qui ouvrirait la route aux utopies et nous permettrait de penser le monde pour en proposer une autre histoire?
Alain Badiou, l'un des rares philosophes qui continue à philosopher plutôt que de chanter la gloire du Prince, déclarait dans le Monde du 22 mai:
"Si Platon s'en prend aux poètes, c'est qu'il identifie activité artistique et production d'images, d'illusions, de faux-semblants. Je pense que c'est faux: l'art ne produit pas seulement des images, il crée également une dialectique de la vérité."
Ainsi, de même que la lumière peut-elle tour à tour éclairer un chemin ou éblouir en aveuglant celui qui l'emprunterait, l'image renverrait-elle, soit à l'aliénation du spectacle, soit à la création de nouvelles "hypothèses" pour imaginer l'avenir.
C'est d'ailleurs "L'hypothèse du communisme" qui est le titre du dernier ouvrage de Badiou. Il faut oser.
Comment faire l'histoire sans ce pari sur l'avenir? Parier sur le cloaque 40?
Je ne cesse d'affirmer cette relation directe du politique, de l'art et de la poésie. Ce dernier terme, parce qu'il est devenu manifestement anachronique, pour ne pas dire ringard, m'intéresse d'autant plus qu'il pose singulièrement la problématique du temps et de la "disparition" d'un genre que je pense être surtout une "occultation". Et je pense également que cette omniprésence (le Présent!) de l'art contemporain agit de la même manière contre l'art.
Histoire de spéculateurs où les pigeons vont picorer à la bourse des valeurs pourries ...
Poser la question de la vérité est essentiellement politique mais elle ne trouvera guère de réponses hors du champ de l'art et de la poésie
Lorgues, le 25 mai 2009

Antoine Vitez disait à peu près cela en parlant de la Politique et de la Littérature : " Je peux admettre qu'on puisse parler Politique sans parler de Littérature mais parler de Littérature sans parler de politique est pour moi inconcevable". Un peu ce que tu écris en fin d'article.
RépondreSupprimerBiBi a publié sur son blog un article sur l'Alliance de l'Artiste et du Milliardaire, une question on ne peut plus massive quand on sait que Pinault/Arnault bichonnent leurs Fondations...