dimanche 29 mars 2009

Je hais le dimanche


Pourquoi se livrer à ce rituel masochiste qui consiste à regarder les politiques venir distribuer la bonne parole dominicale?
Car c'est bien d'un rituel dont il s'agit avec la continuation de la messe par d'autres moyens, par la communion cathodique - même devenue plasma ou LCD.
Dans la procession d'aujourd'hui: Rama Yade -aussitôt vue, aussitôt zappée; Benoît Hamon dont je comprends à moitié les mots et qui a les talents d'un porte parole comme Sarkozy aurait eu ceux d'un ministre de la culture; Alain Juppé dans le rôle de l'homme bien sous tous rapports et toujours là au cas où... Ce "cas où" qui irrigue tous ses rêves.
Les politiques et les stars qui s'invitent à notre table.
Alors je hais ces dimanches, jours de toutes les cérémonies avec tous ces gens si gentils, si drôles, si bons et qui vont se faire reluire chez Drucker. Gueule enfarinée, sourire endimanché, faux-culs parfaits. Tous ceux-là qui font faire leur promotion canapé pour remplir leur gamelle dorée de la crédulité et de l'argent de tous ceux qui les auront admirés.
Que de beaux discours chez ces people sur lesquels il faudrait cracher à chaque fois qu'ils vous frôlent parce qu'ils vous volent votre propre lumière!
Oui, pillez leurs CD, mettez à nu leurs bons sentiments de ch'ti, de coco... car leurs belles phrases creuses ne sont que les cache-sexes de leurs tiroirs-caisses qui se remplissent de ce pillage dont nous sommes les victimes trop consentantes!
Et ces dimanches avec ces gens, le bouquet protocolaire dans une main, le carton de la pâtisserie dans l'autre. Et ces dimanches où il faut voter. Ces dimanches où il faudrait faire la trêve...

Je ne suis pas obligé, me direz-vous... Pas obligé? En êtes-vous sûrs?

Tiens, je vais plutôt relire ce billet de Tchang. Et chercher quelques prolongements à ces bonnes idées...
http://www.cromwellbar.blogspot.com/
Vivement lundi!
Mais pour apporter un peu plus de complexité à tout celà, sans doute faudrait-il prendre du recul en relisant La Bruyère (Les Caractères IX):
"Quand je vois d'une part auprès des Grands, à leur table, et quelquefois dans leur familiarité, de ces hommes alertes, empressés, intrigants, aventuriers, esprits dangereux et nuisibles; et que je considère d'autre part quelle peine ont les personnes de mérite à en approcher, je ne suis pas toujours disposé à croire que les méchants soient soufferts par intéret, ou que les gens de bien soient regardés comme inutiles; je trouve plus mon compte à me confirmer dans cette pensée, que grandeur et discernement sont deux choses différentes, et l'amour pour la vertu et pour les vertueux, une troisième chose."
Peut-être comprendra-t-on mieux les petits meurtres prémédités sur la Princesse de Clève et la culture classique?

Lorgues, le 29 mars 2009

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