jeudi 28 mai 2009

La vérité, encore!

Valero Adami, Portrait de Walter Benjamin.
http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0611251142.html

Dans un passage de son oeuvre "La vérité en peinture", J. Derrida explore les travaux de l'artiste italien Valerio Adami.
Le point de départ réside dans cette lettre de Cézanne à Emile Bernard en 1905: "Je vous dois la vérité en peinture et je vous la dirai"
Ce "contrat de vérité", ainsi que le qualifie Derrida, fait que le tableau fait parler autre chose que sa représentation. Que le tableau déborde du cadre. Qu'il excède toute totalité. Que l'art et la politique sont inséparables.
Tel fut aussi l'obsession créatrice de Walter Benjamin:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Benjamin

"Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres subversifs. De ceux-là, nous vient l’inspiration. De ceux-là, nous apprenons à penser. De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à croire. De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le délier aussi. À ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en vie. Ces livres que nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme dans la forme – par le rapport qu’ils entretiennent à la langue, enracinée dans le vivant –, subversifs.”
Walter Benjamin
Pourquoi , aujourd'hui, évoquer Walter Benjamin?
Parce que si les polices savaient lire et comprendre une oeuvre d'art, sans doute auraient-elle compris la signification d'une "Cellule invisible"...
Sans doute que, plutôt que de poursuivre Julien Coupat, auraient elles dû interdire les oeuvres de Benjamin, de Derrida, de Debord et de quelques autres qu'il eut le tort de lire en parfait honnête homme.
Parce que le pouvoir est si lâche qu'il n'ose plus s'en prendre aux auteurs mais aux lecteurs. Parce que lorsque la loi lui échappe, il émet "ses lettres de cachet"- Comme en Birmanie ,dans la même semaine, on joue de l'emprisonnement et de l'assignation en résidence pour délit d'opinion.
Regardez bien le tableau, ses frontières, regardez-le sous toutes ses coutures.
Regardez la vérité d'aujourd'hui d'une oeuvre qui dans son actualité défie l'espace comme le temps:
l e pouvoir.

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