Après 3 heures de marche, à Christchurch, (so british !), je prends un bus pour Bournemouth.
Et là, surprise, voici que Miss Marple, en chair et en os – et en « gossip » - s’assoit à mon côté !
Et là, surprise, voici que Miss Marple, en chair et en os – et en « gossip » - s’assoit à mon côté !
Alors que précédemment j’évoquais Agatha Christie, c’est le fantôme de cette vieille Angleterre qui, durant 30 minutes, m’aura noyé dans un tel flot narratif qu’en comparaison l’intégrale de Marcel Proust relèverait d’un Robbe-Grillet réduit à son plus strict minimalisme !
Désormais n’ignorerai-je plus rien des turpitudes supposées du chauffeur, de sa petite nièce et de son arrière grand-mère. Ni d’ailleurs de la vie tortueuse, dissolue et suspecte d’une douzaine de passagers.
Désormais n’ignorerai-je plus rien des turpitudes supposées du chauffeur, de sa petite nièce et de son arrière grand-mère. Ni d’ailleurs de la vie tortueuse, dissolue et suspecte d’une douzaine de passagers.
Et le meilleur vint quand, m’apprêtant à quitter le bus, elle s’accrocha à mon bras et me susurra :
« Méfiez-vous, les gens sont tellement bavards ! »
British humour ?
British humour ?
Et en descendant, je me surprends à entendre les passagers saluer le chauffeur en le remerciant.
Cette plongée dans un autre temps vole en éclats face à une affiche DECAUX : toute l’obscénité contemporaine. Et oui, DECAUX, tellement présent partout qu’il en devient invisible… Cette multinationale de l’esthétique marchande qui s’affiche sur les murs du monde entier et qui impose dans toutes les villes ses chiottes en forme de boîte de conserve !
Mais de ce terrorisme qui souille les paysages et brise le cœur des villes bien plus que la crétinerie des tags, personne n’en parlera.
Car Monsieur DECAUX a la loi pour lui. Une loi faite plus pour l’argent que pour les gens. Mais cet argent irrigue tout le système médiatique, jusqu’à internet – et y toucher serait menacer le cœur du pouvoir. Alors, silence. On vous désignera des cibles mais, comme par hasard, jamais celle-ci : vous êtes conviés à viser toujours ailleurs -là où vous absorberez à votre insu les délices de l’univers spectaculaire- marchand !
La liberté du voyage incite à ne pas vous tromper de cible.
Mais pour en revenir à cette délicate anglaise qui, je n’en doute pas, eût pu écrire un roman en 3 jours, j’aurais aimé au long du trajet lui désigner les traces d’un monde perdu, les décombres des commerces en ruine et la faillite d’un système. Et pourquoi pas, ô shocking, esquisser de ces ruines la splendeur d’une révolution à venir… Combien me serais-je alors régalé à l’idée de ce qu’elle aurait pu raconter de cet étranger qui menaçait les joyaux de la couronne!
Oui, la menace terroriste pèse désormais sur la Grande Bretagne !
Et sans doute aurais-je conclu par un des ces proverbes pachtoun que j’affectionne tant : « Mieux vaut un bon ennemi qu’un mauvais ami ».
Bournemouth, le 14 mai 2009
Si en plus de permettre à n'importe quel colleur d'affiche de s'accaparer l'espace public à sa guise, on décide de jouer les big brother du politiquement correct on n'est plus trop loin de l'univers orwellien.
RépondreSupprimerPS : Savez vous que Miss Marple hante mon blog ? :-D
Bonjour je passe aussi sur votre blog pour la premiere mais pas la derniere fois
RépondreSupprimercomme France...que j'adore je passe...et je rapace!!! non...je repasse dès lundi, y a des choses à voir et à lire chez vous
RépondreSupprimerJe vienne de visiter ton blog et je devienne un fan...bravo bon continuation
RépondreSupprimerAppartement Marrakech