vendredi 24 avril 2009

On the road again!







Le rêve de rouler pour aller nulle part. Être l’ombre d’un chevalier errant dans le creux des forêts ou le cavalier décharné au sortir du désert.

La route qui se déroule et brûle tout sur son passage, pellicule voilée d’un film qui défile à une vitesse si rapide qu'elle brouille les formes tantôt sèches, tantôt floues qu’elle projette …

Rouler, tracer son chemin, voir défiler les kilomètres …
Rien de plus grisant que ce mouvement qui modifie les paysages dans la marée montante de la brume ou d’un soleil vif. La route est un éclat, un défilement de lumières où des arbres poussent, des herbes disparaissent, des villages se traversent et des horizons se succèdent. Ici, comme ailleurs, la route se déplie dans le paysage, se déploie entre le ciel et la terre aride, ondoie dans l’air cotonneux entre océan et collines.


C’est un morceau d’Irlande, ce pourrait être un morceau de l’Utah, des steppes d’Asie centrale : les routes sont de nulle part et mènent partout. Désertes, elles se chargent de toute leur force.

Je me souviens d’un proverbe pachtou : " Quand le serpent veut mourir, il s’en va sur la route."
Mais je n’ai rien du serpent ; et la route est au contraire l’image même de la vie : elle fonce, tout moteur rugissant vers la lumière, ou s’alanguit dans un air de blues qui traverse la nuit. La route se déplie dans l'horizontalité de l'espace jusqu’au virage où se découvre ce qui était inattendu : la beauté, encore la beauté, sans cesse renouvelée.

Kenmare, le 24 avril 2009

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